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Avril au pays des cornuelles

Ce matin encore j’ai pris la route en demandant à mon GPS de me conduire à travers la circonscription par le chemin le plus court. J’emprunte ainsi les routes les plus improbables, parfois mêmes des chemins de terre, pour me rendre à la mairie ou au clocher de ma destination.

Aujourd’hui, c’était jour de grande foire des rameaux et des cornuelles à Villebois Lavalette. Une nouvelle occasion pour voir du monde au bric-à-brac du matin. L’opportunité aussi de constater par moi-même les très longues files d’attente chez les deux heureux boulangers pâtissiers en charge de délivrer la précieuse pâte sablée près des halles rénovées.

C’est justement sous ces magnifiques halles qui ne lassent de m’étonner que j’ai croisé le maire. Patrick était là dès cinq heures ce matin, avec son équipe de bénévoles, pour que tout soit prêt pour accueillir les chineurs, les promeneurs et les paroissiens. Il s’est accordé un moment de répit  pour boire un café et échanger avec moi sur son engagement pour mettre en œuvre tout ce qui doit assurer le développement et l’attractivité de sa commune. Une fois de plus je vérifie à Villebois Lavalette que, malgré la rudesse des temps, une vision, des projets, l’animation d’une équipe et beaucoup de travail quotidien font merveille.

Permettre le développement d’activités pour que se crée de l’emploi. Révéler le potentiel de nos territoires en s’ouvrant sur le monde. Partout où je ressens ces mouvements, on trouve les mêmes ingrédients du succès, de l’envie, du plaisir, de la créativité, de la bienveillance pour les autres, du métissage culturel et surtout beaucoup de travail et la foi du charbonnier.

Il me faudrait des heures pour raconter la richesse des mes rencontres entre Cognaçais et Montmorélien de ces derniers jours. La beauté des paysages de notre territoire, la chaleur et la qualité de mes rencontres renforcent chaque jour un peu plus ma motivation.

Les difficultés à surmonter par mes interlocuteurs sont pourtant légion. Mais chacune peut trouver une solution si peu que l’on accorde un peu d’attention aux intuitions simples plutôt qu’aux parti-pris dogmatiques venus d’on ne sait où. Alors que la sécheresse menace cette année encore, comment imaginer que la constitution de réserves alimentées en hiver fasse encore débat. Alors que la préservation de notre niveau de vie nécessite plus d’efficacité de l’action publique, comment accepter qu’il faille sacrifier à autant de procédures mal dosées en matière de documents d’urbanisme. C’est sur le terrain qu’il faut entendre les objections, les lever une à une quand c’est possible, mais le plus souvent en tenir compte avec pragmatisme.   

Presque dans chaque commune où je passe, j’établis une connexion avec quelqu'un que je connais où une expérience vécue. Ainsi, c’est en pensant aux mots qui me manquent pour vous décrire la beauté des paysages que je traverse que je me suis souvenu de ce célèbre arboriculteur pied noir et poète du Montmorélien que j’avais entrevu quand il venait voir mon père dans les années 80. C’est après avoir lu un poème intitulé Golden de l’Angoumois et quand François Mitterrand s’est intéressé à lui que j’ai compris qu’il n’était pas seulement un producteur de pommes. J’ai retrouvé un autre poème de lui qui traduit si bien ce coin de France que je vous l’ai retapé pour vous en offrir la lecture.  

A Saint Laurent-de-Belzagot

Le temps s’est arrêté aux portes du village

Sur les coteaux de Saint Laurent-de-Belzagot

Les jardins endormis ont un air andalou

Branches de grenadiers par-dessus les enclos

Aux porches arrondis des souvenirs mauresques

Voici le géranium et le pied de glycine

Et le figuier noueux tout au long des vieux murs

Qui penchent de partout dans les rues « serpentines »

Flanquées de volet clos qui n’ont plus de couleurs

Sur les hauteurs de Saint Laurent-de-Belzagot

Le temps s’est arrêté aux portes de chez nous

Les jardins endormis ont un air andalou

 

Sur les hauteurs de Saint Laurent-de-Belzagot

On voit dans les lointains des trains qui se faufilent

Et aussi des camions comme des mouches folles

Et des autos pressées qui perdent la boussole

Dans les chemins nouveaux qui sentent le pétrole

Et puis vient le silence ami de l’écritoire

Poète j’aime à flâner sur ce haut promenoir

Heureux de savourer mon petit coin de France

C’est la Charente en camaïeu de « verdoyance »

Avec ce rien de brume aux frontières des choses

Naïf comme un pinceau d’Antoinette Dumas

Le temps s’est arrêté aux portes de chez nous

Les jardins endormis ont un air andalou

 

Des forêts, des maisons, des vignes, des clochers

Un noyer isolé, un pommier dans un pré

Une vache qui broute entre deux carillons

Et la Tude qui coule entre deux peupliers

Et le jour qui s’en va au rythme des cagouilles…

On peut marcher dans ses sabots et aller loin !

Tout est simple et profond comme les gens d’ici

Mille ans de poésie sur mémoire de France

C’est la Charente en camaïeu de « verdoyance »

Avec ce rien de brume aux frontières des choses

Naïf comme un pinceau d’Antoinette Dumas

Le temps s’est arrêté aux portes de chez nous

Les jardins endormis ont un air andalou

 

J’avais une bonne amie dans ce petit hameau

Antoinette Dumas notre douanier Rousseau

Je dépose ces vers à la maison d’argile

Pétrie d’éternité où elle dort maintenant…

Le temps s’est arrêté aux portes du village

Sur les coteaux de Saint Laurent-de-Belzagot

 

Marcel Albérola-Rèche

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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ForumPhyto 07/04/2012 01:42


Mouches des légumes : Interviews radio de producteurs nantais (France Inter)


23 mars 2012


La Mouche des légumes et la mouche des crucifères sont deux importants bio-agresseurs contre lesquels il faut protéger les cultures de légumes. Nathalie Fontrel, France Inter a enquêté en mars
2012 auprès de producteurs.


Télécharger et écouter
l’émission (600KO)


F Ollivier, M Mégret et B Géry y expliquent:


- Les problèmes que posent ces mouches : pertes de pieds de mâche, galeries de vers dans les navets…


- Les difficultés suite au retrait, régulier depuis plus de 10 ans, des solutions chimiques.


- Les conséquences en termes de qualité, de rendement. Et des producteurs réduits à abandonner des cultures.


 


F Veillerette, Générations Futures, répond en fin d’émission : « S’il y a des problèmes phytosanitaires spécifiques, il faut revoir aussi les
systèmes de culture, apprendre à penser en dehors de la chimie. »


Il n’est pas dit dans l’émission les efforts déployés par les producteurs et la filière depuis de nombreuses années (et bien avant le Grenelle et Ecophyto2018) pour trouver ces solutions dites
alternatives, et que l’on devrait appeler complémentaires. Des pistes se dégagent : d’efficacité partielle et irrégulière, souvent très chères, difficiles à mettre en oeuvre, pas toujours
meilleures sur le plan environnemental (filets de protection), pouvant induire des maladies secondaires (attaques de champignons…). Néanmoins, à chaque fois qu’une solution complémentaire est
praticable, elle est mise en oeuvre. Voir par exemple « Le point sur
les méthodes alternatives« .


Les producteurs n’ont pas attendu F Veillerette pour « apprendre à penser en dehors de la chimie » et explorer ces pistes, qui sont pour l’instant pratiquement
des impasses. Mais la réalité est dure et les mouches n’obéissent pas si facilement…


 


Télécharger et écouter
l’émission (600KO)

Campagnes et Environnement 07/04/2012 01:11


Ecophyto 2018

5 fruits et légumes 07/04/2012 00:53


« Homologations illégales »: les fausses révélations de Générations
Futures


 


Comment l’association écologiste transforme en scandale un processus administratif
transparent et limité dans le temps pour « faire du buzz ».


 


Paris, le 6 avril 2012
– Dans un communiqué paru hier, Générations Futures dénonce un supposé contournement de la part de la Commission Européenne des règles d’homologation des produits
phytosanitaires avec la complicité des Etats membres. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes rappelle que la procédure de “re-soumission” en question a été simplement mise en place pour faire
face au retard administratif dans les processus d’homologation de molécules dans le contexte de la révision de la réglementation européenne. Cette procédure est inscrite clairement dans la
directive adoptée en janvier 2009. Elle n’est en rien un « cadeau » fait aux industriels. Elle ne constitue pas non plus un risque pour les consommateurs.


En 2008, la
Commission Européenne, n’ayant pas eu le temps d’instruire tous les dossiers d’homologation de molécule (87 molécules concernées), décide de classer les substances non étudiées en 3 listes, selon
leur degré de dangerosité. -une 1ère liste de substances a priori dangereuses qui sont en conséquence retirées du
marché.


-une
2ème liste de molécules qui ne présentent aucun risque connu. -une 3ème liste de substances retirées volontairement du marché pour réexamen sur la base des nouveaux critères de la commission. En attendant ce
réexamen, les autorisations nationales existantes auparavant sont prolongées jusqu’en 2012. Cette dernière procédure, dénoncée par Générations Futures comme
«mise au point en 2007 dans le secret du
Comité Permanent de la Chaîne Alimentaire » est en réalité complètement transparente. Elle est exclusivement destinée à pallier à des
difficultés


administratives de la Commission Européenne, sans rien sacrifier aux processus normaux
d’examen des substances et à l’évaluation des risques. Elle n’est qu’un simple processus de transition. Les experts d’un Etat Membre étudient le dossier. Puis l’Agence européenne de sécurité
alimentaire des aliments (EFSA) est saisie pour chaque substance, fait une évaluation du risque et donne son avis (ainsi que le Comité permanent de la chaîne alimentaire). Enfin, La Commission
Européenne donne la décision finale.


Précisons que tous
les dossiers sont accessibles au grand public sur internet (http://eur- lex.europa.eu/fr/index.htm)


 


Né en novembre 2007, le Collectif sauvons les
fruits et légumes de France constitue un mouvement de citoyens. Il vise à sortir les producteurs de l’impasse réglementaire dans laquelle ils se trouvent. Il rassemble des producteurs de la
France entière, membres de toutes les filières et de toutes les sections professionnelles qui, confrontés aux mêmes problèmes, ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l'opinion et
les pouvoirs publics aux menaces qui pèsent sur la production hexagonale et aux moyens d'y remédier ; il ne se substitue pas plus qu'il ne concurrence l'organisation traditionnelle de la
profession ; il n'a pour but que de la compléter avec le souci, partagé par tous, de l'efficacité. Toutes les cultures de fruits et légumes y sont représentées. Il obtient le soutien de
scientifiques, de médecins, mais également de chefs cuisiniers, etc. Il est soutenu par des élus (maires, conseillers généraux et régionaux, députés et
sénateurs).





Vinosse 04/04/2012 08:02


Quels arguments massue: rien que du copié-collé sur un site qui collectionne les lieux communs en la matière.  Cela pouvait être crédible il y a 10 ans, depuis les choses ont bien evolué.


On peut ne pas aimer le système bio, mais reconnaitre que ce mouvement a fait bouger la montagne des pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.


 


On trouve de plus en plus de produits "écolos" sur le marché qui vont contribuer à changer les pratiques des paysans bourins (comme monsieur). Et pour le bien de tous.


 


Après l'animal hargneux ira mordre un nouvel os pour calmer sa morgue baveuse, mais cela ne nous regarde pas...


 


 

Olivier 03/04/2012 22:03





@Renaud,


Oui toi par contre, tu n'es pas formaté du tout. Tu raisonnes, tu penses, tu réflèchis comme un bel intellectuel qui sait déjà tout sur tout et à qui l'on ne peut rien apprendre. Et pourtant, je
pense qu'avec ton ami François Veillerette et son mouvement de bionimenteurs
khmerts verts «Générations Futures», vous devriez être un peu plus prudents, un peu plus honnêtes et éviter de colporter toutes vos sottises. Vous vous trompez de combat sur toute la ligne, ce ne
sont pas les pesticides qui sont dangereux pour notre alimentation et notre environnement mais bel et bien la consommation de cigarettes (60 000 morts/an) et l'air pollué des villes par le gaz
toxique des voitures...


Ce ne sont pas les produits bio qui sont autant pourvus de pesticides naturels qui vont vous sauver de vos maladies imaginaires : la véritable pollution réside dans tous les mensonges que vous
pouvez propager sur nos pratiques agricoles et le prétendu danger alimentaire de nos produits parfaitement sains !


 


Pour ceux qui ne sont pas trop habitués à la lecture de ce blog, je vous mets à la fin de mon commentaire des liens sur les déboires qu'a pu rencontrer Daniel avec ces vendeurs de peurs dont
Générations Futures fait partie. Pour faire simple, les menteurs ne sont pas là où on les attends toujours. Je rappelle au passage que notre agricuture n'est pas aussi mauvaise, qu'une partie des
médias pour vendre du papier, veut bien le faire entendre. Le bio dont beaucoup croit qu'il est autrement plus sain et meilleur que l'agriculture conventionnelle est une imposture. Le bio est un
marché porteur pour les prétentieux friqués, les bobos et les ignorants, s'il complique la vie des paysans, il ne vous garantit pas de manger meilleur...


 


Le saviez-vous ?


 


- Les produits chimiques sont chers, les agriculteurs ajustent au miligramme près les matières actives de synthèse quand le jardinier du dimanche utilise une bouillie bordelaise ou un insecticide
à 10 fois la dose (c'est normal, on est plus précis sur une grande surface avec des appareils de traitement de grande qualité de pulvérisation).


- Si on n'a pas besoin de traiter, on n'est pas débiles, on ne traite pas !


- L'agriculture biologique utilise de façon massive des pesticides naturels comme la bouillie bordelaise. Certain pays de l'Union ont interdit ce sulfate de cuivre... Pourquoi selon vous ?


- L'agriculture biologique utilise aussi des pesticides interdits comme l'huile de neem (perturbateur endocrinien) ou la roténone (neurotoxique) qui sont vendus en toute impunité sur le site de Maria Pelletier, présidente de Générations Futures !


 






Alors je le répète, la bande d'écolo-escrocs à laquelle tu adhères mon cher Renaud ferait mieux de la mettre en veilleuse car votre branlette intellectuelle conduit à l'effet inverse de celui
recherché : Le bio est incapable de produire pour le monde entier, en le généralisant il ne produira que de nouvelles famines.


 


Maintenant si tu ne veux plus manger de viande et bouffer du soja en fumant comme un pompier ça ne me gène nullement mais arrête de conditionner les gens à adhérer à ton mode de vie en
diabolisant notre profession qui a plus de bon sens qu'Eva Joly et toute sa troupe de guignols.


 


Arrêt sur images de mon verger. Histoire d'une
manipulation.


De
quelle production toxique parle t-on?


Hyper MMR, perturbatrice "endoctrinienne".


Trier le bon grain de l'ivraie.


Le Pr Narbonne propose un antidote puissant...