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John a raison, je manque à tous mes devoirs envers mes plus fidèles commentateurs depuis quelque temps. En fait je me limite à une sorte de service minimum parce que j’ai un emploi  du temps assez chargé. Et puis c’est aussi vrai que j’hésite sur l’évolution du contenu que je souhaite donner à ce blog.

Bon, j’ai évidemment bien compris que mon soutien à Nicolas Sarkozy énerve vivement certains d’entre vous. J’aimerais quand même vous rassurer sur ma capacité à instruire à charge et à décharge et à penser librement. Le raccourci que je vous livre ici d’habitude trop brutalement c’est le parti pris qui en résulte.

En revanche si je ne commente pas vos commentaires sachez qu’ils ne me laissent pas du tout indifférent et qu’ils m’excitent vivement à penser.

Au fur et à mesure qu’approche le vote par le parlement à Versailles sur la modification de nos institutions proposée par la gouvernement et le président de la République, j’observe attentivement les prises de position et les déclarations des uns et des autres, y compris les vôtres. Je trouve que ce projet de réforme depuis son initiation jusqu’à aujourd’hui est très riche d’enseignements sur la capacité de chacun à renoncer justement à toute honnêteté intellectuelle pour faire vivre en priorité l’opposition partisane, évidemment pour servir une bien meilleure cause. La fin là aussi doit justifier les moyens. Pourtant aujourd’hui encore je lisais dans Le Figaro un entretien avec Guy Carcassonne, constitutionaliste qui a collaboré avec Michel Rocard et membre de la commission Balladur. Il soutient fermement l’apport de cette réforme pour limiter les pouvoirs du président de la république et améliorer nettement le rôle du parlement dans son pouvoir de contrôle.

En fait lors de la campagne pré présidentielles le candidat avait annoncé que s’il était élu il proposerait de réformer la constitution pour pouvoir intervenir devant le parlement et pour limiter à deux le nombre de mandats successifs. Je ne me souviens pas qu’il ait été beaucoup plus précis. Juste après avoir été élu il a confié à Edouard Balladur le soin de présider une commission qui devait proposer au gouvernement une réforme en ce sens de nos institutions. Jack Lang a accepté d’en faire partie ce qui lui a valu de devoir quitter les instances dirigeantes du PS. Un certain nombre d’autres personnalités dont Guy Carcassonne que je viens de citer ont fait partie de cette commission . Ce qui me frappe dans cette réforme c’est qu’elle est beaucoup plus marquée à l’arrivée par les souhaits qui s’exprimaient à gauche qu’à droite. Les opposants naturels de cette réforme sont à droite. Pour beaucoup de gaullistes toucher à cette constitution pour limiter les pouvoirs du président et en donner au parlement fait justement craindre un retour à l’inefficacité de la quatrième république. Comme le rappelle Jack Lang, que l’on ne peut pas se contenter de décrédibiliser sans entendre ses arguments, le projet qui sera proposé au parlement va bien plus loin que ce qui était dans le projet socialiste de 2006.

Pour ce qui me concerne je considère que ce projet de bout en bout démontre la capacité du président à faire bouger les lignes et à s’ouvrir aux idées différentes des siennes. J’interprète la caricature dont il fait l’objet par le désarroi dans lequel se trouvent ses adversaires qui s’en remettent uniquement au rejet du style Sarkozy pour le contrer et pour exister. Se souvient-on que François Mitterrand était l’auteur d’un essai intitulé « le coup d’Etat permanent » qui dénonçait les institutions de la cinquième république. Quelles initiatives ont été prises durant ses deux mandats pour les faire évoluer? Les mêmes qui aujourd’hui renâclent pour soutenir cette évolution de nos institutions ont-ils jamais proposé et agi quand ils étaient en situation de le faire ? Je ne le crois pas, mais peut-être que certains parmi vous vont me rafraîchir la mémoire. Pour ce qui me concerne c’est justement parce que je donne la priorité au fond plus qu’à la forme que je soutiens sans complexe l’action de ce président. Ce qui ne signifie pas que j’approuve tout, mais je ressens la nécessité impérative de réformer en prenant des risques comme il le fait. Et comme il n’est pas prévu que je sache d’interrompre les rendez vous habituels avec les électeurs de ce pays, ils auront tout le loisir de sanctionner et d’exprimer d’autres choix l’heure venue.

 

Un sujet me préoccupe parmi d’autres et je m’interroge là encore sur la stratégie qu’il faut soutenir. Je viens de lire un très bon livre sur la première année de la présidence de Nicolas Sarkozy écrit par Jean Marie Colombani et qui s’intitule « un américain à Paris ». Preuve aussi que je suis à l’écoute des critiques éclairées et constructives. Entre autres sujets de désaccord entre l’auteur et le président se trouve la politique d’immigration conduite par ce gouvernement. Pour faire simple Colombani considère que notre rigidité à l’égard des sans papiers est beaucoup trop sévère et assez inhumaine. D’autant plus que dans le même temps nous affichons des objectifs en matière d’immigration pour le travail très élevés. Il est à noter qu’il est tout aussi sévère avec le silence du parti socialiste sur cette situation. La question que je me pose c’est de savoir si le prix à payer pour que le front national reste à un faible niveau dans l’opinion peut être moindre. L’autre question c’est aussi de savoir si les drames humains qu’entraîne l’application stricte de la loi évite des drames en plus grand nombre encore qui se produiraient inévitablement si l’immigration illégale devait encore plus prospérer. La difficulté de gouverner c’est bien d’assumer la globalité des conséquences d’une politique à court et moyen terme sans céder à l’émotion provoquée par le seul élément qui peut-être perçu dans un premier temps. Pas si facile.

 

    

 

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel D 27/07/2008 10:00

Liberté, Liberté, que de mensonges dit-on en ton NOM!

Vinosse 21/07/2008 07:46

C'est vrai que pendant qu'on occupe le peuple avec des problèmes "élevés" constitutionnels, on lui fait oublier des "bassesses" du genre pouvoir d'achat ou libertés individuelles...L'opposition frontale de la gauche est donc indispensable! On a oublié les anciens débats inutiles sur la fin du septennat que, si l'on y réfléchit un peu, ne fut pas une bonne chose pour la vie politique en collant de fait éxécutif et législatif!Vive SINÉ! 

John L 21/07/2008 07:23

Tiens, j'ai trouvé cet article qui résume pleinement ma pensée :La fin du néolibéralisme     07:01 21/07/08 Idées et Débats > Nos dernières chroniques POLITIQUE ECONOMIQUE - JOSEPH E. STIGLITZLa fin du néolibéralisme 07/08 ] Le monde n'est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d'idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu'ils distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général. C'est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l'inflation.Après un quart de siècle d'expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches.Même si les néolibéraux se refusent à l'admettre, leur idéologie a échoué aussi à l'égard d'un autre critère, celui de l'allocation des ressources, comme à la fin des années 1990 avec les investissements consacrés à la fibre optique. Cette erreur a eu au moins un avantage inattendu : le coût des communications a baissé et l'Inde et la Chine se sont intégrées plus avant dans l'économie mondiale.Mais aucune retombée positive n'a accompagné la mauvaise allocation à grande échelle des ressources au niveau de l'immobilier. Les maisons neuves appartenant à des familles qui n'avaient pas les moyens de les payer sont tombées en ruine et des millions de personnes se sont retrouvées à la rue. Dans certains cas, le gouvernement à dû intervenir pour sauver ce qui pouvait l'être et, quand il ne l'a pas fait, les dégâts se sont étendus. Certes, l'investissement excessif dans l'immobilier a été porteur de bénéfices à court terme : quelques Américains sont devenus propriétaires de maisons bien plus grandes que cela n'aurait été possible autrement. Mais à quel coût pour eux-mêmes et pour l'économie mondiale ? Avec leur maison, des millions de gens vont perdre les économies de toute une vie. Et les saisies dans l'immobilier ont entraîné un ralentissement mondial de l'activité. Il y a consensus quant aux prévisions : le ralentissement sera général et de longue durée.De même, les marchés ne nous ont pas préparés à la hausse du prix du pétrole et de l'alimentation. Le problème de fond est que la rhétorique du marché est brandie de manière sélective : elle est revendiquée quand elle sert des intérêts particuliers et rejetée quand ce n'est pas le cas.L'un des rares éléments que l'on peut mettre au crédit de George W. Bush est d'avoir réduit le fossé entre la rhétorique et la réalité, et cela comparé à Ronald Reagan qui, malgré tous ses discours en faveur de la liberté des marchés, avait imposé en toute liberté des restrictions commerciales, notamment la fameuse limitation « volontaire » à l'exportation des voitures japonaises.La politique de George Bush a été pire, mais son outrecuidance à servir ouvertement le complexe militaro-industriel américain est bien plus apparente. L'administration Bush a pris une seule fois une mesure en faveur de l'environnement ; c'était avec les subventions en faveur de l'éthanol, dont l'intérêt écologique est douteux.Ce mélange de rhétorique en faveur de l'ouverture des marchés et d'intervention gouvernementale a été particulièrement nuisible aux pays en développement. On leur a dit de ne plus intervenir dans l'agriculture, ce qui revenait à mettre en danger leurs paysans face à la concurrence irrésistible des Etats-Unis et de l'Europe. Leurs agriculteurs auraient peut-être pu concurrencer ceux du Nord, mais ils ne pouvaient concurrencer leurs subventions. Aussi les pays en développement ont-ils moins investi dans l'agriculture, et le fossé alimentaire s'est élargi.Autrement dit, dans un monde d'abondance, des millions de gens dans les pays en développement ne peuvent toujours pas bénéficier du minimum nutritionnel. Dans beaucoup de ces pays, l'augmentation du coût de l'alimentation et de l'énergie aura des effets désastreux pour les plus démunis, car ces deux postes représentent une grande partie de leur dépense.La colère dans le monde est palpable. Il n'est pas étonnant que les spéculateurs soient les premiers visés. Ils rétorquent qu'ils ne sont pas la cause du problème : « Nous sommes simplement à la recherche du juste prix. » Ce qui veut dire qu'ils ont découvert que l'offre est insuffisante.Mais leur réponse manque de franchise. S'ils s'attendent à une hausse des prix et à une volatilité du marché, des centaines de millions d'agriculteurs vont prendre des précautions. Ils gagneront davantage s'ils font des stocks qu'ils écouleront plus tard. S'ils n'agissent pas ainsi, ils ne pourront pas se rattraper l'année prochaine si la récolte est moins abondante. Quelques grains retirés du marché par des centaines de millions d'agriculteurs un peu partout sur la planète finissent par représenter une quantité appréciable.Les défenseurs du fondamentalisme de marché veulent faire porter la responsabilité de l'échec du marché, non à l'économie de marché mais au gouvernement. Un haut responsable chinois aurait déclaré que le problème tenait à ce que, face à la crise de l'immobilier, le gouvernement américain n'a pas fait assez pour venir en aide aux populations les moins fortunées. Je suis d'accord avec lui, mais cela ne change pas la réalité : les banques américaines ont mal géré les risques, et cela à une échelle colossale, avec des conséquences mondiales, tandis que les dirigeants de ces institutions sont partis avec des milliards de dollars d'indemnité.Il y a aujourd'hui découplage total entre les bénéfices sociaux et les intérêts privés. S'ils ne sont pas soigneusement couplés, l'économie de marché ne peut fonctionner de manière satisfaisante.Le fondamentalisme néolibéral est une doctrine politique au service d'intérêts privés, il ne repose pas sur une théorie économique. Il est maintenant évident qu'il ne repose pas non plus sur une expérience historique. Cette leçon est le seul bénéfice à tirer de la menace qui pèse sur l'économie mondiale.JOSEPH E. STIGLITZ, prix Nobel d'économie 2001, est professeur à l'université Columbia (New York).

John L. 20/07/2008 20:42

Bon, déjà ça fait plaisir de voir que vous prenez en compte les remarques de vos "lecteurs-commentateurs".Alors, en ce qui concerne la réforme des institutions, il faut sans doute la faire. En revanche, je suis évidemment déçu qu'elle n'aille pas assez loin et qu'en soit expurgé la grande majorité des réformes vraiment nécessaires (Sénat, proportionnelle,...). En fait, sur cette proposition, on se retrouve un peu dans la même situation qu'avec le traité  européen ; certains pensent qu'il ne va pas assez loin, d'autres qu'il va trop loin, et beaucoup pensent qu'il s'agit d'une tribune bien commode pour infliger un camouflet à un dirigeant par trop impopulaire.Mais au fond pour moi cette réforme n'est qu'un écran de fumée et le pire, ou le meilleur selon les points de vue, n'est pas là. Le noeud gordien me parait être le climat liberticide qui s'étend sur la France :- Les médias, on l'a vu avec l'assise prise sur les télés publiques- La finance, avec une collusion d'intérêt parafaitement contradictoire avec les préceptes libéraux.- Et le ponpon : EDVIGE. Je crois que là, les pires dictateurs des républiques bananières doivent nous envier cet outil de fichage que même George Orwell n'avait pas osé imaginer :Petit rappel pour ceux qui ne suivent pas et qui veulent en savoir plus sur notre désirable EDVIGE :
Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier dénommé EDVIGE, organisant le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaités s’investir pour leur cité.
Il est également prévu de ficher tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public et de permettre aux services de police d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions, sur la base des éléments figurant dans le fichier EDVIGE.
L’enregistrement des données à caractère personnel n’a aucune limite, ni dans le temps ni dans son contenu, puisque pourront être répertoriées toutes les informations relatives aux fréquentations, au comportement, aux déplacements, à l’appartenance ethnique, à la vie sexuelle, aux opinions politiques, philosophiques et religieuses, au patrimoine, au véhicule, etc….
Si le décret du 14 octobre 1991 permettait déjà aux Renseignements Généraux de récolter et détenir des informations sur les personnes majeures impliquées dans le débat public, EDVIGE étend considérablement le champ des données collectables, comme les motifs justifiant le fichage.
En effet, il s’agit aujourd’hui d’informer le gouvernement sur des individus engagés et non plus de lui permettre d’apprécier une situation politique économique ou sociale.
Malgré les recommandations du Conseil de l’Europe et les nombreuses réserves de la CNIL concernant ce fichier, le gouvernement fait le choix d’adopter un mode de recensement des populations particulièrement attentatoire aux libertés et au respect de la vie privée.
De même que la rétention de sûreté a vocation à prévenir d’un crime hypothétique, EDVIGE pourra avoir vocation à se prémunir contre toute forme d’opposition.

En effet, comment ne pas rapprocher EDVIGE (on s’interrogera au passage sur le choix d’un prénom féminin) d’un contexte autoritaire plus global qui remet en cause l’indépendance des médias, comme celle de la Justice, et qui mène une lutte permanente contre les acteurs du mouvement social ?
Cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte toujours bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne.
Le Syndicat de la magistrature appelle à la mobilisation contre la mise en place de ce fichier d’inspiration anti-démocratique et examinera toute forme d’action juridique pour empêcher sa mise en œuvre.Alors là, évidemment, je me pose cette question :"Comment quelqu'un de libéral, et donc attaché à l'idée de liberté, peut supporter ça ??????"

Vinosse 20/07/2008 07:35

Un spécialiste du combat politique ne devrait pas s'étonner de ce que les parties s'opposassent!Et quand l'une d'elles, affaiblie par le dernier choc et pour renforcer le moral de ses troupes, décide de former le carré pour résister et vaincre enfin l'adversaire, je vois pas ce qu'il y a de mal à redire, mon cher Caesar!Et ce n'est pas le petit Naboléon qui, par erreur de l'histoire est au pouvoir, qui nous contredira! Vive SINÉ!