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Misceallenous.

Ce soir j’ai regardé le Grand jury RTL-LCI-Le Monde qui avait pour invité Jean Claude Trichet, le directeur de la banque centrale européenne. Par les temps qui courent il n’est pas à la noce le sieur Trichet dans son pays. Chacun, de tous bords, s’emploie à dénoncer la politique de l’euro fort qu’il conduit et les effets dévastateurs sur la croissance et l’emploi qui s’ensuit. Il faut, disent les candidats,  remettre la BCE sous l’autorité d’un gouvernement économique européen qui aura pour objectif la croissance et l’emploi et non pas la lutte contre l’inflation qui de toute façon n’existe plus. J’imagine que tous ceux qui ont regardé l’émission ont du souffrir en entendant patiemment et poliment Jean Claude Trichet rappeler que la banque centrale est responsable de l’émission de la monnaie pour 360 millions d’européens, que son indépendance est issue d’un consensus multi-partisan, qu’en France il a fallu une révision constitutionnelle qui a obtenu la majorité des trois cinquièmes au congrès de Versailles en juin 1992, que le traité de Maastricht a été approuvé par référendum juste après et que la banque fait le travail qui lui a été demandé, c'est-à-dire maîtriser l’inflation. Pour lutter contre les idées reçues il explique chiffres à l’appui que les créations d’emploi ont été plus nombreuses en Europe qu’aux Etats-Unis depuis la création de l’euro, à population identique, et en tous cas bien supérieures à ce qu’elles étaient sur une même période avant l’euro. Et puis selon lui il n’y a qu’en France que la BCE est si fortement critiquée, à tel point que tous les autres pays font blocs pour la soutenir face aux critiques très dures en provenance de l’hexagone. Au moins cinq points d’inflation à cause de l’euro disent les journalistes reprenant ce que chacun croit ici. Même démenti chiffres à l’appui du directeur. Et l’argument qui tue c’est la première place à l’exportation retrouvée pour l’Allemagne malgré des taux d’intérêts et un euro fort. Je ne sais plus quel est l’économiste qui expliquait récemment l’importance d’un euro fort pour les revenus d’assistance qui pâtiraient en premier d’un pouvoir d’achat diminué avec un euro plus faible. La maîtrise de l’inflation garantie c’est aussi ce qui nous permet d’emprunter à long terme entreprises, particuliers ou Etat à des taux d’intérêts équivalents aux taux des emprunts court terme. Plus besoin d’une prime de risque si l’inflation est maîtrisée. Heureusement que je ne suis pas candidat parce qu’il est difficile d’être populaire en ce moment sans taper sur la BCE. C ’est vrai que sans bouc émissaire on se trouve confronté à nos propres responsabilités en matière de croissance et d’emploi. Et comme ceux qui réussissent c’est en regardant en face les réalités et en nous adaptant sans cesse que l’on aura la possibilité de maintenir et d’améliorer notre niveau de vie. La croissance zéro qui séduit quelquefois c’est comme quand on fait du vélo, quand on n'avance plus on tombe. Une meilleure répartition des richesses, oui à la condition que les règles adoptées n’aient pas pour effet de casser la croissance parce que dans ce cas la situation empire.    

Après l’émission Jean Michel Apathie se précipite pour écrire sur son blog et livrer ses impressions du moment. La tonalité de ses commentaires ce soir est étrange. Comme l’impression qu’en ne contrant pas suffisamment Trichet les journalistes ont pu être perçus comme à la solde de ce tenant du libéralisme. Mais en creux je ressens surtout une dénonciation en règle de la démagogie ambiante à laquelle je m’associe volontiers.

J’ai eu cette semaine un exemple de ce qui pourrait être optimisé en France. L’Institut de la Recherche Nationale Agronomique réunissait la filière fruits et légumes à Avignon au Palais des Papes (super lieu, bien plus agréable en hiver avec la belle lumière qu’il y avait mercredi). L’objectif était de nous présenter ce qui se fait en matière de recherche pour notre secteur d’activité et d’écouter nos problèmes et comment ils pourraient se traduire en questions de recherche comme ils disent. Des chercheurs qui cherchent on en trouve mais des chercheurs qui trouvent on en cherche disait le général De Gaulle. La formule garde toute sa pertinence pour nous. Alors que l’INRA au classement mondial se situe toujours au deuxième rang après les Etats-Unis dans sa catégorie les bénéfices pour la filière fruits et légumes deviennent de plus en plus difficiles à percevoir. Il n’y a pas si longtemps les chercheurs, tout au moins certains d’entre eux, étaient très proche de la production et se ressourçaient en permanence sur le terrain. Ce n’est plus le cas. Dans la salle, Jean Salles (oui je sais) représentant des légumes a pu dire : « vous nous avez beaucoup manqué ».  Il reste énormément à faire pour comprendre l’écosystème du verger par exemple et trouver la voie d’une production écologiquement plus sure. Pourtant la recherche ne nous est pas d’une grande aide pour nous faire progresser alors que dans le même temps les pouvoirs publics sont pris d’une frénésie réglementaire qui risque de casser des pans entiers de la production française, c’est au moins le cas pour la pomme. Le manque de cohérence entre les moyens investis dans la recherche et le développement de nos productions est un phénomène typique de notre inefficacité collective. Il y a quelques jours le Monde se faisait l’écho d’un rapport sévère sur la recherche en France dont la conclusion était à peu près celle-ci : la recherche en France ne manque pas de moyens mais d’efficacité. Yves Lespinasse (frère de Jean Marie dont j’ai parlé sur ce blog) qui dirige l’INRA de Beaucouzé me disait qu’ils n’étaient plus que deux ou trois chercheurs à bien connaître la production et qu’il faudrait rectifier le tir en matière de recrutement pour rompre avec les profils des chercheurs d’aujourd’hui complètement dans leur bulle fondamentale. Jeudi je serai à Ballandran près de Nimes pour une journée technique consacrée par le CTIFL à l’agriculture biologique. J’espère y apprendre des choses utiles à la production fruitière intégrée extrême qui me semble la voie à suivre. Le bio est une norme plutôt réductrice et trop limitée n’en déplaise à madame Fisher Boël.

Bonne semaine à tous.

 

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Daniel DURET 31/01/2007 17:27

T'aurais attendu ce soir, je m'aurais fait un plaisir de te corriger...

Sinon, depuis le temps qu'on en parle, si on avait mis des "moyens" sur le bio, on serait arrivé déjà à des résultats... Mais ça viendra...
Par obligation! Comme rien n'est plus précieux que la santé, on finira par payer le prix qu'il faut pour des fruits & légumes de qualité et alors c'est pas les paysans qui s'en plaindront, vu qu'il pourront continuer leur métier, ce qui n'est pas le cas pour tous aujourd'hui: nombreuses sont les exploitations qui disparaissent encore!
Et TOUT le monde s'en portera mieux!

isa 31/01/2007 14:46

faute : s'en passer (ou faire sans)

isa 31/01/2007 12:12

Les consommateurs peuvent tout à fait sans passer si ils ont le porte-monnaie adéquat. Pour la majorité des agriculteurs, la réponse n'est pas si simple....

Daniel DURET 30/01/2007 08:32

http://www.acap.net/

Pour ceux qui s'imaginent qu'on ne peut se passer des pesticides et pour ceux qui pensent au contraire que oui!

Daniel DURET 29/01/2007 22:18

miscealleanous!!!

On le traduit comment: notes diverses? variétude? mélange sans consistance? melting pas pot?

Dis vois mon ami gougueule?