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Libérer le développement local.

Jeudi dernier à l’Elysée le président de la république a installé la commission Attali dont la mission consiste à proposer au gouvernement des solutions concrètes pour libérer la croissance. Cette commission composée de 40 membres ne comprend que deux économistes. En revanche elle réunit plusieurs personnalités plutôt inattendues pour traiter de ce sujet. C’est le cas par exemple de Boris Cyrulnick, médecin neurologue et psychiatre connu pour ses travaux sur la résilience, ce phénomène psychologique par lequel l’individu se renforce des petits et des grands traumatismes qu’il a subi. C’est aussi sans doute le cas de Théodore Zeldin, spécialiste de la France, qui est historien et sociologue à l’université d’Oxford. Bien d’autres membres de cette commission peuvent aussi paraître en décalage par rapport au sujet à traiter. A moins que ce ne soit la corrélation un peu simpliste entre croissance, économie et économistes qui soit trompeuse. La croissance résulte d’éléments comportementaux et culturels des individus tout autant que du réglage des robinets des flux financiers ou du cadrage réglementaire.
En réfléchissant vendredi aux quelques mots que j’allais prononcer devant le public lors de l’inauguration de la foire exposition de Barbezieux j’avais en tête l’intervention un an plus tôt de notre sénateur de Blanzac qui nous avait longuement expliqué à quel point notre sud Charente était pauvre comparativement au nord et que le talent des élus de cette autre partie du département réputée en difficulté avait consisté à faire croire à cette pauvreté pour attirer la solidarité du département, de la Région, de l’Etat et de l’Europe. Mais les vrais pauvres c’était bien nous et c’était de nous dont il fallait vraiment s’occuper. Cette analyse m’avait vraiment agacé tant elle me semblait loin de décrire la réalité du potentiel de développement du Sud Charente. En revanche il apparaissait clairement en creux, sans doute à l’insu du plein gré de Philippe dont ce n’était pas l’objectif premier, que la principale responsabilité des torpeurs dans le développement local incombe en tout premier lieu aux élus du territoire.
Je savais aussi que les deux heures de visite de la foire exposition qui allaient précéder les discours démontreraient une fois de plus l’exceptionnel dynamisme de l’association organisatrice de l’évènement et de ses dirigeants. Je ne doutais pas un instant non plus que de stands en stands le cortège des officiels prendrait la mesure de l’énergie des exposants et de leur ardeur à la réussite, quelles que soit leur domaine d’activité. C’est en sachant tout cela que je repensais à ma rencontre quelques semaines plus tôt avec Jean Louis Sombré et André Meuraillon, respectivement président et directeur général de la foire, et à leur questionnement envers nos collectivités locales pour connaître les intentions des élus au regard des infrastructures nécessaires au développement de la foire exposition. La foire s’est sans cesse développée et renforcée depuis le temps où elle a quitté la place du château pour s’implanter sur le site e Plaisance. Les espaces aux alentours de l’enceinte de la foire sont devenus nécessaires pour les parkings des voitures mais aussi pour accueillir d’autres exposants ou animations qui ne peuvent se loger sur le site devenu trop petit. Mais voilà certains de ces espaces temporairement disponibles sur la zone d’activité ne le sont déjà plus et d’autres le long de l’avenue de Plaisance se le seront bientôt plus quand la voie verte sera aménagée. L’assurance de la disponibilité du terrain mis à disposition par un agriculteur n’est forcément pas garantie non plus.
Voilà une sollicitation extrêmement motivante pour l’élu que je suis. Lors de la réunion que nous avons eue quelques jours plus tard avec l’urbaniste Laurent Mutelet avec qui nous avons longuement travaillé pour définir les meilleures modalités possibles pour le développement des activités économique autour de Barbezieux j’ai bien évidemment inclus cette préoccupation à la réflexion. Entreprendre en Sud Charente et la commune de Barbezieux étaient représentés. L’urbaniste a immédiatement réagi et rebondi pour donner des pistes pour la méthode à suivre et ses premières propositions à chaud sur le sujet. Redressement de la route départementale devenue l’une des entrées principales de la ville, ce qui permettrait d’agrandir significativement l’esplanade tout en permettant l’aménagement d’un passage piéton souterrain sécurisé pour assurer la liaison avec les parkings pour lesquels il y aurait lieu d’assurer la maîtrise foncière. Sa réflexion l’a bien sûr conduit à indiquer que l’aménagement de parkings au regard du coût doit s’accompagner aussi d’une réflexion sur l’implantation d’équipements publics qui pourraient permettre d’amortir un tel investissement par une utilisation plus permanente. Qu’est ce qu’il est possible de faire vraiment je n’en sais rien. En revanche je sais comment procéder pour avancer rapidement sur un projet comme celui-ci comme sur d’autres. Il suffit de réunir un groupe de personnes qui ont des choses à dire sur le sujet, mêmes un peu farfelues. Un groupe de créativité qui s’attache à faire exprimer toutes les idées des uns et des autres sans à priori ni jugement préalable. Le PLU en cours sur la commune de Barbezieux permet de susciter un travail de ce type pour cette partie de la ville. Lentement et progressivement la collectivité élabore ainsi son projet en y associant tous ses partenaires. Ça marche à tous les coups quand la volonté d’aboutir est inébranlable et que le travail est constant et que chacun est respecté et écouté. J’ai redit lors de la foire que la communauté de communes est disponible pour participer à ce travail dont l’initiative ne peut être évidemment que communale.
René Vignerie lors de son intervention très vindicative lors de l’inauguration de la foire est revenu sur les changements à l’hôpital de Barbezieux et sur l’adversité irresponsable selon lui de ceux qui ont manifesté leur incompréhension et leur désaccord. Il a précisé que tout allait presque pour le mieux maintenant pour l’hôpital. A aucun moment je n’ai entendu une quelconque autocritique sur la conduite du changement qu’il a présidé. La division entre les uns et les autres a affaibli l’hôpital, c’est indiscutable. Mais quand le changement se passe mal dans une association, une collectivité, une entreprise, un pays, qui est responsable ? Ceux qui résistent au changement et qui manifestent ou bien ceux qui sont en responsabilité et qui dirigent, ceux dont on attend qu’ils écoutent, qu’ils associent, qu’ils expliquent, qu’ils informent, qu’ils lèvent une à une les objections. Pour ce qui me concerne c’est bien entendu celui qui dirige qui est responsable de la façon dont les choses se passent.
Je suis devenu président de la communauté de communes des 3B il y a plus de quatre ans maintenant après cinq mois de complète paralysie de la collectivité et de violentes tensions entre les délégués. Le territoire faisait chaque jour la une des journaux et la crise faisait un mal fou à l’image de la communauté. Dès le lendemain de mon élection avec les mêmes délégués nous avons pu travailler, engager des projets d’envergure, transférer des compétences des communes vers la communauté dans un assez large consensus. La considération envers chacun et la méthode de travail adoptée par l’un et par l’autre doit bien avoir une part de responsabilité dans l’efficacité collective de cette même équipe.
Lors d’une formation que nous avions souhaitée avec quelques collègues chefs d’entreprise nous avions fait intervenir Georges Chétochine. Il était assez connu pour passer à une émission de TF1 au cours de laquelle il expliquait les personnages célèbres à partir de l’analyse de leurs gestes. Ce que je retiens encore aujourd’hui de cette journée c’est la distinction qu’il faut faire entre l’attitude et le comportement. L’attitude d’un individu c’est ce qu’il dit et qui s’écoute tandis que son comportement c’est ce qui s’observe. Pour bien servir vos clients, disait-il, intéressez vous non pas à ce qu’ils disent mais à ce qu’ils font et vous ne vous tromperez pas. Voilà un bon conseil me semble t’il à donner aux électeurs lorsqu’ils choisissent leurs élus. Parlent-ils par exemple de participation ou bien font-ils vraiment participer ? Une forme de mise au ban d’essai des discours. A suivre.
Vous le constatez c’est bien la rentrée aussi sur ce blog. Même si je n’ai pas complètement cessé d’écrire cet été, ces derniers jours j’avais un peu faibli. En parlant avec les uns et les autres sur la foire j’ai ressenti à l’intérêt porté à ce blog que je devais me remettre au travail sans plus attendre. C’est fait et je peux donc repartir passer la fin de journée à la grande fête populaire du Sud Charente pour me ressourcer auprès de vous.  
         
  
            
      
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Daniel D 05/09/2007 14:28

Une action forte de développement local va être fêtée demain soir(je pense que tu y est invité), c'est l'édification du nouveau Leclerc et son inauguration officielle en présence de Michel-Édouard...

J'en profite pour glisser une petite remarque sur la boutique "presse & médias".
En particulier sur la disposition des revues par genre.

Depuis quelquesjours je sais que plusieurs mensuels de jardinage "causent" de moi, une bonne pub ma foi, qui me fait une renommée dans toute la France, mieux qu'ici en Charente!!!
Donc, poussé par mon orgueil incommensurable, j'ai voulu trouver ces fameuses revues(Rustica, Cahier du Potager, Gazette des Jardins, l'Ami des Jardins, etc...)sur les étagères de la boutique...

Et j'ai dû chercher... Longtemps...

J'ai surtout dû m'accroupir pour les découvrir, cachées qu'elles étaient au "rez de chaussée" du présentoir, et qui plus est, adossées au fond...

Je veux bien qu'un jardinier soit habitué à se courber, mais de là à l'y condamner pour trouver sa revue préférée... Je me pose une question!

La personne qui a choisi cette disposition doit ne pas aimer beaucoup les plantes et le jardinage...

Ni se soucier des chiffres de ventes de ces revues qui ne doit pas être négligeable!

Daniel D 03/09/2007 20:18

La résilience n'est pas un phénomène psychologique, c'est une caractéristique propre à certains matériaux métalliques de pouvoir retrouver leur aspect d'origine après avoir subi une déformation, plutôt brutale comme une torsion ou un écrasement.
Le bonheur du pédopsychiâtre Boris Cyrulnik a été d'en appliquer la métaphore aux dégâts subis par un être de chair, surtout dans son enfance, et à la faculté que certains ont eu de pouvoir rebondir dessus, après...

Mais quant à retrouver son état d'origine, je le sais d'expérience, et Cyrulnik le reconnait quand il dit que les neurones de l'époque et leurs synapses possibles sont définitivement écrabouillés, le matériel humain ne pouvant être comparé à une tringle de banal métal, le temps qui passe noie tout dans les détails les plus insipides au point que jamais il n'est possible à "l'accidenté" de revenir sur des bases solides.

Sinon, pour le Comice, c'est parfait! 2007 fut une grande cuvée...