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La fête aux neuneus.

45 ans après mai 1968, la révolte qui gronde  dans le pays a bel et bien changé de camp et d’objectif. Dans le Monde de demain qui est dans les kiosques depuis cet après midi, Daniel Cohn-Bendit, manifestant émérite et daté, jette un dernier pavé ramolli  dans le débat. Et il nous la sort bonne, l’encore vert Dany Le Rouge. Il constate « un fort durcissement de la droite dure qui est contagieux pour toute la droite ». C’est à croire que les barricades l’ont rendu sourd comme l’impôt. Le décodage de ce qui se passe est évidemment bien plus simple et c’est rassurant en diable. Une bonne partie de la France habituellement silencieuse, parfaitement ancrée dans le réel, pressent le danger imminent qui nous guette. La dérive du pays qui s’accélère, mollement orchestrée par François Hollande et son armée mexicaine cacophonique qui lui tient lieu de gouvernement, fait se lever tous ceux, chaque jour un peu plus nombreux, qui refusent la catastrophe programmée.

Loin des idéologies, le bon sens redevient la source de slogans décomplexés  et frais qui ringardisent ceux d’une France qui s’ennuyait jadis.

On n’a plus peur de redire que pour gagner plus il faut travailler plus. Que pour lutter contre le chômage, il faut autoriser le travail. Que si on vit plus vieux, pour avoir autant de revenus sans trop prendre à ceux qui suivent et ne pas les décourager, il faut travailler plus longtemps. Que si on fait fuir les riches et les entrepreneurs ceux qui restent seront encore plus pauvres. Et que si on doit pouvoir vivre à deux avec les mêmes droits, sans conditions de sexe, les enfants naissent toujours biologiquement d’un homme et d’une femme. C'est la fête aux neuneus.

Il est sain que beaucoup de français en aient marre d’entendre rabâcher aussi que les taxes plus faibles sur le gasoil comparativement à l’essence,  ça coûte très cher à l’Etat. Que l’alignement en matière d’impôt doit toujours se faire par le haut, parce toute niche fiscale est forcément injuste et insupportable pour l’Etat. Ceci, alors que la France détiendra cette année presque le record mondial des prélèvements obligatoires avec 46 % du PIB. 51.5% en fait, si l’on ajoute les recettes non fiscales qui rentrent quand même dans les caisses de l’Etat et consorts.  

Cette France qui se lève tôt sait parfaitement que la sortie de crise ne pourra commencer que quand le langage aura changé. Quand les dirigeants du pays reconnaitront que ce sont bien l’Etat, les collectivités locales, les organismes sociaux et les satellites publics, qui coûtent trop cher aux français, au regard de l’efficacité qu’ils en retirent. Et non pas l’inverse comme cela est ânonné en boucle par tous les cireurs en grande pompe du dogme de l’Etat divin censé nous faire un cadeau quand il nous demande moins. Ce sont bien les élus de la nation qui sont responsables de la situation très difficile du pays. Parce qu’ils sont comptables de la mauvaise efficience de l’organisation collective, des lois et réglements de la France et de leur impact négatif sur le secteur marchand de l’économie qui n’en peut mais dans ces conditions ereintantes. Les hommes et les femmes qui travaillent dans le secteur public ne sont bien évidemment pas en cause individuellement. C'est bien le système qui génère l'asphyxie.

Je vous ai habitué mes chers lecteurs à joindre à mon bavardage des liens vers des textes très intelligents glanés dans les meilleurs quotidiens, hebdomadaires et sites divers. Atlantico étant le dernier en date. Je lis comme vous chaque semaine un nombre croissant d’analyses des meilleures signatures qui me font m’interroger sur le pourquoi il n’y a pas de traduction politique aux évidences qui ne peuvent plus être ignorées de personne.

Eh bien, j’ai été rappelé à la dure réalité doublement cette semaine. Hier en écoutant Daniel Mermet sur France Inter, et avant-hier en lisant l’éditorial de Dominique Garraud dans la Charente Libre.

On ne peut en effet pas comprendre pourquoi la France choisit obstinément la mauvaise direction quand on se préserve de ces autres mauvais sons de cloche.

Il faut s’obliger à entendre au moins une fois Daniel Mermet dans "là bas si j'y suis". C’est le manipulateur le plus tordu, le plus vicelard qui puisse s’écouter sur les ondes. Le service public s’est fait une originalité de son horripilante émission qui bave et qui ricane de tout ce qui n’a pas l’heur de plaire à Mélenchon ou aux "progressistes" du Monde Diplo. Je me suis fait violence pour mesurer encore une fois l’ampleur de cette bêtise malsaine payée par la redevance. J’ai eu ma dose limite. Je vais donc continuer d’éviter soigneusement France Inter pour faire monter l’audience de RTL et de France Culture.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Un vrai éditorial à claques. Pour déprimer ou se taper la tête contre le mur de ses lamentations.

Cet éditorial du 18 avril de Dominique Garraud est intitulé « Débat impératif sur l'austérité ».

Je vous recopie le dernier paragraphe où l’auteur adresse un conseil osé à François Hollande. Et bien entendu pas le bon.

« Aujourd'hui, bien moins isolé qu'il l'était alors, François Hollande doit prendre l'initiative d'une remise en cause des cures d'austérité dictées par la "troïka". Cette démarche implique pour la France de se heurter frontalement à l'orthodoxie du noyau dur de la Commission européenne, mais surtout à Angela Merkel. François Hollande a tout à y gagner en termes de crédibilité et de cohérence par rapport au programme de "changement" qu'il avait développé en campagne électorale ».

Quelqu’un peut-il essayer de déniaiser cet égaré et tenter de lui faire percevoir la réalité des problèmes de la France?

Un seul lien vers Atlantico, entre autres bonnes sources d'information, pourrait suffire pourtant. Comme cet excellent article de Jean Marc Sylvestre qui lui dit juste.

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Jacques Mikulovic 21/04/2013 21:22


Je serais en Charente fin de semaine... puis progressivement davantage, mais on va pas faire le buzz tout de suite...


C'est toujours un plaisir d'échanger avec toi, notre prob à tous est que trop peu de gens acceptent réellement de débattre politique.


Il faudrait sans doute rendre cette matière obligatoire à l'école... et peut-être aller vers l'obligation de vote pour moibliser les gens à s'interesser au destin commun (et collectif) de nos
communautés...


L'autre aspect est que l'on pense en fonction du niveau d'information auquel on accède doublé de l'environnement culturel (et de pensée) dans lequel on a baigne... il devient alors plus difficile
de se décentrer pour comprendre l'autre.


Pourtant, comme le dit Spinoza (je crois) il faut  "Ne pas craindre, ne pas croire, ne pas rire mais comprendre"... 


Donc définisssons un RDV (ma porte t'ai ouverte), il suffit de caler une date, pour se comprendre, définir un cadre et échanger... il est probable qu'on trouve des points communs, si nous
réussissons à nous accorder sur qq fondamentaux. Des fondamentaux se déclinent des actions (ou des projets à minima), bcp trop de politiques l'oubli sous l'égide du "bon sens" et de l'intérêt
général" qui est déjà une posture politique, "le bon sens étant la chose la mieux partager au monde" nous rappellait Descartes, ajoutant même que "celui qui n'en n'a pas est persuadé
en avoir davantage que son voisin"...


Il nous faut "mutualiser" nos bons sens ! en fait constituer la base d'un nouveau socle de pensée dans la mesure ou je crois que notre plus grosse crise et bien une crise intellectuelle, d'idée
(voire d'idéologie), dont il faudra trouver une issue autre que la croyance dans tel ou tel Dieu (spirituel ou matériel).


A bientôt donc !


Jacques

Jacques Mikulovic 21/04/2013 19:24


Daniel, ton écriture est remarquable...


Si je suis bien ton raisonnement, il te suffit de soutenir François HOLLANDE et la ligne qu'il défend actuellement (même contre une partie de son camp)... il a besoin de soutien pour tenter de
réduire les déficits qui ont explosé depuis 2002, depuis la fin du gouvernement Jospin (PS) ou les impôts avaient baissés...


Ne pas oublier donc que tes amis de l'UMP ont eu 10 ans de pouvoir non partagé et que la situation de la France ne s'est pas améliorée et que les problèmes structurels ne sont pas résolus, même
pas les retraites qui auraient du être résolu par Fillon nous avait-il dit !.


Avec la bêtise idéologique de Nicolas Sarkozy de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, certains services de l'état ne sont plus rendus, surtout les invisibles allant de l'ADIRECCTE aux
services vétérinaires qui sont quasi exsangues laissant libre court aux initiatives les plus "vertueuses des "entrepreneurs" (contre qui je ne suis pas) mais on l'on constate des fraudes massives
sur le non versement de la taxe d'apprentissage (qui doit être compensée par l'argent des régions pour assurer la formation de nos jeunes, donc l'impôt), des dérives alimentaires (le cas
Spangherro est révélateur...) et j'en passe, ce ne sont que des exemples.


Oui il faut une meilleure gestion, mais de grace plus de leçons de bonne gestion... Cela fait à peine un an que François Hollande est aux manettes avec quasi aucne marge de manoeuvre et un cap,
réduire la dette qui a littéralement explosé sous la droite.... Je pense qu'elle aura significativement diminuée avec le passage de François Hollande.


Alors, arrêtons de stigmatiser une France qui va mal. Nous vivons dans un pays ou l'argent public sert aux citoyens (sans qu'ils en prennent la mesure d'ailleurs lorsqu'il s'agit de construire,
une route, un collège un terrain de foot, une piscine et j'en passe) et aux entreprises à la fois dans le soutien avec la passassion de marchés publics...


Réduire les dépenses, que supprime t-on ?


On sait que sans la fraude à la TVA, sans l'évasion fiscale nous n'aurions plus de déficit à notre modèle et de fait nous pourrions réduire l'impôt et soutenir davantage la croissance.


Par quoi commencer ? Récupérer de l'argent qui doit revenir dans les caisses de l'état ou supprimer des services ?


Daniel, tu es souvent très pertinent mais là avec ce discours, tu t'orientes vers le populisme en opposant les deux "France", celle qui "travaille", l'autre qui "profite" (dont les fonctionnaires
feraient partie), la France de Droite "Légitime" contre une France de Gauche qui serait elle "irresponsable".


 Je trouve cela un peu juste en cette période ou il faut rassembler les forces vives pour créer une espérance et non un désarroi... 


J'ai critiqué le Président Sarkosy sur pas mal d'aspect mais saluer son courage sur d'autres initiatives (sa volonté de réforme des collectivités), osez-vous saluez le courage de François
Hollande de maintenir son cap, même si il a récupéré le pédalo budgéraire qui lui a été laissé... 


Un homme visionnaire comme tu l'es doit rester optimiste... 


 

Daniel.Sauvaitre 21/04/2013 20:35



Jacques, ôte moi d'un doute...tu n'as pas lu que j'oppose les fonctionnaires aux autres travailleurs j'espère? Tu seras d'accord avec moi pour dire que 57% de dépense publique pour en arriver aux
problèmes que tu décris signifie qu'il y a un problème. Et pour ce qui concerne la responsabilité des élus, je me mets dans le lot. C'est ça mon optimisme, penser que l'amélioration du système
est tout à fait accessible pour peu que l'on fasse la bonne analyse, que l'on soit pédagogue et que l'on ait suffisamment de courage. C'est vrai que je vais pas chercher la solution du côté de
l'aile gauche du PS qui veut proposer une relance par un couple investissement endettement. Une nouvelle fuite en avant ridicule. Bon, quand est-ce que l'on débat de tout ça quelque part? Bien
amicalement. Daniel.



Vinosse 21/04/2013 17:06


Le style des anti mariage pour tous te marque profondément: la vindicte et l'injure !!!


 


Un peu de calme et de
pondération !