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Semaine 49

Mardi après midi avec les membres du bureau de la section nationale pomme nous avons reçu Alexandre Martinez qui est chef du bureau des fruits et légumes à la DPEI (direction des politiques économiques et internationales) au ministère de l’agriculture. L’objectif de la réunion était de questionner ce représentant du ministère sur les projets à l’étude dans le domaine de l’organisation économique des fruits et légumes. Nous n’avons pas eu de scoop puisque le ministre a prévu de faire part de ses intentions lui-même avant la fin de l’année. Cependant nous savons que cette nième réorganisation a évidemment pour objectif de mettre en conformité le dispositif de l’organisation économique des fruits et légumes soutenu par l’Etat avec les exigences de l’organisation commune des marchés (OCM) elle-même toujours en cours d’évolution pour se conformer aux objectifs de l’organisation mondiale du commerce (OMC). Le but principal pour l’Etat étant sans nul doute de substituer aux quelques aides nationales encore versées à la filière le pourcentage complémentaire de fonds opérationnels européens accordé pour la gestion des crises. Si le raisonnement semble à priori pertinent le calage technique qui sera proposé aboutira à une nouvelle monstruosité administrative inefficace et ruineuse pour le contribuable européen. Pour que les aides européennes, ou françaises pour le peu qu’il reste, soient bien dans la boite verte, selon les critères de l’OMC, des conditions d’obtention particulièrement drastiques sont définies qui les rendent inutilisables pratiquement par les entreprises. Enfin chacun tente au prix de contorsions très difficiles de mobiliser quand même ces aides pour ne pas risquer d’être moins compétitif que son concurrent qui aura peut-être lui aussi réussi à les obtenir. Comme l’Etat craint de devoir rembourser à l’Europe les aides qui seraient attribuées sans une complète conformité avec le cadre ésotérique européen, il gonfle sans cesse les administrations de contrôle affectées à l’inspection des dossiers. L’interprétation des textes étant très variable selon les interlocuteurs, l’insécurité juridique est forcément très importante et les contentieux sont nombreux. Voilà encore un cas qui pourrait utilement démontrer que l’argent prélevé au contribuable a plutôt affaibli l’efficacité économique européenne en même temps que le pouvoir d’achat du citoyen. Au fur et à mesure que les soutiens publics français à la filière fruits et légumes s’amenuisent les effectifs de l’office Viniflhor augmentent. Autant de ressources humaines qui auraient bien plus leur place dans l’économie productive. En fait il n’y a que deux solutions à envisager maintenant que nous savons l’absurdité de ces politiques, renationaliser les aides à l’agriculture ou les supprimer totalement en obtenant qu’il en soit de même dans tous les autres pays du monde. Les effets pervers des systèmes d’aide sont infinis et pourtant seule la paralysie complète du système permettra de décider un jour d’y mettre fin. L’obsession de ces mécanismes détruit au passage ce qui me semble t-il était pourtant précieux et fondamental dans l’organisation collective de la production c'est-à-dire la connaissance de l’offre, l’analyse des marchés, la veille stratégique nationale et internationale, la recherche et l’innovation technique.

 
Je suis parti avant la fin de cette réunion pour me rendre à l’assemblée générale de l’ARCEA dont j’ai fait un compte rendu dans l’article précédent.
 
Mardi je suis allé à Caen assister à la partie des journées techniques de l’ITAB (institut technique de l’agriculture biologique) consacrée à la protection du pommier en agriculture biologique. Les réunions se tenaient dans le cadre magnifique de l’abbaye aux dames siège du conseil régional de basse Normandie. La production de pommes en agriculture biologique n’est pas simple. Au déjeuner j’ai questionné mon voisin de table producteur bio en val de Loire qui me disait qu’au regard de la viticulture la production de pommes en bio était à la fois bien plus complexe et assez aléatoire. Ce qui surprend toujours lorsque l’on échange avec un producteur c’est que le nombre de traitements soit bien supérieur en bio qu’en production fruitière intégrée compte tenu de la faible efficacité des produits utilisés. Et lorsque j’ai demandé quelle quantité il récoltait à l’hectare il m’a répondu qu’il ne dépassait pas beaucoup les 15 à 18 tonnes de pommes vendues en frais, les bonnes années et moins l’année d’alternance, contre 60 tonnes en PFI. Un autre interlocuteur de la table me rappelait qu’un rapport de la FAO récent indiquait pourtant qu’il était tout à fait possible de nourrir la planète avec l’agriculture biologique alors que le Figaro du matin faisait au contraire état d’une production mondiale de produits agricoles qui devient insuffisante. Je fais de plus en plus le parallèle entre le choix que nous avons fait des 35 heures à contre courant complet des objectifs poursuivis par la population, c'est-à-dire moins de chômage et plus de moyens pour consommer plus de biens et de services et les choix de l’après Grenelle dans le domaine agricole qui nous conduisent dans une impasse du même type, renchérissement très important de nos productions qui deviendront plus irrégulières et moins volumineuses, perte de compétitivité et importations en croissance.
 
La Charente libre de vendredi a fait une brève sur l’information que j’ai donnée la veille au journaliste qui m’avait appelé pour connaître le résultat de la réunion que nous avons eue quelques jours plus tôt pour évoquer le conservatoire de musique de Barbezieux. Lors du dernier conseil municipal de Reignac, Jacky Chaignaud notre maire a informé les conseillers présents qu’il ne se représenterait pas et qu’il souhaitait que je sois candidat. J’espérais comme les autres conseillers qu’il repartirait pour un nouveau mandat et nous lui avions fait savoir chaleureusement lors de la remise de sa médaille par le sous préfet. Mais dès lors qu’il maintenait son choix d’arrêter et après en avoir débattu avec lui j’ai accepté d’être candidat pour lui succéder, avec les conseillers actuels qui décideront de repartir et d'autres, si les électeurs le souhaitent. Je dois toujours retrouver du temps pour l’entreprise, ce qui sera possible car même en assumant pleinement la fonction de maire, le temps nécessaire sera sans commune mesure avec mon engagement actuel à la présidence de la communauté de communes.    
 
La journée de samedi a été consacrée à une double présentation du projet élaboré par Clothilde Rousselot du bureau d’études AVEC pour la rénovation du château de Barbezieux et des alentours, le matin devant les délégués communautaires et l’après midi devant les associations qui ont été sollicitées dans le cadre de l’étude. Pour ceux que cela intéresse la présentation sera téléchargeable sur le site de la communauté : http://www.cdc3b.com
 
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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un 16300 14/12/2007 15:11

Y'a vraiment pas de quoi "fouille merde."

Colonel BITEMBOIS 14/12/2007 12:35

Merci, Couillemolle, de me soutenir!

un 16300 14/12/2007 10:19

Et bien, heureusement qu'il y a des décideurs pour faire avancer les choses, car si le peuple devait tout décider ce serait un sacré foutoir .

Colonel BITEMBOIS 14/12/2007 08:38

HONNEUR & PATRIE!

Nom de dieu!

Colonel BITEMBOIS 14/12/2007 08:12

Traité de Lisbonne : les peuples bâillonnés

Le Traité de Lisbonne est donc signé. La procédure va continuer au pas de charge jusqu'à la ratification, qui devrait intervenir dans chaque État européen avant le 1er janvier 2009. En France, les prochaines échéances sont plus ou moins connues : dès le mois de décembre, saisine du Conseil constitutionnel, puis le 4 février réunion du Parlement en congrès afin de modifier la Constitution, et quelques jours plus tard ratification du traité par les deux assemblées. Le président Sarkozy aura alors réussi son pari : faire adopter par les parlementaires le Traité constitutionnel que 55 % des électeurs avaient rejeté en 2005, et dont le nouveau traité est le frère jumeau. Face à cette forfaiture, des dizaines de milliers de Françaises et de Français ont déjà signé une pétition demandant un référendum, et des comités unitaires se sont constitués dans de nombreux départements. Il importe d'accentuer la pression sur le chef de l'État et sur les parlementaires, afin d'obtenir que la ratification se fasse par voie référendaire. Attac-France va continuer à s'y employer durant les jours et les semaines qui viennent, en liaison avec les Attac d'Europe confrontées au même problème, avec qui elle publie le communiqué ci-dessous.

Ce jeudi 13 décembre, les vingt-sept chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne ont signé le traité de Lisbonne qui, s'il est ratifié par tous les États membres, devrait pendant de longues années continuer à imposer aux peuples d'Europe, auxquels on ne demandera pas leur avis, un libéralisme économique échappant à toute contrainte. Ce traité est condamnable à la fois dans son élaboration, dans son contenu et dans le mode de ratification choisi.

Les Attac d'Europe demandaient que tout nouveau texte fondamental européen, qu'on l'appelle traité ou constitution, soit rédigé par une assemblée élue à cet effet. On est loin du compte : le nouveau traité a été élaboré dans le plus grand secret par un groupe d'experts sur lesquels on ne sait rien, puis soumis pendant l'été à une Conférence intergouvernementale (CIG), avant d'être approuvé dans la nuit du 18 au 19 octobre par les dirigeants européens. Le tout sans la moindre transparence !

Quant au contenu, chacun ou presque s'accorde à reconnaître qu'il est à plus de 90 % identique au Traité constitutionnel de 2004, rejeté en 2005 par les peuples français et néerlandais. La principale différence, c'est que le texte est totalement illisible, apportant de façon confuse près de 360 amendements au traité de Maastricht (Traité sur l'Union européenne) et à celui de Rome, rebaptisé pour la circonstance "Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne". Autrement, tous les ingrédients du Traité constitutionnel sont réunis : libre concurrence, stabilité des prix promue au rang d'objectif de l'Union, soumission à l'OTAN, nécessité pour les États d'améliorer progressivement leurs capacités militaires, droit d'ingérence dans les pays tiers, etc. La Banque centrale européenne conserve son indépendance vis-à-vis des États, tandis que le Parlement pèse toujours bien peu face à la Commission et au Conseil des ministres.

La grande différence se situe au niveau de la ratification : cette fois-ci, plus question de consulter les citoyens, c'est trop dangereux : seule l'Irlande le fera pour respecter l'article 46 de sa constitution. Ailleurs, c'est la course à qui arrivera le plus vite à ratifier le traité, par voie parlementaire bien évidemment. La colère est grande en France et aux Pays-Bas, qui voient leur vote de 2005 bafoué. Elle l'est aussi au Royaume-Uni, qui devait se prononcer par référendum en 2006, mais où, là non plus, il n'est pas prévu de consulter le peuple. Elle s'étend également à l'Allemagne, à l'Autriche, à la Belgique, au Danemark et à bien d'autres pays de l'Union. Les citoyennes et les citoyens veulent pouvoir s'exprimer, ils ne veulent plus être écartés de la construction européenne. C'est pourquoi les Attac d'Europe exigent ensemble que le traité de Lisbonne soit soumis à un référendum dans chaque État membre. C'est le seul moyen de permettre de combler, au moins en partie, le fossé qui s'est creusé entre les dirigeants de l'Europe et ses peuples.

Premiers signataires : Attac-Allemagne, Attac-Danemark, Attac-Espagne, Attac-Flandre, Attac-France, Attac-Hongrie, Attac-Pays-Bas.