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Légitime défense.

Les jours passent et inexorablement le travail de sape du service de chirurgie de notre hôpital se poursuit en silence. Les acteurs sont connus : conseil d’administration avec à sa tête le président, direction de l’établissement, une partie du corps médical et bien sûr l’Agence Régionale de l’Hospitalisation. Pour ce qui concerne tout d’abord l’Etat et pour comprendre la logique qui inspire son action il faut lire attentivement les recommandations du Conseil National de la Chirurgie. (cliquez pour télécharger :http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/20/48/75/chirurgie.pdf)

Il est à noter que la motivation principale affichée de ce rapport au ministre est d’améliorer l’attractivité de la profession de chirurgien. Pour cela il y aurait, selon les auteurs, nécessité, entre autre, de fermer les services dont l’effectif de praticiens est insuffisant, tout comme le nombre d’interventions ou la population du bassin de vie concerné. Une partie du corps médical quant à lui pense améliorer sa propre situation en aidant à la disparition du service de chirurgie qui leur est clairement désigné comme étant le responsable du déficit de l’établissement. Cette situation étant préjudiciable à leurs yeux pour les investissements en cours qui doivent réorienter l’activité de l’hôpital. Le conseil d’administration pour ce qui le concerne privilégie l’argument financier pour justifier la fermeture à 18 heures et les jours fériés du service. Enfin la direction obéit avec zèle à sa tutelle pour mettre un terme au plus vite au service de chirurgie dont elle n’a visiblement que faire.

Les hôpitaux du Sud Charente sont un établissement public dont une partie du conseil d’administration est composé d’élus du territoire. La présidence est assurée par le maire de la commune de Barbezieux. Dès lors que la population ou les élus du bassin de vie manifestent leurs inquiétudes ou leur désapprobation forte envers ce qu’ils perçoivent des choix effectués par le conseil d’administration de l’établissement, il est à l’évidence indispensable qu’une communication s’établisse, que des explications soient données. Les élus du conseil d’administration, et tout particulièrement le président, ont bien des comptes à rendre à la population qu’ils représentent. Cette démarche de communication doit être une démarche active et permanente de la part de ceux qui sont en charge de la responsabilité de nous représenter. Depuis maintenant plus de deux mois que la décision contestée de la fermeture de la chirurgie d’urgence a été prise que s’est-il passé de significatif dans ce domaine? Une réunion à Chalais pour quelques élus à l’initiative du président de la communauté de communes, suivie d’une autre à Monchaude organisée par l’association des élus pour la défense de l’hôpital début février. Depuis nous avons pu lire une interview du président dans la presse  locale suivie de quelques articles mentionnant quelques remarques des dirigeants. Les arguments mis en avant n’ont pas convaincu, la population et les élus ont réagi très vivement, mais aucune démarche nouvelle pour expliquer la stratégie, la méthode, les moyens mis en œuvre et les objectifs poursuivis n’a eu lieu. Je suis aussi en charge de quelques responsabilités et je ne m’imagine pas dans une telle situation sans prendre chaque jour et sans attendre tous les rendez vous possibles avec tous les acteurs concernés pour débattre, expliquer, écouter et associer. L’absence d’initiatives en ce sens de la part du président est parfaitement incompréhensible. La passivité des autres élus membres du CA, qui vaut sans doute approbation de ce silence, est aussi assez désespérante. Du côté de la direction de l’établissement il se dégage une impression de léthargie pesante, un accompagnement mièvre et subi des difficultés, une sorte de détachement administratif envers la vie et des choses. Il y a un paradoxe saisissant à voir le programme d’investissement immobilier en cours à côté d’équipes livrées à elles même sans guide, sans repères et sans soutiens. Dans le privé ce type de management aurait tôt fait de poser problème. Le conseil d’administration semble pourtant soutenir cette façon d'agir. Subrepticement, insidieusement nous passons d’une situation ou il existait un service de chirurgie 24 heures sur 24, sans doute perfectible, à plus de chirurgie du tout dans les tous prochains jours ou semaines. Le docteur Inal, devant tant d'indifférence a annoncé avec regret son départ pour Sarlat. L’effet domino de la perte de son activité sur l’imagerie médicale et les soins de suite sera pourtant significative. Il semble à ce sujet que certains médecins, malgré toute l'intelligence dont ils font preuve dans leur métier au quotidien, aient mal mesuré l’interdépendance qui les lie au service chirurgie qu’ils ont pourtant accepté de sacrifier dans un premier temps. Ils ont quand même en partie évolué depuis. Dans le contexte des décisions prises, ce départ de l’orthopédiste mettra rapidement un terme au service de chirurgie dans son entier. Les hôpitaux du Sud Charente seront alors durablement affectés et auront de la peine à se remettre de ce mauvais coup porté à l’établissement par les dirigeants du moment. Je doute fort que l’équilibre des comptes qui était l’objectif affiché ne s’améliore avant longtemps. Si l’on ajoute au tableau le fait que Christian Cahut, directeur de l’ARH, ne soit jamais venu sur place pour se rendre compte par lui même de la situation avant de prendre ses décisions, on comprend qu’il y a du souci à se faire sur la sécurité des habitants du Sud-Charente et d’ailleurs. On aimerait plus de prudence et de discernement sur des questions aussi graves. Nous assistons depuis quelques semaines à un cas dramatique de non assistance à territoire et à population en danger dont nous saurons désigner les responsables.            

Le Préfet de la Charente, Michel Billaud, qui nous a reçu vendredi, nous a assuré qu’il obtiendrait un rendez vous pour notre délégation auprès de Christian Cahut. A défaut de pouvoir débattre avec les responsables de notre hôpital et d’être unis pour rechercher la meilleure solution possible pour l’établissement et la population de ce territoire nous devrons une fois de plus montrer avec force notre détermination et notre opposition aux évolutions en cours à Barbezieux. Un collègue délégué communautaire évoquait hier auprès de moi la nécessité de bloquer la RN10 pour tirer les conclusions de l’absence de dialogue. Nous laisser hors jeu et impuissants rend légitime cette forme de défense des intérêts de la population. 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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pomponette 23/04/2006 09:15

Y'a pas que les images qui deviennent aléatoires ici!
Les commentaires aussi...

daniel 19/04/2006 08:38

Bizarre la technique!!!
Je pensais pas avoir la force de tirer la "couverture" de ce côté(à gauche!)
Bref, c'était juste le lien AFP/Wanadoo qui annoncait le rapport préconisant la fermeture de plus de 100 blocs opératoires, dont celui de Cognac!!!

Ce matin tout le monde en parle...

M'est avis que ça va continuer pas mal de temps!
Bon courage!

On bétonne, on bétonne...
C'est du lourd!

Sera-ce la petite souris qui en viendra à bout, ou le gros bulldozer?

C'est un choix politique à faire!

daniel 18/04/2006 20:19

http://www.wanadoo.fr/bin/frame2.cgi?u=http%3A//actu.wanadoo.fr/index.html%3FiCata_newsItemId%3Dmmd--francais--journal


De l'info... de l'info... de l'info...

daniel 17/04/2006 20:29

Les lecteurs de Pâques sont peut-être nombreux, mais tant qu'ils préfèreront l'anonymat, il sera difficile de prendre leurs commentaires au sérieux!

lecteur de pâques 17/04/2006 18:53

pu... vious n'y allez pas de main morte, c'est l'énergie du printemps ou la hargne trop longtemps retenue??? doucement quand même