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Vive Fillon.

Je vous concède mes chers lecteurs que j’ai eu quelques instants de doute. Parce que le déferlement de réactions outrées au discours de Nice de François Fillon ne pouvait se fonder que sur un réel revirement stratégique de sa part à l’égard du Front National. Cet opposant viscéral au parti de la famille Le Pen aurait donc fini par « droitiser » son discours pour tenter de lui reprendre des voix. Peut-être même que l’idée d’une alliance avec ce parti dangereux ne serait plus taboue. Si c’était réellement le cas, j’étais bien face à un nouveau cataclysme à droite.


Mais vous me connaissez mes chers lecteurs, je ne suis pas de ceux qui se satisfont d’un revers de tweet, d’une harangue à la tribune ou d’un article de presse pour participer à l’hallali, même sonnée par des humanistes en apparence biens sous tous rapports. 


J’ai donc à mon habitude lu le texte intégral du discours par lequel le scandale est arrivé. Deux fois. Même bien plus pour le passage qui fait polémique. Et vous savez quoi ? J’aurais aimé être l’auteur de ce texte. J’en revendique quasiment chaque mot. Je partage l’analyse de la situation du pays faite par François Fillon tout autant que la voie à suivre pour l’en sortir qu’il esquisse. Et pour ce qui concerne le Front National, l’étanchéité parfaite avec l’UMP pour laquelle je milite clairement est exprimée évidemment sans aucune ambigüité. Comment pourrait-il en être autrement puisque qu’il y a une incompatibilité fondamentale entre les programmes et en aucun cas complémentarité.


Alors me direz-vous, il doit bien y avoir une origine à tout ce raffut. Oui forcément. Et cela mérite bien en effet que l’on s’attarde à en comprendre les causes. 

François Fillon refuse donc aujourd’hui d’appeler au front républicain ou au ni ni. Le front républicain consiste à donner comme consigne aux membres de son parti de voter pour le candidat qui se retrouve face au candidat FN au deuxième tour d’une élection. Voire même à se désister d’une triangulaire pour faire échec au candidat FN lorsqu’il est en situation de pouvoir l’emporter. Evidement, ce front républicain ne vise que l’échec du Front National et bizarrement pas celui du Front de Gauche. Alors que, comme son nom l’indique, et conformément aux théories développées par ce dernier, ce front est le parfait pendant à gauche de l’autre à droite. Sauf cas exceptionnel, l’abstention permet après tout d’arriver au même résultat que le front républicain. C’est ce qui a justifié d’ailleurs la proposition du ni ni. Pas besoin à droite de voter avec la gauche pour faire échec au Front National, l’abstention suffit. Une gauche qui se mobilise et une partie de la droite qui va à la pêche et c’est l’échec assuré du candidat de Front National.

 

Le mot d’ordre du front républicain c’est : tout plutôt que le FN. Ce qui signifie que, bien qu’il ne soit pas interdit, ce parti n’est pas considéré comme républicain. Et bizarrement, je le redis, le Front de Gauche est épargné de l’opprobre. Rappelons nous au passage le machiavélisme de François Mitterrand, rappelé sans remords par Roland Dumas dans son dernier livre, qui fait adopter la proportionnelle aux élections législatives de 1986 pour faire entrer le Front National à l’assemblée et empêtrer la droite. On était loin du front républicain à ce moment là. Tout comme en sont très loin ceux des centristes qui préconisent aujourd’hui encore de mettre de la proportionnelle dans les scrutins.

 

Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours reste le meilleur front républicain qui puisse se concevoir. Voulu par le général de Gaulle, il force au rassemblement des électeurs et gomme les extrêmes. Pas plus que François Fillon je n’ai envie de renoncer à ce front républicain là. C’est beaucoup moins clair pour d’autres et pour de bien peu nobles raisons.

 

Alors c’est quoi la nouveauté qui fait scandale? C’est tout simple. François Fillon ose s’en remettre au libre arbitre des électeurs sans donner de consigne de vote en cas de compétition entre le PS et FN.  En ne hurlant pas qu’il faut voter pour l’opposant au Front National ou au moins s’abstenir, en les renvoyant dos à dos et en faisant confiance aux électeurs, Fillon suscite l’effroi. Il légitimerait parait-il le vote FN en déculpabilisant ceux qui sont attirés par les solutions simplistes de ce parti. 

 

A mon sens, c’est bien au contraire ce message qui peut permettre que nos propositions soient à nouveau entendues. Ceux qui aujourd’hui sont tentés par un vote extrême ne supportent pas que l'on se contente de leur faire la morale pour les ramener au bercail plutôt que d’être crédibles sur la politique proposée. Ce message adressé aux électeurs, c’est la reconnaissance de leur liberté et de leur responsabilité. C’est aussi en retour l’obligation d’être à la hauteur de la confiance demandée. Etre moralement contre le FN ne peut pas faire office de projet politique auquel chacun est prié de se rallier.

 

Accepter la pleine liberté des électeurs et leur dire, abandonner les postures morales gratuites, c’est l’obligation que l’on se donne de rechercher avec les électeurs la politique réformatrice ambitieuse qui améliorera la situation de chacun et la réussite du pays.  Je me demande si l'on a bien conscience de l'exaspération des électeurs qui sont tentés par le vote FN? Ils transgressent d'autant plus les consignes de vote qu'ils les considèrent comme un paravent supplémentaire de l'incapacité politique de ceux qui les donnent. Ils ne demandent pas qu'on leur dise ce qu'ils ont à faire mais que l'on réponde aux problèmes qu'ils soulèvent. François Fillon est à mon sens sur la bonne voie mes très chers lecteurs pour faire reculer structurellement le FN dans les rangs des électeurs qui n'acceptent plus l'autisme des politiques à leur égard et qui considèrent que le premier signe du courage c'est de s'en remettre à leur libre arbitre.

 

Je vous ai recopié ci-dessous l’intégralité du discours de Nice et vous ai souligné le passage incriminé. Lire intégralement ce discours pour en saisir la complexité et la profondeur, c'est aussi lutter contre le populisme facile du Front National.


Mes chers amis,

 

C’est avec un grand plaisir que je retrouve les Alpes-Maritimes et vous tous qui êtes prêts à repartir sur le chemin de la reconquête.

En 2012, notre parti a traversé une crise profonde et je me suis battu pour sa démocratie et son unité. Maintenant, le passé doit être dépassé et toute notre énergie doit être tendue vers nos prochaines batailles.

Nous avons des bastions politiques sur lesquels nous pouvons nous appuyer parce que vous êtes là et parce que nos élus sont solides.

J’étais ce matin à Menton avec Jean-Claude Guibal, puis à Antibes avec Jean Leonetti… Ce sont des hommes de grande valeur qui font honneur à notre mouvement.

Et puis me voilà ce soir, à Nice, avec les militants et les responsables de votre fédération à qui j’adresse un salut fraternel.

 

Christian, plus je viens ici plus je mesure le travail exceptionnel que tu as accompli pour donner à cette ville une belle et grande ambition.

Nice est dans de bonnes mains, et le conseil général l’est aussi avec Eric Ciotti, dont je sais l’efficacité, l’intelligence et la combativité. 

Dans la salle, je vois beaucoup de visages amis que je ne puis tous citer, mais qu’ils sachent combien j’ai confiance en eux.

 

Etre à l’UMP, c’est réagir devant tout ce qui abîme la France, tout ce qui l’affaiblit, tout ce qui la détourne de la grandeur.

Pour certains, la «grandeur» est une illusion… Non, c’est un défi !

C’est le défi des peuples qui savent se dépasser pour ne pas piétiner dans la médiocrité, c’est le défi des peuples qui savent que le bonheur est une conquête et pas un cadeau de la providence ; c’est le défi permanent de la France qui doit viser haut pour progresser et se faire respecter dans le monde.

1% de la population mondiale : voilà ce que nous représentons !

Alors de deux choses l’une : soit on se bat, on se rassemble, on se réforme pour être plus grand que les statistiques; soit on courbe l’échine.

 

Depuis plusieurs mois, je multiplie les déplacements sur le terrain et partout je sens monter l’exaspération.

Notre pays se perd dans le scepticisme et la colère, et notre devoir est de lui démontrer que nous sommes là, en train de renaître, de nous renouveler, de nous interroger aussi car rien n’est pire que l’arrogance de ceux qui prétendent tout savoir et avoir tout réussi.

 

Pourquoi l’exaspération atteint-elle un seuil critique ?

 

Parce que la réalité de notre déclin national a été trop longtemps sous-estimée.

Je ne jette la pierre à personne car nous sommes tous un peu coupables d’avoir cru que l’on pouvait continuer comme avant, avec des ajustements à la marge.

Mais c’est un fait, depuis trente ans, notre pays préfère les paroles qui plaisent aux décisions qui sauvent.

Aujourd’hui, chacun souffre de ne pas avoir été accoutumé à la vérité.

Vérité sur les forces de la mondialisation qui nous obligent à passer à la vitesse supérieure en matière de productivité et de compétitivité.

Vérité sur le risque de faillite qui nous guette avec une dette qui atteindra 95 % du PIB en 2014.

Vérité sur la perspective d'une sortie de la France du classement des dix premières puissances à l'horizon des années 2020 si nous continuons sur le même rythme.

 

Lorsque je parle ainsi, on me dit «attention François, tu inquiètes les électeurs».

Non, je crois que je les inquiète beaucoup moins que ceux qui vous parlent comme à des personnes malades auxquelles on cache le diagnostic, et qui sentent bien qu’on les trompe.

Pour moi, l’UMP doit être le parti de la vérité car son but n’est pas de séduire la France avec des mensonges mais de la conduire face aux difficultés.

 

L’exaspération, elle vient aussi de ce décalage entre les discours et la réalité, entre ce qu’il est facile de promettre et ce qu’il est nécessaire de faire.  

C’est valable pour nous tous, mais ça l’est surtout pour la gauche qui est habituée à vendre des roses, et, une fois élue, à nous faire avaler ses épines.

Entre ce que François Hollande a dit et promis durant la campagne présidentielle et ce qu’il fait ou ne fait pas à l’Elysée, ce n’est plus un fossé, c’est un abîme.

Pour gagner tout fut possible - y compris nier la crise !

Comment voulez-vous ensuite convaincre les Français que la dureté des temps exige des sacrifices ? Comment voulez-vous réformer vraiment lorsque vous avez été élu pour faire des réformettes ?

Et puis, comment être crédible lorsque vous avez dit tout et son contraire ?

 

Dans l’opposition, François Hollande assurait qu’en supprimant les heures supplémentaires défiscalisées on libérerait des emplois nouveaux.

9 millions de Français ont vu leur pouvoir d’achat baisser à cause de cette suppression, sans qu’aucun emploi n’ait été créé !

Une fois encore, la thèse du partage du travail a révélé son inefficacité totale.

La gauche n’a toujours pas compris qu’en rationnant le travail on rationne l’activité, en rationnant l’activité on rationne la croissance, en rationnant la croissance on condamne les chômeurs à le demeurer.

 

Il faut sortir des 35 heures en décentralisant le dialogue sur l’organisation du travail au niveau des entreprises.

Il faut assouplir le marché de l’emploi.

Il faut baisser franchement et simplement le coût du travail.

Il faut mettre le paquet sur l’apprentissage des jeunes plutôt que de multiplier les emplois aidés qui ne sont que des pansements sur une jambe de bois.

Il faut valoriser les entrepreneurs et les investisseurs plutôt que de les taxer et les injurier. Bref, il ne faut pas faire du socialisme !

 

Dans l’opposition, François Hollande assurait qu’il réduirait nos déficits, et pour moi, c’est un sujet majeur car nos enfants n’ont pas à payer les factures de leurs parents.

Depuis, il a été réduit à quémander auprès de nos partenaires européens deux années de plus pour les réduire !

Et pour les réduire, il ne réforme pas l’Etat, il ne coupe dans les dépenses structurelles, il ne réduit pas les effectifs, il grignote, il augmente les impôts. 

Et malgré le choc fiscal sans précédent que la gauche nous impose, nous resterons l’un des pays européen avec les déficits les plus élevés.

Cette overdose fiscale frappe toutes les catégories de la population, avec une cible privilégiée que sont les classes moyennes.

Impôt sur le revenu, TVA, charges sociales, impôts locaux, c’est un orage de taxes qui s’est abattu sur le pays au risque de le noyer.

Même la gauche a fini par s’en rendre compte, contraignant le président de la République à promettre une pause fiscale avant d’être sévèrement contredit par le projet de budget pour 2014 qui accroît encore la charge fiscale.

 

Dans l’opposition, François Hollande défendait la retraite à soixante ans, dénonçait la pénibilité et les injustices, refusait d’augmenter la durée de cotisation et laissait entendre que les reformes des retraites menées par la droite n’avaient pas d’autres objectifs que de favoriser les entreprises et les actionnaires au détriment des salariés.

L’augmentation de la durée de la vie, le vieillissement de la population, n’étaient – disait-il - qu’un prétexte pour mener une «politique antisociale» au service de la finance dont il avait fait son principal adversaire.

A peine élu, le voilà qui nous explique qu’il y a un problème de financement des retraites dû à la démographie et qu’il va falloir bientôt cotiser 43 ans pour une retraite à taux plein.

Pour ne pas se renier plus encore, il refuse au passage de repousser l’âge de départ à la retraite et préfère augmenter les cotisations sociales.

Résultat : on pourra partir à la retraite à 62 ans mais à condition d’avoir cotisé 43 ans !

L’augmentation des cotisations pèsera sur le pouvoir d’achat des Français qui réduiront leur consommation et sur les entreprises qui peineront à exporter des produits trop chers.

Au bout du compte, ce sera plus de chômage, plus de pauvreté et des pensions en baisse !

 

Comment voulez-vous que les Français ne soient pas désabusés par toutes ces volte-face ?

Comment ne seraient-ils pas indignés par cet écart grandissant entre ce qu’ils ressentent tous les jours et ce que le gouvernement leur dit ?

 

 

 

Oui, ce décalage entre les discours et la réalité exaspère nos concitoyens qui jugent sur les faits, non sur les apparences.

Et les faits sont malheureusement là.

Trop de dépenses, pas de réformes de fond, trop d’impôts : ce cocktail a mis notre pays à plat.

Cette première année de quinquennat fut une année idéologique.

Le parti socialiste a assouvi ces petites revanches, mais il a flanqué la France en récession.

L’urgence est de stopper la spirale fiscale qui est en train d’étouffer notre économie.

Plus de 50 milliards d’impôts supplémentaires depuis l’arrivée de la Gauche : le seuil d’alerte a été franchi.

 

Nous ne pouvons pas nous contenter de dire que nous baisserons les impôts en 2017 car il sera trop tard pour beaucoup d’entreprises et beaucoup de Français.

Nous devons concentrer tous nos efforts, toute notre force d’opposition pour exiger que pas un centime d’impôts supplémentaires ne soit demandé aux Français en 2014.

Opposition parlementaire, mobilisation des forces vives, toutes nos armes doivent être concentrées sur cette bataille fiscale qui n’est pas partisane mais simplement vitale pour l’économie française.

 

Notre combat immédiat est de dénoncer les erreurs de la gauche. Mais plus que cela, nous devons être des interprètes.

Les interprètes de ces familles qui voient le plafond du quotient familial abaissé.

Les interprètes de ces entrepreneurs qui voient leurs marges s’effondrer sous le poids des prélèvements.

Les interprètes de ces auto-entrepreneurs qu’on accable et dissuade.

Les interprètes de ces travailleurs qui veulent des heures supplémentaires plutôt que des RTT.

Les interprètes de tous ces jeunes qui se heurtent aux rigidités du marché de l’emploi.

Les interprètes de ces investisseurs français qui préféreraient investir dans leur pays plutôt que de s’exiler ailleurs.

 

Oui soyons leurs interprètes, leurs relais, mais soyons-le à chaque fois avec le souci de dégager avec eux des solutions réformatrices.

Car notre objectif n’est pas d’être simplement le réceptacle de toutes les frustrations ; notre but, c’est d’être le tremplin de tous les changements nécessaires pour relancer la France !

   

Mes Amis,

Puisque le gouvernement n’entend pas le pays qui s‘exaspère, alors nous profiterons des prochaines élections municipales pour lui adresser l’avertissement qu’il mérite.

Depuis la rentrée je suis sur le terrain pour épauler nos candidats

Partout, j’irai conforter l’action de nos maires qui ont un bilan solide.

Partout, j’irai dans nos villes et nos villages que nous devons conquérir.

A vos côtés, j’irai défendre une autre France, et partout j’essaierai de convaincre mes compatriotes de ne pas céder à la déprime.

 

Notre démocratie va mal, et dans toutes les franges de la société la colère gronde, et cette colère, ça n’est pas un problème de droite ou de gauche, c’est bien plus complexe qu’une simple droitisation de l’électorat, c’est une radicalisation des esprits et des cœurs, c’est une colère populaire que nous devons comprendre, endiguer, et surtout canaliser pour qu’elle ne détruise pas la République.

Cette colère, on ne la traitera pas avec des coups de menton, mais avec des projets.

On ne la règlera pas avec plus d’intransigeance mais avec plus de capacité à fédérer les énergies.

On ne la réglera pas en étant seul contre tous les autres.

 

Nous devons aller au contact des abstentionnistes qui constituent le premier parti de France.

Au contact des électeurs centristes qui ont déserté nos rangs.

Au contact de ceux qui ont voté Hollande et qui s’en mordent les doigts car le parti socialiste n’a le monopole de rien : ni celui de la justice, ni celui de la solidarité.  

Au contact aussi des électeurs qui se laissent emporter par les sirènes mensongères des populistes.

Personne ne m’empêchera d’aller parler à mes compatriotes qui pensent que tout est fichu et qui sont trompés par ceux qui leur promettent qu’en bouclant les frontières, en pourchassant l’étranger et en revenant au franc on sortira la France de l’impasse.  

 

Je n’ai pas changé et ne changerai jamais d’avis : le programme du Front National est économiquement absurde et politiquement dangereux. Aucune alliance n’est possible avec cette formation politique, mais je le dis, tous les dialogues sont nécessaires avec ses électeurs.

Mes adversaires, ce sont les partis, pas les Français !

Les partis ? C’est le PS qui nous combat, et c’est l’extrême droite qui rêve de nous abattre. C’est la démocratie, et je ne crains pas d’affronter ceux qui espèrent nous mettre à genoux !

Des adversaires, oui,  mais je n’ai aucun ennemi parmi les Français. Aucun !

D’où qu’ils viennent, quelles que soient leurs sensibilités ou leurs votes, ils doivent être écoutés, respectés, rassemblés autour d’un projet pour redresser le pays.      

 

Nous sommes en crise et, pire que cela, nous subissons, comme cela s’est déjà produit dans notre Histoire, une crise nationale de longue durée ; c’est-à-dire que sans un effort puissant, un effort qui ne peut être que collectif, nous sommes condamnés à dériver.

 

Il faut bien comprendre le sens de mon ultime combat.

Je crois profondément que la France décroche, et cette chute de mon pays me blesse et me hante.

Pour nous en sortir, il faut un projet radical pour relancer notre économie, nous libérer des déficits, refondre notre modèle républicain et social qui craque de toute part.

Ce projet ne peut réussir que s’il est porté par une large majorité de Français qui accepte de s’engager dans la voie du redressement national.

En 1940, le général de Gaulle ne demandait ni le CV, ni la couleur politique des volontaires qui s’engageaient pour la France.

Eh bien, aujourd’hui, le redressement commande de dépasser les clivages partisans, il commande d’en appeler au bon sens de chaque citoyen, et, pour ce faire, je m’élève contre ce sectarisme qui conduit à fractionner la France entre bons et méchants, à dresser systématiquement nos compatriotes les uns contre les autres.

 

Aux élections municipales, plus que dans toute autre élection, j’affirme que les électeurs sont bien placés pour juger, évaluer, choisir le plus compétent des candidats, et repousser par eux-mêmes et en conscience ceux qui sont sectaires, incapables d’agir pour leur ville ou leur village avec tolérance et pour le bien public.

 

J’ai cru comprendre que le Front National se sentait visé. On ne peut rien lui cacher !

Mais j’ai aussi entendu certains dans la majorité se sentir concernés… Eh bien oui, le combat contre le sectarisme passe aussi par le parti socialiste qui, notamment, doit s’interroger sur ses relations avec l’extrême gauche avant de donner des leçons aux autres.    

 

Vous l’aurez compris : je prends la France comme un bloc, avec des problèmes graves qu’il faut régler ensemble et vigoureusement ; et je prends les citoyens pour des êtres libres, responsables, des êtres de raison qu’il faut éclairer et non injurier, convaincre et non intimider, entraîner et non abandonner.

 

Nous y arriverons en proposant un projet solide et percutant.

J’y travaille avec mes équipes, avec mon association Force Républicaine, en débattant avec les Français que je rencontre sur le terrain, hors micro et hors caméra.

L’heure n’est pas encore au programme, mais je sais deux choses : il faut que nous retrouvions le gout du progrès. Et il faut remettre la République à l’endroit.

 

Il y a un ressort qui a poussé notre patrie durant des siècles et qui s’est brisé, une sorte de force en nous qui s’est perdue : je veux parler de la foi dans le Progrès.

On nous a appris à avoir peur de tout : du nucléaire, des OGM, du gaz de schiste, des mutations économiques, des innovations technologiques, de la neige en hiver, de la liberté et de la création.

Au premier souci, on est conduit vers une cellule psychologique.  Au premier accident, on fait une loi et un règlement.

Ca n’est pas avec cette peur au ventre que nous relancerons notre pays.

Je veux réconcilier notre pays avec cette idée de progrès, et lui dire que le redressement est possible.

Nous en avons les atouts.

L’atout du nombre et de la jeunesse car nous sommes le pays d’Europe dont la démographie est la plus soutenue.

L’atout de la productivité des salariés car, malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants.  

L’atout de l’éducation et de la recherche, et là encore, malgré nos lacunes, les Français excellent dans les mathématiques, la médecine, la physique.

 

Nous avons des leaders économiques.

Airbus qui double Boeing, EDF, GDF-Suez qui figurent parmi les premiers producteurs d’électricité au monde, Areva qui conquiert l’Inde après la Chine, AXA qui assure le monde, Orange qui est un des principaux acteurs mondiaux de la téléphonie mobile et de l’Internet, Michelin, LVMH, Kering, Total, Carrefour, Danone, Lafarge, Vinci, tous numéro 1 mondiaux dans leur domaine…

   

Nous avons encore entre nos mains les instruments de la souveraineté nationale.

L’agriculture et l’agro-alimentaire qui assurent notre indépendance alimentaire.

L’énergie nucléaire qui garantit notre indépendance énergétique.

Nos forces armées qui sont considérées parmi les plus performantes du monde.

Notre culture et la beauté de la France qui font d’elle le foyer de toutes les admirations.

Oui, nous avons des atouts et c’est en s’appuyant sur eux que nous devons être une place forte de l’innovation, de l’investissement, de l’entrepreneuriat. 

 

Je me souviens, lorsque je fus nommé ministre de la poste et des télécommunications, en 1995, j’ai fait venir dans mon bureau l’un des grands patrons de ce secteur.

Quand Je lui ai parlé d’internet il m’a répondu: « Monsieur le Ministre, internet c’est une mode, dans six mois on n’en parlera plus».

Je ne l’ai pas écouté !

J’ai engagé la réforme de France Télécom et ouvert le secteur des télécommunications à la concurrence.

En l’espace de cinq ans, quasiment tous les Français disposaient d’un mobile, les prix des communications étaient divisés par deux ; en dix ans, quasiment tous les Français disposaient d’un ordinateur et maniaient l’informatique, des milliers d’emplois d’informaticiens, programmeurs, réparateurs étaient créés.

Voilà ce que certains appelaient autrefois une «mode». Par habitude, par peur, par manque d’audace et de curiosité.

Eh bien c’est cela qu’il faut combattre.

C’est ce goût de l’innovation et du risque que je veux faire naître dans le cœur des Français. 

 

Mais pour faire surgir ce nouvel état d’esprit, et il y a une condition à remplir :restaurer l’esprit de responsabilité.

Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.

Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé : de la recherche scientifique qui ne doit en aucun cas franchir la frontière du principe de précaution à l’extension de votre terrasse, des  conditions d’embauche d’un jeune stagiaire à la gestion du personnel d’une PME.

Comment voulez-vous que le Progrès surgisse au milieu de tant de défiance ?

La France a besoin d’oxygène et les Français doivent être placés en situation de bâtir leur destin personnel.

 

Et là, nous retrouvons la République.

Je veux vous parler d’elle, et de ma conviction que c’est  dans le cœur de chaque citoyen que se décidera le sort de la France.

Quand j’entends les observateurs se demander constamment qui est l’homme politique de la situation, qui sera le sauveur, quel parti changera la donne, je réponds que c’est d’abord chaque Français qui est l’homme ou la femme de la situation.

 

L’entrepreneur qui se bat pour son entreprise est l’homme de la situation !

Le salarié qui fait des heures supplémentaires est l’homme de la situation !

La fonctionnaire qui accompagne la réforme de son administration est la femme de la situation !

Le retraité qui donne de son temps pour aider les enfants déscolarisés est l’homme de la situation !

La mère de famille qui manifeste dans son quartier pour dénoncer les trafics de drogue est la femme de la situation !

Celui qui, par respect, se lève lorsque la Marseillaise est jouée, celui qui, par courage, ne baisse pas les yeux lorsqu’une personne est agressée dans la rue, est l’homme de la situation !

 

Le relèvement du pays, mes amis, ne viendra pas seulement du sommet mais de nous tous.

Telle est la République avec sa devise : la liberté, l’égalité et la fraternité.

 

La liberté d’abord, qui n’existe que parce qu’on lui assigne des bornes.

Il n’est de liberté pour quiconque sans préservation de l’ordre public, sans responsabilité, sans autorité. Sinon, l’anarchie s’installe et la loi du plus fort prévaut.

On n’est pas libre lorsqu’on doit baisser les yeux dans sa propre rue; on n’est pas libre lorsqu’une poignée d’individus s’approprient votre cage d’escalier.

La République a déserté certains quartiers. Elle doit les reconquérir, pied à pied.

 

La réponse de la Justice doit être à la hauteur des agressions que la Société subit.

Comment accepter qu’une attaque de train digne du Far West se solde par de la prison avec sursis ?

Pourquoi faut-il attendre deux ans pour expulser les occupants d’un logement social transformé en entrepôt de drogue ?

Pourquoi à Marseille des trafiquants connus de tous échappent-ils si longtemps aux foudres de la justice ?

Ce ne sont pas des anecdotes. Ce sont les symptômes d’un mal profond.

 

Le sentiment d’impunité continuera de prospérer si le premier réflexe est de trouver des excuses aux délinquants; et si le second réflexe consiste à imaginer des sanctions qui écartent chez eux l’idée même d’aller purger leur faute en prison.

Tout le problème de Madame Taubira, c’est qu’elle ne prend pas le problème de la violence du bon côté.

Elle le prend du côté des délinquants plutôt que du côté des victimes.

Elle accuse les prisons, qui sont effectivement saturées, d’être responsables de la violence, alors que c’est la violence qui justifie la construction de nouvelles prisons !

Elle imagine lutter contre la récidive avec des peines de probation – c’est-à-dire hors enferment carcéral -  alors que la dissuasion passe par la fermeté.

 

Rétablir l’autorité de l’Etat est une priorité.

Mais cet effort sera vain si l’autorité n’est pas restaurée au sein même des foyers.

L’autorité parentale s’est diluée dans l’ère de l’enfant-roi.

On nous parle aujourd’hui d’un droit à l’enfant. Mais avoir un enfant, c’est d’abord honorer des devoirs ! Celui de l’éduquer. Celui de lui transmettre des valeurs. Celui de le récompenser ou, au contraire, de le recadrer lorsqu’il le faut.

Le gouvernement a eu tort d’abroger la loi d’Eric Ciotti sur la responsabilité des parents qui ne réagissent pas devant l’absentéisme scolaire de leurs enfants.

La démission parentale est une menace pour la cohésion sociale.

Vous pourrez réformer l’Education nationale autant que vous le voulez. Vous pourrez rajouter toujours plus de policiers. C’est d’abord au sein de la famille que tout se joue !

 

Il y aussi une liberté qui exige un sursaut.

Je veux parler de la liberté de croire ou de ne pas croire, garantie par le principe non négociable de la laïcité.

Les évènements qui ont eu lieu à Trappes en juillet dernier ne doivent pas être banalisés.

Une mini émeute s’est déclenchée pour des motifs liés à la religion, en l’occurrence liés à une interprétation rigoriste et provocante de l’Islam. 

Il y a une sorte de choc des cultures qui gronde et qui est un danger pour la laïcité, pour l’unité française, pour nos concitoyens musulmans eux-mêmes qui sont victimes de ces provocations.

 

Cette situation nous interpelle tous : nous, peuple Français, qui avons trop souvent perdu le sens de la République et du patriotisme sans lequel on ne peut fédérer les différences d’origines et de religions.

Elle interpelle aussi directement la religion musulmane qui, par la force des choses, ne fut pas partie prenante du pacte noué en 1905 entre l’Eglise et l’Etat.

Ce sont des questions qu’il faut aborder de front, comme nous avons l’avons fait en interdisant les signes religieux à l’Ecole et comme je l’ai fait en interdisant le port de la burqua qui est une prison pour les femmes.

 

La République du Progrès à laquelle j’aspire, c’est aussi celle d’une égalité bien comprise.

Bien sûr, il est des discriminations qu’il faut combattre sans relâche car elles abaissent la dignité qui entoure chaque être humain.   

Mais l’égalité implique aussi de distinguer les situations lorsqu’elles sont justifiées, et nécessaires.

Le mariage pour tous a créé la confusion et je n’hésite pas à redire que si tous les citoyens sont égaux, les situations entre couples n’en sont pas pour autant totalement égales.

Le droit de vote procède de la même logique.

J’en parle, car depuis 25 ans, la gauche a coutume de relancer son projet de vote aux étrangers avant chaque élection. Comme par hasard…

Alors je prends les devants.

Ce droit de vote est indissociable de la citoyenneté française et européenne.

Voter, ce n’est pas seulement participer à la vie collective ; c’est communier avec la Nation. Etendre ce droit à tous les étrangers est un non-sens. C’est une négation de l’identité française, du peuple français.

Oui, il existe une différence entre les Français et les étrangers !

C’est bien pour cela que des milliers d’étrangers demandent la nationalité française chaque année. C’est parce qu’ils souhaitent adhérer à notre communauté nationale, avec son histoire et avec ses valeurs.

Soyons fiers d’être Français et arrêtons cette auto-flagellation qui détruit notre destin collectif !

 

L’égalité, c’est aussi le combat contre les inégalités non justifiées.

C’est le combat contre les injustices. Ça n’est pas le refus des différences !

Oui, il est normal que celui qui travaille plus que l’autre gagne plus.

 

 

 

Il faut en finir avec cet état d’esprit qui nous prive du Progrès, ce mépris de la réussite, cette jalousie exacerbée et ce nivellement par le bas.

La République, c’est celle dans laquelle chacun peut être fier d’avoir réussi et le dire.

C’est aussi celle où la solidarité nationale se mérite car en chaque être humain il existe une part de lumière qui doit être encouragée et non étouffée dans les filets de l’assistanat. 

Engage-toi, la République s’engagera pour toi ! Voilà ce que devrait être notre nouveau contrat social ! 

 

Quant à la fraternité, elle est le ferment de l’unité de la République.

Qu’est-ce que la fraternité ?

Pour moi, c’est ce sentiment de vivre en confiance auprès d’hommes ou de femmes dont je sens dans le regard que nous sommes ensemble, malgré nos différences. 

Qu’importe à mes yeux les origines sociales, la couleur de peau, la religion,  pourvu que le cœur soit généreux, vaillant, soucieux des autres, respectueux de la France, de ses lois, de ses mœurs.

Qu’est-ce que la fraternité, si ce n’est cette capacité à refuser tout ce qui isole,  ghettoïse, enferme les individus.

 

La nation française n’est pas un clan, une race, une tribu. C’est une nation citoyenne qui a su organiser sa pluralité en s’appuyant sur des principes forts.

Contre les féodaux, l’État.

Contre les privilèges, la loi.

Contre le communautarisme, l’école.

Contre l’intolérance, la laïcité.

Contre le repli identitaire, la citoyenneté.

 

C’est sur la base de ces principes que la France a intégré depuis des siècles des générations d’étrangers qui lui ont apporté leur énergie, leur force de travail mais aussi ce vent du large qui enrichit celui qui l’accueille.

Aujourd’hui, la République est sous tension et le brassage ne s’opère plus

La fraternité passe par une nouvelle donne migratoire.  

Nous devons exiger des étrangers qui vivent sur notre sol qu’ils s’insèrent socialement et culturellement. Et pour que cette assimilation soit possible, nous devons accueillir moins.

Non pas par chauvinisme ou par racisme. Je laisse cette infamie aux xénophobes et la combattrai jusqu’aux derniers jours de ma vie politique, mais parce que notre histoire récente montre que ces flux migratoires ne sont pas soutenables.

 

Notre politique d’intégration vire au naufrage.

Nous avons laissé s’installer, dans certains quartiers, un communautarisme mortifère pour notre cohésion nationale. 

Il faut accueillir moins pour intégrer mieux. 

L’immigration doit être réduite à son strict minimum en fonction de nos capacités d’accueil et de nos besoins économiques car il n’y aucune générosité à accueillir des personnes qui sans formation, sans revenu et sans logement seront des déracinés.

Le Parlement doit pouvoir décider du nombre d’étrangers que nous souhaitons accueillir, des compétences dont nous avons besoin et des régions du monde vers lesquelles nous voulons nous tourner, et cela chaque année, de façon transparente, à l’issue d’un débat où chacun devra prendre ses responsabilités.

 

Mes Amis,

Etre Français et vivre en France, c’est une chance.

Mais, à l’UMP nous savons et nous disons qu’être Français c'est aussi une charge car chacun tient entre ses mains une part du succès de notre pays.

Les Français n’ont pas reçu, fortuitement, la révélation d’un destin transcendant. Ce privilège, ce destin, ils l’ont constitué en surmontant ensemble toutes les épreuves que certains pensaient impossibles de franchir.

Non, rien n’est impossible. Nous sommes un grand peuple, traversé d’Histoire, de talents, de vaillance.

Ne baissez pas les bras et n’ayez pas peur.

Nous sommes au début d’une marche dont vous connaissez le but : gagner et servir notre pays.

Voilà notre mission, et voilà le défi auquel je vous invite, pour la France et pour la République.

http://www.blog-fillon.com/article-le-redressement-commande-de-depasser-les-clivages-partisans-120041241.html

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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D.Duret 16/09/2013 13:57


T'as oublié une chose: virer Estrosi des soutiens à Fillon.


 


Cet infâme histrion qui crache sur tout pire qu'un Lepéniste de base, qui vomit les représentants de la République lui qui fut ministre, vous fera perdre au moins autant que les critiques de ton
ami Raffarin... sans compter Juppé, le plus intelligent d'entre vous !!!


 


Son discours si puant a fait ce matin même reculer Bruce Toussaint qui l'avait en direct sur I-Télé: il n'a même pas voulu engager la discussion avec lui, ce qu'il fait couramment avec tous ses
 invités.