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En clair, on doit comprendre quoi?

Allan Greenspan, le président maintenant à la retraite de la Réserve Fédérale des Etats Unis, a conclu un jour une analyse économique par cette expression devenue célèbre : « si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé ». Un peu d’humour bien senti de la part du gourou de Wall Street pour tenter de limiter la spéculation habituelle consécutive à ses prises de parole. Dans le même registre mais en moins drôle, en lisant hier les articles consacrés au Conseil d’Administration de l’hôpital qui s’est tenu mercredi matin et les propos du président et du directeur qui y sont rapportés, je me suis une nouvelle fois demandé s’il n’y avait pas de leur part une volonté délibérée de noyer le poisson et de semer la confusion dans les esprits. J’ai le même sentiment à la lecture du tract diffusé dans les boites à lettre de Barbezieux par le conseil municipal qui participe aussi de cette ambiguïté et doit mettre plus d’un cartésien du village à l’épreuve. L’interrogation principale concerne la définition précise de l’activité chirurgicale que veulent maintenir le président et le directeur et la faisabilité technique de ce qu’ils proposent. Si j’ai bien compris, leur objectif est de maintenir une activité chirurgicale ambulatoire et programmée tout en fermant le bloc à 18 h et le week-end. Ceci pour conserver la quasi totalité de l’activité actuelle puisque les entrées et les actes de chirurgie sont très peu nombreux en dehors des heures normales. Par ce choix la perte de ressources financières se trouverait être inférieure à la charge des salaires de garde à économiser et ainsi les comptes se redresseraient. Cependant ils affirment maintenant très clairement que les malades doivent être suivis sans interruption et que des gardes auront bien lieu. Il est pour cela évoqué une fois le médecin urgentiste, une autre fois l’anesthésiste et même tout dernièrement par le directeur une permanence chirurgicale à négocier avec Girac. Comme l’objectif premier d’économie n’est pas remis en cause il faut sans doute comprendre que c’est avec les chirurgiens de garde à Girac que la permanence est envisagée. L’objectif serait alors de les faire intervenir pendant leur garde sur un site ou sur l’autre et si une intervention chirurgicale se révélait nécessaire le malade serait alors transporté à Girac puisque le bloc serait fermé à Barbezieux. Je « déductionne » par moi même parce qu’aucune information précise n’a été délivrée à ce jour. Il me semble d’ailleurs urgent d’exiger de la part des dirigeants d’expliquer clairement leur volonté à tous ceux qui ne comprennent pas le fonctionnement qui pourra être mis en place. Si l’étrange directeur Michel bordas se dit irrité de la prétendue « désinformation incroyable » menée par les opposants à la stratégie du président il est beaucoup plus légitime me semble t-il d’être scandalisé par l’absence d’information, d’explication et de concertation dont il est co-responsable jusqu’à maintenant, laissant ainsi se développer le désarroi et la colère chez le personnel, les habitants et les élus du territoire. Et « commercialement » la méthode est tout bonnement suicidaire pour le service.

Le problème principal avec cette stratégie c’est que ceux qui sont censés la mettre en œuvre n’y croient pas et ne la cautionneront pas. Elle est déjà mort-née. Encore une fois pour que cette stratégie ait eu de mon point de vue une petite chance d’aboutir, il aurait fallu procéder bien différemment. C’est en amont et en concertation avec toutes les parties concernées que le projet aurait du être négocié et élaboré avant d’être entériné par le Conseil d’Administration. Pour notre plus grand malheur,  c’est une décision couperet qui a été prise par des dirigeants satisfaits et qui semblent dire « on a fait notre boulot », c’est à dire rien, et qui maintenant s’adressent aux acteurs concernés, déstabilisés et meurtris, pour les sommer de s’organiser entre eux pour sauver ce qui peut l’être. Il est frappant de constater dans les interviews du président et du directeur qu’ils ne disent jamais ce qu’ils vont faire eux pour que l’établissement réussisse. En général un dirigeant s’implique et dit je vais prendre cette initiative, je vais faire cela, je vais réunir…. Aucun leadership de ce type ne se manifeste chez ce directeur diplômé de l’anti-management. Bien au contraire, avec le président, ils s’afflige des mauvais résultats du service de chirurgie alors qu’ils n’a pas levé le petit doigt pour aider, bien au contraire. J’aime citer Yvon Deveault quand il dit : « l’inefficacité des patrons est bien souvent camouflée par l’efficacité des employés ». C’est assez criant de vérité à l’hôpital de Barbezieux. 

J’ai eu l’opportunité aujourd’hui encore de m’entretenir avec un directeur d’hôpital depuis peu à la retraite et qui regarde attentivement la façon dont l’hôpital de Barbezieux est dirigé. J’ai entendu une fois encore des arguments qui se conçoivent et s’expriment clairement. « C’est la chirurgie qui tient un hôpital. Vous avez ici deux chirurgiens qui acceptent les astreintes, trois anesthésistes et des infirmières pour le bloc, un équipement aux normes et une bonne réputation pour le travail réalisé, pourquoi arrêter ? Le coût doit s’appréhender globalement pour la chirurgie. Le coût principal c’est les salaires et le maintien d’un service de chirurgie nécessite des gardes donc il n’y a pas d’économie à faire sur les salaires si le service de chirurgie est maintenu, même limité à programmée et ambulatoire. Et dans ce cas pourquoi se limiter plutôt que de revendiquer l’ouverture 24 heures sur 24. L’ARH veut toujours fermer parce qu’elle est sous l’influence des professeurs des grands hôpitaux qui considèrent qu’ils sont les seuls à pouvoir faire du bon travail. Quels arguments ont-ils pour vous faire fermer ? Aucun, si vous avez les moyens de continuer et si la sécurité est assurée et la notation qualité correcte. Le coût de revient pour la collectivité est plus faible dans cet hôpital de proximité que dans un plus grand. L’amélioration de la performance se travaille ensemble, administration et service chirurgie réunis. La coopération entre hôpitaux c’est d’abord l’affaire des chirurgiens entre eux. Je ne comprends pas les médecins qui se sabordent eux mêmes s’ils ne soutiennent pas la chirurgie…etc ».

Un mot avant de terminer pour commenter la situation consécutive au vote de mercredi au CA. Un seul vote ayant eu lieu et la délibération ayant obtenu à bulletin secret un nombre égal de voix pour et contre, aucune décision n’a été prise. Il aurait fallu un deuxième vote et ainsi que l’indique le code de la santé publique à l’article P6142.23 en cas de nouvelle égalité, sauf vote à bulletin secret, la voix du président est alors prépondérante. Ce vote étant postérieur à celui sur la même question qui avait obtenu une majorité il semble bien qu’il annule la décision précédente et entérine une absence de décision sur la question posée. Je suis moins confiant que le président sur la clarification que ce vote selon lui a permis d’obtenir.          

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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juju 31/03/2006 19:18

Il y aura t-il une annonce dans le journal annonçant la réunion de l'assoc pour le mercredi 5 Avril ? De nombreuses personnes n'ayant pas accès au web n'en sont pas informées.

cridamour 25/03/2006 16:53

Voilà qui me rappelle une devise bien connue des décideurs les plus roués :"Il n'y a pas de problème qu'une absence de décision ne puisse résoudre"En d'autre termes, la stratégie du pourrissement...