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Politique week-end.

J’étais samedi à la Mutualité pour assister à un conseil national de l’UMP assez exceptionnel. Quelques jours après le début de la présidence française du conseil de l’Europe, pouvoir écouter successivement le président du parlement européen, Hans-Gert Pöttering, le président de la commission européenne, José Manuel Barroso et le président du conseil pour six mois, Nicolas Sarkozy, était une opportunité à saisir. Je n’ai pas été déçu. J’ai trouvé que c’était un privilège de pouvoir entendre le président de la commission dire avec talent et en français comment il œuvre pour adapter l’Europe au monde. Avant que ne s’exprime Nicolas Sarkozy il était déjà très perceptible dans son discours que les thèses françaises progressaient auprès de la commission. Il était par exemple savoureux d’entendre dire par Barroso que l’Europe devait travailler plus pour maintenir son rang dans un monde qui nous bouscule en permanence. Ou bien dire qu’il était nécessaire que les règles en matière d’immigration soient communes aux 25 pays de l’Union. Comment ai-je pu penser un instant que le discours du président qui allait suivre pouvait être convenu? Tout y est passé. Le rappel des valeurs fondamentales qui fondent la nécessité de l’Europe ; la justification de l’adhésion à l’OTAN associée à la volonté politique puissante d’une défense européenne ; le droit à la critique par le pouvoir politique des choix de la BCE. Mais aussi l’absurdité du G8 qui laisse en dehors la Chine, l’Inde, les pays arabes, l’Afrique et l’Amérique latine. L’anormalité du conseil de sécurité à l’ONU ou ne siègent toujours par le Japon, l’Allemagne et bien d’autres grands pays. Le retour dans les choix nationaux des taux réduits de TVA sur les services, comme la restauration, qui ne génèrent pas de distorsion de concurrence entre les états membres. Le soutien volontariste au paquet climat ou la demande au président polonais de signer à Varsovie le traité pour lequel il a donné son accord à Bruxelles, après que Nicolas Sarkozy ait rappelé qu’il y a un an il s’était impliqué jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé avec cette même Pologne dont il ne pouvait accepter qu’il soit plus difficile maintenant de la garder dans la famille européenne que de la libérer du joug soviétique hier. J’en passe et des meilleures. Mais ce que je ressentais c’est qu’au moment ou l’Europe pose problème aux peuples le président prenait le parti d’affirmer la primauté du politique sur la commission. Je me disais que d’accord ou pas d’accord c’était bien en ne se défaussant plus sur l’administration bruxelloise et en exprimant courageusement la volonté des élus des peuples que l’adhésion des citoyens européens se produirait à nouveau. Innovation aussi quand la France propose d’instituer une présidence à trois avec la Tchéquie et la Suède de manière à assurer une continuité de l’action sur dix huit mois. Selon Sarkozy la rotation tous les six mois se traduit tout simplement par une maîtrise politique de fait pas la commission.

Pour les lecteurs de ce blog qui souhaitent vérifier par eux-mêmes la teneur du discours du président il suffit de l’écouter in extenso en allant sur le site de l’UMP (avec google c’est direct).

A la fin de ce discours exceptionnel qui démontre comment la volonté politique peut faire bouger les lignes, même à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a glissé avec une sorte de gourmandise la petite phrase qui sera a peu près le seul élément retenu par tous les médias. En s’adressant au président du parlement et de la commission il a voulu dire que la France était en train de changer en profondeur. Abasourdi je l’ai entendu dire que « désormais quand il y a une grève en France plus personne ne s’en rend compte ».

A la descente du TGV au retour j’ai allumé la radio. France Info diffusait en boucle la petite phrase et ce lundi les journaux et les éditorialistes font leur une sur la pique présidentielle. Je ne cesse de me demander quels sont les objectifs poursuivis par Nicolas Sarkozy lorsqu’il laisse libre cours volontairement à son inspiration provocatrice. J’ai pensé qu’il savait parfaitement que l’essentiel de son discours n’aurait aucun relais dans la presse et les médias et que c’est par ce moyen de la petite phrase qu’il choisit de guider la ligne éditoriale des journaux. C’est assez incompréhensible et à haut risque et il faudra du temps pour évaluer la portée positive ou négative de ce pilotage des lignes éditoriales des médias consentants.  

Je vous dirais demain ce que m’en a dit hier Fréderic Lefebvre, député très atypique et porte parole du mouvement qui connaît très bien Nicolas Sarkozy, que nous avions invité au méchoui de l’UMP à Lignières.

 

    

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Mo 08/07/2008 11:59

Je crois que la fin de ton article résume pleinement le désappointement des Français face à l’inconséquence de  notre Président. Tu semble Daniel surpris de la stratégie de communication de Sarko mais en réalité il nous a habitué à cela dès le début de son mandat (par ex rôle du Premier ministre sous sa présidence en opposition avec le rôle qu’il voulait donner au Premier Ministre lorsqu’il désirait l’être sous Chirac). Il est capable de dire tout et son contraire dans le même discours. J’admets volontiers que son discours était bon voire très bon mais il semble dévider son raisonnement sans réellement croire aux arguments avancés. Ce discours n’est pas le sien, c’est un discours de façade et pour mieux se détacher des conséquences de ses propos, il prononce une phrase qui rend inaudible tout le reste de son argumentation. J’ai toujours l’impression qu’il ne sait que fanfaronner quitte à mépriser comme le laisse entendre John, une grande partie des Français qui s’agacent de voir que décidément ce président est bien loin de leur préoccupation .   

John L 07/07/2008 11:32

Au-delà du discours, que chacun appréciera avec sa sensibilité, je suis très désappointé par cette volonté, quasi systèmatique chez M.Sarkozy, de diviser le peuple Français. Il ne cherche pas à convaincre mais à combattre. Pourtant des combats, il en est de plus ambitieux ou respectable que celui qui l'oppose à son propre peuple. Comment respecter un président qui méprise avec autant d'ostentation ses semblables. Depuis que j'ai pris mes nouvelles fonctions à Royan, je prends le train et ces grèves je les ai remarquées, perçues, ressenties ; elles m'ont agacé bien sur, par égoïsme, elles m'ont dérangé dans ma routine, mais je les ai comprises dans leur symbolique. Evidemment M.Sarkozy n'a pas les mêmes problèmes : il voyage en avion privé, payé par le contribuable, et son entourage, composé des plus grands patrons français, n'est pas non plus soumis à ces grèves. Depuis Marie Antoinette, peu de politiciens avaient osé proférer une phrase montrant un si grand décalage entre le pouvoir et le "vulgum pécus". Un pouvoir décadent...

Jean 07/07/2008 09:27

« désormais quand il y a une grève en France plus personne ne s’en rend compte »Certes cette petite phrase fait du bruit. Elle résume la pensée profonde de beaucoup de personnes qui ont été pénalisées par les grèves. Mais le Président aurait pu éviter de prendre les syndicats de front ! Il ne faut pas négliger, ni dénigrer les personnes ayant le besoin de revendiquer leurs outils de travail ou leurs salaires.Cette phrase, si elle est utilisé comme "argument de vente d'un discours", ne servira pas l'aura de notre Président. Nous devons convaincre pour rassembler. Et cette phrase n'est pas dans le contexte de rassemblement.Dans "Union pour un Mouvement Populaire" nous trouvons tous les termes qui doivent nous rassembler. Cette phrase divise !Ecoutez-nous et continuons de rassembler...

Cécilia S. 07/07/2008 08:11

Hi-hi...

Omar B. 07/07/2008 08:09

Tant qu'on aura de quoi se payer des  avocats, des villas, etc....