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Sourds comme l'impôt.

Jean Marc Ayrault a fait doublement l’actualité mardi dernier. Le matin par son interview au journal Les Echos en annonçant la remise à plat de la fiscalité du pays. L’après midi avec son discours devant les maires de France réunis en congrès porte de Versailles.

Je l’ai lu et écouté très attentivement. C’est peu de dire qu’il m’a laissé sur ma faim. Parce que j’attends d’urgence, comme nombre de français, une remise à plat ambitieuse de la dépense publique et de l’organisation du pays pour redonner de la croissance, des perspectives et de l'espoir aux accablés des prélèvements obligatoires.  

Au lieu de ça, le premier ministre s’interroge en priorité sur la façon de bien remplir le tiroir caisse percé de la dépense publique. Et devant les maires il ajoute encore de la confusion à la décentralisation toujours inachevée en promettant un retour de l’Etat dans les départements, tout comme de nouvelles subventions et des fléchages pour de l’argent qui aura préalablement transité par Bruxelles avant de redescendre via les régions rénover les bourgs de nos villages.

Difficile d’imaginer que l’on puisse être plus à contre courant des nécessités urgentes du pays et des bonnes stratégies à promouvoir.

Pourtant, oh surprise, les médias ont adoré la séquence. Tous vantant le joli coup politique de celui que l’on disait condamné par Malek et ses camarades. Tous considérant aussi qu’il s’en était plutôt bien tiré devant les maires en évitant la bronca annoncée.

La première chose qui compte semble t-il pour les grands titres, c’est le bruit médiatique de ceux qui font l’actualité et en premier lieu les politiques. Le fond du problème, quand il est traité, n’arrive que dans un second temps.  

Jusqu’à quand pouvons-nous encore tenir à faire l’inverse de ce qui est indispensable pour éviter que le pays ne dévisse plus grave encore? C’est ce que nous allons pouvoir mesurer bientôt, puisque les médias aident implicitement à ce que l’expérimentation abracadabrantesque se poursuive jusqu’à son terme.

L’annonce du grand soir de la fiscalité pique Piketty. Celui qui rêve de faire son affaire à Laffer, dont il dénonce le dos courbe devant les riches, a aussitôt dit son contentement dans les colonnes du Monde. Il voit déjà son rêve de fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu devenir la nouvelle réalité fiscale. Pour qu’enfin la progressivité exonère nettement en bas et confisque vraiment en haut.  Mais pour alléger les uns il faudra donc prendre plus aux autres. Et pour s’assurer le succès politique, il faut qu’une majorité y gagne contre une minorité. L’expérience récente de la taxe à 75% montre pourtant qu’il y a loin de la coupe de France aux lèvres de Marianne. Parce que les joueurs contribuables ont le fairplay mobile. Et que la cerise attendue sur le gâteau à se partager fait plutôt déborder la vase du lucre.

Le président a cru bon de préciser que tout cela prendra le temps du quinquennat quand le premier ministre annonce un impact dès le budget 2015. Le ministre des finances ne dit pas Bercy à la reprise en main par Matignon de son pré carré en forme da quadrature du cercle.

L’ébahissement médiatique infondé qui m’a un peu surpris cette semaine sera donc forcément de très courte durée.   

J’ai apprécié ce matin l’écoute sur France Culture de l’excellente émission animée par Philippe Meyer : « L’esprit public ». Michaëla Wiegel, Jean Louis Bourlanges, Max Gallo et Eric Le Boucher ont démonté le coup politique du premier ministre et son écho dans la presse bien plus sévèrement que je ne saurai le faire. Si vous avez une petite heure de disponible, je vous mets un lien pour réécouter cette charmante émission.

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel DURET 25/11/2013 08:26


 


C'est ça, qu'ils fuient la France, bon débarras...


 


Et qu'ils emmènent leurs idéologues avec eux, genre Fillon et Sarkozy, responsables du plus fort endettement du pays ...


 


Allez faire vos dettes ailleurs !


 


On vous réclame de partout !


 


 

Olivier 25/11/2013 06:50


À partir de quel niveau l'impôt est-il insupportable?


Par Christine Kerdellant, publié le 17/10/2013 à  16:25


"L'art de l'imposition,
disait Colbert, consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris." Le ministre de Louis XIV doit se retourner dans sa tombe
car, aujourd'hui, les cris s'entendent de loin. Quant aux plumes, il en vient de
moins en moins : les oies se rebiffent. Et si nous avions atteint le niveau à partir duquel "trop d'impôt tue l'impôt" ? 


Les économistes ont toujours cherché à identifier précisément ce point de basculement. Jean-Baptiste Say explique déjà, en 1803, qu'"un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il
porte". Au début du XXe siècle, Joseph Caillaux, l'instigateur de notre impôt sur le revenu, met en garde contre "l'impôt qui se
dévore lui-même".  


Pour dire la même chose, Arthur Laffer, ancien conseiller de Ronald Reagan, invente une courbe en forme d'arche, qui met en rapport le taux d'imposition avec les
sommes globales encaissées. Au début, plus le taux augmente, plus le montant qui rentre dans les caisses est élevé. Mais une fois atteint le sommet de la courbe - le taux dissuasif -, la récolte
baisse. Soit parce que les contribuables quittent le pays, soit parce que, découragés par le
fait de devoir donner 60 ou 70 % de leur revenu marginal, ils préfèrent travailler moins et gagner moins.  


La courbe de Laffer - c'est sa limite - n'a jamais défini le chiffre optimal. Sans doute varie-t-il selon les pays et les époques. Seule certitude : la phase
descendante de la courbe, la "zone de rendements décroissants", est un cercle vicieux : on ponctionne plus pour obtenir moins, car la croissance du pays s'étiole. 


La France est-elle entrée dans cette zone dangereuse ? Les chiffres le suggèrent. Les deux derniers gouvernements ont augmenté les prélèvements, mais, certains mois, les recettes fiscales ont
stagné. La Cour
des comptes a noté les prémices de ce phénomène : une moindre croissance des recettes fiscales en 2012 par rapport à 2011.  



Les chefs d'entreprise commencent à évoquer, en privé, l'organisation d'un mouvement de désobéissance civique 



Mais il joue déjà à plein dans certains domaines. Ainsi, 40 000 emplois à domicile viennent d'être détruits parce que l'avantage
fiscal du forfait a été supprimé pour les ménages : la mesure devait rapporter 370 millions d'euros, or les recettes ont diminué de 500 millions ! Le nombre d'exils fiscaux aurait
été multiplié par quatre depuis deux ans.  


La consommation, dont le dynamisme était traditionnellement le moteur de
l'économie française, est en berne, les ménages voyant leur pouvoir d'achat amputé de diverses façons. Le FMI et l'OCDE ont mis en garde la France contre le danger de recourir encore aux impôts
pour tenter de restaurer les grands équilibres. Sous-entendu : la mise en place d'une fiscalité confiscatoire va aggraver le déséquilibre des comptes publics puisque la France entre dans une zone
de rendements décroissants. 


Pour Vauban, en 1707, la "dîme royale" ne devait pas dépasser 30 %. Pour de Gaulle, l'impôt devenait de
la "spoliation" au-delà de 50 %. Aujourd'hui, les prélèvements obligatoires atteignent, globalement, près de 47 % du PIB, mais certains impôts culminent à 75 %. Un
niveau historique est atteint, sans qu'un discours l'ait accompagné. Car cet effort sans précédent sert non pas à financer des projets nouveaux, mais à solder un excès d'endettement, donc à
alimenter le tonneau des Danaïdes. 


Si les particuliers ne descendent pas dans la rue en brandissant leur avis d'imposition, les dirigeants d'entreprise commencent à évoquer, en privé, l'organisation d'un
mouvement de désobéissance civique, qui prendrait la forme du non-paiement d'un impôt. Ce signal serait dévastateur. Car notre bonne cote auprès des agences de notation repose en grande partie
sur la docilité des oies. 

Olivier 25/11/2013 06:45




La puissance publique, frein à la reprise


Par Christine Kerdellant, publié le 24/11/2013 à  13:32


C'est à peine croyable : en France, il y a désormais davantage d'actifs rémunérés par l'Etat que par le secteur privé! Cette
mainmise de la puissance publique sur la population active est mise en lumière par l'avocat fiscaliste Jean-Philippe Delsol dansPourquoi je vais quitter la France (paru le 21 novembre), écrit au nom d'un
patron de PME désespéré. 


Pour démontrer sa thèse, il fait le compte de ceux qui sont rémunérés par l'Etat ou soutenus par la collectivité. Pour commencer, les 5,2 millions de salariés du secteur public au sens strict
- Etat, collectivités locales, fonction hospitalière...-, dont les effectifs ont augmenté de plus de 36 % depuis 1983. 


14,55 millions d'actifs tirent leur revenu de l'Etat: c'est plus de la moitié de la population active, qui compte 28 millions de personnes en France.


Ils représentent 22 % de l'emploi contre 15 % en moyenne dans les autres pays de l'OCDE. A cette aune, il y aurait donc, estime l'auteur, 1,5 million de fonctionnaires en trop. 


Ensuite, il ajoute les 2 millions de salariés du secteur parapublic, c'est-à-dire des structures juridiques contrôlées majoritairement par l'Etat ou les collectivités. Puis viennent 60% du
1,6 million d'emplois du secteur associatif, premier bénéficiaire des emplois aidés "que les gouvernements ont créés depuis quatre décennies sans que leur effet sur l'emploi n'ait jamais été
démontré". En 2012, 490 000 contrats aidés ont été initiés, dont 430000 dans le secteur non marchand. 


Le cru 2013 est du même ordre, mais il faut lui ajouter les 100 000 emplois d'avenir et les 12000 contrats de génération créés parFrançois Hollande pour tenter d'inverser la courbe du chômage. 


Les seconds étant plus efficaces que les premiers : en effet, selon une enquête du ministère du Travail de novembre 2012, six mois après la fin de l'aide de l'Etat associée à leur contrat,
60% des salariés sortis en 2010 d'un contrat aidé du secteur marchand bénéficiaient d'un emploi durable, contre 25 % pour les ex-bénéficiaires d'un contrat du secteur non marchand. 


Delsol ajoute ensuite la part des agriculteurs qui vivent des revenus de la PAC (environ 50 %). Enfin, il inclut ceux qui ne recoivent pas de salaires de la collectivité mais en tirent des
revenus accidentels : 3,22 millions de chômeurs et 1,3 million de bénéficiaires du RSA. Ce sont donc, au final, 14,5 millions de personnes sur une population active de 28 millions. Et le
calcul se permet même d'oublier les salariés des entreprises "concessionnaires" de l'Etat. 


Pour Jean-Philippe Delsol, l'Etat, en imposant son intervention partout, "modifie l'esprit même de la société en la fonctionnarisant". Il lui fait perdre le sens du risque et de l'efficacité,
de l'initiative et de la diversité. Et de citer Bastiat, pour qui "l'Etat est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde". 


"Jusqu'au jour, reprend Delsol, où le système ne pourra plus fonctionner parce qu'il y aura de moins en moins de gens qui travaillent plus pour supporter de plus en plus de gens qui
travaillent moins. Le système s'enrayera définitivement lorsque les derniers qui entreprennent ne supporteront plus d'être surimposés et honnis à la fois." 


Sans être aussi pessimiste dans les conclusions - et sans assimiler, comme lui, les gens qui vivent grâce à l'Etat à des gens qui ne travaillent pas -, il est difficile de ne pas être
interpellé par ces chiffres.  


En 2009, le modèle français était encensé, puisque la récession était moins profonde en France qu'ailleurs : l'Etat, lui, ne licenciait pas. Mais cet édredon protecteur, financé de plus en
plus lourdement par la dette et l'impôt, finit par étouffer le pays. C'est lui qui, aujourd'hui, l'empêche de redémarrer.


 


Olivier 25/11/2013 06:41


La puissance publique, frein à la reprise


Par Christine Kerdellant, publié le 24/11/2013 à  13:32



Dans son livre Pourquoi je vais quitter la France, Jean-Philippe Delsol dénonce le modèle français, financé par la dette et l'impôt, qui étouffe le pays. 


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