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AG Interfel du 24 juin 2025. Rapport moral du président.

Rapport moral du président, pour l’Assemblée générale d’Interfel du mardi 24 juin 2025

 

Mesdames et messieurs, chers collègues,

L’assemblée générale statutaire que nous tenons aujourd’hui concerne l’exercice clos le 31 décembre 2024. Une année de transition et de passage de relais entre deux gouvernances. Elle a en effet cette particularité d’avoir donné lieu en septembre dernier au renouvellement du conseil d’administration, du bureau et des coprésidences des commissions.  

Ce rapport moral se divise donc en deux temps. D’abord un retour sur l’année passée, initiée et orchestrée au trois quart sous la présidence de Laurent Grandin, puis une mise en perspective des premiers mois de notre gouvernance dans un contexte politique profondément bouleversé.

Sous l’impulsion énergique du président, nous avons en 2024 déployé tous nos efforts auprès des pouvoirs publics afin que la mise en œuvre du Plan de Souveraineté pour les Fruits et Légumes soit à la hauteur des ambitions initiales.  Sur chacun des axes, protection des cultures, investissements, recherche et expérimentation, dynamisation de la consommation, nous nous sommes investis avec nos équipes pour retrouver une meilleure compétitivité pour les acteurs économiques de nos familles. Sans relâche, nous avons aussi dû rappeler que le financement annoncé lors du lancement du plan devait être pérenne.

Notre implication pour promouvoir le programme européen des fruits à l’école et le rendre plus opérationnel pour les collectivités a enfin permis des progrès notables dans la consommation des crédits alloués à la France.

Sur cette opération comme pour le déploiement sur tout le territoire des actions de notre interprofession, les sept comités régionaux ont continué de prouver leur pertinence. Ceci, grâce à la mobilisation des acteurs de terrain de nos familles au plus près des administrations, des collectivités locales et des citoyens.   

Parallèlement à la promesse politique de ne plus surtransposer la réglementation européenne ni de l’anticiper, nous avons demandé avec insistance le retrait du décret d’application de la loi AGEC.

Nos campagnes de communication colorées et joyeuses qui déclinent l’affirmation que les fruits et légumes ce n’est jamais trop ont confirmé la justesse du message.

A l’international, nous poursuivons notre implication pour obtenir les protocoles qui permettent l’accès aux marchés. Nous sommes présents avec le soutien de l’UE sur plusieurs salons en appui des entreprises à l’exportation comme à l’importation.

Les innombrables chantiers, partenariats, collaborations et représentations se sont tous poursuivis avec assiduité.

La dernière année du double mandat de Laurent a ainsi parachevé la reconnaissance d’Interfel, de ses professionnels et de ses équipes comme les interlocuteurs incontournables pour tout ce qui a trait aux fruits et légumes frais. Il faut aussi mettre au crédit de cette présidence notre capacité à débattre sereinement entre quinze familles professionnelles pour trouver les consensus nécessaires à l’action.

Le changement de gouvernance s’est effectué à l’automne dans un environnement institutionnel profondément chamboulé à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin. C’est dans un climat incertain, sans cap politique clair pour le pays et avec de nouveaux interlocuteurs dans l’appareil d’Etat, que fort du socle solide laissé par l’équipe précédente nous avons commencé à tracer notre propre chemin.

Avec l’arrivée de nouveaux administrateurs et la perspective du renouvellement de l’accord triennal pour le prélèvement de la contribution volontaire étendue qui doit prendre effet au 1er janvier 2026, nous nous sommes mis au travail pour réinterroger nos stratégies et nos plans d’action. Avec toujours deux objectifs ambitieux à atteindre qui font l’unanimité. C’est-à-dire, l’augmentation de la consommation des fruits et légumes frais et l’amélioration sensible de notre souveraineté par une complémentarité pertinente et équitable entre la production française et les autres origines.  

C’est au plus près des acteurs de terrain de toute la filière que nous voulons comprendre les problèmes qui se posent et trouver les voies qui nous permettront d’atteindre ces objectifs. Au moment où la déconnexion s’aggrave entre le besoin de compétitivité des entreprises, le pouvoir d’achat du consommateur et l’emballement de l’environnement normatif et réglementaire, nous devons assumer de faire la pédagogie des réalités et distinguer sans fard ce qui est un progrès utile de ce qui est inutile et contreproductif. Nous devons écrire et promouvoir notre propre discours sur les conditions de la réussite d’une meilleure souveraineté et plus de consommation pour les fruits et légumes frais.

Chaque commission a donc reprécisé au cours de ces derniers mois quelles étaient ses priorités. Nous en avons consolidé les éléments sous forme de 20 engagements de l’interprofession dont chacun de vous a pu prendre connaissance.

Parallèlement, deux autres chantiers ont été ouverts. L’un concerne les statuts de notre association. L’autre, la trajectoire budgétaire et l’ajustement des taux de contribution des entreprises de la filière.

La première motivation du travail sur nos statuts est de préciser les règles qui président aux élections internes afin qu’aucune situation de blocage ne puisse se produire. La seconde est relative à la demande qui nous est faite de distinguer à l’aval l’expression des familles dont les membres sont face aux consommateurs de celles qui sont à l’interface entre la production et la distribution. La troisième concerne le mode de décision interne aux collèges et le droit de veto des familles fondatrices de l’interprofession. L’essence de l’interprofession étant de pouvoir conclure des accords qui ont force de loi lorsqu’ils sont étendus par les pouvoirs publics, il y a débat pour savoir s’il serait légitime qu’au-delà d’une certaine majorité qualifiée un droit de véto ne puisse pas constituer un blocage. Ces questions suscitent des discussions qui vont se poursuivre jusqu’à ce qu’un accord suffisant permette la modification des statuts, au moins sur le premier point.

Alors que la consommation des fruits et légumes frais, après avoir connu une hausse significative pendant les confinements, s’érode à nouveau lentement, l’assiette sur laquelle s’applique la CVE a augmenté plus vite que l’indice général des prix. Après des débats argumentés très intenses nous sommes parvenus à nous accorder sur une correction à la baisse des taux de la contribution volontaire étendue qui s’appliqueront pour les trois années 2026, 2027 et 2028. Les coûts constitutifs des plans d’action que nous mettons en œuvre au sein de l’interprofession évoluent en effet principalement au rythme de l’indice des prix à la consommation. Pour parer à l’éventuelle reconduction d’un écart significatif entre ces deux trajectoires d’inflation un mécanisme correcteur a été élaboré.

En plus de réussir à mieux outiller le bureau et le conseil d’administration pour comprendre les dépenses engagées pour la mise en œuvre de nos actions, un audit externe apportera le complément d’éclairage attendu en ce début de nouvelle mandature.

Cette assemblée générale se déroule au moment où l’essentiel des travaux nécessités par le renouvellement de notre accord triennal pour la contribution volontaire étendue a eu lieu. Elle conforte notre interprofession dans ses missions et ses soutiens aux partenaires privilégiés que sont APRIFEL et le CTIFL.

Pour les années qui viennent notre cap demeure ambitieux et enthousiasmant. Nous poursuivons notre engagement en soutien à l’agroécologie au champ, à la serre comme au verger et jusqu’à l’étal ou l’assiette. Nous devons tout autant participer activement à la valorisation des métiers et défendre notre souveraineté alimentaire, avec courage, clarté et unité.

L’augmentation de la consommation des fruits et des légumes est une nécessité nutritionnelle de santé publique. Cet objectif que nous voulons atteindre nécessite une parfaite efficience agronomique, logistique et de savoir-faire jusqu’au rayon pour offrir la qualité attendue par le consommateur. C’est aussi un combat culturel et pédagogique qui doit mobiliser toutes nos énergies.

Merci à chacun pour votre engagement. Merci aux équipes et à notre directeur pour leur efficacité et leur dévouement à la cause commune. J’ai la conviction que nous saurons ensemble relever les très nombreux défis qui se présentent à nous. Parce que l’avenir des fruits et légumes en France nous motive et nous unit.

 

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Président d'Interfel (Interprofession des fruits et légumes frais)
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