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A Paris rien de nouveau.

Le dossier noir de la RN 10, réalisé par la communauté de communes des 3B en association avec Entreprendre en Sud Charente, a intéressé le député de Charente maritime Jean Claude Beaulieu. Je suis allé le rencontrer à sa demande, à Jonzac, accompagné de notre expert et auteur du document Daniel Herbreteau. Le député est ensuite intervenu pour nous auprès du ministre Perben qui vient de lui adresser une réponse qu’il nous a communiquée.

Alors il nous dit quoi le ministre? Il rappelle d’abord que « les routes ne figureront pas dans le volet transport des contrats de projets et qu’elles feront l’objet d’une programmation distincte suivant une logique d’itinéraires ». Il rappelle que « les volets routiers des contrats de plan Etat-Régions 2000 2006 seront conduits au plan financier à leur terme ». Il poursuit en indiquant qu’il « convient désormais d’établir les programmes de développement et de modernisation d’itinéraire (PDMI) qui fixeront pour chaque axe, les opérations à réaliser dans les prochaines années ». Le ministre précise en suivant « qu’afin d’élaborer la future programmation routière sur le réseau dont l’Etat conserve la responsabilité, j’ai demandé aux préfets de Région de recenser les opérations pouvant raisonnablement être réalisées à court et moyen terme ».  Mais voilà ce recensement « a mis en évidence de très fortes attentes tant en terme de nombre d’opérations que de délais de réalisation ». Pour tout faire il faudrait beaucoup plus d’argent de la part de l’Etat que ce qu’il dépensait jusqu’à maintenant. Alors il faut prioriser. Courageusement il décide d’en savoir plus parce qu’il lui parait « indispensable de connaître précisément l’avis des élus et des collectivités territoriales sur le niveau de priorité des opérations ainsi que sur l’ordre souhaitable de leur réalisation ». La fin du monde est pourtant proche depuis longtemps ici en Charente sans que semble t-il à la lecture de ce courrier on en ait eu vent à Paris. Il termine donc par l’annonce d’une décision courageuse en ces termes : « je viens donc de charger les préfets de Région d’engager immédiatement cette consultation afin que l’approche d’aménagement du réseau par grands itinéraires soit complétée par la prise en compte des enjeux locaux d’aménagement et de développement des territoires ». Et puis il anticipe carrément sur le travail du représentant de l’Etat en Région et suppute « qu’il ne manquera pas de se rapprocher de vous (Beaulieu) afin de connaître les opérations que vous souhaiteriez voir retenues dans ce cadre ».

Quand on lit ce courrier et que l’on connaît l’ampleur du corridor de fret qui traverse la Charente du sud vers l’est on se dit que c’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas d’élus en Charente préoccupés par une infrastructure routière à la hauteur des enjeux et qui aient envie d’en causer à Paris. Ça serait quand même plus facile que de devoir s’adresser aux collègues des autres départements. Tendez bien l’oreille, peut-être que la campagne des législatives qui s’annonce pourra révéler un ou deux candidats ambitieux pour la Charente qui s’intéressera au problème. Sinon comme c’est parti j’ai bien peur que la priorité ne revienne encore aux territoires dont les élus sauront se faire entendre à Paris même avec des dossiers infiniment moins prioritaires que le notre, comme c’est le cas depuis des lustres. En tout cas vous en avez la preuve, nous sommes en avril 2007 et le ministre ne sait toujours pas qu’elle est la situation en Charente. Il sait juste qu’on le gratouille un peu avec une ou deux déviations de bourgs pour que quelques charentais qui bénéficient déjà d’une incroyable douceur de vivre soient encore plus nantis. Vous parlez d’une priorité nationale. La vérité c’est que les élus de ce département s’en foutent complètement. Dommage quand même.                      

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel D 04/04/2007 20:14

On devait pas barrer la 10?

Après les élections peut-être?

Mais à condition que la gauche passe!

yvonne 04/04/2007 17:37

et mon gars faut arrêter d'être bouché ... "être à l'écoute des élus" mais punaise il n'est plus temps de ça, c'est un couloir européen, foutez nous ça à 2X2 voies et rapidement, bougez vous il faut des actes maintenant, on va devoir attendre encore combien d'oreilles attentives avant que vous n'agissiez... combien de mandats???

Bonnefont 04/04/2007 13:20

Daniel, j'avais pu déjà te féliciter pour le travail que tu avais conduit sur ce dossier lors de la présentation de ton travail à la presse en fin d'année dernière... En effet, on est en droit de s'interroger sur la qualité du lobbying de nos parlementaires sur ce dossier, malgré le nombre de morts sur cette RN 10 toujours important. Au delà du travail de législateur et de controle de l'action gouvernementale d'un parlementaire, il va de soi que nos parlementaires doivent etre les leaders de notre département à Paris pour sortir la Charente de ce marasme économique et cela passe par une amélioration considérable de nos infrastrutures (routieres, ferroviaires, et Haut-débit). Les élus locaux devraient pouvoir retrouver en leurs parlementaires une oreille attentive pour appuyer les dossiers urgents de nos territoires auprès des Ministeres. Il ne faut pas oublier que notre développement, du moins pour un département comme le notre, passe par une action reflechie et cohérente de developpement à l'echelle des bassins d'emploi et non des communes ou encore communautés de communes comme nous pouvons le constater. Oui à un echo favorable de nos 4 futurs parlementaires en faveur d'un developpement des infrastructures generateur d'emplois, du maintien des services publics compatibles aux nouveaux besoins des usagers,....