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Paradoxes

« Il est temps de comprendre que l’avenir n’est pas dans les lamentations nostalgiques mais dans la vitesse, la créativité, la souplesse ».  C’est par cette phrase qu’Eric Le Boucher termine sa chronique économique dans le Monde daté d’aujourd’hui intitulée « La Chine et l’Inde supplantent l’Europe ». J’avais besoin de le lire comme chaque dimanche pour découvrir son décodage de l’actualité et je ne suis pas déçu. Il excelle vraiment à prendre le contre-pied des idées reçues et du politiquement correct pour expliquer l’économie. Cette approche paradoxale des phénomènes nécessite beaucoup de talent, d’intelligence et de persévérance pour être compris. Il a tout ça. Compte tenu de ses démonstrations je le trouve quand même un brin atypique dans les colonnes du Monde. Mais c’est sans doute pour ça aussi que je suis si attaché à ce quotidien. La mode chez les commentateurs est plutôt à conforter l’opinion publique dans sa perception première des choses. Au passage je conseille aussi la lecture du blog qu’il tient depuis Davos (dernier article « India everywhere » accessible depuis lemonde.fr), ainsi qu’un brillant petit ouvrage récemment publié chez Grasset « Economiquement incorrect ». Qu’est ce qu’on apprend ? Que l’OPA que tente Mittal Steel est bien un signe de plus du déplacement du leadership de l’économie du monde vers l’Asie. Et Jean Marie Colombani ne s’y est pas trompé qui y consacre son édito dans le même journal. Mais qu’y a t’il donc de vraiment surprenant de la part d’Eric Le Boucher dans sa chronique. C’est qu’il identifie le moteur de la croissance. Et oh surprise, selon lui, il n’est pas que macro-économique, financier ou matériel. Il dépend d’abord du « talent humain ». Au moment ou la polémique enfle dans notre pays sur le CPE qui symbolise aux yeux de beaucoup la volonté du gouvernement d’asservir et de précariser les jeunes il est utile de rappeler que le principal moteur de l’économie est immatériel et réside dans la volonté, la prise de risques, l’innovation, la créativité et le désir de vivre des individus. Je trouve difficile à comprendre que l’on préfère afficher ses bons sentiments à travers de belles lois, même si elles ont pour effet de tenir à l’écart de la société les individus qui ne satisfont pas au niveau de normes qu’elles déterminent, plutôt que de permettre par tous les moyens que les talents puissent s’exprimer pour inventer et créer la valeur ajoutée qui les nourrira. Lors du débat sur les retraites un ami chef d’entreprise (et fils d’immigré portugais) au cours d’une discussion fit éclater de rire tout le groupe en disant : « si ma fille de 18 ans rentre un soir à la maison en me disant : « papa je suis inquiète pour ma retraite », je lui colle une paire de tartes. Qu’elle me dise je veux voyager, partir à l’aventure, prendre des risques alors là d’accord ». Comment peut-on préférer défendre un encadrement réglementaire plutôt que de chercher à tout prix à permettre aux jeunes d’entrer en activité ? On ne peut pas continuer plus longtemps à masquer l’exclusion d’une partie de la population par l’attribution d’un revenu d’assistance qui conduit à coup sûr à une misère durable et définitive tous ceux qui sont concernés. A suivre….     

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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loic BESSON 09/02/2006 20:29

Cher daniel, il ya des mots que tu as l'art et la manière d'employer innocemment et qui, dans le flot de tes propos néanmoins pertinents illustrent des contradictions insoupconnées .
je te cite: "plutôt que de chercher à tout prix à permettre aux jeunes d'entrer en activité"
 
C'est bien là qu'est le problème du " à tout prix". Je te répondrai simplement: pas à n'importe quel prix.
 

daniel 06/02/2006 21:36

Dans "Marianne" de cette semaine, une analyse que je considére comme subtile et fort documentée, nous démontre comment le capitalisme à l'ancienne, "les grandes familles", domine de part sa capacité à tout faire d'elle même(80% et même plus des actions possédées) l'hypocrite libéralisme concédé par F. Mitterrand qui a voulu laisser au "peuple" la possibilité d'en acquérir au moins quinze ou vingt pour cent...
A seule fin qu'il ne puisse jamais peser sur ses décisions...

Edmont 30/01/2006 20:50

L'Inde qui en veut à notre sidérurgie! Quel paradoxe! Nous qui lui avons envoyé, pour être dépouillé à coups de burins par des ouvriers sous-payés et dépourvus de contrats, même précaires, l'épave du Clémenceau...

Ca en fait pourtant de l'acier chèrement gagné...
A la sueur de fronts populaires si mal indemnisés...
Si mal retraités...

Mais bon, puisqu'il suffit de deux baffes bien placées pour le leur faire oublier, gageons alors que l'essai de "Le Boucher" va leur faire découvrir les vraies valeurs indispensables à la vraie réussite! Qu'ils vont se savoir comme "uniques" parmi toute une généralité vouée aux salaires de base(la main-d'œuvre)et qu'alors, toutes portes grandes ouvertes, s'ils font preuve d'initiative(comme dans le grand rêve libéral) tous deviendront patrons de grandes entreprises...

A mon avis, la logique veut qu'il doive en rester un sacré paquet sur le côté...
C'est mathémathique...