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Géopolitique du pauvre ou zapping de myopes?

J’ai presque eu  une fraction de seconde de doute vendredi dernier. Mais non, ce n’était pas le Figaro mais bien Sud Ouest que j’avais entre les mains et l’article était signé Mauricette Boutin et pas Alexandre Adler. Ainsi donc, la volonté des maires de Saint Laurent des Combes et de Châtignac de quitter la communauté de communes des 3B serait le fruit d’une réflexion rien moins que géopolitique. Une géopolitique du pauvre alors. Parce que c’est assurément un bel exemple de masturbation intellectuelle parfaitement stérile à laquelle se livrent joyeusement mes deux collègues. A mon sens, la probabilité pour ces deux communes de quitter la communauté de communes à laquelle elles ont adhéré librement en 1995 pour rejoindre aujourd’hui celle de Chalais est proche de zéro. Et c’est tant mieux. Le législateur a bien heureusement pris quelques précautions pour garantir une certaine stabilité à long terme aux EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale). L’humeur vagabonde d’un maire ou la révision opportune de sa vision « géopolitique » antérieure ne suffisent pas pour réussir à ébranler un édifice communautaire construit pas à pas. Les liens budgétaires et juridiques tissés au fil des années entre les communes qui coopèrent ensemble ne se dénouent pas si facilement. Du passage à la taxe professionnelle unique qui a donné lieu à des attributions de compensation, positives ou négatives, en passant par un bout de voirie communautaire ou l’appartenance à un SIVOS du territoire à abandonner, la liste de l’interdépendance patiemment construite rend parfaitement scabreuse toute supposée nécessité géopolitique à se séparer.

 

Si l’on peut concéder à Christophe une sorte de pensée géographique en apesanteur, loin des contingences, on ne peut que s’étonner une nouvelle fois du numéro de trapèze politique de Jean Yves. C’est de la très haute voltige à laquelle il nous convie cette fois ci encore. Quelle souplesse, quelle légèreté dans le raisonnement! Parce que quand même, quand on a été le cofondateur de la communauté de communes des 3B, élu dès le premier jour vice président à l’insu de son plein gré, été pendant près de dix ans l’un des acteurs les plus impliqués de la coopération entre nos communes, quand on a envisagé d’en prendre la présidence et que l’on se rend compte 15 ans plus tard que c’est à la communauté de communes de Chalais que sa commune, Châtignac, a vocation à appartenir, il faut être un sacré contorsionniste pour accomplir un tel exploit.

 

J’imagine, mes chers lecteurs, que comme moi vous devez considérer que les défis que nous avons à relever pour améliorer au plus vite la compétitivité du pays devraient interdire que l’on s’astique de façon aussi éhontée le petit périmètre.

 

Samedi la presse se faisait aussi l’écho du match nul en conseil municipal de Brossac entre les partisans du maintien de la commune dans la communauté des 3B et les autres qui aimeraient plutôt coopérer avec Chalais. Il me semble que c’est Jean François Baudet qui aurait dit que le péché originel des 3B serait d’avoir été le fruit d’un choix « politique » de Pierre Rémy Houssin. Mais bien sûr que c’était de la politique, mais dans ce qu’elle a de meilleur et qui fait honneur à son auteur. A l’heure où l’Etat vient de se réveiller pour inciter hardiment à constituer des blocs communautaires qui réunissent plus de cinq mille habitants, nous ne pouvons que nous féliciter sur ce territoire du courage et de la hauteur de vue des fondateurs de notre communauté, au premier rang desquels se trouve Pierre Rémy Houssin.

 

Je ne ressens malheureusement rien dans l’envie furieuse de changer de communauté qui puisse ressembler à un projet politique utile aux habitants ou au territoire. Et puis c’est tellement abracadabrantesque quand on connaît un peu de quoi il retourne que par charité il est prudent que je me retienne d’exprimer trop franchement ce que j’en pense.

 

En revanche je suis d’accord avec l’opposant brossacais, il n’a pas de leçon à recevoir de quiconque. Et c’est tout simplement au conseil communautaire que d’avoir le minimum de cohérence politique en lui retirant, tout comme à Jean Yves, le mandat de représentation de la communauté de communes des 3B au Syndicat mixte du Sud Charente. Alors que ce syndicat a pour membres les cinq communautés du Sud Charente, il y a plus que du masochisme pour la communauté de communes des 3B à se faire représenter par des élus qui s’empressent de rompre leurs liens avec le conseil communautaire dont ils sont censés être les porte parole. La chienlit nait toujours de la fuite devant les responsabilités.  

  

Enfin mes chers lecteurs, aimons nous les uns les autres quand même et que vive la coopération intercommunale durable.

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Pierre-Rémy HOUSSIN 20/07/2011 18:02



Cher ami,


Pour un certain nombre de raisons, je n'ai pris connaissance de votre "blog" du 11 juillet qu'aujourd'hui.


Je vous remercie d'avoir bien voulu rérablir la vérité en ce qui concerne la naissance de la Communauté de Communes des B.


En effet, si cette Communauté de Communes a mis autant de temps à voir le jour, c'est que ma conviction la plus profonde était qu'une Communauté de Communes n'avait de sens qu'avec un certain
poids démographique, économique, culturel...et que certains responsables n'avaient pas la même vision.


J'ai souvent employé l'image qu'une locomotive sans wagons ne servait à rien, et que des wagons sans locomotives restaient sur une voie de garage et je pense que Barbezieux est la bonne
locomotive à laquelle les wagons de Baignes et de Brossac devaient s'atteler; je me suis opposé farouchement aux sirènes qui voulaient des "Communautés Cantonales" sans avenir, et je remercie mes
collègues Conseillers Généraux de Barbezieux et de Brossac de m'avoir soutenu dans cette vision d'avenir, ainsi que Messieurs VIGNERIE et NAUDIN, respectivement maires de Barbezieux et de
Brossac.


Oui, nous avons fait un choix "politique" mais le choix d'une "politique d'aménagement du territoire".


Comme membre de la commission parlementaire qui avait travaillé, à l'Assemblée Nationale, sur le texte des Communautés de Communes, j'avais défendu avec la même passion que toute Communauté de
Communes devait avoir un certain poids démographique et je suis heureux qu'avec presque deux décennies de retard, le gouvernement actuel soit suffisamment  courageux pour l'imposer.


Mais il faut savoir rendre à César ce qui appartient à César et je voudrais rappeler que Félix GAILLARD (dont on évoque beaucoup la mémoire en ce moment...) dans les années 1968/1970 avait fait
commander par le Ministère de l'Agriculture une 'Etude d'Aménagement Rural des Cantons de Baignes,Barbezieux,Brossac" en y associant même des communes du Nord Barbezilien.


Je tiens à la disposition de quiconque cette Etude parue en mai 1970.


Il serait bon que "certaines personnes" que j'ai connues, dans d'autres responsabilités, plus attentives à l'avenir de ce Département et de notre Sud-Charente, relisent les conclusions de cette
Etude :


"...La commune de Barbezieux s'impose comme le pôle d'activités et de services qui rayonne sur toute la zone et les deux autres chefs-lieux de canton disposent d'équipements qui leur permettent
de jouer un rôle d'animation envers les communes voisines..."


"...Plus nécessaire encore est la mise en place d'une strcture de coopération destinée à mobiliser les moyens et à réaliser les équipements ponstuels..."


Je suis heureux d'avoir pu, modestement, contribuer à mettre en place cette structure que "l'homme politique" Félix GAILLARD avait proné.


Bien cordialement



Danièle B 14/07/2011 08:05



un élu peut se poser certaines questions d'appartenance à un territoire quand la grande majorité de ses habitants consomment dans un autre territoire et c'est le cas pour châtignac St Laurent
comme pour Claix Chadurie.....et faire de plus un procès d'intention au Maire alors qu'il est le porte parole d'un conseil et d'une population je ne suis pas d'accord avec toi. Est ce que au sein
de notre CDC nous avons été assez à l'écoute de ces territoires un peu éloignés du centre stratégique de la CDC, il faut je crois beaucoup de convictions de la part des élus communautaires pour
faire comprendre la nécessité d'avancer sur un projet de territoire quand on habite à 20km et plus du lieu où se concentre les principales activités, oui nous avons "décentralisé" les services
petite enfance mais les lieux sportifs sont loin piscine, gymnase, centre équestre ainsi que les lieux culturels cinéma théatre....et lorsque sur ce territoire les moyens de communication
sont toujours aussi pauvres on peut se poser des questions


Nous avons une CDC forte dynamique qui a su se donner les moyens d'avancer qui apporte à notre territoire un réel élan, nous avons besoin de rester unis c'est avec nos 36 et ensuite 37 communes
que nous avons pu réaliser une politique dynamique tant au point de vue économique, social ,culturel, sportif nous avons su tous ensemble prendre des décisions importantes pour notre
territoire  et c'est ensemble que nous pourrons mener à bien ce projet de territoire 4B,mais chers collègues écoutons un peu ceux qui ne s'y sentent pas très à l'aise, soyons modestes, nous
sommes très bons mais nous ne sommes peut être pas les meilleurs!!! et nous avons encore à convaincre "en douceur"



Arnaud 12/07/2011 13:51



Tout ceci me rappelle une lecture sur "le démon de midi" : changement d'herbage réjouit les veaux ! n'est-il pas ?



Vinosse 12/07/2011 07:52



Punèze !!!


 


Si les gars n'ont pas compris avec ça !!!


 


A vrai dire, t'as tout à fait raison ...


 


Y'aura toujours des remue la merde pour se faire mieux voir, ce ne sont que des "ballets" de chiottes !