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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 22:28

La Maison de l’Agriculture Biologique (MAB) de la Charente tiendra son assemblée générale mercredi 7 mars près de Ruffec, sur la commune de Bioussac. En vue de cette réunion et dans la perspective des élections présidentielles et législatives, Pierre Bousseau, le président de la MAB, a demandé aux candidats aux élections législatives de notre département, en les invitant à participer à l’AG, de prendre position par écrit sur les 20 mesures proposées par sa Fédération Nationale pour accélérer le développement de l’agriculture biologique. Je serai donc présent pour participer au débat qui suivra l’AG et pour écouter les interventions de Dominique Marion, président de la FNAB, et de François Thierry, président de l’Agence Bio.          

Les lecteurs de ce blog savent que depuis 6 ans que je m’exprime librement devant eux, l’agriculture biologique est un des thèmes qui m’a régulièrement mobilisé. Il suffit donc de consulter les articles regroupés sous le nom "Ma pomme et le verger" et "Ma pomme et les fruits et légumes" pour prendre connaissance de ce que j’ai déjà écrit sur le sujet. Au moment où je me porte candidat aux élections législatives sur la 2ème circonscription de la Charente, cette antériorité est le gage que je ne vais pas adopter aujourd’hui des postures politiciennes de circonstance.

Les 20 mesures proposées par la FNAB couvrent un champ extrêmement large. Elles concernent aussi bien la réforme de la PAC, que les politiques de l’Etat et des collectivités territoriales et se déclinent en une multitude d’actions et d’orientations. Vous pouvez le constater par vous-mêmes en cliquant sur ce lien. Plutôt que de sécher devant un certain nombre de propositions sur lesquelles je n’ai pas d’avis très tranché, je vais plutôt essayer de répondre globalement à la question posée.

L’agriculture biologique telle qu’elle est pratiquée en France est encadrée par la réglementation européenne. Elle interdit l’utilisation d’OGM, de fertilisants et de produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse. Les produits ce cette agriculture font l’objet d’une certification par un organisme de contrôle et sont identifiés par un logo facilement reconnaissable. Le Grenelle de l’environnement a fixé un objectif de 6% des surfaces agricoles en bio pour 2012 et de 20 % pour 2020. Malgré une accélération très notable des surfaces converties, force est de constater que les objectifs peinent à être atteints. La FNAB propose donc d’augmenter les incitations réglementaires et les soutiens financiers auprès des agriculteurs et de leurs organisations, d’orienter plus nettement la formation, la recherche et l’expérimentation pour tendre plus surement vers l’objectif.

A mon sens l’agriculture biologique bénéficie pourtant du moteur de croissance le plus important qu’un producteur puisse souhaiter, c'est à dire la demande de la distribution et des consommateurs. Cette attente est soutenue par une communication stimulante et généralisée aussi bien institutionnelle, que politique ou médiatique. Bien que l’agriculture biologique soit une norme environnementale, elle bénéficie en plus d’une aura exceptionnelle qui lui adjoint dans l’esprit de ses contempteurs et des consommateurs des vertus pour la santé, la nutrition, la qualité gustative et même sans doute le commerce équitable, le développement harmonieux des territoires, l’humanité des agriculteurs et pourquoi pas la spiritualité nécessaire à un monde meilleur. Un tel faisceau de paramètres favorables suscite en général la conversion des entrepreneurs les plus réticents et l’apparition de nouvelles vocations. C’est d’ailleurs ce qui se passe. Mais si l’évolution est plus lente que prévue, c’est que tout n’est pas aussi vert et rose qu’il n’y paraît au premier abord.

Renoncer aux herbicides et se limiter pour protéger les plantes des maladies et des ravageurs aux seuls produits phytosanitaires issus de substances naturelles implique nécessairement plus de diversité dans les cultures et une plus grande variabilité dans les récoltes. Tout cela augmente sensiblement le prix de revient des productions. Les prix de vente à obtenir sur les marchés pour garantir l’équilibre économique d’une exploitation sont dans ce cadre eux aussi limités par la concurrence des produits biologiques importés ou par le différentiel avec les produits dits « conventionnels ». Malgré cela, les exemples de réussite se multiplient. Mais la barre de la maîtrise agronomique à atteindre est évidemment très haute.

Les aides directes pour l’agriculture biologique comme pour l’agriculture dite conventionnelle relèvent de la politique agricole commune. Les compléments nationaux sont strictement limités et encadrés. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de marge de manœuvre sur ce terrain là, même s’il y a évidemment nécessité de revoir les critères d’attribution des aides au-delà de l’éco conditionnalité qui va être renforcée. Avec quand même tous les risques de nouvelles usines à gaz auxquels tout cela peut donner lieu. Du côté de la commande publique, le Grenelle a fixé des objectifs qui sont encore loin d’être atteints. Et je l’ai déjà dit, la puissance du soutien à la demande du consommateur par toutes les communications peut difficilement être plus forte. Les efforts doivent donc se porter ailleurs.

Les marges de progrès pour l’agriculture biologique comme pour toute l’agriculture d'ailleurs sont toujours dépendantes du savoir faire agronomique des agriculteurs, de leur compréhension des équilibres naturels et de la bonne façon de les gérer. Les investissements les plus nécessaires sont donc à effectuer dans la recherche et l’expérimentation, afin d’apporter des solutions innovantes au champ. L’investissement comme toujours et comme dans toutes les professions doit avant tout porter sur les connaissances et la formation.

La progression, semble t-il trop faible, des surfaces converties à l’agriculture biologique masque en revanche une évolution très profonde et constante des pratiques sur l’ensemble des surfaces agricoles de notre pays. La performance économique en est le moteur essentiel.  Elle passe par un recours minimum aux intrants, après que soient épuisées toutes les autres possibilités, mesures de prophylaxie naturelles, actions des auxiliaires et autres prédateurs naturels. Et si l’on considère comme moi, que le rapport entre le bénéfice et le risque lié à un produit phytosanitaire issu de la chimie de synthèse peut être quelque fois meilleur qu’avec un produit homologué pour l’agriculture biologique, le développement en apparence trop lent de l’agriculture biologique est à relativiser.

J’ai la conviction que c’est toute l’agriculture sans exception qui doit sans cesse améliorer ses pratiques pour respecter l’environnement et économiser la ressource en eau. Je suis d’ailleurs heureux de constater qu’il y a de moins en moins d’opposition tranchée entre le bio et le « conventionnel ». Les techniques et les itinéraires de production s’interpénètrent de plus en plus. Seul le parti pris du refus de produits de protection des plantes issus de la chimie de synthèse maintient une ligne de partage nette. Et encore, certains pays autorisent un peu de souplesse en cas d’impasses absolues. Ce sont les mêmes firmes de l’agrochimie qui fournissent les deux types d’agriculture en produits de protection des plantes, dans ce domaine aussi les passerelles se développent.

Le label agriculture biologique est une opportunité pour offrir sur le marché des produits différenciés plus rares et donc mieux valorisés. C’est cette reconnaissance associée à la demande des consommateurs qui constituent les meilleurs atouts pour l’augmentation des surfaces en agriculture biologique. Je suis pour cela plutôt réticent pour instituer encore plus de discrimination positive envers l’agriculture biologique, sous forme d’aides publiques ou encore de réglementations spécifiques pour l'homologation allégée des produits phytosanitaires. Le meilleur prosélytisme pour inciter d’autres agriculteurs à franchir le pas, je peux en témoigner, s’obtient par les exemples de réussite de producteurs qui pratiquent déjà l’agriculture biologique. Les motivations pour la conversion en bio doivent être le plus possible déconnectées du volontarisme politique, les conseilleurs sont rarement les payeurs,  afin de demeurer des démarches totalement libres et responsables.

Au-delà de ces considérations très générales sur les moyens du développement de l’agriculture biologique, je vais m’atteler à l’étude plus fouillée des 20 mesures proposées pour pouvoir préciser mes positions mercredi en direct live. A suivre.

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Published by Daniel.Sauvaitre - dans Législatives 2012
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commentaires

Alerte Environnement (lecteur) 12/03/2012


« Que choisir » : lobbyiste au service de la
cause anti-OGM ?

Laurent Berthod (lecteur) 12/03/2012


Les nitrates

Laurent Berthod 12/03/2012


Ce n'est pas moi qui ai posté les titres et les liens vers les articles de mon blog.

écophyto 12/03/2012


Mon ami Paul François face au directeur de l'UIPP J-C Bocquet çA Va BouGer,aprés 8 ans d'Omerta (Xavier Beulin-FNSEA) ...http://www.france5.fr/revuetcorrige/

Destination Santé 29/03/2012


La peur paralyse la science


 





 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


« Arrêtons d’avoir peur ! » Le titre du dernier ouvrage du Pr Maurice Tubiana est un appel à la réhabilitation de la science, des sciences. Ou plus précisément un pamphlet
contre les « prophètes de l’apocalypse ».


Pionnier de la lutte contre le cancer, Maurice Tubiana est professeur agrégé de physique
médicale, radiologiste, membre de l’Académie nationale de Médecine. Dans son livre, il s’en prend « aux dogmes écologiques qui sont devenus nos certitudes (mais aussi) au sacro-saint
principe de précaution qui a achevé d’insinuer le doute partout ».


Pour ce faire, il ne manque pas d’exemples : insecticides, OGM, alimentation, radioactivité, antennes de téléphones portables… « La science », explique-t-il « à
qui l’on doit – entre autres – une augmentation de 21 ans de l’espérance de vie depuis 1960, est discréditée, au nom d’un risque zéro qui n’existe pas. » Il démontre – preuves
irréfutables à l’appui – comment la science dément ce que nous martèlent les écologistes.


Il mentionne par exemple le Grenelle de l’Environnement selon lequel, 40% des cancers seraient dus à la pollution. « Mensonge ! Ils sont moins de 1% ». Un chiffre reconnu
au niveau international, mais pas en France ! « Les rayonnements nucléaires terrifient. Sait-on que sans eux, certains cancers ne pourraient être soignés ? » Ce type
d’exemple fourmille dans cet ouvrage pour le moins décoiffant et politiquement incorrect.

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