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Ecoutez la ballade de la désescalade...

 

Samedi matin je suis allé à La Brède près de Bordeaux (chez Montesquieu) rendre visite à Jean Marie Lespinasse l’auteur du très beau livre « Mon jardin naturel » publié aux éditions du Rouergue. J’étais déjà avec lui jeudi à Marmande pour faire le point sur les travaux de création variétale que nous conduisons dans le cadre de l’association Vénoge (vergers de nouvelle génération). Parce que l’avenir est toujours à la création variétale comme il le prophétise. Imaginez que l’on puisse atteindre l’objectif recherché, des variétés de pommes appréciées des consommateurs, qui se conservent bien, capables de produire un fruit par inflorescence (qui ne nécessitent donc pas d’éclaircissage), qui résistent assez bien aux maladies et aux parasites et qui peuvent produire sur des arbres issus de boutures, sur leurs propres racines, économes en eau d’irrigation. Nous sommes en très bonne voie grâce à lui. Mais samedi c’est le jardin naturel que je voulais voir. Au-delà du biologique qui reste comme il me l’indique dans une logique d’éradication des parasites, même avec des produits naturels. Son jardin ne reçoit plus ni fertilisant ni produit phytosanitaire. Il est irrigué en goutte à goutte avec l’eau de pluie collectée et stockée. Ce qui m’impressionne et me déroute c’est ce choix exigeant de comprendre comment la nature fonctionne et comment déjouer les pièges pour atteindre les objectifs souhaités, produire des fruits et des légumes sélectionnés et améliorés par l’homme en s'associant complétement à la nature pour atteiendre les résultats escomptés. Des buttes de terre plus jamais retournées, couvertes régulièrement d’un mulch de bois broyé dont la dégradation aère et fertilise le sol. L’enchevêtrement de plantes différentes qui permet de vivre avec les parasites qui peuvent ainsi rester à seuil inférieur à la nuisibilité. C’est très déroutant mais dès lors que l’on accepte une apparence de désordre et que l’on acquiert les connaissances indispensables pour atteindre les résultats recherchés les fruits et les légumes sont au rendez vous. Mais je ressens bien que ce n’est pas qu’une technique. C’est autre chose. C’est le choix délibéré d’une modestie infinie face à la nature. Quelque chose qui ressemble au choix de pauvreté d’un Mohandas Ghandhi. C’est Winston Churchill qui disait justement de Ghandi « un jour on aura de la peine à imaginer qu’un tel homme ait pu exister ». Toute proportion gardée et sa modestie dut elle en souffrir il fait partie de ces hommes dont l’infini respect de la vie motive chaque geste et chaque décision. Je comprends ce choix, mais je suis dans un autre monde, soumis à d’autres contraintes, incroyablement gauche face à cette démarche exigeante. Il m’a quand même semblé me rapprocher un peu plus de ce qui fonde son projet et j’ai ressenti ce dont il me parlait quand il m’a invité à m’asseoir à sa place sur une planchette installée entre les deux bacs de terre, comme sur la photo. Ce n’est plus du jardinage, c’est un retour aux sources, de la contemplation mystique. Un vrai jardin de sagesse.

     

          

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Daniel D 26/03/2007 08:23

Le couvert permanent au pied des cultures en butte(dit BRF), tente de reproduire le phénomène naturel de "terre de bruyère": une décomposition des végétaux morts, lieu de vie par excellence(vers, micro-organismes,etc...)qui est l'avenir des sols pauvres et de l'agriculture en général...
Les meilleurs végétaux semblent être les bois de taille des arbres fruitiers par exemple, car chargés d'éléments minéraux destinés aux bourgeons floraux.

Aller va! RIEN N'EST ENCORE PERDU!