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Le département est mal barré.

Cette fois c’est aux agents du Conseil Général que le président Michel Boutant vient d’écrire une lettre de démotivation. Vous vous doutez du contenu : on n’était déjà pas riche, la crise nous a plombé un peu plus nos recettes et le gouvernement va nous mettre le coup de grâce avec sa réforme. La mort du département est annoncée. Par force on n’embauche plus mais on garde bien sûr tout le monde. Et puis le président termine en demandant à ses salariés, s’ils refusent comme lui le projet abject du gouvernement qui condamne à leur égard tout espoir de gratification, de voter contre Sarkozy et ses affidés. A cette condition des jours meilleurs pourront peut-être revenir.

 

Une bonne vielle prise d’otage à la veille des élections régionales, ça ne peut pas faire de mal. Et puis ça fait coup double. D’un côté le président se disculpe de la situation dégradée du département et de l’autre il fait voter en masse presque tous ses salariés pour son camp.

Le procédé est abject et la morale républicaine n’y retrouve évidemment pas son compte, mais comme les éditorialistes locaux tournent la tête pour ne s’intéresser qu’aux sujets nationaux ou internationaux censés leur donner de l’importance à eux, et que l’indignation qui s’exprime ici ou bien chez les conseillers généraux d’opposition ne fera jamais un gros titre, il n’y a vraiment pas lieu de se gêner.

 

Evidemment si un chef d’entreprise, ou un président de Conseil Général de droite sous un gouvernement de gauche, se livrait à une pareille saloperie vis-à-vis de ses salariés on aurait sans doute droit à une mobilisation générale sur cinq colonnes à la une et à tout un chapelet de condamnations outragées. Quand on voit l’avis en rose c’est différent.

 

Mais ce qui m’insupporte le plus c’est cet air de chien battu du président qui courbe l’échine pour résister au soit disant travail de sape du gouvernement. Que d’énergie et de moyens mis en œuvre pour désespérer la Charente.

 

La stratégie pourrait être tout autre et préparer avec plus d’enthousiasme l’avenir du département. Il n’y avait pas besoin d’attendre l’inévitable projet de réforme des collectivités pour se mettre en mouvement. Un président de département un peu plus visionnaire aurait eu toute latitude pour travailler avec sa collègue PS présidente du Conseil Régional et les maires et présidents de communautés pour améliorer nettement l’efficacité du millefeuille. Régions et département pouvaient de concert favoriser la constitution rapide de plus grandes communautés en choisissant de contractualiser directement avec les maîtres d’ouvrage. Sûr que stimulées ainsi les communes isolées et petites communautés auraient mis plus d’ardeur à se regrouper. Dans le mêmes temps Département et Région pouvaient répartir librement leur domaine d’intervention auprès des communes et des communautés pour qu’elles ne soient jamais en doublon sur le cofinancement des dossiers. Et n’en déplaise à Michel Boutant cette recherche d’efficacité aurait permis de libérer quelques collaborateurs et faire de chaque euro prélevé aux soutiers picto-charentais un euro plus utile. Une coopération plus étroite entre Région et département, une spécialisation des compétences, plus d’efficacité organisationnelle, un accompagnement à la structuration des territoires, autant d’innovations positives qui auraient anticipé et rendu indolore et évidente la réforme annoncée. Le désarroi d’aujourd’hui au département est en fait inversement proportionnel à la torpeur précédente. Ségolène Royal et Michel Boutant font de la toute petite politique qui rapporte bien sûr électoralement et satisfait leur intérêt personnel mais handicape lourdement les populations qui sont sous leur coupe. Geindre et se plaindre vise à bien cacher, si j’ose dire, le pot aux roses. C'est-à-dire l’inaction coupable au regard des exigences d’une décentralisation assumée.

 

Et pourtant le progrès progresse toujours et le futur ne manque pas d’avenir pour ceux qui comprennent comment va le monde depuis la nuit des temps. J’ai participé cette semaine à une réunion de chefs d’entreprise mobilisés sur les conditions du développement de l’économie charentaise. Leurs travaux portent principalement sur les infrastructures.

Ce jour là c’est le chantier de la future LGV qui faisait débat. Ce sera le plus grand chantier d’Europe. Une activité telle que l’on nous prédit une surenchère sur les salaires des métiers les plus nécessaires qui conduira à vider les entreprises avoisinantes de leurs salariés. Le besoin en sous-traitance pour l’entreprise qui va obtenir dans quelques semaines le chantier va être considérable. L’un des participants qui a pu observer un chantier équivalent décrivait un scénario extrêmement violent qui va bousculer l’économie locale. Et chacun de se regarder pour faire le point sur l’initiative des collectivités telles que le département au regard des anticipations à travailler, analyse des besoins en compétences, promotion auprès des jeunes et des demandeurs d’emploi des formations adaptées, analyse des aptitudes des entreprises pour la sous-traitance, facilitation des alliances entre entreprises pour répondre aux nécessités du chantier, disponibilités en hébergements, le champ des opportunités à travailler est immense. En Charente Maritime ils ne se contentent pas d’augmenter les impôts, ils se saisissent de ce dossier en contractualisant avec un chargé de mission quasi chef de guerre dédié à ce boulot. En Charente « tous autant qu’on est » on s’attend et ça bricole. Ça nous coûte un max de nous regarder le nombril et d’avoir peur du moindre changement.  Les fossoyeurs du département ne sont bien évidemment pas ceux que l’on désigne honteusement aux agents de cette collectivité. Ce sont bien entendu ceux qui se révèlent jour après jour très en dessous des défis à relever.

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Vinosse 05/03/2010 18:10



C'que je combats surtout c'est les donneurs de leçons, genre éducation nationale, qui se cachent derrière un pseudo que personne connait!

Sont tous comme des supporters qui gueulent depuis la tribune! 

 


Iguane 05/03/2010 16:43


il fut un temps où la délation était à la mode... Il fût un temps où un petit président l'appelait de ses voeux... Il fût un Dudu qui combattait ce président, cette époque infâme. Il est un Dudu
qui dénonce dorénavant... Que nous reste t-il de nos révolutionnaires ? Vignerie ? Bah ça fait pas lourd !!


la droite gaulliste et souverainiste 05/03/2010 14:26


Le departement mal barré.... Quand on voit ce que l'on voit et que l'on entend ce que l'on entend , c'est combat de coq piqué à la testostérone et à l'hormone de croissance .... Je pense que c'est
notre droite départementale qui est mal barré , je serai de bureau le 14 et le 21 , eh bien cela sent la piquette.... En ce qui me concerne ,la monté de l'extremisme en Europe (Espagne, Pays bas,
allemagne, etc), ma glace. Si nos amis du monde de la spéculation, de la communication se remettaient dans une gestion plus "paternaliste" et "connectée" de l'économie mondiale/locale , nous
aurions peut être quelques résultats. En tous cas , 1 français sur 10 actifs est au chomage, 2.5 jeunes hommes sur 10 de la même tranche est au chomage, cela c'est le quotidien. Stop au débat , je
travail dans l'industrie et me bat au quotidien pour la compétitivité des salariés et des usines de mon groupe. Nous mouillons le maillots pour ne pas avoir à magner l'arme fatidique du Plan
Social,il est là le vrai combat mais celui ci n'interesse que peu les pouvoirs publiques. Cette annnée pas un licenciement dans notre filiale (650 familles peuvent avoir une vie normale et sereine)
mais il a fallut être innovant, réactif, à l'écoute des marchés. Alors vos problèmes d'égo démesurés, nous font nous les ingénieurs de l'ombre doucement rigolés. Le drame c'est qu'il y a de moins
en moins de valeurs ajoutées dans le monde politique. Un crise économique est grave , mais il y a plus dramatique c'est une crise de confiance des citoyens vis à vis des institutions politiques ,et
c'est ce que vous êtes entrain de construire innexorablement . L'odeur nauséabonde de l'extremisme fait son grand retour, Bravo !


Sy 04/03/2010 23:51


Oulala, mais ça transpire la testostérone sur ce blog cette semaine!!!
Y'en a qui mordrait!
Une petite tisane, les garçons, pour se détendre? Aux petits fruits rouges...(tu peux pas dire non, là, Vinosse....!)

Signé Sy, dite SISI (si, si!)


Vinosse 04/03/2010 18:28




Rectification: il s'agit d'une Honda verte et non d'une Rover, suivie d'une peugeot grise...

Sur la voie verte...