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Jusqu'où l'arrêteront'ils?

Après une indiscrétion dans SO jeudi, la Charente Libre annonce aujourd’hui la démission officielle de Jean Révéreault de la présidence de Calitom en même temps que sa candidature tout aussi officielle au poste de directeur.

 

Depuis juillet dernier le poste est vacant et une nouvelle offre d’emploi rédigée par le président en exercice est diffusée depuis le 23 février avec la mention de la date limite du mercredi 25 mars pour adresser sa candidature au président de Calitom. C'est-à-dire à lui-même jusqu’à aujourd’hui, moins de cinq jours avant la date limite rappelée dans l’annonce. Cette situation tout à fait scabreuse fait de Jean Révéreault un candidat hyper privilégié vis-à-vis des autres en ce qu’il connaît déjà le nom et la qualité de la quasi-totalité de ses concurrents, tout comme bien sûr le caractère et la personnalité des élus qui auront en charge d’assurer le choix final. Sans aller jusqu’à imaginer qu’il puisse y avoir de sa part distraction possible de telle ou telle candidature gênante, comment ne pas comprendre que des postulants sérieux aient par avance renoncé à se manifester, tant il pouvait être facilement su par eux que ce recrutement était truqué et que le choix était déjà fait. A ce niveau de responsabilité et de rémunération les postulants crédibles savent s’informer.

 

Il n’y a dès lors pas besoin d’être juriste pour comprendre que cette situation pose un très grave problème de légalité au recrutement de Jean Révéreault si les élus devaient envers et contre toute équité le choisir pour directeur. Un recours en annulation aurait de très fortes chances d’aboutir et il faudrait alors recommencer à zéro une nouvelle procédure de recrutement sous l’autorité du président qui sera bientôt élu. Redevenu enfin un candidat à peu près (à beaucoup près plutôt) comme les autres il pourrait cette fois-ci être choisi sans risque juridique aussi flagrant. Il resterait quand même à justifier devant le contrôle de légalité le choix d’un contractuel, si comme cela est fort probable un titulaire de la fonction publique compétent pour le poste était candidat. 

 

Mais au-delà de ce sérieux problème de respect du droit, il me semble qu’il y a de très nombreux arguments pour s’opposer très vivement à ce passage de président à directeur d’un syndicat mixte composé exclusivement de collectivités publiques ou de groupement de collectivités publiques.

 

Pour bien montrer que mon opposition à ce recrutement serait la même s’il s’agissait de quelqu’un d’autre que Jean Révéreault, je vais vous imager la situation à travers un autre exemple de pure fiction mais quasiment similaire. Pendant un an je me suis trouvé en situation d’assurer de fait à la fois la présidence et la direction de la communauté de communes des 3B. Imaginons que disponible et sans emploi, passionné par la conduite du projet communautaire j’ai eu envie d’assurer pleinement la direction de la communauté en démissionnant de la présidence après m’être concerté avec les élus et les avoir convaincus qu’il était quasi impossible de trouver quelqu’un d’autre à la hauteur de nos attentes. Après tout, j’ai dirigé une entreprise avec bien plus de salariés et des budgets supérieurs en obtenant des résultats honorables et à la tête de la communauté ça se passait plutôt pas mal. Alors tant qu’à faire le job autant en avoir aussi la rémunération. Faisons l’hypothèse (d’école) que les élus aient par défaut suivi sans rien dire, d’autant plus que je leur aurais fait une remise sur le prix accordé antérieurement pour la même fonction.

Enfin il aurait bien sûr fallu que j’évite que les salariés ne disent trop ce qu’ils pensent aux élus durant cette phase délicate. Parce que je me souviens avec humilité qu’une collaboratrice de la communauté m’avait fait gentiment remarquer que comme président j’étais acceptable mais que comme directeur j’étais nul. Et c’était vrai bien sûr tant les deux métiers sont par nature extrêmement différents. 

Admettons que le stratagème ait marché quand même et que je sois devenu directeur. Le président aurait-il pu présider réellement en ayant pour directeur le président qui le précédait à la même fonction. Par quel miracle le politique que j’étais à la tête du conseil aurait-il pu changer suffisamment pour à plus de cinquante ans rester dans le rôle du directeur et abandonner les réflexes d’avant. Quel président suffisamment inexistant aurait pu accepter de faire semblant de présider et me supporter pour seulement empocher l’indemnité? Rien que d’évoquer ce cauchemar, la quasi-totalité d’entre vous mes chers lecteurs poussent j’en suis sûr des cris d’horreur. Parce qu’il y a du coup d’état dans cette démarche et que l’électeur est forcément trahi par ses représentants dès lors qu’ils acceptent de cautionner une monstruosité pareille de confusion des rôles et des pouvoirs.

 

Un cabinet de recrutement compétent qui aurait à assurer une mission d’accompagnement des élus pour pouvoir le poste ne présenterait en aucun cas un candidat ayant ce type de cursus et de formatage. Le tribun, le politique se détourne des compétences que l’on attend d’un directeur.

 

Et puis pour être plus polémique j’ai la certitude qu’un audit minimum et rapide du management et du pilotage organisationnel assuré depuis un certain temps maintenant par le président de Calitom démontrerait sans coup férir la gravité de l’erreur de casting qui se prépare. Et tout cela sans parler de la stratégie économique et politique, éminemment contestable à mon sens, conduite par Calitom mais dont je dois reconnaître qu’elle fait encore la quasi unanimité du comité syndical.

 

Les élus délégués des collectivités membres de Calitom sont maintenant face à leurs responsabilités. Ils disposent du temps nécessaire pour réfléchir par eux-mêmes et ne se laisser dicter leur choix par personne. Ils mettront un point d’honneur j’en suis sûr à servir pour le mieux les intérêts des habitants et du département de la Charente lorsqu’ils prendront cette décision fondamentale.

 

Mais vous mes chers lecteurs et heureux contribuables, qu’en-pensez vous ?

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Mo 02/04/2009 22:50

Je suis persuadé que la plupart des représentants des 3 B exercent leur mandat dignement et honnêtement. Par contre, ce qui me déplait au plus au point, c'est qu'on puisse laisser à des postes à responsabilité (président ou vice président), toujours les mêmes individus qui n'ont pour seul objectif que la pérennité de leurs indemnités. En cela les représentants des communautés de communes, sûrement par naïveté,  sont responsables car ce sont eux qui leur permettent de siéger à CALITOM. Pour ce qui est de la rémunération du directeur je suis d’accord avec vous, encore qu’on ne doit pas tomber dans l’exagération. Si c’est le cas, il ne faut pas qu’on nous dise que les collectives sont en manque de moyens financiers.

Loïc 02/04/2009 19:52

MO, ce que je veux dire, c'est que pour ce type de poste la rémunération doit certainement suivre une grille de salaire???Et puis, si il y a un travail en face qui mérite une telle rémunération, le chiffre n'est pas scandaleux.Par contre se servir de sa position d'élu et de la presse à des fins personnels....c'est ce qui me dérange le plus.Il y a 70 délégués (je crois) pour représenter les différentes communes, j'espère que votre remarque ne place pas tout le monde dans le même panier.

Mo 02/04/2009 00:20

Désolé Loïc, mais le salaire est aussi un problème. Il me semble que sur ce blog, et notamment pour le projet d’une piscine couverte, des intervenants ont fait preuve de plus de mesure dans la dépense des deniers de la collectivité.
Pour moi les prétentions du Président de Calitom s’expliquent aussi par le fait qu’on l’a encouragé à avoir de telles ambitions. Je veux dire que son projet d’usurpation de poste de directeur a sûrement été nourri par le consentement (ou le silence) des autres représentants des communes au premier rang desquels nous trouvons les vice-présidents. Il est tellement plus facile  pour ces derniers d’aboyer au scandale après que la manoeuvre ait été éventée… .

Loïc 01/04/2009 16:31

Ce n'est pas le salaire le problème. Mais le fait qu'un président essaie de se servir de sa position pour devenir directeur.

Vinosse 01/04/2009 08:09

De toutes façons, si Calitom embauche un nouveau directeur, va-t-on discuter autant son salaire ???