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RN 10 et 141: la Charente fait fausse route.

 

 

 

 

 

La Charente bénéficie d’une formidable opportunité géographique qui la situe sur un axe européen majeur pour le développement du fret économique. L’augmentation continuelle du trafic de poids-lourds en provenance du Sud de l’Europe et à destination de l’Est par la Route Centre Europe Atlantique le démontre quotidiennement. Il n’est alors nul besoin de faire appel à Fernand Braudel pour rappeler la relation évidente entre développement économique et situation privilégiée de corridor de fret international. Et pourtant dans la tête des politiques et des décideurs locaux la cause est encore loin d’être entendue. Là ou partout dans le monde on se féliciterait des avantages à retirer d’être un lieu de passage, nous en sommes encore à nous interroger sur la meilleure façon de nous libérer de cette nuisance. Comment pourrait on faire pour interdire aux poids lourds de traverser notre département et les détourner vers l’A10 ou l’A89? Mais rien n’y fait, leur destination les contraint à passer par la Charente. Lyon et Paris ne les intéressent pas et l’impossibilité de circuler une partie de l’année sur l’A89 mais aussi dans une moindre mesure sur l’A20 entre Limoges et La Croisière exclut de toute façon cette fausse alternative.

Nous ne pouvons échapper au trafic, mais la catastrophe qui nous aveugle c’est que la route qui reçoit cet immense trafic est loin d’avoir les caractéristiques nécessaires. Alors que partout ailleurs pour des fréquentations bien moindres on réalise de belles autoroutes,  en Charente on bricole depuis trente ans petits bouts par petits bouts nos nationales sans jamais en voir le bout. La liaison à deux fois deux voies aux normes autoroutières qui permettrait de relier en toute sécurité Chevanceaux à La Croisière afin que notre situation géographique soit enfin perçue comme une opportunité et serve réellement au développement tout entier du département n’est toujours pas pour demain.

La réunion qui s’est tenue à Champniers jeudi soir l’a dramatiquement confirmé. Alors que la population crie de partout et encore un peu plus fort depuis que la Présidente du Conseil Général de la Haute Vienne a interdit aux poids lourds d’arriver à Bellac par Confolens ou Saint Junien, le brouillard s’épaissit grave.

Il n’y a plus rien de sûr à partir de maintenant. Si on peut supposer que ce qui n’aura pu être terminé à la fin de 2006, du programme inscrit dans le douzième contrat de plan Etat Région, le sera dans la foulée et obtiendra les financements des partenaires qui s’étaient engagés auparavant, pour la suite ce ne sont qu’hypothèses et conjectures. L’Etat s’est engagé avec la loi d’août 2004 à financer seul les routes demeurées nationales. Sans refuser quand même les cofinancements des collectivités qui sont toujours les bienvenues mais qui hésiteront à se substituer une nouvelle fois à l’Etat. Comme chacun sait, et le Préfet l’a confirmé en prenant à témoin les parlementaires présents, l’Etat manque cruellement de moyens. Et puis même s’il avait de l’argent, le Préfet  a rappelé en se tournant vers Christian que la DDE n’avait pas les moyens de dépenser plus de 30 millions d’euros en raison des étapes administratives à respecter. A la louche la traversée de la Charente par la deux fois deux voies que l’on attend c’est au moins pour dans 20 à 25 ans. Je pensais naïvement avant cette réunion que compte tenu de la nouvelle règle du jeu qui rend totalement responsable l’Etat seul, il suffirait que tous les responsables du département unis fassent la démonstration de la priorité nationale absolue de nos axes routiers, RN10 et 141 compte tenu du trafic qu’ils supportent, pour qu’enfin on achève le chantier. J’ai enfin fini par comprendre qu’il faut sortir de cette logique de shadocks et adopter une stratégie efficace. Qu’elle est-elle ? Eh bien c’est celle qui a été utilisée partout ailleurs et pour des trafics bien moindres, j’ai nommé une autoroute concédée. On donne ce qui est fait et le concessionnaire réalise les parties manquantes entre Chevanceaux et La Croisière. L’autoroute doit être gratuite pour les charentais et payante pour les poids lourds en transit. On sait techniquement faire cela. Dans ce nouveau cadre l’opération peut-être totalement terminée dans cinq à six ans au lieu des 20 à 25 ans si on persiste à demander à la DDE et à l’Etat qui n’en peuvent mais. La solution permet de ne plus solliciter le contribuable charentais pour cette route. C'est le moyen le plus rapide pour atteindre l'objectif final. La Charente pourra alors bénéficier du développement économique qui est inévitablement lié à la proximité d’une autoroute. Enfin ce sera le fret de marchandise qui supportera seul le coût de ce qui reste à faire. Cette nouvelle façon d’aborder la route est toute entière issue des propositions que je trouve de plus en plus pertinentes de l’association Axe Nantes Méditerranée (www.nantesmed.fr.st) et de l’un de ses membres, Daniel Herbreteau.

Quels arguments peut-on bien apporter contre ce choix à faire immédiatement d’une autoroute concédée, payante pour les poids lourds, pour traverser la Charente ?       

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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daniel 08/06/2006 07:57

Finalement, il aurait été plus marrant de dire:

Ah... un slow avec une tyrolienne...

Ca en jette!!!

Quelqu'un aurait-il un avis sur la question?

L BESSON 07/06/2006 08:23

Votre leçon de réthorique est appréciable mais demeure discutable. Ceci dit, il est des choix financiers qui le sont de la même manière, notamment en terme de priorités et bien-sur d'orientations. C'est de ce point vue là que je me situe, même si d'autres régions ou départements ont opté pour ce type d'aménagements touristiques. Pour finir, puisque les citations sont à la mode sur ce blog, je vous citerais CAMUS qui disait:" je me méfie autant de ceux qui ne cherchent pas la vérité que de ceux qui la trouvent".

daniel 07/06/2006 08:12

Par contre le vulgarisateur ci-dessus cité possède un sens de la métaphore qui, s'il n'entrerait pas dans les "arcanes"(un doute sur le sens de ce mot?) de la langue traditionnelle, pourrait figurer dans un recueil d'anthologie de l'humour à la charentaise...

Ah... le slow avec une tyrolienne...

J'en reste crépi d'admiration!!!

Daniel Herbreteau 07/06/2006 07:12

Le hic,
C’est que je ne vous parle pas de petitesse de l’esprit charentais, puisque je pense exactement l’inverse (voir mon commentaire N°15 posté le 6 mars sur ce blog sur le coup de gueule “N10, ON FAIT RIEN TOUT DE SUITE OU ON ATTEND ENCORE UN PEU?”).
Je vais vous citer un extrait du discours de François Mitterrand à l’accueil des cendres de Jean MONNET au Panthéon le 9 novembre 1988: “...On ne comprendrait pas Jean Monnet sans un référence permanente au paysage de son enfance, à la nature de son sol, à un certain type de société où coopèrent depuis des générations viticulteurs,artisans, distillateurs et négociants, liés par une passion exigeante, scupuleuse: celle de la qualité...”. Il y a de cela quelques années j’ai soutenu ce raisonnement lors d’une interview par une télévision hollandaise, je suis convaincu qu’il existe en Charente un terreau de qualités intellectuelles, humaines qui faisait dire à François Mitterrand son rêve de voir la France ressembler à Jarnac. Monsieur Besson, le charentais c’est indistinctement votre voisin, sa belle-soeur, et tous les autres parmi lesquels le terreau local fit émerger Jean MONNET, François MITTERRAND, Félix GAILLARD, François FONTAINE, Ludovic TRARIEUX... essayez de trouver ailleurs l’équivalent!
Le charentais du 16, c’est aussi le 1er exportateur de France, mais il ne le dira pas, c’est un “taiseux” qui bosse en silence. Qui n’OSE PAS demander l’autoroute dont il a besoin, laissant les autres obtenir les autoroutes dont ils ont ENVIE.
Et voilà le fond de ma pensée: le charentais du 16 ne demande rien, il n’ose pas, estimant sa demande illégitime, attendant un bon geste des autres.
Le charentais du 16 doit apprendre à demander.
Le parallèle entre la route et la voie verte est dans la comparaison suivante: Pourquoi son homologue du 17 a des autoroutes et des “voies vertes noir bitume” et pourquoi le 16 a-t-il pris l’habitude de payer sa 2x2 voies et devrait-il avoir une voie verte en calcaire, a refaire tous les 6 ans (c’est la moyenne pour ce type de surface). That is la question!
Sur mon hypocrisie au sujet de l’accessibilité, je tiens à votre disposition les réglements, normes, publications techniques concernant l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Si le manque d’accessibilité aux bâtiments est encore un peu tolérée, elle s’applique obligatoirement à toute réalisation neuve ou réhabilitation lourde. La voie verte est je crois une réalisation neuve CQFD. Accessibilité O-BLI-GA-TOI-RE!!! parce que fondée sur un point fondamental du Droit Public.
Rouler sur du calcaire, pour les adultes comme pour les enfants c’est casse-gue...! En été ça vous crame la rétine! Sous la pluie, vous donnez l’impression de sortir d’un slow avec une “tyrolienne”.

Pourquoi diable imaginez-vous cette Voie Verte illégitime? C’est le chaînon manquant entre la Loire et la Garonne, c’est pas banal.

A l’avenir évitez les mots inadaptés, usez de paraboles. Vous direz la même chose, mais ce sera plus aimable. “Petits bras” signifie modestie excessive, pas “petitesse”, et “sectaire” est à considérer par rapport à une secte. Le “vulgarisateur” n’est pas “vulgaire” et encore moins “grossier”.
Attention au dérapage sémantique!

loic besson 06/06/2006 21:25

Monsieur Herbreteau,
Vous avez des compétences certaines pour donner une analyse avisée sur le sous équipement routier de notre département. Cependant illustrer la petitesse de l'esprit charentais en mettant sur le même plan la nécessité absolue d'un réseau routier adapté et le bien fondé d'un bitumage d'une voie ferrée en vue d'un hypothétique développement touristique me parait être un point de vue sectaire et partisan , pas vraiment objectif. De plus, arguer de l'accessibilté de cette voie aux handicapés physiques alors que le mininum de cette même accessibilité ne leur est pas garantie dans de nombreux services publics et administrations me semble quelque peu hypocrite...Je suppose que vous considerez faire partie "des gros bras ".......