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Parlons cash.

Juste après avoir mis un lien avec son article, j’ai reçu un mail de Corine qui m’informait de cette publication, de son travail sur la loi Léonetti et du livre qu’elle écrit en ce moment sur bioéthique et philosophie politique. Je suppose qu’après que je lui aie répondu avoir déjà fait référence à cet article sur ce blog elle est venue voir. Les deux commentaires abrupts postés immédiatement par Daniel D l’ont alors incité à répondre longuement. Je ne suis pas sûr que Daniel D s’attendait, moi non plus d’ailleurs, à cette copieuse réponse. Je l’ai vu hier et il me semble qu’il a apprécié la qualité et la gravité de l’argumentation ainsi que les références dont Corine Pelluchon a tenu à nous faire bénéficier. La réflexion de Daniel D progresse, la mienne aussi. Je la remercie très vivement de s’être manifestée ici, sur un blog, ce qui n’est pas pourtant pas, d’évidence, le lieu qui lui semble le plus propice pour un débat pertinent. Qui sait, peut-être sera-t-il possible d’organiser bientôt à Barbezieux une intervention de sa part sur ce thème « Euthanasie, un choix de société » (ou un autre), dans un cadre à définir. Pourquoi pas à l’occasion de la sortie de son livre, même si j’imagine aisément qu’il sera réservé à un public très averti. Qu’en pensez-vous ?
 
 
Mon cher Daniel D je ne suis quand même pas sûr que ça marche à tous les coups. Mais on peut encore essayer avec Alan Greenspan si tu le souhaites. Il t’arrive de provoquer de telles réactions…
 
Pour tenter de répondre à Yvonne je recopie ici pour la commenter sa réponse à la première question de son interview dans le Figaro du 23 septembre. Il me semble qu’elle contient les idées essentielles de son regard sur nous (pour le texte entier il suffit de taper sur google : Greenspan Figaro).
     
LE FIGARO. – Dans votre livre, vous parlez d’obstacles culturels à la croissance en France.  De quoi s’agit-il ?
 
Les sondages sur la vision négative et le rejet par les Français de la libre concurrence m’ont beaucoup frappé. Le contraste avec les États-Unis est impressionnant en dépit de tout ce que nos deux pays ont en commun. Je cite Édouard Balladur qui estime que la libre concurrence, «c’est la loi de la jungle». En vérité, cette approche gouverne la politique française. Comme s’il y avait quelque chose d’antisocial dans la libre entreprise. En fait, pour assurer la croissance, il faut que le capital soit employé là où il est le plus productif et retiré des secteurs obsolescents. Or, à la fin du compte, seules des hausses de productivité assurent la progression du niveau de vie.
 
Pour en arriver là, il faut un processus efficient d’allocation de capital. Celui qui fonctionne le mieux est celui du marché libre. Naturellement, cette «destruction créative» est extrêmement pénible pour les individus qui sont du côté des perdants. Aux États-Unis nous avons accepté ce coût. Nous nous accommodons des pertes d’emplois et de la mobilité importante de la main-d’œuvre que cela implique. Mais, à la différence de la France, nous avons un taux de chômage très bas.
 
Le problème principal que M. Sarkozy s’est engagé à traiter, de manière relativement indirecte, est celui de pouvoir licencier sans encourir des coûts élevés.
 
En France, supprimer des emplois revient cher. Aux États-Unis, non. Notre position est que s’il coûte cher de licencier, les entreprises vont hésiter à embaucher. Cela crée un niveau structurel de chômage élevé.
 
Aux États-Unis, notre productivité effective est supérieure. Je sais que la France affiche un taux de productivité horaire plus élevé que le nôtre. Mais c’est une illusion statistique liée à votre taux de chômage presque deux fois plus élevé. Si l’on intégrait des chômeurs dans le calcul, la productivité française dégringolerait.
 
En termes de revenu par habitant, le rang de la France dans le monde est passé de onzième en 1980 à vingt-cinquième en 2005. Le Royaume-Uni, au contraire, a grimpé. Je pense qu’en grande partie cela est dû à la manière dont la France appréhende la question de la libre concurrence et de la libre entreprise.
 
La France est bien sûr un pays capitaliste. Les droits de propriété y sont protégés. La règle de droit s’applique. J’admire la France pour beaucoup de raisons. Il est clair que votre histoire est plus longue que la nôtre. Ma femme adore Paris. Le Louvre est sans égal. Je comprends que les Français jugent que leur civilisation est supérieure à la nôtre. Mais notre forme de capitalisme brut n’est pas antisociale. Notre croissance extraordinaire a rendu possible des avancées importantes en matière d’éducation supérieure, en matière médicale, en matière de technologie, par exemple. 
Fin .... 
 
Je suis plongé depuis ce matin dans la lecture des mémoires d’Alan Greenspan qu’il a intitulé « le temps des turbulences ». Je n’en ai lu pour l’instant que le quart mais l’intérêt que j’ai ressenti dès les premières pages ne s’est pas démenti depuis. L’homme le plus puissant de l’économie mondiale de 1987 à 2006 évoque comment depuis l’enfance s’est construit sa compréhension des mécanismes de l’économie, son approche particulière pour la prévision fondée sur l’analyse des marchés de biens et de services plutôt que sur des raisonnements macroéconomique. A côté de ses travaux statistiques et mathématiques il a progressivement développé une approche plus culturelle et comportementale des sociétés et des individus. Mais toujours il constate et démontre que seule la libre concurrence permet cette destruction créatrice, ainsi qualifiée par Joseph Shumpeter son contemporain, qui accompagne le changement permanent des techniques et du comportement des individus. Selon lui l’interventionnisme d’Etat et les limitations de la concurrence freinent toujours le développement économique sans rien empêcher des changements nécessaires à terme.    
Le paradoxe en France vient de ce qu’en n’acceptant pas tout à fait la libre concurrence et la libre entreprise nous ne bénéficions pas du niveau de croissance économique que nous pourrions atteindre et dont nous avons besoin pour le niveau de vie que nous revendiquons. Nous associons toujours libre entreprise et refus de solidarité, marché libre et paupérisation aggravée des plus faibles et les deux avec absence de règles, ce qui est évidemment faux. La libre entreprise et le marché libre sont pourtant les conditions incontournables pour la production de biens et de services tout autant que des ressources dont la collectivité a besoin pour assurer ses missions essentielles comme entre autres l’éducation, la justice la sécurité, l’aménagement des infrastructures publiques et un haut niveau de protection sociale. J’y ajouterai que notre organisation collective elle-même traduit ce refus culturel du changement et de l'éfficacité en ce qu’elle ne se réforme pas suffisamment en permanence pour atteindre le niveau de performance permis par l’évolution des techniques ou par un dispositif légal, réglementaire et décisionnel optimisé. C’est ainsi que notre dépense publique comme l’a rappelé Jean Claude Trichet est la plus importante de l’Europe à 25 en pourcentage du PNB sans pour autant que notre satisfaction soit à la hauteur de l’effort consenti.
    
Un peu plus loin dans l’interview l’économiste nous dit : « L’avenir est dans les idées qui servent à concevoir les produits ». Ceci pour bien indiquer ce vers quoi nous devons tendre si nous voulons continuer de progresser dans un monde ouvert. Ce qui ne signifie nullement que l'industrie et l'agriculture n'ont pas encore un avenir pour nous. A l'exemple de l'Allemagne le maintien d'une industrie puissante et exportatrice a nécessité la délocalisation de tout ce qui devait l'être. Les réflexes protectionnistes nous détournent de l’objectif et ainsi nous n’affrontons pas assez résolument les problèmes. Cette semaine par exemple la Tva sociale a été de nouveau évoquée par le sénateur Jean Arthuis. Le président de la commission des finances du sénat veut continuer de promouvoir à prélèvements constants cette technique qui lui semble indispensable pour doper nos exportations et maintenir un peu plus compétitifs nos produits nationaux. Mais avec un taux de TVA déjà à 19.6 n’avons-nous pas déjà atteint la limite de ce que cet impôt peut permettre. Et est-ce qu’enlever du prix de revient des produits que nous exportons une partie de la couverture sociale des travailleurs qui les ont produits ne nous trompera pas sur le vrai prix de revient de ces produits. En quoi finalement avons-nous intérêt à vendre des produits hors de nos frontières en dessous de leur prix de revient réel, c'est-à-dire en acceptant un appauvrissement déguisé. Mieux vaut à l'instar de l'Allemagne, dont le taux de tva après augmentation demeure inférieur au notre, s'attaquer aux vrais racines du mal, c'est à dire la recherche innovation associée à la délocalisation de ce qui peut être fait aussi bien et moins cher ailleurs.  
Pourquoi avons-nous cette propension permanente à vouloir inventer des trucs compliqués qui ne marchent jamais : loi De Robien, 35 heures, préretraites, contribution Delalande, loi Galland et maintenant Tva sociale ou heures supplémentaires défiscalisées. Oui je sais il faut se faire élire. Dommage quand même qu’il n’y ait pas un consensus plus large des responsables politiques des deux bords pour renoncer à toutes ces vieilles lunes et promouvoir enfin une culture économique chez les français, élus y compris, qui nous ferait vivre plus sereinement la compétition mondiale. Qu’en pensez-vous ?
 
        
 
 
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel D 01/10/2007 07:53

Je veux bien essayer d'interpeller Alan Greenspan, mais je suis pas sûr que parmi toutes les attaques dont il peut encore être l'objet,il repère la mienne...
Et puis j'y connais rien en économie...(comme Sarkozy)

Peut-être... heu... Y serait pas juif par exemple???

Mince on est plus en 42! Ça va pas marcher!