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Le monde selon Greenpeace. Ou quand le débat est frénétiquement modifié.

La file de droite c’est pour la Sainte Chapelle, celle de gauche c’est pour le Palais de justice. Et il vaut mieux compter une bonne heure avant l’audience pour ne pas être en retard à cause du contrôle sécurité.

L’avocat de Greenpeace semblait s’impatienter en haut des marches du Palais mardi matin en attendant sa cliente lorsque, parfaitement à l’heure, nous l’avons salué. Lui-même était un peu limite pour glisser dans les mains de notre conseil de nouvelles réponses conclusives aux nôtres sur sa question prioritaire de constitutionalité. Conscient de cela, ostentatoirement fair play, il annonce simultanément qu’il ne s’opposera pas au renvoi si nous le demandons.

Direction fizza le bureau de la Présidente de la 17ème chambre du tribunal de Paris pour le référé d’heure en heure que l’Association Nationale Pommes Poires a obtenu en début d’été afin de faire retirer le titre insupportable du rapport de Greenpeace : « pommes empoisonnées ». Pas question d’un nouveau renvoi qui sent la manœuvre, on plaide.

Vrai prise de tête pour le béotien que je suis à l’écoute des débats quant à la pertinence de la question prioritaire de constitutionalité relative à l’article 1382 du Code Civil. Le procureur sollicité n’a pas l’air convaincu. La Présidente dira sa décision le 2 novembre.

Ensuite on est passé « au fond », entre guillemets, comme l’a dit la Présidente. C’est vrai que de l’autre côté de la barre on est tombé assez bas à mon sens.

Alors, elles sont empoisonnées ou pas les pommes ? Nous : Bin non, madame la Présidente, puisque dans le rapport on parle de la terre des vergers et de l’eau et jamais des pommes. Eux : Bin si, puisque même si on en parle pas du tout dans le rapport, en fait, on ne parle que d’elles. Mais attention, on n’en veut pas aux pommes. On n’a rien contre, bien au contraire. C’est à la sorcière qu’on en veut. Oui, vous savez, dans Blanche Neige, c’est elle la méchante, pas la pomme.

Si le 2 novembre la question prioritaire de constitutionalité n’est pas transférée, alors le jugement sur le titre du rapport sera rendu le 10 qui suit. Sinon, on aura largement le temps de commercialiser l’excellente récolte 2015 de pommes et de poires avant de connaître la décision.

En juin, les journaux, radios et télévisions ont pendant quarante huit heures asséné au public que selon un rapport de Greenpeace les pommes sont empoisonnées, bourrées de pesticides. Les entendra t’on dans quelques jours annoncer avec la même intensité que Greenpeace a menti, que les pommes sont parfaitement saines comme le démontrent tous les rapports officiels des autorités sanitaires de France? Nous verrons.

Jusque là, lecteurs assidus de ce blog vous n’apprenez rien de très nouveau. Les trois articles précédents consacrés à la défense de la pomme contre l’attaque mercantile de Greenpeace vous ont déjà amplement informé. L’avocat de Greenpeace s’en est d’ailleurs presque plaint auprès de la Présidente. Agacé qu’il était que j’aie pu révéler ce qu’il a qualifié à l’audience être une maladresse de sa part. Vous savez, ce passage de ses conclusions où il est dit que « l’ANPP ne peut pas sérieusement prétendre que ce rapport (pommes empoisonnées) se voudrait objectif, informatif voire scientifique ». Snif.

En revanche, ce que vous ne savez pas encore, c’est que Greenpeace qui a lutté comme un beau diable par la voix de son avocat pour sa liberté d’expression, garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, préambule de notre Constitution de 1958, n’hésite pas à censurer vigoureusement la mienne. Si, si. Je vous raconte…

Peu de temps après la parution du fameux rapport sur les sols et les eaux dans les vergers de pommiers d’Europe, les producteurs de pomme italiens apprennent qu’un symposium doit se tenir au parlement européen à Bruxelles le 19 novembre de cette année sous l’égide du député hongrois Pavel Poc. Cette grande réunion a pour intitulé : « Feeding Europe by reducing pesticides dependency ». Greenpeace en est l’un des coorganisateurs et la pomme la culture cobaye.

Les représentants des producteurs de la plupart des pays européens réunis début aout à Merano décident de soutenir la proposition italienne de demander aux organisateurs de permettre aux arboriculteurs de s’exprimer à ce symposium.

Aux côtés de Greenpeace, on trouve parmi les coorganisateurs, Pesticide Action Network (PAN Europe), Eurocoop (Euopean Community of consumers and coopérative). Mais aussi IOBC (International organisation for biological control) et IBMA (International Biocontrol Manufacturers Association). Donc, des ONG connues pour leur militantisme et leur lobbying aux côtés de chercheurs pour IOBC et de firmes qui investissent et innovent dans le biocontrôle pour IBMA. Deux organisations dont nous avons éminemment besoin pour progresser dans notre façon de produire et dont nous sommes très proches.

Au programme, des interventions d’un commissaire, du ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, d’autres ministres européens, des chercheurs et puis les ONG. Eurocoop, PAN Europe et bien sûr Greenpeace. Et donc, grâce à notre demande, quand même un représentant des producteurs de pommes.

Et c’est mon nom qui a été proposé pour participer à ce symposium. Je passe sur les échanges qui ont précédé à la détermination de la place qui pouvait être celle des producteurs dans le déroulé du colloque. Au final, c’est à la suite de Mario Contiero (Agriculture and Genetic Engineering) de Greenpeace que je devais intervenir. Après qu’il ait sans doute présenté les arguments du fameux rapport dont l’ANPP a fait l’analyse critique.

Et puis le 30 septembre patatras, Greenpeace France prend connaissance du programme et des intervenants et voit mon nom. Mail affolé de Mario Contiero aux coorganisateurs pour demander un changement de programme et m’exclure.

Le secrétariat de WAPA (World Apple and Pear Association) que je préside pour deux ans est informé du veto à ma présence de Greenpeace. Il s’ensuit une longue argumentation pour dire que je suis l’arboriculteur idoine pour cette journée et que j’ai le soutien non seulement des producteurs de France mais aussi du reste de l’Europe. J’en rougissais presque…Mais rien n’y a fait, les autres coorganisateurs se sont rangés à la demande de Greenpeace et à ce jour mon nom est retiré du programme en attente d’un remplaçant.

Pout emporter la décision des autres organisations, Marco Contiero a fait état de l’action en justice de l’ANPP contre Greenpeace, d’un mail rude de ma part et des 3 articles de ce blog que vous connaissez bien.

Voilà une organisation qui le 13 mai envoie un commando de 15 mercenaires verts s’enchainer aux portes du siège d’InVivo et placarder la façade de banderoles traitant Philippe Mangin et Thierry Blandinières d’empoisonneurs pour attirer les médias et obtenir un bon coup de pub. Avec Anaïs Fourest pour les accueillir et délivrer son message qui ne mange pas de pain bio.

Le 1er juillet c’est à nouveau un commando de 20 mercenaires verts qui bloquent l’entrée principale de Bercy pour attirer cette fois encore les médias qui s’empressent de venir. La police arrive, dégage les lieux. Une équipe de nettoyage finit le travail et la vie reprend. Je suis passé sur les lieux un peu avant la fin de l’opération qui en tout a duré 3 heures. De la communication efficace et rapide. Le directeur adjoint d’InVivo me racontait il y a peu l’impatience des enchainés qui trouvaient que la police tardait un peu à venir et qu’ils commençaient à trouver le temps long.

Et bien c’est cette même organisation, habituée du coup d’éclat, de l’occupation des lieux privés ou publics, des enchainements, des placardages de slogans agressifs, qui s’offusque si on ose dire qu’elle n’est pas gentille. Qui demande à éloigner du débat celui qui à l’impudence de la remettre un peu à sa place.

Bon après tout, c’est son droit. Ce n’est pas très glorieux, mais qui peut encore être dupe des valeurs réelles de cette organisation?

Non, le souci dans cette affaire c’est la caution incidente à ce veto d’organisations comme l’OILB, IBMA et surtout du Parlement européen. Que peut bien penser le déontologue du levier de communication donné à Greenpeace, sans contre pouvoir, pour la prospérité de son business.

Laisser interdire de parole le président de l’Association Nationale Pommes Poires qui regroupe 1500 producteurs en France et qui est en même temps président de WAPA, association qui réunit 18 pays producteurs dans le monde, est tout sauf anodin.

Je me suis permis d'en référer à une député européenne française très motivée sur ces questions. Je la verrai mardi soir à Bruxelles pour en parler de vive voix. 

Je me demande aussi si je ne vais pas aller m’enchainer aux portes du Parlement Européen avec quelques autres producteurs de l’Union le 19 novembre pour manifester contre le pouvoir exorbitant de Greenpeace à Bruxelles.

Qu’en pensez-vous lecteurs avisés?

A suivre.....

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Mary 19/10/2015 12:41

Elle où la pétition de soutien pour la participation au 19 novembre ?

Aubarecy 12/10/2015 14:52

L'EXPRESS Grand Format CHAUD DEVANT des solutions pour le climat «Pour réduire nos émissions de CO2, il faut restaurer les terres agricoles»
Monique Barbut secrétaire générale adjointe de l’ONU en charge pour la convention pour lutter contre la désertification et la dégradation des terres.

IL FAUT RESTAURER NOS TERRES !

A LA VEILLE DE LA COP 21,ON PARLE BEAUCOUP DE CLIMAT,DE TRANSITION ENERGETIQUE OU DE BIODIVERSITÉ,MAIS TRES PEU DE TERRES….
Oui,et c’est une erreur,car on ne règlera pas le problème du réchauffement si l’on ne s’intéresse pas aux terres cultivables,qui jouent un rôle majeur dans la captation du CO2.Sans vouloir prêcher pour ma chapelle,je rappelle que les Etats-Unisq ont refusé de signer la Convention sur la biodiversité ou le protocole de Kyoto,mais ont ratifié la Convention sur la dégradation des terres.Et à ce jour,167 pays se déclarent affectés par le problème.Pourquoi ! Parce que les rendements et la qualité des récoltes baissent partout dans le monde du fait de l’usage abusif de produits chimiques qui contaminent l’EAU et l’AIR (30% des pulvérisations arboricoles se retrouvent dans l’atmosphère,sachant que les insecticides ont un impact négatif 1 km tout autour).Lorsque les terres agricoles commencent à manquer et que les conflits se multiplient pour se les accaparer,lorsque des régions comme la Californie sont ravagées par des sécheresses récurrentes,lorsque la France bétonne tous les sept ans l’équivalent d’un de ses départements,et que l’Europe qui perd tous les dix ans la surface de Chypre en sols cultivables,doit importer 45% de sa nourriture,oui cela amène à se poser des questions de fond.

QUI AMENENT QUELLES REPONSES !
Par exemple le principe de neutralité en matière de dégradation des terres-c’est à dire que si vous détruisez un hectare,vous devez en restaurer un autre.Lorsqu’une ville souhaite s’étendre,construire une rocade ou un aéroport,il faudrait qu’elle organise très en amont une concertation entre élus,citoyens et entrepreneurs pour qu’ils réfléchissent ensemble à un projet global de développement qui permette de concilier la préservation des terres,de l’environnement et un développement économique nécessaire,bien sûr,mais responsable.Appliquée à temps cette méthode aurait évité des conflits comme ceux de Sivens ou de Notre-Dame-des-Landes.Il me semble donc urgent de la mettre en oeuvre en France,l’un des plus gros consommateurs de pesticides et d’engrais chimiques d’Europe.En Bretagne,plus de 30% des terres sont dégradées et polluent la nappe phréatique .Et dans la région de Montpellier,ou les sols ne parviennent plus à retenir ou à absorber l’eau,on commence à appliquer des solutions pour répondre aux inondations.Il est temps de réagir !

CES DEGRADATIONS ONT AUSSI DES CONSEQUENCES SUR LE CLIMAT !
Oui,car s’ils étaient correctement gérés dans le monde,les sols agricoles séquestreraient 7 à 10 gigotantes de Co2 par an,soit près de la moitié de l’effort à fournir pour éviter de dépasser l’objectif de 2° de réchauffement.Restaurer les terres donne des résultats rapides(au bout de deux ans,elles retrouvent leur fertilité),coûte relativement peu cher (environ 200$ l’ha),permet aux populations de recouvrer leur autonomie alimentaire,et cela crée de l’emploi local.Si l’on restaurait ne serait-ce que 500 millions d’hectares dégradés sur les 2 milliards recensés dans le monde ,cela suffirait à absorber 30% de nos gaz à effet de serre.Bien sûr,cette mesure ne règlerait pas à elle toute seule la question climatique,mais ce serait un premier pas assez simple à réaliser,quand la transition énergétique-certes indispensable-se pense,elle,au minimum sur un demi-siècle,coûte cher et s’avère complexe politiquement,puisqu’elle oblige à repenser notre modèle de développement.Avec bientôt 9,5 milliards de bouches à nourrir,il va falloir augmenter la production alimentaire de 75%.Et pour cela,nous avons besoin de 4 millions d’hectares supplémentaires chaque année.Or ces superficies sont prises sur les forêts,ce qui aggrave le réchauffement.

L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE PROMET POURTANT DE NOURRIR LA PLANETE…
Pardon d’asséner encore des chiffres,mais savez-vous que 80% de la nourriture mondiale est produite par les 500 millions de petites fermes de moins de quatre hectares qui permettent de faire manger deux milliards d’individus! 80% de notre approvisionnement dépend donc de cette agriculture-là,que nous devons aider si l’on veut éviter des famines terribles,mais aussi des guerres.

LES DESERTS,GAGNENT EN AFRIQUE,EN AMERIQUE LATINE,EN CHINE.CELA ENTRAINE AUSSI DES CONSEQUENCES POLITIQUES !
Chaque année,la sécheresse tue plus de personnes au monde-environ 150000-que n4importe quelle catastrophe naturelle.Mais comme ces gens ne meurent pas en même temps ni au même endroit,cela n’intéresse personne.Les survivants migrent alors vers les villes et deviennent la proie des trafiquants ou des islamistes (ce qui s’est passé pour la Syrie).
Savez vous que près de 100% des migrants que l’on retrouve sur les côtes de l’Italie ou de la Grèce viennent de zones arides,et souvent en guerre (Bush a menti au monde entier pour faire la guerre et déstabilisé l’Irak,et ses zones agricoles)
Si l’on ne veut pas se retrouver avec des dizaines de millions de migrants à nos portes,il va bien falloir restaurer des terres,car cette solution est moins chère,plus humaine et plus pérenne que d’héberger dans des camps de fortunes des réfugiés qui coûtent 35 euros par jour et par personne.

CONCRETEMENT COMMENT S’Y PRENDRE !
Les solutions sont nombreuses.La Chine,par exemple,a misé sur l’agroforesterie qui consiste à cultiver en trois dimensions,en plantant des arbres au milieu des cultures au so.Elle a réhabilité ainsi quatre millions d’hectares.Grâce à ce programme,six millions de personnes sont sorties de la pauvreté et on a prouvé que cela marche sur une grande échelle.Au Niger,la zone de Maradi,restaurée et convertie à llagroécûologie,nourrit 1,2 million d’habitants.Par ailleurs,je soutiens depuis longtemps l’initiative de 11 Etats africains qui se sont unis pour mettre en place la grande muraille verte .Cette bande de cinq kilomètres de large sur prés de 17000 kilomètres de long est destinée à empêcher le désert de gagner,et permet de tester de nouvelles formes d’agricultures ou d’autres modèles d’organisation.Cette initiative a été décriée car elle a connu des problèmes de méthode,mais ces 11 Etats ont tenu bon malgré les changements de régime,et c’est cette voie là qu’il faut soutenir,car elle est créatrice d’emploi,de solidarité,d’innovation.
Il faudrait instaurer un corps vert de 5000 locaux par pays,payés pour fonder sur cette zone des écolages autonomes.Un lieu ou l’on produit soi-même une énergie propre à partir du solaire ou de l’éolien.Vous ajoutez à cela un four solaire,quelques téléphones satellite,une pompe hydraulique.A partir de cette pompe,vous alimentez un bassin de rétention pour arroser les terres et abreuver le bétail.Cela épargne du travail aux femmes qui peuvent alors se mettre à l’agroforesterie.C’est simple et ça marche.On l’a vu en Ethiopie,par exemple,ou des villages entiers ont récupéré leur autonomie alimentaire et créé de l’activité économique.

POURQUOI NE DEVELOPPE-T-ON PAS PLUS CES MODELES !
Parce qu’ils ne rentrent pas dans les schémas habituels,et parce que chaque cas appelle des solutions particulières.Il faut donc penser cela en grand,tout en acceptant de faire du sur mesure.A la Cop21,j’espère que les propositions allant dans ce sens seront adoptées.Le temps des climats-septiques est derrière nous et la volonté est là.Si ce rendez-vous ne débouche sur RIEN,ce serait décourageant et un signal inquiétant pour l’avenir.MAINTENANT IL FAUT PASSER AUX ACTES !

Aubarecy 12/10/2015 14:43

Si le hasard est seul responsable ! Le Plan national santé environnement 2015/2019 met en avant les pollutions de l'AIR extérieur &
intérieure : 20 000 décès prématurés et 30 000 cas de maladie recensés chaque année, c’est qu’annonce l’ANSES dans son rapport le plus récent !

L’agence met en cause 31 substances dangereuses pouvant émaner des produits d’ameublement. “Ces substances sont classées cancérogènes, mutagènes et/ou reprotoxiques”, souligne l’Anses, au préalable de la mise en place d’un étiquetage obligatoire, prévu par le troisième plan national santé environnement.

La pollution coûte près de 19 milliards d’euros à la société. La qualité de l’air apparaît donc comme un enjeu de santé publique, d’autant que l’on passe 90% de notre temps à l’intérieur des bâtiments.

L’Agence préconise de "limiter l’exposition de la population à ces substances et de tendre, à terme, vers une interdiction de ces substances". Elle juge nécessaire d’élargir l’examen des émissions polluantes à l’ensemble des biens de consommation (désodorisants, encens, produits d’entretien), en vue d’un étiquetage futur.

Aubarecy 12/10/2015 14:38

Si le hasard est seul responsable ! INSERM-OMS-Plan national santé environnement 2015/2019:Un air concentré en polluants Amiante-Radon-Benzène-insecticides-Tabac.....favorise des cancers et surtout contribue à des "problèmes" pour la femme enceinte et des leucémies chez l'enfant (étude Américaine) INRA-OGM/Antibiotiques/Pesticides non détectés dans les oeufs,restent dans le corps de l'animal ensuite consommé par l'homme. http://www.youtube.com/watch?v=WvYbqTdsHTA&feature=share

Aubarecy 12/10/2015 14:26

Suspicion d’agrégat de cancers pédiatriques en région viticole :
l’ARS doit revoir sa copie
A la suite du signalement effectué par le Maire de Preignac, qui avait été informé de 4 cas de
cancers pédiatriques dans sa commune entre 1999 et 2012, l’étude demandée par l’ARS et
confiée à l’Institut de Veille Sanitaire, vient d’être publiée (1). Comme toujours en pareil cas
la question qui se pose est de savoir si le hasard est seul responsable, ou s’il est nécessaire
d’ouvrir une enquête plus approfondie. Pour en juger les autorités sanitaires devaient répondre
à plusieurs questions :
- Les données sanitaires suggèrent-elles un excès de cas ? même s’il n’est pas
statistiquement possible de conclure, nous pensons qu’il est à ce stade impossible
comme le reconnaissent les auteurs de l’étude, d’écarter cette possibilité.
- L’exposition environnementale sur la zone d’étude se distingue-t-elle de la
norme ? A l’évidence la réponse est oui. Toujours selon le rapport de l’InVS aucune
source de pollution industrielle n’est mise en évidence et seule « une forte activité
viticole avec proximité de l’école et des habitations par rapport aux vignes » est
relevée.
- Du point de vue épidémiologique le lien entre l’exposition suspectée et les
cas de cancers authentifiés est-il plausible ? Malheureusement c’est ce qu’affirme
l’expertise Inserm (1) qui qualifie d’élevé, le niveau de preuve scientifique reliant
exposition aux pesticides et certains cancers de l’enfant.
Curieusement, l’ARS sans contester ces réponses, ne juge pas utile de poursuivre son enquête.
Si l’on ne retient que les cas d’hémopathies malignes et de tumeurs cérébrales l’ARS
considère que 6 cas retrouvés pour 3,6 attendus sur l’ensemble des communes investiguées,
ou 3 sur la seule commune de Preignac contre 0,5 attendu, ne constituent pas une preuve
d’excès de cas. Certes, mais elle devrait ajouter, qu’une investigation portant sur une zone
plus vaste, partageant les mêmes caractéristiques que ces 10 communes, à savoir une forte
activité viticole, doit être entreprise pour lever le doute. Est-il nécessaire de rappeler que la
viticulture utilise pratiquement 20% des quantités de pesticides commercialisés sur 4% de la
surface agricole utile ?
Lever le doute et protéger
L’AMLP demande donc à l’ARS une étude approfondie et étendue aux autres
communes de la zone viticole.
L’AMLP souhaite également connaître les mesures de protection retenues, limitant le
risque d’exposition à la dérive aérienne lors des épandages de pesticides. Non seulement sur
la commune de Preignac mais sur l’ensemble des communes relevant de la même
problématique. Enfin nous souhaitons que soit porté à la connaissance de tous la nature des
contrôles envisagés sur le territoire sous la responsabilité de l’ARS Aquitaine.
Contact : Docteur Pierre-Michel PERINAUD 06 31 23 66 72
(1) Investigation d’une suspicion d’agrégat de cancers pédiatriques dans une
commune viticole de Gironde, juin 2013. Institut de Veille Sanitaire.
(2) Inserm : Pesticides, effets sur la santé. Expertise collective, juin 2013