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Le coût des pépins de pomme et autres petits calculs de l'été.

Il en va de la conduite des organisations professionnelles comme de la politique. Il faut faire  du terrain. C’est dans les entreprises, chez les arboriculteurs, que l’on écoute avec le plus d’acuité et que l’on comprend le mieux dans leur contexte, les réalités vécues. J’ai consacré la semaine passée à visiter les membres de l’Association Nationale Pommes Poires du Val de Loire, d’Orléans à Secondigny en passant par Chenu, Vallères ou Angers. La commercialisation de la récolte de pommes 2009 s’est faite du début à la fin de la campagne à des prix en moyenne sensiblement inférieurs aux prix de revient. La campagne précédente n’avait pas été fameuse non plus et la situation des arboriculteurs et de leurs entreprises est dans de nombreux cas maintenant plus que critique. Alors bien sûr la moyenne cache des disparités. Certains arboriculteurs, certains groupements, résistent un peu mieux que d’autres. Les clefs de la performance sont toujours les mêmes, quelque soit le secteur d’activité d’ailleurs. Leadership d’un passionné de son métier qui a de bonnes intuitions, qui sait s’entourer, développer des alliances. Stratégie claire inscrite dans la durée et qui sous tend la notoriété d’une marque, organisation optimum, maîtrise technique, fonds propres importants constitués au fil du temps, etc… Mais quand les meilleurs surnagent à peine, le cœur du peloton est en grand danger. C’est l’essentiel des troupes.

 

Alors il faut s’interroger plus avant pour évaluer les paramètres de production qui sont spécifiques à la France, dès lors que le marché de la pomme est mondial et que les compétiteurs sont partout sur la planète. La France produit 1.6 million de tonnes sur un total de 65 millions. Et là bien entendu il y a beaucoup à dire. L’ambiance politique et médiatique du pays au regard de son agriculture, l’environnement normatif et réglementaire, l’administration détachée de l’incidence de son action sur l’économie, les différentiels de coûts de main d’œuvre avec même la première économie d’Europe (l’Allemagne); sur tous ces aspects la France est en tête pour démobiliser ses entrepreneurs. Et elle y parvient de mieux en mieux malgré les prises de conscience des décideurs nationaux qui s’affolent en regardant les tableaux de bord de notre économie et des comptes publics comparativement à ceux de nos compétiteurs les plus proches.

 

Je répète en ce moment à tous mes interlocuteurs que pour continuer à produire les arboriculteurs défaits ont besoin d’entendre un message du pays extrêmement clair. La France doit leur dire nettement, à l’instar de son président et d’une bonne partie du gouvernement quand même, qu’elle veut relever le défi de la compétitivité et revendiquer sur son territoire toutes les productions pour lesquelles elle est tout aussi légitime que les autres nations du monde à concourir, pour son marché intérieur comme pour l’exportation. C’est à cette condition que l’on pourra remotiver tous ceux qui ne peuvent se rendetter qu’à la condition d’avoir des éléments objectifs pour fonder leur projet de retour aux bénéfices. 

 

J’ai mis en ligne dans l’article précédent la retranscription d’extraits d’une intervention d’Erik Orsenna sur ce thème. Vous serez peut-être surpris de l’évidence et de la simplicité de son discours que j’ai l’impression de rabâcher depuis quelque temps avec sans doute beaucoup moins de talent. Heureusement, je commence à percevoir que la proportion des voix qui s’élèvent pour infléchir notre tropisme anormal pour le renoncement ne cesse d’augmenter.

 

Cette même semaine le ministre des finances allemand assistait pour la première fois depuis la création de la 5ème république à un conseil des ministres. Quelque temps plus tôt c’est Christine Lagarde qui s’était rendue à Berlin pour le même exercice. C’est une bonne nouvelle pour l’Europe, pour l’euro et pour nous. Dans une interview aux Echos, le ministre Wolfgang Schaüble dit entre autre ceci : «La bonne évolution actuelle de l’économie allemande et, avant tout, la surprenante bonne tenue du marché du travail démontrent précisément que le chemin à suivre ce sont les réformes structurelles ». Il est assez sidérant que le débat se limite en ce moment en France à l’opportunité d’utiliser le mot rigueur pour qualifier la politique que met en œuvre le gouvernement. A travers ce mot les opposants cherchent à démontrer que c’est bien de l’appauvrissement qui est proposé au peuple. Et le gouvernement ne veut pas l’utiliser pour ne pas envoyer le seul message du repli sur soi stérile. Il semble pourtant simple de dire qu’il faut une gestion rigoureuse de l’argent prélevé sur l’économie par l’Etat et les collectivités, mais qu’il faut surtout continuer de réformer en profondeur l’Etat et les collectivités locales pour qu’ils rendent les services attendus au meilleur coût et permettent à l’économie de la France et à ses acteurs de rester compétitifs et offensifs vis-à-vis du reste du monde. A ne regarder que cette chimère de robinet à fric qui nous arroserait en prenant dans d’autres poches que les nôtres, on se tient stupidement à l’écart de ce dont nous avons le plus besoin. C'est-à-dire développer de l’activité par l’innovation et la compétitivité. Que cette stratégie élémentaire soit impossible à relayer dans les médias interroge forcément. Est-ce de la paresse intellectuelle ou une impossibilité profonde à comprendre le mouvement, la création, la vie. A moins qu’il ne soit tout simplement plus simple de faire de l’audience avec cette soupe infâme qu’avec un peu de pédagogie sur comment fonctionne l’économie.

 

A part ça, je vous quitte quelques jours pour retourner voir comment se comportent les arbres de mon ami au Bélarus et ensuite participer à Kiev au Prognosfruit, les prévisions de récolte européennes de pommes et de poires. Je vais prendre quelques photos pour vous mes chers lecteurs.

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Vinosse 07/08/2010 10:32



 


Le FRAC / PC:


 


 


Aux pays des aveugles, les
borgnes...


 


Voilà...



Vinosse 06/08/2010 20:27



 


J'ESPÈRE QUE TU LIS TES COM'S!


Dans le sud-ouest y'avait un article sur les jobs d'été à angoulême, et bin le FRAC a embauché une mal-voyante...pour présenter les œuvres...


 


On va mourir de rire, avec leur connerie...


 


 



Vinosse 04/08/2010 07:46



 


De : François Warlop


Date : 3 août 2010 16:22:12 HAEC


À : arbo-bio-info@yahoogroupes.fr


Objet : [arbo-bio-info] le blog de Daniel Sauvaitre (président ANPP)


Répondre à : arbo-bio-info@yahoogroupes.fr


 



quelques articles intéressants sur ce blog....

http://www.daniel-sauvaitre.com/article-dans-la-solitude-des-vergers-de-pommiers-51683823.htmlJ’ai aussi
ce souvenir précis des instants vécus, des rencontres, destémoignages d’expériences singulières. Inconsciemment sans doute,
savoircela me pousse à me mettre en situation pour apprendre, stimuler mesintuitions
et trouver des réponses aux questions que je me pose. C’est àcela que je pensais mercredi soir dans le TGV qui m’amenait à Annecy
poury rencontrer une nouvelle fois les producteurs de Savoie en même temps quej’allais participer à une journée Bio sur le site du verger expérimentaldu lycée agricole de
Poisy. « N’y allez pas », m’avait-on pourtantsincèrement conseillé, « vous n’y apprendrez rien ».

http://www.daniel-sauvaitre.com/article-aupres-de-mon-arbre-50993715.htmlComme tous mes collègues
arboriculteurs, j’aime écouter les histoiresétonnantes des découvertes des variétés de pommes qui composent lesvergers du monde. C’est la part de rêve de ce métier qui place lamotivation au-delà des
contingences économiques.

http://www.daniel-sauvaitre.com/article-3570567.htmlCe que j’aime chez cet homme de génie c’est sa
capacité à sortir du cadre,à transgresser les règles, à comprendre l’arbre et les hommes en étant àleur écoute et au milieu d’eux. C’est aussi cette humilité et cettegénérosité qui l’a toujours
conduit à montrer librement ses découvertes, àpartager ses expériences, à toujours donner avant de recevoir des autres.Et ce qui est fulgurant c’est la vitesse à laquelle avec lui on passe dustade de la recherche à
l’application au verger.
bonne lecture,francois


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Vinosse 02/08/2010 12:15



Quand tu r'viendras, tu pourras féliciter ton collègue UMP qui s'en est pris aux dépenses du FRAC mais en l'incitant à pousser le bouchon, la réflexion, un peu plus loin. Il ne s'agit pas
seulement de s'en prendre à Ségolène, qui avait bien vu tout l'intérêt du système: un robinet à phynances, mais au principe même de ce truc pourri inventé par Lang.


Comment est-ce possible qu'on paye des milliers, ou des dizaines de milliers d'euros, pour de vieilles banderolles de manif's (si ça se trouve reconstituées) en appelant ça œuvres d'art,
soigneusement choisies par des "experts" autoproclamés dans le but d'éduquer les masses...


Ce genre de mécénat d'état est plus que douteux, il laisse la porte ouverte aux lèches-culs en tous genres, aux phénomènes de cour, en propre comme en figuré.


Le pire étant que ces odieux spécialistes jurent à l'outrage envers leur personne dès que l'on remet en question leurs choix.


Je pense qu'il est URGENT de remettre en question cette institution de bobos.