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Carte d'identité.

A la suite des élections municipales de mars, la presse locale a publié un trombinoscope des maires de Charente qui mentionne l’appartenance politique de chacun d’eux. C’est ainsi que 81% des 404 maires se revendiquent sans étiquette, 6% se partagent à égalité entre divers droite et UMP, 12% sont à gauche (7% de PS, 4% de DVG et 1% de PC) et 1% sont modem ou centre. Ces chiffres montrent clairement la réticence des maires, dans leur très grande majorité, à informer les électeurs de leur sensibilité politique. Ils considèrent que la préférence politique relève de la sphère privée et qu’il n’y a pas lieu de l’afficher pour quiconque veut conduire les affaires de la commune au-delà des clivages partisans. Et puis affirmer ostensiblement une appartenance politique, qui est pourtant le plus souvent connue de tous, fait craindre l’émergence de polémiques stériles qui nuiraient à la qualité du travail du conseil municipal. Par cette discrétion il y a aussi la volonté de faire savoir à tous les électeurs que la commune ne sera pas dirigée selon les idées politiques d’un parti et éviter ainsi que l’élection ne dérive vers un vote partisan qui serait très dommageable dans une petite commune. Autant d’arguments qui sont tout à fait compréhensibles et légitimes. L’étiquette politique n’est en effet vraiment pas d’une grande utilité pour la gestion quotidienne d’une commune, pas plus que pour l’animation du conseil municipal ou l’élaboration du projet et les choix d’investissement.

 

En revanche cet automne, les grands électeurs, au premier rang desquels se trouvent les maires, auront à prendre une décision essentiellement politique lorsqu’ils choisiront leurs sénateurs. Dans ce cadre il me parait tout aussi légitime pour celui qui sollicite les suffrages de ses concitoyens de dire ouvertement quelle est sa préférence politique. Cette franchise à mon sens est une marque de respect et de confiance envers l’électeur. Mais je sais aussi que cette transparence à l’échelon d’une petite commune n’est pas simple à assumer. Elle nécessite encore plus d’implication au quotidien pour se faire connaître concrètement au-delà des idées reçues de chacun à l’égard des tendances politiques. La perception par l’électeur de la politique nationale de la sensibilité politique ou du parti auquel on appartient interfère forcément avec l’appréciation du travail réalisé. En revanche, mais dans une moindre mesure sans doute, l’action que l’on conduit localement améliore ou ternit l’image de ce même parti. Pour ce qui me concerne je n’ai jamais pensé un seul instant à masquer mon engagement politique, quels qu’en soient les inconvénients et les risques. En revanche dans le cadre de la communauté d’abord et maintenant dans celui de la commune j’ai toujours à cœur de mettre en évidence que nous avons presque tous des valeurs et des buts ultimes communs et que ce qui nous différencie politiquement réside dans l’analyse et les voies à suivre pour parvenir à l’objectif. A cette aune l’appartenance politique suscite le débat mais rarement le rejet. 

 

J’ai choisi d’adhérer à Démocratie Libérale en 1995 juste après les élections présidentielles et ma première élection au conseil municipal de Reignac. Je suis d’un naturel frondeur, épris de justice et j’aime remettre en cause l’ordre établi. Les principes du libéralisme politique tendent vers la protection des droits de la composante la plus faible d’une société, l’individu. Appliqués à l’économie et à l’organisation d’un pays ce sont toujours des idées révolutionnaires en ce qu’elles remettent en cause toutes formes de monopoles qu’ils soient publics ou privés. Mais il n’y a pas de dogme et ce sont les résultats à atteindre pour tous les individus d’une société qui doivent guider l'action. Ceci peut se traduire selon la formule que j’ai entendue ce matin encore dans l’Esprit Public: « le marché à chaque fois que c’est possible, l’Etat à chaque fois que c’est nécessaire ».


En 2002 j’étais présent à Paris lors de la convention extraordinaire au cours de laquelle la dissolution du parti a été prononcée (en présence de Jean Pierre Raffarin et de Dominique Bussereau DL tous les deux) et où nous avons adhéré à l’UMP avec la plupart des membres du RPR et de l’UDF. Bien que j’aie apprécié le débat d’idées qui avait lieu dans le cadre de DL et des cercles libéraux, je fais partie de ceux qui soutenaient la réunion de ces trois composantes dans un seul et même parti. Pour gouverner, en démocratie, il faut réunir plus de la moitié des électeurs sur le nom d'un leader, une équipe et un projet. Dans ce cadre l’évolution vers un bipartisme à l’anglo-saxonne me semble encore être la voie la plus pertinente. A condition toutefois qu’aient lieu des primaires, sous une forme ou sous une autre, qui stimulent le débat interne dans chacun des deux grands partis et que les militants puissent s’exprimer et être entendus.

 

En Charente, Henri De Richemont, qui présidait jusqu’à ce jour le parti, et Jean Paul Zucchi qui en était le secrétaire général, ont décidé tous les deux de passer le relais à une nouvelle équipe, tout en restant bien sûr le plus actif possible aux côtés des nouveaux responsables. Sur leur proposition Xavier Bonnefont a été nommé par les instances nationales chargé de mission, pour l’instant, afin d’assurer la continuité du mouvement et de préparer les prochaines élections. Sud Ouest s’est fait l’écho samedi de ma probable candidature à la présidence du mouvement, après que j’aie été sollicité par Jean Paul Zucchi. Je souhaitais bien, après avoir passé la main à la communauté et en conséquence fortement réduit le temps que je consacre aux collectivités, mettre à profit une partie du temps retrouvé pour m’engager plus fortement dans le mouvement. Je n’avais pas envisagé de prétendre à la présidence, qui d’ailleurs n’était pas vacante. Sauf rebondissements toujours possibles, je serai donc candidat et ce sera au comité départemental de s’exprimer et de choisir. Ce qui me motive pour envisager d’assumer cette nouvelle responsabilité, c’est à la fois le débat d’idées, l’élaboration collective d’un projet ambitieux et prospectif pour la Charente et la révélation des talents et des équipes qui, par la volonté et la compétence, sauront obtenir la confiance des électeurs pour les prochaines échéances, soutenus par des militants nombreux et motivés. Et qui bien sûr seront fiers de revendiquer leur engagement à l’UMP.

    

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Mo 26/04/2008 11:11

Comment pouvons-nous accepter l’élection d’individus aux municipales sans qu’ils aient d’étiquettes ? Peut-être que l’intérêt communal transcende l’intérêt partisan. Mais une fois élu, que font ces maires et conseillers sans étiquettes du  mandat confié par les administrés ? Ils votent aux sénatoriales en se rappelant miraculeusement qu’ils ont une sensibilité politique même si ceux qui leurs ont confié leurs voies ne la connaissent pas. Résultat, le sénat est depuis des décennies à Droite et peuplé de vieux séniles (Poncelet) qui bien installés dans leur fauteuil, avec une rémunération et des avantages qui feraient pâlir bien des français, ont oublié qu’ils ont une fonction de représentation. Alors, si toi Daniel, tu affiches ton appartenance politique (qui n’est pas la mienne) c’est tout à ton honneur.

Daniel D 23/04/2008 14:34

On n'entend guère les libéraux protester contre l'interventionnisme d'Etat quand celui-ci renfloue le système bancaire en déconfiture à coups de milliards d'euros...Tu te trompes Stéphane....En ce moment c'est à coups de milliards de £ (livres sterling ) que les champions du libéralisme occidental renflouent leurs pertes bancaires....Comme quoi, quand on veut on peut!On a beau avoir les plus grands économistes du monde, à la fin une seule solution existe!Mais bon, l'important n'est-il pas de devenir sénateur?D'une manière ou d'une autre, de gauche ou de droite, d'économie dirigée ou néolibérale qu'importe, seul le résultat compte... Le portefeuille devrait-on dire! 

Stéphane T. 23/04/2008 10:18

« Le marché à chaque fois que c’est possible, l’Etat à
chaque fois que c’est nécessaire ».Ce qui peut se traduire aussi par :"Privatisation des profits, collectivisation des pertes."On n'entend guère les libéraux protester contre l'interventionnisme d'Etat quand celui-ci renfloue le système bancaire en déconfiture à coups de milliards d'euros...NB. Une fraction de ces sommes suffirait à régler la crise alimentaire actuelle, mais on nous expliquera plutôt que les émeutes de la faim sont dues à un mécanisme naturel d'offre et de demande, et qu'on n'y peut rien...

Daniel D 23/04/2008 07:47

"En revanche cet automne, les grands électeurs, au premier rang desquels se trouvent les maires, auront à prendre une décision essentiellement politique lorsqu’ils choisiront leurs sénateurs." Tu voteras pour toi?

John L 21/04/2008 12:58

Personne n'est parfait...