Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

"Et s'il n'en reste qu'un....."

Nicolas Sarkozy est Président de la République depuis trois ans. Si l’on en croit les sondages, sa cote de popularité est aujourd’hui au plus bas depuis le début de son mandat. Dans ces circonstances, ceux d’entre nous qui lui font toujours confiance ont tendance à se faire très discrets sur leur soutien, de peur d’être entrainés dans la spirale du rejet de sa politique. Pour ce qui me concerne cette situation produit plutôt l’effet inverse. C’est au moment ou Nicolas Sarkozy est le plus malmené dans l’opinion et par les commentateurs de tout poil que j’ai le plus envie de dire que je suis à ses côtés.

 

Dès lors que je considère que l’ensemble des réformes entreprises et à entreprendre est profondément nécessaire, la somme des rejets et des insatisfactions qu’elles provoquent ne suffira évidemment pas à remettre en cause mon soutien à celui qui travaille dur pour conduire le changement. La crise de l’Euro dans le sillage de la crise grecque démontre que la stratégie exigeante et ambitieuse que nous propose Nicolas Sarkozy depuis trois ans est la bonne. Il s’agit d’adapter le France à la mondialisation pour lui permettre de soutenir la concurrence agressive des pays émergents et de ceux des pays riches qui ont relevé le défi bien avant nous.

 

La croissance est faible depuis longtemps en France et dans la vieille Europe. La grave crise que nos venons de traverser nous a même mis en récession. Avec le même pourcentage très élevé de prélèvements obligatoires sur le produit national brut, les rentrées fiscales, après avoir fortement chuté, vont durablement rester à la traine. Dans le même temps, les dépenses publiques continuent de croître. Pour stopper la dérive, la réduction rapide de la dépense publique ou une forte augmentation des prélèvements obligatoires, déjà au taquet, conduiraient inévitablement au cercle vicieux de la dépression et ne résoudraient rien. Mais le gonflement inévitable de la dette, si rien n’est fait, conduira au même scénario par le renchérissement des taux d’intérêts demandés par des prêteurs sentant venir l’impasse. 

 

Alors il faut résolument poursuivre le travail de réforme en profondeur du pays pour rendre plus efficaces nos prélèvements obligatoires et améliorer la compétitivité de notre économie afin que la croissance soit suffisante pour résorber progressivement nos dettes tout en répondant un peu à l’aspiration du toujours plus de chacun de nous. C’est tout à fait possible à la seule condition quand même de le vouloir vraiment. Et c’est là que le bât blesse. Parce que la combinaison récurrente dans notre pays de la résistance au changement et de promesses à gauche, faussement alternatives à l’effort demandé, rendent extrêmement difficile l’inscription du pays dans ce cercle vertueux.

 

Depuis le début de la crise grecque, chacun perçoit pourtant clairement que la pression monte de façon alarmante ici où là en Europe, mais aussi très nettement en France. Face à tous ceux qui considèrent que la France est solide et qu’elle ne risque rien, qu’elle peut encore trouver des solutions atypiques pour s’en sortir, aussi débiles sans doute que les « trente cinq heures », je veux à nouveau prendre date et dire clairement que je suis dans le camp du Président, de sa politique, de son volontarisme en France et en Europe et que je soutiens les multiples réformes en cours. S’il peut et doit y avoir débat sur les modalités et les ajustements de chacune de ces réformes, en aucun cas il ne peut y avoir de refus sec, sans propositions alternatives crédibles.

 

Je viens d’entendre pendant une heure Bruno Le Maire au Grand Jury sur LCI qui a martelé les mêmes convictions, bien évidemment mille fois mieux que moi. C’est l’un des ministres les plus brillants de ce gouvernement qui en compte pourtant beaucoup. Voilà un homme politique qui force le respect tant il démontre jour après jour, avec constance et talent, qu’il sert avec le plus grand sérieux des objectifs exigeants pour le pays sans accorder d’importance à cet accessoire qui dans les médias et l’opinion publique prend pourtant souvent le pas sur l’essentiel. Il vient de confirmer que la réduction de la dépense publique qui s’annonce devra être concomitante avec l’amélioration de la compétitivité des filières agricoles et de toutes les autres. Les résultats économiques sont à trouver sur les marchés. Aucune aide publique n’a le pouvoir de compenser durablement les manques du  marché quand toutes les filières de l’économie sont en difficulté. J’ai apprécié qu’il rappelle aussi que lors de la précédente crise et en ce moment encore, c’est Nicolas Sarkozy qui se démène pour faire bouger l’Europe et trouver les consensus indispensables.

 

Et puis quand une fois de plus les journalistes l’interrogent sur le style de Nicolas Sarkozy ou de Dominique De Villepin, il cite Larochefoucauld : « il n’appartient qu’aux grands hommes d’avoir de grands défauts ». Fermez le ban. L’essentiel est ailleurs et l’heure est grave.

 

Revue de presse :

Je vous propose de lirel’interview d’Henri Guaino dans le Figaro d’hier. Il dit excellemment, en tout cas bien mieux que je ne saurais le faire, les bonnes raisons de soutenir Nicolas Sarkozy.

 

Sur la difficulté de réformer en France, je vous soumets un article de Luc Ferry paru lui aussi dans le Figaro, dont je ne partage pas tout à fait le pessimisme sur le pouvoir d’agir des politiques, mais qui réévalue finement les mérites des uns et des autres.

 

Et puis pour ceux qui considèrent comme moi que les outils de gestion et de prospective de l’Etat et des collectivités datent du néolithique, j’invite à la lecture d’un article publié dans les Echos de vendredi sous la plume de Matthieu Delouvrier : « les chiffres nous trompent sur l’endettement des Etats. ». 

Pour les seuls libéraux d’entre vous, qui n’êtes pas nombreux je sais, un éditorial de Jacques Garello sur le bouclier fiscal.

 

PS : La retranscription dans Sud Ouest et Charente libre des débats en commission permanente au Conseil Régional de Poitou-Charentes et des commentaires de Ségolène Royal sur la politique nationale démontrent s’il en est encore besoin a quel point la présidente de région est larguée dans ses propositions au regard des problèmes à résoudre dans le pays. L’économie verte, les circuits courts et autres soutiens de sa part aux petites entreprises sont un peu justes comme propositions alternatives pour sortir le pays de ses difficultés. On l’a vraiment échappé belle en 2007.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
Voir le profil de Daniel Sauvaitre sur le portail Overblog

Commenter cet article

la droite souverainiste et gaulliste 31/05/2010 14:19


Je vois que vous avez ajouté totalitaire , Vinosse dans votre vocabulaire varié et fourni. Merci de vous intéresser de mon IMC . Bien à vous


Vinosse 28/05/2010 23:53



 


 


T'es vraiment un con totalitaire, toi...


 


Gros, je sais pas...


 


 



droite souverainiste et gaulliste 28/05/2010 14:04


Vinosse, tu as vraiment un gros problème avec l'histoire d'allemagne et nos amis allemands qui sont entrain de payer la stabilité de cette europe bancale construite par nos bobos technocrates.
Peut-être une petite psychanalyse , il te faudrait ?


Vinosse 13/05/2010 07:51



Beaucoup d'allemand tenaient ce type de discours dans les années 30...


Laissons LE faire, ils va certainement réussir!


 


Et Strauss-Kahn, avec sa golden card de l'UMP, vous allez le mettre où ? A la droite de dieu?



Olivier 12/05/2010 23:30




Suite…


 


La misère terrorise les français qui se raccrochent à leurs acquis sociaux. Déjà fatigué à 55 ans, certains travailleurs se voient mal
travailler après 60. Pas facile de sauver un système de retraite par répartition  quand le nombre d’actifs baisse et que ses bénéficiaires augmentent.


 


L’entreprise, clef de voute de l’économie n’arrivera à se développer que si les règles de concurrence en matière de prélèvement obligatoire
sont similaires entre les pays européens et que si la créativité à réaliser les projets des femmes et des hommes ne soient pas bridés par toujours plus d’obstacles administratifs.


 


« A faire on se trompe souvent, à ne pas faire on se trompe toujours »


 


Et pourtant, comment croire un instant que, si la gauche avait été au pouvoir durant ces trois années écoulées, elle aurait fait mieux. Même
si je trouve notre président parfois maladroit dans sa manière de s’adresser aux citoyens, je le préfère de loin aux discours malhonnêtes servis à gauche et sans alternative crédible.


La forme, c’est ce qui se voit en premier, c’est facile à critiquer. Apprécier le fond en revanche nécessite de la compréhension.


Je n’ai pas les éléments pour dire si oui ou non Nicolas Sarkozy prend les bonnes mesures pour reformer le pays et le sortir de cette crise
mondiale. Mais je croise les doigts pour que les choix qu’il prend chaque jour pour le pays soient les bons. On peut reprocher beaucoup de chose à monsieur Sarkozy, comme je viens de le faire,
mais il faut reconnaître en revanche qu’il se démène tant bien que mal sur tous les fronts pour faire bouger les choses. Face à lui la Gauche est molle et fait figure de parti contestataire en
manque d’imagination. Bien sur, j’aimerais un peu plus d’humilité et de calme chez cet homme un peu trop agité à mon gout, mais après tout, s’il faut supporter ça pour que demain on soit un peu
moins mal en point… Alors ne soyons pas trop dur et restons patient jusqu’à la fin de son mandat. Après on verra…L’Histoire lui donnera peut-être raison.


 


Je viens d’entendre il y a quelque jour sur France Inter, que la côte de popularité de ton bien aimé Nicolas avait remonté de 3 points dans un
dernier sondage (38% d’opinions favorables), voila qui devrait te réjouir !