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Bordélique.

Il n’y a pas si longtemps, les promoteurs d’une décentralisation ambitieuse se voyaient suspecter par les partisans d’un Etat fort, garant d’une république homogène, de conduire notre pays vers la chienlit.

Ce qui est plus surprenant maintenant c’est que ce soit l’Etat lui-même qui endosse ce rôle en intervenant auprès des élus locaux sur le sujet de l’intercommunalité pour ajouter à la confusion ambiante.

Si l’on en croit le journal Sud Ouest d’hier, l’Etat est venu encourager hier un redécoupage en Blanzacais. Après 16 ans de réflexion il préconise aux communes du cru de se tourner d’un côté vers l’agglomération du grand Angoulême et de l’autre vers un nouvel ensemble qui devrait se constituer un jour en Sud Charente entre Montmoreau, Chalais et Aubeterre. Le problème de cette approche stratégique qui semble trouver un écho favorable ici où là, c’est qu’elle occulte complètement la quasi impossibilité technique et politique d’y parvenir. On aurait aimé voir l’Etat à l’œuvre dès 1992 pour mieux cadrer les périmètres des communautés lors de leur création et depuis pour achever la carte en incitant toute les communes à participer à la coopération. Après cette léthargie coupable, l’Etat réapparait pour commenter le résultat des incohérences qu’il  a laissé s’instituer. Le problème c’est que l’Etat a une nouvelle fois quinze ans de retard sur ce que l’on attend de lui. La question aujourd’hui qui se pose pour définir le bon périmètre d’une communauté c’est de savoir quelles règles institutionnelles de long terme notre pays doit adopter sur la question de la coopération intercommunale. D’un côté, intégration de plus en plus forte des compétences et légitimité démocratique pour conduire l’ensemble intercommunal, ce qui correspond à long terme à la réduction de fait en termes d’administration du nombre des communes. De l’autre, coopération plus limitée, avec des compétences fixées par le législateur, sur des territoires plus vastes avec au moins une légitimité démocratique directe de l’exécutif. Ces perspectives, ou d’autres, doivent être débattues dès maintenant pour faire les bons choix en terme de périmètre. Dans l’état actuel des règles il est quasi impossible aux élus locaux de faire évoluer de manière significative les périmètres des communautés existantes, hormis le rattachement des communes isolées si l’Etat agit au lieu de deviser en l’air. Reste le symbole quand même. En cette période de début de campagne pour les élections sénatoriales et la représentation des territoires à la chambre haute, venir faire le constat, en terre de mission du sénateur et édile historique de Blanzac, de la désolation ambiante est assez piquant tout de même.  

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Mo 03/07/2008 21:42

a ne mange pas de pain de poser des questions Daniel! Pour les réponses, .... c'est autre chose

Vinosse 28/06/2008 15:36

Un haut responsable des 3B n'a pas jugé notre projet intéressant(au sujet de la voie verte)et donc, par conséquent, aucun dossier de demande d'aide ne sera proposé. Je n'en attendais pas moins!Nul n'est prophète en son pays, mais en plus, c'est un "rapporté" l'auteur de cette décision pleine de lucidité.Bah, y'a qu'à lire la Charente Libre d'aujourd'hui pour avoir idée des problèmes soulevés par cette fameuse voie verte!Je ris quand Pierre Jaulin refuse les rallonges des cabinets d'expertise(je l'approuve bien sûr, malgré la réflexion du journaliste lui prêtant un côté "mauvais joueur"), et je me dis que les membres des CC et autres rassemblements d'incompétents, ont que de la merde dans les yeux quand ils acceptent les devis qu'on leur propose...Parce qu'ils ont les plus bas prix?  Appel d'offre oblige?Mais alors pourquoi sans cesse ces budgets obérés par les demandes supplémentaires?Serait-ce une sale manie obligatoire?Par exemple:  Aujourd'hui, au lieu de demander 1000€, j'en demande 500 qu'on accepte... Demain je redemande 1000€, parce que je m'aurais trompé dans mes comptes, et hop!, je me retrouve tranquille avec 1500€!JE POSE UNE QUESTION! 

Mo 26/06/2008 22:47

C’est sûrement vrai ce que tu dis John et dans une certaine mesure ce que dit Marie. Car  Marie, si nous laissons faire les élus locaux, la notion de Nation n’existerait plus depuis longtemps car les Communes les plus riches se seraient désolidarisées de celles qui le sont beaucoup moins.
Pour moi un Etat centralisateur et jacobin est bien plus préférable à un Etat des individualités. Il est vrai que la décentralisation devenait une nécessité mais les quelques projets de décentralisation auraient pu avoir tout leur sens s’ils n’avaient pas été menés ces dernières années (de gouvernement de Droite) avec comme unique objectif de réduire les dépenses. La conception qu’a l’Etat de la réforme des CdC reste malheureusement toujours la même : le moins de dépenses possibles.

loic besson 26/06/2008 21:54

Le symbole, comme tu dis , est très intéressant  au sens où il concerne une communauté de commune dont l'ex président,  sénateur actuel, a très souvent été décrié pour son immobilisme et son positionnement politique. C'est à se demander si l'UMP, en haut lieu souhaite vraiment le renouvellement de son mandat. Sur le plan local, je plains ses colistiers et souteneurs qui, au nom de la règle partisane,  sont obligés de se taire. Ceci étant,  je déplore également ces stratégies cyclothymiques qui amènent encore de confusion et d'inefficacité à nos institutions. Y aurait-il, finalement une sincère volonté politique à réfléchir sur une refonte de nos institutions? sur un plan médiatique; elle serait annoncée; dans les faits, ya du boulot

John L 26/06/2008 12:53

Eh oui, cette confusion globale est effectivement bien triste. Le débat sur la place, le rôle et la pertinence des institutions prend désormais tout son sens.