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Retour sur la semaine écoulée.

Mardi 1er février.

 

Le hasard fait bien les choses. Pierre Varlet avait obtenu notre audition à 14h par Antoine Hertz, député de la 5ème circonscription du Bas Rhin, en mission parlementaire sur le bio-contrôle. Et lundi, c’est Bernard Reynès, député de la 15ème circonscription des Bouches du Rhône, missionné par le Ministre de l’Agriculture sur l’intérêt et les possibilités de financements alternatifs des charges qui pèsent sur le travail des salariés permanents en agriculture, qui me faisait savoir qu’il souhaitait m’entendre sur cette question. Il avait un créneau avec ses collaborateurs en fin de matinée le lendemain. Moi aussi.

 

J’ai donc pu, à deux heures d’intervalle au 101 rue de l’Université, évoquer les difficultés rencontrées en France pour obtenir l’homologation de moyens de bio-contrôle pour la protection des vergers comparativement à nos concurrents européens et mon point de vue sur l’intérêt d’alléger le coût du travail en agriculture.

 

Réduire le coût des charges sociales qui pèsent sur les salaires des permanents en agriculture et le faire supporter par une augmentation de la TVA est une idée tout aussi taboue politiquement que techniquement séduisante. Abaisser le coût de revient des productions agricoles qui s’exportent et qui contiennent une part importante de main d’œuvre permet d’être plus compétitif sur les marchés extérieurs et de freiner les délocalisations.

 

Ce serait le cas pour les pommes produites dans nos régions. Une sur deux, hors celles destinées à la transformation, se vend par delà nos frontières. Mais aujourd’hui tendanciellement les importations augmentent et les exportations se réduisent.

 

A l’inverse augmenter le taux de Tva renchérit les importations. On peut donc par ce transfert des charges améliorer la compétitivité des productions à la fois sur le marché français et à l’exportation. Présenté comme ça, on se demande pourquoi nous ne l’avons pas déjà fait.

 

En fait, la crainte principale, c’est que les effets escomptés ne soient pas au rendez-vous. Que les biens de consommation augmentent sans que les importations régressent et sans que les exportations ne se développent. Tout ça parce que les entreprises profiteraient de l’aubaine pour améliorer leurs marges sans chercher à développer leurs ventes et la production. Et puis au final la manœuvre signifie clairement que le pouvoir d’achat sera bridé au profit de la compétitivité. Mais ne vaut-il pas mieux faire ce choix et, à l’instar des allemands, mettre bien sûr dans un premier temps à rude épreuve les revenus, que de ne pas le faire et faire supporter quand même la douloureuse des déficits et de l’endettement aux mêmes revenus par l'impôt.  

 

Ma préconisation est donc d’envoyer clairement ce signal offensif de la compétitivité à l’exportation et de frein à l’importation. En revanche j’ai cru utile de préciser à mes auditeurs que ces vases communicants ne modifiaient en rien la compétitivité globale de la France. Ce chantier là ne doit souffrir aucun répit, et une éventuelle augmentation de Tva corrélée à une baisse des charges sociales ne résoudra en rien cette situation inquiétante. J’ai débordé sur ce qui m’était demandé, mais je m’en serai voulu de ne pas le dire.

 

Quant aux autres possibilités de réductions de charges financées par d’autres types d’augmentations de recettes, CSG ou taxes sur les boissons sucrées par exemple, je dois reconnaître mon incompétence et mes doutes.

 

Mercredi 2 février :

 

Les équipes de l’Association Nationale Pommes Poires basées sur le MIN de Toulouse avaient organisé pour les administrateurs une rencontre avec les responsables Leclerc de l’approvisionnement en fruits et légumes et en gestion logistique pour la livraison de magasins. Diner débat très convivial et instructif sur les tendances des marchés et des modes de distribution, suivi d’une visite jusqu’à plus de minuit de la plateforme Socamil. Nous sommes plus d’un à avoir médité sur ce que la logistique détermine pour nos productions, penché sur le « trieur » du haut d’une passerelle. Cette nuit là, seulement 55 semi remorques étaient en partance pour les magasins de la région.

 

Jeudi 3février :

 

Visite du MIN de Toulouse avant le conseil d’administration fixé à 11 heures. Là encore, au travers de trois témoignages de grossistes de la place nous avons pu mesurer l’hyper performance à laquelle nous sommes tous conviés pour rester dans la compétition.

 

L’après midi du conseil nous avions souhaité  inviter les arboriculteurs et les représentants de leur groupement qui ne sont pas membres à ce jour de l’association pour réfléchir avec eux à notre avenir commun et à l’action collective utile pour nos entreprises. La démarche se poursuivra en mars en Provence et dès avril dans le Val de Loire avant le Nord en mai ou juin.

 

Sur le chemin du retour mon ami Yves m’a livré ses réflexions sur les utilités comparées de mon action professionnelle et politique. Ça tombait plutôt bien puisque je suis une nouvelle fois à l’heure des choix.

 

Vendredi 4 février :

 

Travail l’après midi sur le Plan local d’Urbanisme de la commune avant de rejoindre le Puy Gourmand à Ma Campagne  pour une réunion consacrée à l’Europe et animée par Elisabeth Morin. Il y avait une participation importante qui témoigne du soutien dont bénéficie Elisabeth en Charente et de la qualité de son travail au parlement européen.

 

J’ai un peu irrité Elisabeth en me montrant beaucoup plus prudent qu’elle sur les possibilités de maintenir des droits de plantation pour le vignoble du cognaçais au-delà de 2018, voire 2016. J’ai bien pris acte de sa détermination tout autant que de celles de Laurent Wauquier, Nicolas Sarkozy, voire Angela Merkel, pour remettre l’ouvrage sur le métier et trouver de vrais moyens de réguler l’offre. Mais j’ai trop conscience du déterminisme des choix stratégiques à l’œuvre en Europe pour ne pas être très prudent.

 

Vu de Bruxelles, la production viticole s’est développée dans le monde par une dynamique de l’offre et de la consommation. Le marché en est le seul régulateur. Face à ce développement l’Europe en est encore à contraindre l’offre par la combinaison des terroirs délimités et des droits de plantation. La philosophie du droit de la concurrence, c’est que les restrictions de production gérées par un numérus clausus garanti par l’Etat est source de privilèges au profit de quelques uns et au détriment des autres. L’équité pour tous selon les plus déterminés de la DG concurrence passe par le marché. Si la délimitation d’aires de production et d’appellations sur des fondements géologiques de terroirs est parfaitement validé par ces mêmes experts, la limitation de la production sur ces terroirs par des droits et non pas par le marché est dénoncé comme une entrave à la concurrence et est en cela condamnable.  Voilà un peu schématiquement la logique qui sous tend le choix qui a été fait de supprimer dans l’OCM viticole les droits de plantation. Si l’on raccorde cette évolution à la promotion par le ministre de l’agriculture de la contractualisation il est difficile d’être serein sur le retour possible à la situation antérieure. Dans le cas de la Charente où les metteurs en marché du Cognac sont à la fois très puissants et peu nombreux face à une viticulture très éparpillée on comprend bien que la libéralisation des droits de plantation liée cette fois ci à une nécessité quasi absolue de contractualisation donnera encore un peu plus le manche aux grandes maisons. Ce n’est dans l’absolu aucunement choquant et sur le long terme de nouveaux équilibres s’instaureront, mais dans l’immédiat on peut concevoir que les viticulteurs, dont je fais partie, puissent souhaiter le maintien strict des droits de plantation tels qu’ils sont aujourd’hui. Il y a matière suffisante avec ces outils pour développer à la fois le marché des eaux de vie de Cognac tout en maintenant un dialogue bien plus équilibré entre les acteurs de la région.

 

Nous en reparlerons abondamment bientôt. .

 

Samedi 5 février :

 

Rencontre avec Michel Verneuil de Léon 16 à Angoulême. Vous vous souvenez peut-être que notre première rencontre avait été houleuse. Rien de tél cette fois-ci et l’échange a été très fructueux entre nous.

 

Je serai à Berlin une bonne partie de la semaine prochaine pour participer à plusieurs rencontres dans la cadre du Fruit Logistica. J’ai l’intention de me mettre très à l’écoute du monde de la production et de la distribution des pommes et des poires sur toute la planète. Vous serez les premiers informés. Bonne semaine à tous.

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Vinosse 07/02/2011 07:43



Finalement, fatigué de devoir plier sous les coups de l'idéologie ultra libérale dont tu t'es cru le défenseur, plutôt que de reconnaitre son danger pour l'humanité travaillante, tu préfères
prendre de la distance et t'occuper de la planète fruitière ...


 


Ça se défend ...