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Pas d'embargo pour l'édito.

Je viens d’écrire un petit édito pour le bulletin communal de Reignac qui sera dans les boites aux lettres des habitants au début du mois de juillet. J’avais envie d’évoquer l’agrandissement de la communauté de communes et la prise de compétence scolaire qui fait un peu de bruit ces temps ci. A mon sens il n’y a pas d’objection « philosophique » crédible à ce transfert de compétence. En revanche le tour de force à accomplir pour la réussite du projet, c’est de conserver de la motivation chez élus impliqués aujourd’hui dans le quotidien du fonctionnement de l’école de leur commune, éviter une dérive des coûts consécutifs à une homogénéisation par le haut et de se préserver d’une certaine lourdeur des circuits de décisions administratifs et politiques. Une organisation optimisée des écoles sur le territoire qui permettra les mises aux normes nécessaires des cuisines scolaires, des salles de classe, du transport des enfants et des garderies conduiront inévitablement à des évolutions. Compte tenu des réactions déroutantes auxquelles on a pu assister ces derniers jours, beaucoup de pédagogie et d’écoute seront nécessaires pour gagner en compétitivité dans nos communes avec l’assentiment de la population.

 

Pour tous ceux qui sont intéressés par la prose des éditos communaux je vous mets à la suite ma toute dernière production.

 

Notre communauté de communes grandit et s’agrandit.

 

Reignac est l’une des 36571 communes qui constituent depuis la Révolution la plus petite division administrative de notre pays. Créée d’autorité en décembre 1789 par le vote d’une loi à l’Assemblée Nationale, notre commune, comme les autres, s’est substituée à une paroisse. A deux pas de l’église, une maison commune, la mairie, a ensuite été construite  pour accompagner cette rupture fondatrice d’une société nouvelle, issue des idées cartésiennes et de la philosophie des Lumières.

 

Le découpage communal d’aujourd’hui est presque identique à ce qu’il était lors de sa création. Cependant, malgré notre attachement viscéral à la commune, l’évolution démographique, les modes de vie et les technologies ont conduit le législateur à proposer des solutions aux handicaps de « l’émiettement » communal. A elle seule et avec seulement 15% de la population, La France, représentait la moitié de la totalité des communes européennes jusqu’à l’adhésion de nouveaux membres en 2004. 

 

Au moment ou d’autres pays réduisaient le nombre de leurs communes, la fusion de communes proposée par la loi Marcellin en 1971 a eu très peu de succès. C’est pourquoi notre pays a fait le choix en 1992 de renforcer la coopération intercommunale, dont le principe avait été institué plus d’un siècle plus tôt, en 1890.

 

L’objectif recherché est simple. En se constituant en communauté, chaque commune, même la plus petite, peut  exercer en coopérant avec les autres l’ensemble des compétences qui lui incombent et qu’elle n’est plus en mesure d’exercer seule.

 

La communauté de communes des 3B, à laquelle Reignac appartient depuis sa création en 1996, a ainsi permis à notre commune de participer activement à la création d’équipements et de services qui bénéficient à tous ses habitants et qu’elle n’aurait bien entendu pas pu réaliser seule. Depuis les services à l’enfance et à la petite enfance, en passant par l’offre de zones d’activités économiques, la voie verte, la liste des réalisations que les 37 communes réunies ont pu accomplir ensemble est longue. La lecture d’Infos 3B est pour cela devenue le complément indispensable à celle de ce bulletin municipal pour bien mesurer l’ampleur de ce que votre commune, seule ou associée, accomplit pour vous.

 

Reignac, en accord avec la quasi-totalité des communes des trois cantons de Baignes, Barbezieux et Brossac, souhaite aujourd’hui élargir le périmètre de la communauté aux communes du blanzacais. Le nouvel ensemble réunira 50 communes et une population de 22000 habitants. C’est à mon sens la limite acceptable qui concilie cohérence territoriale, économies d’échelle et participation active des élus des communes à la vie des commissions et des assemblées délibérantes.  

 

Pendant près de deux ans et tout au long de l’élaboration du projet pour cette nouvelle communauté, les élus des communes ont souhaité affirmer leur volonté de servir le territoire en assumant ensemble les investissements, l’entretien et le fonctionnement des écoles maternelles et primaires. Cet exercice de la compétence la plus symbolique de l’action communale témoigne de la profonde solidarité à laquelle nous nous engageons pour servir au mieux les intérêts de nos enfants.   

 

Pourtant, alors que l’action conjointe des communes dans le cadre de l’intercommunalité améliore chaque jour de façon visible les équipements et les services mis à la disposition de la population, des objections surprenantes sont venues mettre en doute la pertinence de cet exercice collectif de la compétence scolaire. Les débats qui ont eu lieu et dont la presse a minutieusement détaillé les craintes des contestataires, en tout cas bien plus que les arguments des élus, ont surtout révélé une fois de plus que la coopération intercommunale reste assez mal comprise. Il semble étonnamment difficile d’expliquer que ce sont toujours les mêmes élus qui agissent et décident, que ce soit directement dans leur commune d’origine ou collectivement avec leurs collègues des autres communes dans le cadre de la coopération intercommunale.

 

Toutes les communes ont des enfants mais toutes les communes n’ont pas d’école. En partageant les orientations et le financement des écoles entre toutes les communes, tous les représentants élus des habitants de toutes les communes exercent leur responsabilité, qu’il y ait ou non physiquement une école sur le territoire de leur commune.

 

Le diable est dans les détails et mille petites difficultés techniques seront sans doute à résoudre dans les premiers temps. Mais les finalités incontestables auxquelles nous adhérons avec ce projet d’accueil partagé des enfants permettront de maintenir le cap jusqu’à ce que chacun perçoive les résultats très bénéfiques de cette décision courageuse.

 

Après avoir beaucoup souffert de la fermeture de notre école il y a 10 ans, nous nous réjouissons à Reignac de pouvoir à nouveau nous impliquer activement pour l’accueil des enfants de la commune dans nos écoles intercommunales.

 

Bon été à tous,

 

Le Maire. 

 

NB: J'avais déjà écrit un article en relation avec ce sujet. L'article s'appelait, "Qu'as tu appris à l'école mon maire?".

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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laurence 01/07/2011 16:41



vous avez perdu votre école voilà 10 ans, alors racontez nous comment vous avez fonctionné pendant ces 10 ans sans école et quelle différence pensez vous que ce transfert va amener pour vous dans
les années futures? vous paraissez très optimiste sur le côté très intéressant d'une nouvelle implication de votre commune dans cette nouvelle école intercommunale mais dans la pratique, à
votre avis, ça va changer quoi pour vous? allez, faites nous rêver !



Vinosse 27/06/2011 06:55



J'ai eu l'occasion d'entendre le point de vue de Marie-Line Reynaud très récemment sur ce sujet et l'implication plus grande exigée des élus locaux pour mener à bien cette évolution et bin figure
toi qu'elle m'a dit à peu près les mêmes choses que celles que tu as écrites !!! 


Sinon, je n'ai pas eu de nouvelles de notre petite affaire !!!