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Désaccord parfait.

Vendredi soir les deux sénateurs de la Charente avaient choisi Chillac pour venir rendre compte de leur mandat et rencontrer les élus locaux comme ils le font chaque année. J’ai souhaité mettre à profit ce moment d’échanges pour que nos deux élus nationaux réagissent à notre « dossier noir de la RN 10 » ainsi qu’à la réponse que nous avons reçue du préfet et dont j’ai dévoilé le contenu dans l’article précédent. Henri De Richemont qui connaît très bien le sujet, et sans doute le plus informé des deux, pour avoir entre autre rencontré récemment le ministre Perben et participé à la réunion de Poitiers présidée par le préfet de Région Nicquet, nous a livré son point de vue sur la marche à suivre pour mettre fin à la situation que nous connaissons. Il a commencé en indiquant qu’il ne croyait pas à la solution que nous préconisons, c'est-à-dire la transformation en autoroute concédée de la RN 10 et de son prolongement par la RN 141 jusqu’à Roumazières associée à la création d’une liaison jusqu’à La Croisière pour raccorder la route Centre Europe Atlantique. La raison principale qu’il invoque pour justifier son opposition c’est le délai trop long nécessaire à ce type d’opération ainsi que l’adversité suscitée dans la population par les projets autoroutiers. Pour lui la solution la plus réaliste pour mettre un terme rapidement à nos difficultés passe par l’achèvement de la mise à deux fois deux voies de la RN 10 entre Reignac et Chevanceaux et dans le même temps par la  réalisation des déviations des villes encore traversées par la RN 141 entre Angoulême et Limoges. Mais il indique et c’est très grave que l’Etat ne pourra pas en assurer seul le financement. Et ceci bien que ce soit le gouvernement lui-même qui ait choisi de retirer les routes nationales des contrats de projet Etat Région pour en faire assumer seul la facture par l’Etat.  Notre sénateur dit d’ailleurs clairement à ce sujet qu’à son avis c’est une connerie du gouvernement que d’avoir retiré les routes nationales des contrats.  Il propose donc que le Département et la Région cofinancent à nouveau les travaux à réaliser, en arguant de l’obligation de ces deux collectivités de se préoccuper de la sécurité et de la circulation sur leur territoire.

Dans la dernière édition de Tonus Charente, le Département par la voix de son Président partage l’approche d’Henri de Richemont pour ce qui concerne les priorités en matière de travaux et le refus de la concession autoroutière. En revanche il est totalement opposé à tout nouveau cofinancement sur ces routes nationales, voire européennes ainsi qu’il le relève. Et je crois savoir que l’assemblée départementale est assez unanime sur ce refus.

Le moins que l’on puisse dire à partir de ces positions clairement exprimées c’est que nous ne sommes pas en phase sur l’analyse et sur la stratégie à conduire sur le sujet le plus crucial du moment pour l’avenir du département de la Charente.

Essayons donc à nouveau de raisonner avec logique et pragmatisme pour évaluer les différentes solutions proposées.

Personne ne conteste plus que la Charente soit traversée du sud vers l’est par un corridor de fret européen impossible à détourner et dont l’importance au sud d’Angoulême s’évalue en moyenne journalière à 10000 poids lourds par jour sur une route qui comporte encore des tronçons à deux voies. Malgré cette situation tout à fait exceptionnelle la Charente a le triste privilège d’être encore l’un des deux départements français à ne pas avoir un seul kilomètre d’autoroute. Il ne peut pas y avoir de stratégie crédible de long terme pour adapter les infrastructures routières du département qui ne tienne compte de ces réalités. La route nécessaire ne passe pas par Limoges mais doit relier plus directement Angoulême à La Croisière plus au nord, à la jonction entre l’autoroute A20 et la route Centre Europe Atlantique. Force est de constater que le Département et notre sénateur ne font pourtant toujours pas la même analyse que nous et ne fondent pas leur choix sur cette vision géostratégique de la Charente.

Que nous proposent-ils ? Achever la mise à deux fois deux voies de la RN 10 et de la RN 141.

Le département demande à l’Etat d’en assumer seul la charge puisqu’il a clairement fait savoir que maintenant ces routes relevaient de sa compétence. Henri de Richemont dit que s’il n’y a pas de cofinancement du département et de la région ça ne se fera pas. Autant dire que c’est la quadrature du cercle et que nous sommes bien dans une impasse. Imaginons quand même que de longues négociations nous conduisent pourtant à de nouveaux accords de cofinancements. Quelles seront alors les priorités ? Le département ne s’engagera qu’à la condition que les travaux concernent en premier les déviations de bourgs plutôt que le tronçon Reignac Chevanceaux dont il est fait remarquer dans Tonus Charente qu’il ne représente pas les mêmes nuisances pour la population. Malgré la situation dramatique des 10000 poids lourds jours qui empruntent cette route à deux voies dans 15 ans la mise aux normes ne sera toujours pas faite.

Un raisonnement cartésien à partir des données connues à ce jour devrait nous conduire à vouloir que cette route soit bien transformée en autoroute concédée aussi bien pour la partie déjà réalisée que pour la partie à créer. Le financement nécessaire et introuvable ailleurs devant être assuré par le fret en transit.

Jusqu’à ce que l’on nous prouve le contraire, et le plus rapidement serait le mieux, c’est cette solution qui permettra l’aller le plus vite et d’être à la hauteur des enjeux. C’est aussi la solution qui permettra le meilleur développement possible pour notre département.

J’attends avec impatience si ce n’est pas la solution retenue qu’une planification concrète soit annoncée et que les financeurs s’engagent clairement. Chaque jour qui passe sans que nous sachions comment nous allons mettre un terme à la situation intolérable du moment enlève toute crédibilité au parti pris du département et de mon sénateur préféré.  

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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daniel 11/12/2006 08:03

Ah! que voilà un cri du cœur qui vient des tripes!
Qui vient de loin!

Courage Charentais, FUYEZ!!!

Fuyons ensemble, la SNCF nous fera un prix de groupe!

La France du sous-sol 11/12/2006 04:57


QU’AVEZ VOUS FAIT DE LA CHARENTE?

Les grands élus de Charente adorent faire le contraire de leurs homologues des autres département, je ne suis pas sûr que cela soit conforme aux intérêts de leurs électeurs.
Si la Charente n’a pas d’autoroute, c’est parce que les élus n’en veulent pas, il y a 30 ans comme maintenant. Ils préfèrent foutre l’argent des contribuables par les fenêtres et ruiner le département.
Ah oui, ils disent vouloir une 2x2 voies parce qu‘une autoroute serait refusée par les riverains, foutaise!, la circulaire ICTAAL oblige à ce qu’une 2x2 voies soit strictement identique à une autoroute (sur un fondement de santé public, sécurité)…. Non, ils veulent une 2x2 voies afin de garder pour des décennies leur rôle d’intermédiaire entre la France d’en bas et l’Etat, pour impressionner les foules.
Peu importe que leur choix fasse perdre des centaines d’emplois induits et des millions d’€uros de retombées fiscales au Département.

Tout va bien! Droit dans le mur… et en klaxonnant!!!

Vous savez, charentais, il vous reste à voter avec votre valise! comme beaucoup d’autres avant vous.
Et pour ceux qui doutent encore, lisez les rapports de l’Observatoire National de la Pauvreté, la Charente s’y illustre. Fuyez, pendant qu’il est encore temps!

Vive les impôts locaux et vos élites parasitaires!!!