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De quoi Redgreg est-il le nom?

Le commentaire laissé par Redgreg sur l’article précédent tombe pile poil pour m’aider à déconstruire les fausses évidences économiques qui séduisent un large public et sont pour cela largement relayées par les médias soucieux de développer leur audience pour gagner plus.

Redgreg, qui ne veut pas s’en laisser conter sur cette histoire de « refiscalisation » des heures supplémentaires et de la supposée pénalisation des salariés modestes qu’elle induirait, se livre à une mise en perspective de l’évolution du SMIC depuis 12 ans comparativement à l’évolution des prix pour en déduire que le vrai sujet du jour c’est la réévaluation des salaires et rien d’autre.

Regardons-y quand même d’un peu plus près. Le SMIC horaire était de 6.41 euros en 2000 et il est de 9.40 euros aujourd’hui. Ce qui fait une hausse de 46.6%. En revanche le SMIC mensuel, compte tenu de la baisse de la durée légale du travail que l’on doit à Martine Aubry,  est passé de 1082.58 euros brut à 1425.65 euros brut, soit une hausse moindre de 38%. Si l’on compare en revanche le SMIC à périmètre de temps de travail identique, c'est-à-dire avec 4 heures supplémentaires par semaine majorées de 25%, le salaire mensuel pour 169 heures est passé de 1082.58 euros à 1629.33 euros, ce qui représente une hausse de 50.5%. Si l’on compare ensuite le salaire net qui intègre l’absence de retenues de charges sociales pour le salarié sur les heures supplémentaires voulue par Nicolas Sarkozy depuis 2007, le montant perçu est passé de 866 euros à 1344 euros, c'est-à-dire une hausse de plus de 55%. Il faudrait aussi tenir compte de l’exemption de l’assiette de l’impôt sur le revenu du salaire perçu en heures supplémentaires pour que la comparaison soit complète.   

La réduction de 10% de l’horaire légal hebdomadaire a quand même donné lieu à une hausse du SMIC mensuel de 38 % entre 2000 et 2012. Dans le même temps l’indice INSEE des prix à la consommation est passé de 100 à 123. Le gain apparent de pouvoir d’achat est donc de 15%. Mais pour les salariés qui ont choisi, ou accepté, de travailler autant en 2012 qu’en 2000, la hausse du salaire net a été pour eux de 55%, soit 17% de plus. C'est-à-dire un gain apparent de pouvoir d’achat de 32%. C’était sans doute trop puisque le nouveau gouvernement socialiste a ramené cette hausse à 50.5 % en remettant à la charge des salariés les cotisations sociales sur les heures supplémentaires à nouveau inclues dans l’assiette de l’impôt sur le revenu.

Vous êtes sans doute plus d’un à vous interroger, comme je le suppose Redreg, sur la façon dont l’INSEE élabore son indice. Mais en matière statistique c’est quand même la valeur de référence objective. En tout cas, pour ce qui est d’évaluer les manipulations de l’information il me semble évident mes chers lecteurs que ce n’est pas à Redgreg qu’il faut s’adresser. D’ailleurs, à lire sa démonstration lourdingue, je me dis que Redgreg est probablement un diminutif pour "Rouge grégaire".  

Ainsi Redgreg, qui sait évaluer la capacité pour une entreprise à augmenter ses salariés simplement en regardant son chiffre d’affaires, considère que ce sont les salaires versés pour un temps de travail « normal» qui doivent augmenter sans qu’il soit besoin de recourir aux heures supplémentaires pour gagner plus.  

On sait pourtant que les salaires ont augmenté en France entre 2000 et 2012 bien plus qu’en Allemagne et que notre compétitivité sur les marchés extérieurs en a tellement souffert que notre déficit de la balance commerciale est devenu abyssal et ne cesse d’augmenter.

C’est pourtant simple l’économie. C’est par l’offre que l’on obtient la croissance, par le travail, par la création innovante de biens et de services. Chacun échange son offre avec celle des autres. Pour recevoir plus, il faut offrir plus. Ce qui peut se décliner en produire plus pour consommer plus, travailler plus pour gagner plus ou tout autre truisme du même tonneau.

Redgreg conclut aussi de la richesse de quelques uns qui augmente beaucoup que notre problème principal vient d’une mauvaise répartition. Ce n’est pas faux. Redgreg dont l’audimat des thèses économiques est sans doute bien meilleur que le mien en est la preuve concrète, à l’insu de son plein gré.

Parce que c’est justement parce que le regard majoritaire sur l’économie est proche de celui de Redgreg que l’écart se creuse entre quelques surdoués qui comprennent les mécanismes de l’économie et tous ceux que l’inculture économique entretenue à haute dose pour les masses empêche d’évoluer. C’est cette richesse culturelle là qui est très mal répartie. Le jour où Alternatives Economiques perdra un à un tous ses lecteurs et qu’une revue authentiquement libérale (au sens Tocquevillien et des grands penseurs libéraux du terme) apparaitra et deviendra populaire, les puissants d’aujourd’hui, publics ou privés, seront forcément un peu moins à la noce. 

Ce jour viendra t-il mes chers lecteurs?

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Le Retou©heu® 14/10/2012 23:49






« Si j'aurai su, j'aurai pas v'nu »





Redgreg, va devoir réviser ses cours d'économie. Où les dispenser dans un autre lieu...


 


 














Jean-Jacques 14/10/2012 21:11


Depuis Dien Bien Phu, rien n’a véritablement changé, la propagande communiste continue à empoisonner les citoyens du monde moderne. Ce matin, je me suis réveillé en
sueur, j’avais encore fait un cauchemar de la guerre, lorsque j’étais au front. J’ai regardé mon fusil et je l’ai serré contre moi.


Mon fusil, c’est mon dernier ami.


Non, je ne me rendrais jamais. Je vais continuer à résister. Ces dangereux communistes ne rentreront pas dans ma maison !


 


JAMAIS ! VOUS M’ENTENDEZ !!!!


 


 


Vive la République !


 


Vive la France !