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Programme commun pour 2012.

 « Legalise ganja » est sans doute un projet du plus grand intérêt pour diversifier les substances autorisées qui ouvrent « les portes de la perception », comme aurait dit Aldous Huxley.  L’accès à l’institution du mariage pour les homosexuels rendrait peut-être l’amour un peu plus laïc en disant officiellement qu’il n’est pas réservé à deux personnes de sexe opposé. Mais cette semaine ce ne sont pas ces débats qui m’ont semblés les plus importants.

 

La déflagration déstabilisante à laquelle je pense est parue dans le Figaro. L’économiste américain Nouriel Roubini, dans une interview redoutablement argumentée, a annoncé la fin prochaine de l’euro, entre 2012 et 2014.

 

Je n’ai pas sauvegardé cet entretien au moment où je l’ai lu et je n’y ai plus accès maintenant. Je vous mets donc un lien vers un petit article de synthèse qui malheureusement ne reflète pas la qualité de la démonstration de celui qui avait prédit la crise financière de 2008.

 

Lors de la création de l’euro en janvier 1999, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dire qu’il n’y avait pas d’exemple dans l’histoire d’une monnaie nationale qui ne soit pas totalement liée à une politique économique et budgétaire. Malgré la pertinence de ce rappel, j’ai fait partie de ceux qui pensaient que les fameux critères de Maastricht étaient l’amorce de ce rapprochement des stratégies économiques nécessaire à la pérennité de l’euro. Lors de la crise financière de 2008, les fameux critères, déjà bien peu respectés, ont carrément dus être oubliés pour accompagner au mieux le séisme provoqué dans les finances publiques. Et depuis la dérive s’accentue, mais très inégalement selon les pays,  ce qui aggrave cette hétérogénéité tellement incompatible avec la monnaie unique qu’est l’euro. C’est pourquoi la prophétie de Nouriel Roubini ne peut qu’être prise très au sérieux. D’autant plus qu’il écarte avec une facilité déconcertante la prétendue impossibilité de revenir en arrière. En effet selon lui, il est mille fois plus simple de recréer une monnaie nationale à partir de l’euro que d’abandonner une monnaie nationale au profit d’une monnaie unique. En une semaine l’Euro peut changer de nom et redevenir le Franc, le Mark ou toute autre monnaie. Le temps de récupérer billets et pièces pour les remplacer rapidement par la nouvelle monnaie et le tour est joué. Ensuite le marché des changes reprend ses droits et les monnaies reflètent à nouveau la situation économique et les politiques nationales.

 

La seule alternative à ce scénario très redouté en ce moment est qu’apparaisse à l’échelon européen une forme de fédéralisme politique doté de quelques attributs budgétaires. Mais compte tenu de la situation désastreuse de la Grèce et des signes inquiétants émis par l’Espagne ou le Portugal, pour ne parler que des pays les plus mal en point, eu égard aussi aux manifestations de l’opinion publique qui s’y font jour, les conditions sont de moins en moins réunies pour réintégrer ce cercle trop vertueux.

 

A cela s’ajoute, pour ce qui nous concerne, l’annonce la semaine précédente d’un nouveau déficit commercial record qui confirme que l’écart avec l’Allemagne continue inexorablement d’augmenter.

 

C’est aussi l’Institut Thomas More qui publie un comparatif entre la France et l’Allemagne qui fait apparaître que rapporté au PNB, notre dépense publique devrait se réduire de 140 milliards pour correspondre à celle de nos voisins d’outre Rhin.

 

L’heure est donc plus que jamais aux réformes pour mettre la France en situation de relever le défi de la compétitivité avec le reste du monde pour retrouver de la croissance, réduire la dette et faire baisser le chômage.

 

Même s’il n’est pas pour l’instant le plus populaire, il y a au moins un candidat à l’élection présidentielle qui en est parfaitement conscient, c’est Nicolas Sarkozy.

 

Ma crainte c’est que sous la pression de l’opinion publique, une nouvelle fois on choisisse la mauvaise méthode du recours à l’Etat pour réguler et redistribuer. Cette illusion ne fera qu’aggraver la situation alors que nous n’avons déjà quasiment plus de marge de manœuvre.

 

Jacques Chirac avait parait-il envoyé en 1995 à tous les députés de son camp un bouquin d’Emmanuel Todd pour illustrer son analyse de la fracture sociale. Ce n’était évidemment pas la bonne lecture qu’il fallait pour mettre la représentation nationale sur la voie de l’adaptation de la France aux enjeux du moment.

 

Moi c’est plutôt l’œuvre de Frédéric Bastiat dont je recommande la lecture. Cet économiste et homme politique français de la première moitié du 19ème siècle est plus que jamais d’une étonnante modernité pour décrire tous les maux dont nous souffrons. Je vous mets un lien vers un de ses écrits, « funestes illusions », qui vous donnera peut-être envie, comme à moi,  de le lire plus complètement  

 

Quand je pense à tous les beaux esprits qui se gaussent encore aujourd’hui du slogan de 2007 : « travailler plus pour gagner plus ». Ils vont avoir matière à glousser longtemps encore parce que cette orientation est en train de s’imposer comme le programme commun de 2012 pour tous les candidats.   

 

Je vous mets quelques liens complémentaires vers des lectures qui me semblent illustrer utilement ce thème. 

 

Article de des Echos sur la compétitivité.

 

Le blog deJean Michel Apathie sur la crise grecque.

 

Une interview d'Edmund Phelps, prix Nobel d'économie, dans le JDD de ce jour.

 

Eric le Boucher sur Slate.fr: "vive la crise".

 

Georges Kaplan écrit sur la démondialisation sur Causeur.fr

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Vinosse 26/06/2011 13:24



http://www.sudouest.fr/2011/06/24/le-ps-songe-aux-primaires-434561-659.php


 


 



Vinosse 24/06/2011 12:26



Tieu pauv' s'est l'vé dau mauvais pied à matin ...


 



Un agricultueur en colère ! 24/06/2011 07:25



 


Comment le nouveau François Holland s’insinue dans les milieux ruraux.





Machine à vendanger New Holland


François Holland veut toucher les agriculteurs en arborant son nom sur du matériel agricole à la couleur de l'UMP. Après ce plan marketing de grande ampleur, le candidat dit travailler maintenant
sur les idées de son programme politique…



Cultilandes 21/06/2011 09:34



"il y a au moins un candidat à l’élection présidentielle qui en est parfaitement conscient, c’est Nicolas Sarkozy.


 


Ma crainte c’est que sous la pression de l’opinion publique, une nouvelle fois on choisisse la mauvaise méthode du recours à l’Etat
pour réguler et redistribuer."


 


Hélas, ma crainte, pire, mon constat est que N. Sarkosy n'ayant pas de convictions fermes, surfant sur les émotions médiatiques et trop
lié aux affairistes, "choisisse la mauvaise méthode du recours à l’Etat pour réguler et redistribuer."


 


Grand merci pour le lien vers cet excellent texte de Frédéric Bastiat.



Vinosse 20/06/2011 20:23



 


Il me semble que les allemands, Merkel en tête, sont prêts à faire payer les banques au sujet de la Grèce, en France Sarko a dit non.


Il est sympa avec ses amis, le petit.