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Ceci n’est pas une pomme….empoisonnée! Rapport d’étape de l’explication de gravure des pomiculteurs avec Greenpeace.

Tout ça dépend bien sûr si c’est de l’art ou du torchon. Mais dans le cas d’espèce, il n’y a pas débat. Aucun surréalisme qui tienne, c’est une tromperie bien réelle sur la marchandise que nous inflige Greenpeace avec le titre de son rapport.

Chacun sait pourtant avec Camus que «mal nommer les choses ajoute aux malheurs du monde ». C'est pourquoi cette nouvelle blessure faite injustement aux pommes  motive les pomiculteurs pour demander à Greenpeace de retirer la bannière outrageante dudit document.  

Parce qu’alors que dans les autres pays européens l’oenegée évoque délicatement un « bitter taste for apples », la France est gratifiée pour ce manifeste d’un titre trash et dévastateur : « pommes empoisonnées ».

Les médias s’en sont donnés à cœur joie pour répandre la mauvaise nouvelle. Ils ont pris Greenpeace au mot et son titre au pied de la lettre. Sans distanciation aucune. Opération dénigrement réussie pour ces chevaliers du fiel vert qui ont pris la pomme pour cible sur nos têtes de serfs désarmés.

Plutôt que d’accéder immédiatement à notre légitime demande, Greenpeace très hautain s’est drapé dans ses habits verts et s’est fendu d’un communiqué de presse pour en rajouter une couche en vantant les mérites ultimes de son combat en plus de justifier l’accroche de son rapport : « pommes empoisonnées ».

Qu’à cela ne tienne, c’est donc par un référé que l’Association Nationale Pommes Poires tente d’obtenir réparation. L’audience devait avoir lieu hier. Elle est repoussée au mardi 6 octobre et toujours devant la 17ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris. Cette fois ci mon agenda me le permet et j’y serai. Je ne connais que trop bien le chemin qui conduit vers la chambre de la presse.

Les plaidoiries n’ont pu avoir lieu hier parce que Greenpeace pose pour l’occasion une question prioritaire de constitutionalité à transmettre à la Cour de Cassation sur la non-conformité supposée de l’article 1382 du Code Civil au principe fondamental de la libre expression. Une paille.

Pour ceux d’entre vous qui auraient un trou de mémoire, l’article 1382 dit très simplement ceci : « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».

Evidemment cet article est le fondement principal de notre requête. Greenpeace considère qu’il pourrait en l’espèce, si l’on devait nous donner raison, limiter sa libre expression garantie par ailleurs par la Constitution.

Que notre demande de changement de titre de ce fichu rapport puisse conduire à la remise en cause d’un des socles les plus solides de notre droit est quand même assez émouvant non ?

Les écritures en défense que nous a communiquées Greenpeace recèlent d'autres surprises. On trouve ainsi ces deux déclarations étonnantes mais réjouissantes :

«L’objet de ce rapport n’est évidemment pas de dénigrer ni les qualités, ni les propriétés des pommes, et le titre ne laisse aucune place au doute sur ce point ». 

Et puis un peu plus loin, « L’ANPP ne peut pas sérieusement prétendre que ce rapport se voudrait objectif, informatif voire scientifique ».

Vous avez bien compris très avisés lecteurs, pour Greenpeace « pommes empoisonnées » ne veut pas dire « pommes empoisonnées ». Et son rapport est bien bidon comme nous l’avons dit lors de sa parution.

Tout n’est qu’apparence et illusion en ce monde nous dit Greenpeace. N'empêche que son gros cube de Maggi dans le brouillon est bien indigeste et toxique.

NB: voir les deux articles précédents consacrés à ce sujet:"De quoi les pommes empoisonnées de Greenpeace sont-elles le nom?" et "Pour qu'un titre en prenne pour son grade. Ou quand ma pomme empoisonne Greenpeace". 

Ceci n’est pas une pomme….empoisonnée! Rapport d’étape de l’explication de gravure des pomiculteurs avec Greenpeace.
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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S
Que cherche Greenpeace avec ces contre vérités???? ont ils besoin de tout ce buzz pour exister?
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Y
Merci Daniel pour votre implication et vos articles. Votre travail sert tout le monde agricole
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