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Chaud devant.

Le journal du dimanche titrait hier sur les sombres prévisions de Jacques Attali pour l’économie mondiale en 2008, enfin principalement pour les Etats-Unis et l’Europe. Alors que les fondamentaux sont pourtant toujours excellents, le système bancaire déstabilisé par la crise des subprimes aux Etats-Unis resserre si fort ses crédits que cela pourrait nous conduire, selon lui, tout droit à une nouvelle crise de 1929. La semaine dernière l’intervention concertée des principales banques centrales de la planète pour injecter les liquidités nécessaires au financement de l’économie et éviter ainsi l’asphyxie, comme cela avait été fait et réussi au lendemain du 11 septembre 2001, n’a pas eu les effets escomptés. Cela a semble t-il plutôt contribué à affoler les opérateurs et dès le lendemain les bourses ont bien baissé. Le pire n’est jamais sûr mais ce qui frappe quand même dans l’analyse d’Attali ce sont les handicaps de nos économies qui se caractérisent par des préoccupations de population vieillissante pour l’Europe et par une grande dépendance aux liquidités chinoises pour les Etats-Unis. La dynamique est maintenant ailleurs impulsée par l’Inde et la Chine avec des taux de croissance souvent à deux chiffres qui donnent le vertige. A l’heure où l’on mesure les modifications des équilibres écologiques de la planète provoqués par l’activité humaine on peut se demander pourquoi on devrait considérer qu’une croissance très faible soit un handicap. Tout simplement parce que ce qui motive chaque individu au quotidien, surtout quand il est jeune, c’est de tenter d’améliorer sans cesse son revenu et les moyens dont il dispose pour vivre, et c’est cela qui conduit à de la croissance. Nos compétiteurs sur cette planète, portés par une proportion plus élevée de population jeune, innovent en permanence et essoufflent nos économies qui satisfont aux exigences d’une population vieillissante qui recherche plutôt à se sécuriser sur le dos de sa jeunesse que de relever le défi de la compétition qui lui est imposée. La charge imposée à notre jeunesse est ainsi bien trop lourde et les conditions de sa motivation ne sont plus réunies.

C’est pourquoi les travaux de la commission que préside Jacques Attali pour libérer la croissance sont si importants et méritent d’être étudiés très attentivement. Et si comme il l’indique, quand la croissance est facile on évite soigneusement d’engager des réformes structurelles tant il est doux de les éviter dès lors qu’elles deviennent vitales et pour ne pas sombrer on peut supposer qu’elles seront bien mises en œuvre.
Réalisé dans ce cadre pour servir à la révision générale des politiques publiques, le rapport Lambert examine les relations entre l’Etat et les collectivités locales. Le sénateur fait des propositions concrètes pour simplifier les relations financières entre les différents niveaux de décideurs publics en réduisant le champ des compétences des uns et des autres. Il s’intéresse également de très près à la production des normes décidées à l’échelon national et dont l’impact et la mise en œuvre s’imposent aux collectivités locales. Les exemples sont quotidiens de cette schizophrénie permanente de décisions nationales voulues par les mêmes élus qui localement s’indignent des conséquences de leurs décisions sur le terrain. En revanche le sénateur informe le lecteur que la question institutionnelle n’a pas été traitée dans ce rapport pour limiter le champ du travail et aboutir rapidement à des propositions concrètes. Il glisse quand même quelques remarques sur la nécessité pour les échéances électorales de 2014 de modifier l’élection des délégués communautaires qui devraient selon lui être choisis séparément lors des scrutins municipaux. Il indique également que la piste de l’élection du président de la communauté au suffrage universel n’est pas la bonne idée attendue en ce qu’elle créerait deux niveaux de légitimité avec les délégués et que ce serait aussi un exemple unique dans nos institutions en dehors de l’élection du président de la république. Les élections municipales passées il me semble que ce chantier sera à l’ordre du jour et que les propositions à peine esquissées dans ce rapport se révèleront sans doute très insuffisantes au regard de l’étendue des difficultés à venir dans les relations communes communautés et citoyens. Nous en reparlerons.
L’annonce cette semaine par le président de la république du grand chantier de la réforme de l’Etat sans cesse annoncée et sans cesse repoussée sera cette fois ci inévitablement suivie d’effets. Il faut souhaiter que le souci de l’efficacité l’emporte clairement sur la seule recherche d’économies. Si ce n'était pas le cas le remède serait pire que le mal. Et pour aller vers plus d’efficacité il faut remonter à la source des responsabilités de notre organisation trop lourde. C’est du côté du législateur qu’il faut se tourner, c’est lui qui multiplie les lois et les règlements qui provoquent les lourdeurs d’organisation que l’on dénonce maintenant.
 
Ce soir le conseil communautaire se réunira au Lepa à Barbezieux pour que l’ensemble des délégués entendent les arguments des représentants des enseignants de l’établissement qui s’opposent aux évolutions des formations proposées par le ministère ainsi qu’aux réductions budgétaires qui les accompagnent. Difficile de se prononcer sans avoir toutes les données mais il semble quand même une nouvelle fois inquiétant que l’on sacrifie des formations spécifiquement adaptées à des jeunes qui ont des difficultés pour suivre un cursus scolaire plus exigeant et qui, faute d’être accueillis dans une 4ème techno ou pour un cycle de bac pro en quatre ans au lieu de trois, risquent fort de venir grossir les rangs des candidats à l’emploi sans formation qui coûteront autrement plus cher à la société que ce qu’il aurait fallu maintenir de moyens pour leur formation au Lepa. C’est ainsi que la mission locale que nous finançons par ailleurs se trouve le plus souvent réduite à assurer une assistance pour ces jeunes sortis du système scolaire sans la qualification et sans le bagage scolaire qui leur permettrait de trouver un emploi. Dans ce domaine si fondamental de l’éducation et de la formation il me semble encore plus indispensable que dans tout autre domaine d’être cohérent avec les objectifs poursuivis. L’évaluation des économies réalisées doit inclure l’impact des mesures sur l’insertion professionnelle des élèves à accueillir.   
 
J’ai assisté samedi à la remise de médailles du travail à quatre salariés de l’entreprise Giraud dont l’un faisait valoir dans le même temps ses droits à la retraite. Ces instants là méritent d’être appréciés à leur juste valeur. A l’évocation par le directeur de l’usine des talents de ces salariés et des services qu’ils ont rendu tout au long de leur présence dans l’entreprise j’ai une nouvelle fois ressenti très intensément cette part essentielle de vie consacrée au travail à l’usine. Sans grande qualification à leurs débuts, à force de travail et dans cette autre école qu’est l’usine, ils sont devenus de véritables experts dans leur domaine. Au moment du départ à la retraite le travail ne semblait vraiment plus n’avoir été qu’une « torture ».
Benoît Delatte en rappelant le parcours du nouveau retraité se souvenait qu’en sortant du tribunal de commerce après avoir fait son offre de reprise pour l’entreprise en difficulté, ce même salarié lui avait dit un « à bientôt peut-être » marqué inquiétude. Il n’était manifestement pas le candidat souhaité par le salarié à cet instant. Le temps a passé et à ce jour l’entreprise très modernisée compte parmi les mieux équipées de son secteur d’activité. Elle est en croissance, profitable et dépassera nettement les cinquante salariés au début de l’année 2008. De la reprise de cet atelier en grande difficulté à la transmission à un groupe national d’une usine au mieux de sa forme le chef d’entreprise avec l’ensemble des salariés à fait ses preuves.
J’y vois comme une parabole de ce pourrait être son nouveau parcours.           
             
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Daniel D 18/12/2007 09:50

""J’y vois comme une parabole """

Moi j'y vois encore une fois ton côté "petit jésus"!

C'est vrai que c'est bientôt Noël!

A-t-on bin formoghé l'écurie???