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Abus de lien social.

Le conseil général de la Charente, président sénateur en tête, continue sa campagne de mobilisation contre le projet de réorganisation des collectivités territoriales élaboré par le gouvernement. Après une première phase plutôt contre productive à l’adresse des maires et des élus communaux (SO du 6/01), c’est au tour maintenant des associations et de chaque charentais de se voir matraqués par la communication de guerre élaborée par l’institution en pleine déshérence morale. Le marketing politique utilisé pour l’occasion s’inspire du plus vil racolage dont certaines enseignes bourrent régulièrement nos boîtes aux lettres. A tel point qu’il faut espérer qu’à la vue du message « stop pub », les facteurs auront le réflexe de s’abstenir d’y glisser ces jours prochains la Pravda départementale et sa pétition en guise d’obscène cadeau « tonux », pourtant chèrement payés par les contribuables.

 

Voilà un abus de lien social doublé d’un abus de bien social qui mérite pour le moins une condamnation politique très sévère et sans doute une autre, tout aussi ferme, par une juridiction compétente à saisir.

 

Des élus bien peu républicains, une administration départementale politisée à l’extrême, un service de propagande sans éthique, mettent en œuvre depuis des semaines la manipulation mensongère la plus indigne que l’on puisse imaginer de la part d’une collectivité locale.

 

Les conseils municipaux ne s’y sont pas trompés. A peine 60 sur 404 ont adopté la délibération proposée par les mêmes sinistres contre réformateurs. Pourtant la majorité des communes est à gauche.

 

Déployer les moyens du Conseil Général, politburo, power point et petits fours, pour tenter de lever l’armée des élus locaux contre le gouvernement est déjà à mon sens parfaitement inadmissible. Bien heureusement les élus ont démontré à ce demi-quarteron de putschistes départementaux qu’ils étaient plus avisés que ces derniers ne l’avaient sans doute imaginé.

 

Mais plutôt que de reculer dans cette entreprise indigne, les mêmes s’adressent aujourd’hui à la veuve, l’orphelin, le dépendant, l’économiquement fragile, pour recueillir leurs signatures à une pétition infondée soutenue par un argumentaire en tout point scandaleux.

 

Analysons de plus près le stratagème. Dans son éditorial Michel Boutant instille l’inquiétude dans l’esprit du lecteur en ces termes : « Demain, que deviendront les services assurés et financés jusqu’à présent par le Conseil général : l’aide aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux personnes en difficultés, aux collégiens ? Si ces projets de réformes sont mis en œuvre, quel avenir sera réservé, sans le soutien du Conseil général, à la culture, à l’animation du territoire, à l’enseignement universitaire en Charente, à l’aide aux communes, aux associations locales ? ».

Comment ne pas s’inquiéter quand celui qui pose la question semble si comme il faut, président du CG, sénateur, cravate, rond, le regard par-dessus les lunettes, studieux, sérieux, notable et garantie morale suprême, de gauche. Une vraie conscience pour le département que chacun est forcément fondé à croire.

On cherchera quand même vainement dans cet édito la moindre mise en perspective de la réforme soutenue par le gouvernement. Celle-ci s’inspire pourtant de réflexions issues depuis longtemps d’éminents politiques de gauche comme de droite. De quoi s’agit-il ? D’aller plus loin dans l’accomplissement de la coopération intercommunale et commencer un rapprochement entre les départements et les régions auxquelles ils appartiennent. Cet ensemble de collectivités aura-t-il moins d’argent qu’avant ? Bien sûr que non. Globalement il va manquer au plan national 4.4 milliards payés en moins par les entreprises sur les bases actuelles. L’Etat va donc ajouter  ce montant à ce qu’il redistribue déjà des impôts qu’il perçoit. Ces 4.4 milliards représentent 4% du montant total des déficits publics du pays qui s’élèvent à plus de 100 milliards. C’est ce déficit abyssal qui est notre problème collectif. Dans ce cadre délicat, l’objectif de la réforme de la TP est de permettre au tissu économique des entreprises de se maintenir en France, de se développer, pour créer la richesse nécessaire qui permettra de résorber cet immense déficit. Puisque la solution, quand on détient déjà le record de prélèvements obligatoires, ne peut évidemment pas être d’augmenter le taux des impôts perçus, quels qu’ils soient, mais bien d’en développer l’assiette. Ce qui nécessite de la croissance. En complément, il est absolument nécessaire d’améliorer le rendement de l’argent prélevé en rendant plus efficace notre organisation collective. Voilà l’objectif que poursuit le gouvernement avec la réforme des collectivités, la réforme de la TP, tout comme avec la RGPP (révision générale des politiques publiques). Alors on peut débattre à l’infini des modalités à choisir pour atteindre le résultat, c’est nécessaire et légitime, mais tout élu responsable se doit de participer à la recherche de solution qui ne peut malheureusement pas être de ne rien changer. Dans ce contexte vouloir sauver ses habitudes, son confort, en s’autorisant à faire peur à tout un chacun est vraiment misérable de la part d’élus en charge de responsabilités. Ne nous y trompons pas cette méthode populiste, si elle est déjà détestable lorsqu’elle est utilisée par un parti politique, elle devient absolument condamnable quand elle est mise en œuvre avec de l’argent public par une collectivité comme le Conseil Général.

 

Chacun de vous, lecteurs de ce blog, va se rendre compte par lui-même à la lecture du document des méthodes de basse propagande employées. Un couplet sur le bouleversement de la fiscalité qui va enlever les moyens de payer ce à quoi chacun de nous est attaché. Un couplet sur une supposée restriction des services apportés au public, certains entendront services publics. Un autre encore plus atroce sur la fin des élus de proximité. Quel mépris pour les conseillers municipaux, les maires, au plus près du terrain dans leurs communes et encore au plus près pour les équipements et les services communs à plusieurs communes à l’échelon des communautés. Pour les missions qui incombent à l’ensemble département région, un territoire de plusieurs cantons est la bonne proximité pour les futurs conseillers territoriaux.

Pour faire suite à cette introduction parfaitement dégueulasse du supplément de Tonus Charente, les propagandistes aux ordres en ont rajouté dans l’ignoble. Pour illustrer le bel apport du Conseil Général à chacun de nous, des témoignages ont été recueillis auprès des bénéficiaires d’aides ou de services. Six sur neuf de ces publireportages sont barrés d’un coup de tampon rouge qui stipule « supprimé par la réforme ».

J’imagine que mon ami Jacques Chabot ne savait pas que sa photo et son témoignage seraient utilisé pour ces basses œuvres. Il ne peut évidemment pas laisser entendre que la maison communautaire de l’emploi n’aurait pas pu exister si la réforme avait eu lieu avant sa réalisation. Il en va de même pour Christian Delage lui aussi utilisé honteusement pour sous entendre que le développement économique de son entreprise n’aurait pas été le même après la réforme. Et tout le reste est à l’avenant.

 

Pourquoi ne pas poursuivre avec une campagne d’affichage sur panneaux Decaux pour rentabiliser un peu plus ces créations graphiques et ruiner un peu plus les contribuables ?

 

J’espère que les charentais ne seront pas plus dupes que ne l’ont été les élus municipaux sur les intentions réelles des preneurs d’otages. Si j’en crois mon enquêteur permanent de l’opinion publique qui travaille à la poste, ce devrait être le cas. Tout récemment encore il me disait : « cette réforme va marcher parce que les gens en ont marre de cet empilement de collectivités ». La propagande du CG risque fort de se retourner contre ses auteurs. J’y contribuerai autant que possible.

 

Dans une interview donnée à Sud Ouest, Jean François Copé dit nettement que la création du conseiller territorial « c’est une première étape. Le but, c’est une fusion totale des Conseils Généraux et des Conseils régionaux. C’est ça la vraie réforme! Celle qui consiste à fusionner les compétences, les administrations, les dépenses. La fusion des élus, c’est le plus facile ».

Je partage son point de vue. Même si en Charente les élus au pouvoir sont plus gravement atypiques tant ils refusent d’être à la hauteur des enjeux.

 

Vendredi 8 janvier, sous le titre « deux PS, ça ne me dérangerait pas », la Charente Libre rapporte quelques déclarations particulièrement intéressantes du député de la 1ère circonscription. Je ne me prononcerai pas sur les difficultés internes que cela doit poser en interne dans le parti que de porter ce débat sur la place publique. En revanche le contenu du message me semble avoir une portée qui vaut autant pour la gauche que pour la droite. Etre dans l’opposition et aspirer à gouverner suppose de tomber le moins possible dans la démagogie dès lors que l’on aspire à la réussite de son pays et des ses habitants. Dériver vers des positions extrêmes pénalise forcément le pays et interdit finalement le plus souvent de gagner les élections. Etre responsable c’est proposer des solutions alternatives crédibles et ne pas sombrer dans l’opposition systématique. Quand les élus agissent ainsi, le débat public est tiré vers le haut, le pays progresse et s’adapte aux changements technologiques et aux aspirations des populations.  Jean-Claude Viollet est du camp de la gauche. Je suis du camp de la droite. Nous proposons des stratégies et des politiques différentes pour notre pays. En revanche je partage son exigence de la responsabilité en politique qui me semble obligatoire dès lors que l’on à l’ambition à gauche comme à droite de gouverner.

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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bertrand 18/01/2010 15:03


Aux voeux du maire de Montbron, on a eu droit à une intervention de notre camarade sénateur-président MB qui a même cité D.Bussereau sur le sujet de la culture qui ne reléverait plus de la
compétence départementale, donc plus de subventions.... La fin des associations, finies les subventions,  etc ...
Et bien sur les gens ont réagi : c'est dégueulasse, la faute à Sarkozy...
Bref il prépare les élections
Qu'une telle malhonnêteté soit sanctionnée serait tout à fait juste


loïc 16/01/2010 15:32


Quand tu vois le bulletin du Tâtre, j'ai peur que le message de ces sénateurs soit efficace.


Vinosse 16/01/2010 13:00


Foncez voir les rapiettes !!!


L BESSON 16/01/2010 08:07


Ouahh!!! Jean Hubert: "Charentise notre image"!!!! Alors là, comprenne qui voudra ou qui pourra! Il va falloir que vous alliez encore quelques années à l'école des raffarinades pour obtenir votre
diplôme d'UPMISTE. Je crains même quelques redoublements.
Bonne révision pour le prochain examen des régionales


Jean-Hubert 15/01/2010 23:13


Président, voilà un bon article, il faudra tout de même le synthétiser pour l'utiliser politiquement et le diffuser largement, pourquoi ne pas lancer une campagne de tracts au niveau du département
on a tout pour ça, et en plus on charentise notre image??