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C'est tout petit et bas de plafond.

Mardi 26 mai.

 

Nouvelle réunion dans le grand salon de la préfecture de la Commission Départementale de la Coopération Intercommunale (CDCI) au cours de laquelle le préfet a présenté son Schéma Départemental de la Coopération Intercommunale (SDCI).

 

Les propositions du représentant de l’Etat pour achever la carte de l’intercommunalité en Charente n’ont pas vraiment surpris les élus présents presque au grand complet à cette réunion. Le rattachement des communes encore « indépendantes » à ce jour répond à une logique de périmètre assez évidente. La fusion de la communauté de communes des 3B avec celle de Blanzac est déjà bien engagée. Elle est confirmée par le schéma. En revanche, bien qu’elles aient leur cohérence, les autres propositions de regroupement de communautés, qui résultent de la nécessité de réunir plus de 5000 habitants, forcent nettement plus les volontés locales. Dès la fin de la réunion les discussions bruissaient déjà des inquiétudes et des objections auxquelles la CDCI va être confrontée dans les semaines qui viennent.

 

Les services de l’Etat seraient bien avisés d’être extrêmement performants pour expliquer la méthodologie des fusions et l’impact sur la fiscalité des habitants aux élus des communautés à fusionner. Des simulations concrètes seront nécessaires pour augmenter les chances de réussite du projet. Même si de tels bouleversements doivent avant toute autre considération être motivés par des objectifs à long terme pour les territoires concernés, les incertitudes et les spéculations à court terme peuvent très facilement empêcher la prise de hauteur nécessaire.

 

Compte tenu des disparités immédiates entre les communautés à fusionner en termes de choix politiques, de fiscalité, d’équipements et de services, il va dans tous les cas falloir que les élus soient profondément convaincus du nouveau périmètre de leur coopération intercommunale et de l’enjeu « historique » pour leur territoire qui repose sur eux pour réussir cette opération compliquée.

 

Je ne sous estime pas non plus les obstacles prévisibles pour l’autre grand chantier ambitieux de la réduction du nombre de syndicats. Les difficultés techniques peuvent susciter des blocages disproportionnés au regard de l’enjeu si le soutien technique est insuffisant.

 

Il me semble quand même que le processus engagé pour l’achèvement de la carte intercommunale est assez judicieux. L’Etat prend l’initiative et propose un projet. Les communes concernées, individuellement ou dans le cadre intercommunal, doivent prendre position assez rapidement sur des choix qui politiquement suscitent plutôt en général l’attentisme. La CDCI, qui doit à la fois être à l’écoute de la volonté locale et servir la préoccupation collective d’une organisation plus cohérente des territoires, est souveraine pour modifier la proposition de l’Etat si elle réunit une majorité des deux tiers. Dès le 1er janvier 2012 la mise en œuvre du nouveau schéma commence. Analyser, évaluer, choisir, orienter, s’engager, l’élu local est appelé à assumer pleinement son rôle sur des questions essentielles, lourdes à assumer et dans un temps contraint. Bel exercice.

 

Le préfet a choisi de proposer des fusions de communautés qui ne remettent pas en cause les périmètres des communautés concernées. Il n’a pas pris en compte les demandes des communes qui souhaitent profiter de la réorganisation en cours pour changer de communauté de rattachement. Ces demandes vont donc maintenant être adressées à la CDCI. Autant je serai sensible en tant que membre de la CDCI au refus d’une communauté de fusionner avec une autre, ou à des propositions de fusions alternatives au projet préfectoral, autant je serai extrêmement prudent sur les demandes individuelles de communes de quitter la communauté à laquelle elles appartiennent pour une autre. Un périmètre est un choix de très long terme et c’est à cette seule aune que doivent s’évaluer les remises en cause des périmètres voulus antérieurement par les communes.

 

Vendredi 29 avril.

 

De retour à Rome pour le comité mixte Espagne, Italie, France. Il s’agit pour les représentants des ministères de l’agriculture de nos trois pays aux côtés des représentants professionnels des productions de certains fruits et légumes (pomme, tomate, pêche, fraise, ail) de coopérer pour définir des objectifs communs à atteindre en matière de réglementations diverses à l’échelle européenne, d’accès aux marchés hors UE et de régulation à l’entrée des marchandises en provenance de ces mêmes pays.                   

 

Nos trois pays représentent ensemble plus de 70% de la production totale des fruits et des légumes en Europe. C’est dire l’importance qu’il y a nous coordonner autant qu’il est possible de le faire.

 

La réunion s’est tenue dans un centre de congrès. Mais le moins impersonnel qui soit. Il se trouve tout à côté du siège de la présidence de la république italienne, piazza del Quirinale, dans le magnifique Palazzo Rospigliosi. Pas moyen de s’ennuyer en réunion. Il suffit de regarder au plafond ou les murs alentours, en essayant de ne pas se dévisser la tête, pour ré enchanter un discours soporifique. Ce qui est d’ailleurs très peu arrivé pendant les quatre heures de débats.

 

Il y a eu un moment de tension et des échanges assez vifs entre les représentants des producteurs de tomate en France et en Espagne et le directeur du marché Saint Charles à Perpignan, par où transitent la majorité des tomates importées du Maroc. Les quotas et les taxes à l’importation ne semblent pas respectés selon les producteurs européens et avec une cotation à l’arrivée à Perpignan inférieure de moitié au coût de revient des tomates françaises, la production nationale est menacée.

 

Dimanche 1er mai.

 

mai-2011 8341

 

Contrairement à d’autres défilés, les marcheurs, vététistes, joggeurs, cavaliers étaient encore plus nombreux que l’an passé pour profiter du beau parcours judicieusement dessiné par Dany et son équipe. Record aussi pour le nombre de grillades servies aux convives qui se sont attardés à Reignac par ce beau dimanche ensoleillé. (Photos). 

J’ai du trop discuter avec Arnaud tout le temps du footing parce qu’il nous a manqué du souffle pour le dernier des 13 kilomètres.

 

Lundi 2 mai.

    

Rencontre en fin d’après midi avec l’équipe qui travaille sur l’amélioration génétique du pommier et du poirier à l’Inra de Beaucouzé à la porte d’Angers. Discussion extrêmement intéressante entre mes collègues producteurs et les chercheurs sur les perspectives d’une meilleure tolérance des variétés à la pression des maladies. Nous avons évoqué la cisgénèse, ce processus de génie génétique qui permet de transférer artificiellement des gènes entre des organismes qui pourraient être croisés selon des méthodes d'hybridation classiques.

 

Compte tenu de ce que cette technique de modification génétique reproduit artificiellement ce qui pourrait être obtenu par une hybridation naturelle, de nombreux chercheurs hors de France considèrent que l’acceptabilité par la société pourrait être sensiblement plus grande que pour des OGM obtenus à partir de gènes issus d’autres espèces ou organismes vivants. Les chercheurs en France sont très en pointe sur tout le travail amont qui permet de s’engager dans cette voie. Ils publient. Mais c’est ailleurs dans le monde que les applications ont lieu.

 

Le lendemain, le conseil d’administration de l’ANPP, élargi l’après midi aux arboriculteurs membres de l’association, s’est tenu sur le très beau site du parc Terra Botanica à Angers.

 

Jeudi 5 mai.

 

Discussion en fin d'après midi avec Xavier. A peine raccroché, Xavier me rappelle pour m'annoncer la terrible nouvelle. Arnaud De Garsignies viend de décéder. Un gros mal de tête le matin l'oblige à quitter son travail. Il rentre chez lui, prend un cachet. Et puis la mort, semble t-il paisible.

Arnaud était la gentillesse même. Ces derniers jours les charentais avaient entendu un peu plus parler de lui. Il avait accepté de se présenter sur le canton d'Hiersac lors des cantonales. Arrivé derrière une candidate du front national, sa prise de position très simple et très claire en faveur de Didier Louis lui avait valu des louanges unanimes. Ceux qui le connaissent ne sont pas surpris des nombreux témoignages d'amitiés dont il fait l'objet dans la presse depuis vendredi. Je pense avec émotion à ses enfants, à sa famille, à ses amis qui perdent brutalement Arnaud, un garçon adorable qui n'avait que 44 ans.   

 

 

 

Samedi 7 mai (matin).

 

Je participe à une table ronde sur le thème « Quelles parentalités aujourd’hui?

L’éducation de nos enfants en question ». Jean Yves Le Turdu en est l’animateur et c’est Fréderic Jésu, médecin pédopsychiatre et consultant qui plante le décor. Le rapport de Jean Marie Bockel sur la prévention de la délinquance, en ce qu’il pointe très nettement la responsabilité des parents, inquiète vivement les participants au débat.  Frédéric Jésu et les professionnels de l’enfance qui participent aux échanges semblent percevoir à travers ce rapport des signes inquiétants d’une vision répressive et régressive des droits de l’enfant dans la famille ainsi qu’une stigmatisation injustifiée des parents. En creux j’entends que le pouvoir en place a une vision « réactionnaire » de l’enfant et de la famille et que c’est inquiétant.    

 

Euh… Peut-être. Faut voir. Je ne me sens pas particulièrement inquiet du risque de remise en cause des droits de l’enfant dans la famille par des mots d’ordre gouvernementaux. J’ai plutôt l’impression que c’est du côté des devoirs des enfants et des parents dans la société que des questions se posent et que le politique cherche la voie à suivre. La répression est la solution contrainte du court terme qui ne règle rien mais dont on ne sait pas se passer quand des problèmes surgissent. Le rappel des droits et des devoirs pour une vie harmonieuse en société est une pédagogie permanente qu’il faut avoir auprès des enfants et des parents. L’autonomie de la famille pour l’adhésion des enfants aux valeurs du vivre ensemble est difficile à déléguer hors de la famille. Le rappel à la responsabilité des parents et l’existence de sanctions aide à réussir cette politique. Et puis, à plus long terme nous sommes bien sûr tous d’accord pour dire qu’avec une meilleure éducation et beaucoup d’amour du prochain, bien des difficultés peuvent disparaître.

 

Jean Marc Brouillet, maire de Chazelles, a bien tranché en prenant la parole avec les subtilités intellectuelles et les préventions envers les éventuels sous entendus du rapport Bockel des intervenants précédents. En homme de terrain pragmatique qui va à l’essentiel, il a semblé assez à l’aise dans son dialogue direct avec les enfants et il assume clairement la répression quand cela lui semble nécessaire.

 

Samedi 7 mai. (Après-midi)

 

Alors que j’entre à la permanence, Xavier me demande si j’ai lu la presse du jour. J’étais passé à côté de « l’histoire » à la page Humeur du samedi de CL. La cause est entendue. L’impopularité est telle pour Nicolas Sarkozy que l’initiative de quelques militants d’aller tracter sur le marché pour vanter son bilan est de la dernière extravagance selon le journal. Tout autant que de se réunir pour en parler de ce bilan. Mais c’est la chute du billet qui m’a fait le plus marrer : « Et pour ceux qui iront aux portes ouvertes de la permanence, attention, c’est tout petit et bas de plafond ». Voilà un bon mot il faut le reconnaître. Nous voilà donc enfin devenus « populaires ». Mais ce billet traduit surtout la disproportion prise par le rejet de la personnalité du président au regard de la réalité de son action à la tête de l’Etat. Compte tenu de ce que chacun s’accorde à reconnaître qu’il a plutôt une intelligence assez vive, il m’arrive de penser que son impopularité doit être volontaire. Nicolas Sarkozy doit penser que le rejet de sa personne est utile à son projet, qu’il réveille, qu’il mobilise. Il doit aussi se dire que ce serait décidemment trop facile l’an prochain de battre son adversaire socialiste et qu’il lui faut un handicap sérieux. Jusque là l’objectif est atteint. 

 

De tout ce que j’ai lu ce week-end sur cet anniversaire, l’ai particulièrement apprécié l’article de Jean d’Ormesson dans le Figaro et aussi l’interview de Patrick Devedjian dans le Monde. Leurs analyses me semblent finement pertinentes. A vous de juger.

 

Samedi 7 mai (soir).

 

Rencontre avec les propriétaires du logis de Puygâty à Chadurie. Je découvre les lieux pour la première fois. Je suis évidemment sous le charme et admiratif du talent des ces deux hommes pour faire vivre le lieu et développer la renommée de la Charente dans le monde entier. Et puis il y a cette histoire de chemin qui semble assez incompréhensible au regard des efforts qu’ils entreprennent.

 

Dimanche 8 mai.  

 

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Célébration à Reignac puis à Bors de Baignes. (photos). A la fin de la manifestation, devant un verre, avec Patrick et Pierre nous évoquons une manifestation tournante sur les communes du canton qui aurait plus d’ampleur et se substituerait aux célébrations annuelles sur toutes les communes. On évoque aussi la réunion des commémorations du 8 mai et du 11 novembre à la même date, le 11 novembre sans doute. A suivre… (Photos). 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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