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Le ban et arrière ban de scie à rubans.

Le samedi est le jour des rubans tricolores à couper pour les élus. Ce dernier samedi j’ai participé à Passirac à l’inauguration de la salle des fêtes rénovée et de la place de la mairie le matin, et l’après midi à Reignac à celle de la boucle vélo réalisée par le conseil général.  
La participation des habitants, des artisans, des élus et des agents des collectivités ou de l’Etat m’a semblé importante à Passirac. Malgré le temps incertain, c’est dans une ambiance chaleureuse et conviviale que les invités se sont rassemblés devant l’entrée de la salle des fêtes, accueillis par le maire Dominique de Castelbajac et son conseil municipal. Le ruban a été coupé sans trop tarder pour mettre rapidement l’assemblée à l’abri et avant de servir les petits fours laisser la place aux discours.
Le maire, après avoir comme il se doit énoncé la genèse du projet et remercié tous les contributeurs qui ont aidés à sa réalisation, nous a fait part de sa colère face à la fermeture du bureau de poste de Brossac et plus généralement aux retraits des services publics en zone rurale. Chacun des intervenants interpellé par cette question sensible a donc du consacrer une partie de son allocution à y répondre.
Pour ce qui me concerne j’ai plutôt évoqué les solutions envisagées pour assurer la continuité du service que dénoncé la fermeture du bureau par la Poste et la logique qui y a conduit. Dominique et d’autres ont un peu froncé les sourcils en m’entendant, considérant sans doute qu’il était encore temps de mener le combat pour que la Poste renonce à son projet et maintienne ouvert à sa charge un bureau de poste pour le chef lieu de canton.
Je vais donc essayer de préciser ma démarche. Tout d’abord au moment ou nous parlions la commune de Brossac avait déjà validé le projet d’une agence postale communale indemnisée forfaitairement par la Poste conformément à ce que le maire nous avait annoncé en conseil communautaire. C’est pourquoi il m’a semblé qu’il n’était plus temps de radicaliser notre position. Et pourtant, même si je comprends à titre personnel la logique qui préside pour la Poste à une telle décision, il y aurait quand même beaucoup à dire sur les méthodes employées pour négocier la fermeture d’un bureau. On peut en effet difficilement faire plus mal en termes de concertation et de préparation, je l’ai constaté moi même. Mais maintenant le challenge c’est d’assurer une ouverture de vingt heures par semaines à Brossac par une personne recrutée par la municipalité qui devra être suffisamment formée et efficace pour satisfaire la population. Je crois qu’il faut aussi préciser que la seule justification à ce que ce soit une personne sous autorité de la municipalité c’est que la part du temps qui ne sera pas consacrée à la Poste en raison de l’activité trop faible (si l’on en croit la Poste) peut être consacrée à d’autres tâches administratives complémentaires utiles à la collectivité. Ceci afin de ne pas désespérer l’agent ou susciter les railleries de la population. Le maire de Brossac a sollicité la communauté pour qu’elle soutienne la commune dans ce cadre et mutualise les surcoûts probables. Les délégués ont été très ouverts à cette requête et nous devons nous retrouver avec les trois autres communes concernées pour réfléchir ensemble à cette question et à des améliorations possibles.
 
Mais d’une façon plus générale que peut-on dire du service rendu par la Poste à ce jour sur le Brossacais ou ailleurs en zone rurale?
La levée du courrier se fait à neuf heures du matin interdisant la réponse par retour du courrier. Cette situation est dite inacceptable par de nombreux élus ou clients ordinaires. Mais la Poste nous explique à ce sujet que pour distribuer à J+1, compte tenu de la diminution de la vitesse de circulation des poids lourds qui transportent le courrier, il n’est plus possible da faire mieux. Paradoxalement avec cette lenteur, un expéditeur de pineau m’indiquait qu’il ne faut plus expédier de bouteilles par la poste parce qu’elles sont systématiquement cassées à l’arrivée. Et c’est un transporteur qui m’a donné pour explication à cette casse que c’est justement en raison de la lenteur de déplacement sur les routes que les chargements et déchargements ont été accélérés au prix de plus de plus violence dans la manipulation des objets. Paradoxal et inquiétant.
Ce sur quoi on ne peut pas transiger dans la mission de service public de la Poste c’est qu’elle doit toujours assurer la distribution du courrier dans chaque foyer du lundi au vendredi. Même s’il y a eu des manques ici où là, c’est encore une réalité aujourd’hui.
 
En revanche je sais aussi que chacun de nous est responsable par son comportement de consommateur des évolutions en cours à la Poste comme ailleurs. Je sais aussi qu’il faut compter avec le déterminisme des mutations technologiques (internet, portables) qui transforment en profondeur nos modes de communication et mettent la ruralité au cœur du monde, à proximité de tout. Et ce n’est sans doute qu’un début qui nous conduit à délaisser le timbre et préférer l’instant plus une seconde plutôt qu’un hypothétique J+1. C’est l’aspect le plus positif de ce que nous vivons en ce moment dans nos campagnes profondes. A condition quand même que le haut débit desserve tout le monde. C’est ce à quoi Jacques Chabot s’emploie en ce moment à la communauté. A suivre.
   
 
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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