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RN 10: on fait rien tout de suite ou on attend encore un peu?

 

 

   Comme le dit si bien Woody Allen, « l’éternité c’est long, surtout vers la fin ». Mardi soir, au Château de Barbezieux, tous ceux qui étaient venus à l’invitation d’Entreprendre en Sud Charente écouter Daniel Herbreteau parler du principal corridor routier de fret européen en France, qui emprunte la RN 10 et la RN 141 en Charente, ont pu une nouvelle fois évaluer l’ampleur du scandale national que constitue l’interminable mise à deux fois deux voies aux normes autoroutières de cette route. 

Il faut savoir que sur deux voies, à Touvérac, le trafic de poids lourds en transit international (7000 par jour) est supérieur de 50% à celui mesuré sur l’A7, dans le sillon Rhodanien. Au total ce sont 9500 poids lourds sur un total de 17500 véhicules par jour qui circulent sur cette route, ce qui aurait justifié depuis longtemps n’importe où ailleurs en France une autoroute. Ce trafic ne cesse d’augmenter et ne peut en aucun cas être redirigé sur d’autres axes. En effet après Angoulème un nombre croissant de ces poids lourds en transit se dirigent non pas vers Poitiers mais bien par la nationale 141 en direction de Confolens puis Bellac et le nord et l’est de l’Europe. A ce jour il passe autant de poids lourds à La Rochefoucauld que sur l’autoroute A10. La géographie est têtue. La liaison la plus courte et la plus plate entre le Maroc, la péninsule Ibérique et l’Europe du Nord passe par Touvérac et Confolens. Pourtant malgré ce trafic considérable la fin des travaux de mise à deux fois deux voies entre Reignac et Chevanceaux n’est pas clairement programmée à ce jour. Certains documents mentionnent toujours 2015 et peut-être 2020. Au rythme ou progresse le trafic (dans sept ans il aura doublé !) on imagine la situation dantesque à laquelle nous allons continuer d’être confronté. 

Comment en sommes nous arrivé là ? Comment peut-on être le premier bassin industriel de Poitou Charentes, être traversé par un corridor routier de fret européen en croissance constante et n’avoir qu’une route à deux voies par endroits. Comment se fait-il que nous soyons l'un des trois départements français (avec l'Ardèche et la Haute Saône) sans un kilomètre d'autoroute? La situation était tellement prévisible et de plus sans équivalent sur le territoire français qu’il est légitime aujourd’hui de s’interroger pour savoir qui est responsable des choix criminels qui ont été faits et le sont encore pour la Charente et les Charentais. 

Le rapport d’audit sur les grands projets d’infrastructures et de transport établi par le Conseil Général des Ponts et Chaussées en février 2003 nous donne quelques pistes. Dans ce rapport on évoque la déviation de Reignac Chevanceaux qui devrait être réalisée dans le prochain contrat de plan Etat Région tout en mentionnant quand même un horizon 2020. Et puis rappel significatif et hautement révélateur il est indiqué qu’il faudra veiller à la cohérence de la mise à deux fois deux voies de la RN 10 avec les fonctions assignées à l’A 10. Le tableau récapitulatif des opérations de rase campagne non concédées indique aussi qu’il ne faudra terminer que progressivement l’aménagement et assurer une mise aux normes limitée aux opérations de sécurité pour la RN 10, et non pas aux normes autoroutières. A cela s’ajoute que pour ce qui concerne le trafic destiné à la RCEA (vers l’est) il est évoqué l’achèvement de l’A 89 entre Clermont Ferrand et Bordeaux pour fournir une solution efficace à une liaison rapide est-ouest.  Belle proposition lorsque l’on sait que le trafic y est interrompu une partie de l’année pour intempéries pour les poids lourds et que le coût est rédhibitoire pour les transporteurs en raison de l’altitude. Ces deux autoroutes, l’A 10 et l’ A 89 sont bien l’argument de tous nos problèmes. Ces deux magnifiques réalisations qui sont inutiles à notre trafic poids-lourd fondent l’omerta et les mensonges de tout l’appareil d’Etat pour masquer le drame des erreurs de tracés et de priorités que nous subissons. A cela s’ajoute le déterminisme d’un système corporatiste qui privilégie malheureusement l’intérêt d’une caste contre l’intérêt général et la sécurité des habitants. En clair, si l'on en croit les connaisseurs, plus le chantier dure et plus les gradés de la route se gavent. Mais aussi plus le coût est élevé pour le contribuable. Et pour cela il suffit de nier et de cacher l’évidence et de tronquer l’information chiffrée. Le travail de désinformation est réussi au delà de tout ce qu’il est possible d’imaginer et l’impensable a été atteint avec une route à deux voies digne pourtant depuis des lustres d’une autoroute à deux fois trois voies. A l’heure du principe de précaution roi et de la peur de la responsabilité il est impératif de dénoncer ce complot et cette situation gravissime que nous subissons. En d'autres lieux des hommes politiques influents et déterminés ont su dépasser ces blocages. Nous ne sommes pas dans ce cas.

La communauté de communes des 3B est dramatiquement concernée par cette manoeuvre des services de l’Etat (DRE, direction des routes etc..) Puisque ce territoire est destiné à être la fin de chantier après encore de nombreux morts il est légitime pour dénoncer vigoureusement cette situation criminelle et rechercher les responsabilités. 

 

C’est aussi sans délai maintenant que nous voulons être informé du budget de l’Etat mobilisé pour achever la sécurisation et la mise à deux fois deux voies de la RN 10 et des délais envisagés pour la mise aux normes de ce corridor. 

A suivre….. 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel Herbreteau 06/03/2006 16:56


Sur la « Route 66 de l’Europe »

Mr le Président, par rapport à la réalité, ton pamphlet pourrait être qualifié de « mou ». Tellement la vérité devient apocalyptique.
 
Etat des lieux:
Sur notre bonne vieille nationale 10, avec par endroits un profil inchangé depuis le 19ème siècle, nous accueillons un trafic international de 7000 PL/jour, alors que l’autoroute A7 accueille à peine 3700 PL/jour pour les trajets supérieurs à 350 km, le fret international y est donc plus faible encore, (la moitié de la N10).
La N10 avec ses 2 voies transporte un volume de fret international supérieur à celui qui franchit les alpes françaises (3 autoroutes).
Plus au nord, la N141 entre Angoulême et Chasseneuil, voit transiter un fret international comparable à celui de l’A7.

Pour la D951 (transit international comparable à celui de La Maurienne), les services de l’équipement envisagent de sortir le grand jeu: Interdire les PL et les obliger à redescendre vers Limoges par une 2 voies et des centre-villes, puis à remonter par l’A20 vers la RCEA*.
En Charente le CORRIDOR OUEST EUROPEEN du fret économique venant de la péninsule ibérique, emprunte l’itinéraire Barbezieux- Angoulême- Chasseneuil- Confolens- Bellac- A20-RCEA en direction du bassin Rhénan, de la Scandinavie et de l’Europe centrale.
Evolution:
Au sud d’Angoulême, le trafic international croît d’environ 10% chaque année. Il baisse de 1% l’an au nord de Ruffec mais, il augmente de presque 13% l’an sur la N141 à partir d’Angoulême vers Chasseneuil, puis Confolens, Bellac, A20-RCEA*. Indiscutablement, le trafic bascule vers l’EST. Sur certains tronçons de la RCEA*, le fret européen en transit augmente de 25% chaque année.
 
 
Notre département est visiblement « favorisé ». Que veut-on lui faire payer, en le gardant à l’écart du schéma autoroutier. D’être le 1er département exportateur de France, ou d’être le 1er département industriel entre la Loire et la Garonne?
Ou encore d’avoir vu naître Jean MONNET, Père de l’Europe et François MITTERRAND, initiateur du marché unique. L’explication est peut-être là, faire payer aux Charentais les conséquences de l’Union Européenne, puisque après tout, c’est un peu de leur faute si l’Europe existe…
 

(*) RCEA: Route Centre Europe Atlantique

Benoît Delatte 05/03/2006 11:31

A force d'engagements répétés et non tenus,la circulation en Charente va devenir un gros problème qui, je l'espère,  saura très prochainement émouvoir les décideurs nationaux. Puisque que les efforts répétés des élus locaux et régionaux n'ont pas donné le résultat escompté, puisqu'il semble que la DRE n'ait aucun intérêt à aider à résoudre rapidement le problème, exigeons une autoroute Chevanceaux Bellac La Croisière. A la vitesse où a été  réalisé l' A89, nous pouvons espérer, par ce moyen, résoudre le problème avant la paralysie sur nos axes routiers. Autant une autoroute est un facteur de développement, autant la circulation mal gérée est  un facteur de régression économique. L'association entreprendre en sud charente continuera à se battre pour obtenir ces équipements nécessaires.

daniel 04/03/2006 21:02

Grrrrrrrrrrrrrr

daniel 04/03/2006 20:48

Je suis agréablement surpris d'apprendre ce soir que Pierre Rémy HOUSSIN ait pu envisager une action d'envergure aussi spectaculaire que de scier quelques platanes les jours d'allers et retours des grandes migrations estivales!
Si je l'avais su alors, j'aurais été partant!

Je le suis encore et je crois l'avoir déjà dit ici!

Je suis un bien maigre charentais!
Il doit y avoir en moi comme du sang breton!

Merci quand même à Mr HOUSSIN d'être ici intervenu pour, avec des chiffres qui pour moi sont étrangers(j'ai du mal avec les chiffres!), rapporter les méandres qui ont conduit la Charente dans de si mauvais pas!

Pierre-Rémy HOUSSIN 04/03/2006 17:46

(Encore une fausse manoeuvre, il va falloir que je m'habitue au blog!!)
c'était une demande toujours renouvelée des Services de l'Etat, toujours refusée) 33% au Département, 33% à la Région, 33% à l'Etat qui, lui, récupère la TVA sur la totalité, ce qui ne lui fait qu'une participation effective de 13,4% alors que le contribuable charentais, alors que chaque famille charentaise payant la taxe d'habitation, paye pour le Hollandais, l'Espagnol, le Portugais, l'Anglais qui, souvent, provoquent accidents, blessés, morts sur notre département. Si encore, dans la négociation, la participation départementale avait été conditionnée à la réalisation totale des travaux sur l'ensemble du territoire charentais, si, dans les négociations, on avait obtenu que l'Etat augmente le volume de sa participation, je n'aurais rien dit, mais pas un cm² de bitume en plus, au contraire on a repris des travaux qui étaient programmés au plan précédent et qui auraient dû être entièrement financés par l'Etat et la Région et pour lesquels le Département a payé 33%. Et les travaux ne vont même pas plus vite qu'avant.
Lorqu'au début des années 70, lorsque le tracé avait été décidé, mais que l'autoroute n'était pas encore construite, j'avais proposé au Conseil Général de sacrifier, sur le RN 10, quelque platanes les 30et 31 juillet et 15 aout de chaque année pour provoquer un embouteillage jusqu'à Poitiers et plus.. on n'a pas voulu.. Les Charentais ne sont pas les Bretons et on récolte ce qu'on a semé.
Alors, cher Président, bon courage, on compte sur vous.