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Rond point de non retour.

 L’association des élus pour le soutien et le développement des Hôpitaux du Sud Charente tenait son assemblée générale pas très annuelle mercredi soir à la salle des fêtes de Montchaude sous la présidence de Pierre Bobe. Après un  bref rappel de l’activité de l’association et la présentation de la situation financière, le directeur de l’hôpital, Michel Bordas, accompagné de quelques uns de ses cadres de direction et du président de la commission médicale d’établissement le docteur Momar Yali et du président du conseil d’administration Renè Vignerie, a présenté à l’assistance le projet médical, approuvé depuis mars de cette année par les instances compétentes, ainsi que les investissements en cours.
 
Il n’y a pas que la chirurgie aux hôpitaux du sud Charente, comme l’a souligné avec quelque ambiguïté le président de l’association. On peut quand même rappeler que la chirurgie était jusqu’à ce jour un pilier important de l’activité et qu’il y a lieu avant toute autre considération de faire le point sur l’état de ce service. Depuis l’application effective de la fermeture du bloc le soir à 18 heures et les week-ends et jours férié au 1er mars de cette année l’activité s’est à peu près arrêtée en chirurgie viscérale et semble t’il à peu près maintenue en chirurgie orthopédique. La présence des anesthésistes est réduite à six demi-journées par semaine sans gardes de nuit. Le docteur Farhi a décidé de ne plus opérer dans ce nouveau cadre suivant en cela l’avis du conseil de l’ordre. Il a également informé ses confrères qu’ils devraient dorénavant assumer seuls la responsabilité de la sécurité de leurs malades s’ils continuaient d’opérer à Barbezieux. Ils ont préféré cesser d’opérer ou de procéder à certains examens comme les coloscopies pour le gastro-entérologue. Bien que le directeur ait assuré l’assemblée qu’à sa connaissance les deux chirurgiens n’avaient pas manifesté de volonté de quitter l’établissement d’autres sources, comme par exemple Gilles Santer délégué syndical présent à la réunion, affirment au contraire qu’ils souhaitent partir. En tout cas cette situation affecte l’état prévisionnel des recettes et des dépenses de l’établissement et le directeur a informé les membres du conseil d’administration qu’à la demande de l’agence régionale de l’hospitalisation il présenterait lors du prochain CA un nouvel état qui tiendra compte de la forte baisse des recettes de ce service et proposera des décisions à prendre en conséquence. La présentation de la situation par le directeur désigne clairement le Docteur Farhi comme le responsable de l’échec de la réorganisation du service voulue par le conseil d’administration et confirmée par le SROS III. L’argument déontologique ne semble pas trouver crédit aux yeux de l’administration de l’hôpital et ce qui est plus surprenant quand même de la part du président de l’association qui relevait lui aussi au cours de la réunion que l’on en fait un peu trop au nom des normes et de la sécurité. Il y a quelque chose d’assez insupportable à voir quelques personnes s’en prendre à ceux qui respectent les règles plutôt qu’à eux-mêmes qui les ignorent sciemment pour définir et imposer un mode de fonctionnement inacceptable auquel ils veulent soumettre bien entendu d’autres qu’eux-mêmes. Parce qu’on peut facilement imaginer ce qu’ils feraient dans la même situation à l’aune du courage et de la témérité dont ils font habituellement preuve dans l’exercice de leurs propres fonctions.
Prenons un peu de recul et décodons la situation. Fin 2005 comme l’atteste l’étude conduite par Emmanuel Vigneron à la demande de la région Poitou-Charentes et présentée il y a peu à Barbezieux (voir l’article intitulé « réhabilitation ante mortem…») le service de chirurgie avait une très bonne activité comparativement à d’autres de la même taille et sa part de marché était supérieure à ce qui se constate dans des situations équivalentes. La qualité des soins était d’un très bon niveau et la population du Sud Charente appréciait le service, ce qu’elle démontrait par sa présence malgré une concurrence assez forte alentours. Dans le même temps la volonté du ministère relayée par l’ARH et le directeur sur place visait à faire cesser le plus rapidement possible l’activité chirurgicale dans cet hôpital comme dans bien d’autres qui n’ont pas l’activité suffisante pour être aux normes de continuité des soins et d’équipement définies par le conseil national de la chirurgie lui-même. Mais il est difficile de fermer un service qui marche bien et de faire comprendre à la population et aux élus d’un territoire que c’est pour leur bien et pour assurer plus de sécurité et de qualité des soins aux patients. En tout cas personne localement n’a souhaité revendiquer au grand jour la stratégie de développement de l’hôpital sans chirurgie comme le préconise la hiérarchie. C’est donc pour cela qu’il a fallu assurer un savant travail de sape pour affaiblir le service pour pouvoir enfin justifier sa fermeture et désigner si possible dans le même temps un bouc émissaire qui aurait quelques aptitudes pour devenir le coupable idéal. C’est ainsi que tombe la décision du conseil d’administration de janvier, en l’absence et à l’insu du chef de service, de fermer le bloc après 18h heures, week-end et jours fériés. Parallèlement commence une communication auprès des élus et des médias qui distille un dénigrement insidieux du service de chirurgie. Pas d’activité la nuit et le week-end, les chirurgiens et les équipes sont payés à ne rien faire et en plus le reste du temps ce n’est pas glorieux non plus. On balaye d’un revers de main le problème déontologique de l’exercice du métier de chirurgien. C’est d'ailleurs étonnant de penser qu’il ait pu être proposé un mode de fonctionnement encore plus rédhibitoire que celui qui motivait l’ARH pour fermer le service. Plus grosse est la ficelle et mieux elle tient et une partie de l’opinion a vu une certaine logique à la décision prise et a commencé à regarder là où on lui dit de regarder, c'est-à-dire vers le chirurgien rebelle et trop payé. Un peu plus tard on démotive les anesthésistes en supprimant leurs gardes. Et puis vient enfin le moment de mettre en application la fermeture décidée en janvier 2006. Après quand même que l’ARH ait demandé au docteur Le Bihan de rédiger une convention de coopération avec Girac inapplicable. Je me demande à ce sujet s’il ne faut pas voir son absence à la réunion de présentation de cette convention comme un refus déontologique de cautionner le mauvais travail qu’il lui a été imposé de faire. Comme prévu depuis l’activité s’effondre et bientôt le service fermera totalement. Je doute fort qu’après le départ prévisible des chirurgiens d’autres soient recrutés ou viennent exercer dans les conditions anormales proposées. Ce que je n’accepte pas c’est la méthode qui a été utilisée pour fermer le service de chirurgie. Ce que je n’accepte pas non plus c’est qu’il n’ait pas été tenté de consolider le service qui marchait bien en formalisant et en optimisant la coopération avec Girac pendant que le service était au mieux de sa forme. Ce travail aurait du être commencé il y a plusieurs années. Pour cela il aurait fallu qu’il y ait la volonté de maintenir pour la population ce service à Barbezieux en démontrant aux autorités l’intérêt économique et sanitaire de cette stratégie. Il peut arriver qu’un directeur en ait envie et agisse en ce sens. Cà n’a manifestement pas été le cas à Barbezieux. Mais le plus surprenant c’est que le maire, président du conseil d’administration, n’ait eu aucune velléité en ce sens et se soit mis complètement au service de la volonté au combien discutable de l’ARH. Un cas sans doute unique en France. Cela n’excuse en rien le suivisme des élus du conseil d’administration qui, s’ils trouvent la charge trop lourde pour eux, plutôt que d’assister sans comprendre et de valider les décisions ont pourtant tout le loisir de laisser leur place.
Que faut-il penser quand le président du CA dit qu’il y croit encore et que le président de la CME dit lui aussi qu’il y croit encore ? Que c’est la seule attitude qui leur reste pour bien démonter leur bonne foi et qu’ils ne sont vraiment pour rien dans la fermeture qui s’annonce. Ça ne tient pas une seconde une analyse sérieuse mais ça continue de marcher. Cette formule pleine de candeur passe mieux dans la presse qu’une argumentation technique. Momar Yali n’a été réélu président de la CME qu’au deuxième tour contre Farid Farhi avec une voix d’écart. Au premier tour il y avait égalité de voix entre eux. Le scrutin avait pourtant été fixé le lundi 7 mai, une date ou beaucoup de médecins avaient prévus d’être absents. Certains ont pourtant tenu à revenir pour voter. Il me semble que ce vote exprime bien le désaccord profond, bien que minoritaire comme l’a fait remarquer Momar Yali, avec les évolutions en cours.
A la fin de la présentation des investissements qui commencent, chaufferie bois et maison de retraite, le directeur a présenté le projet de redressement de la route départementale associé à la création d’un rond point et d’un grand parking. Il s’est adressé à moi (on sentait qu’il était content d’oser) pour m’indiquer que les autres partenaires avaient donné leur accord pour participer au financement du rond point et que la communauté de communes qui a été associée en 2004 et 2005 aux toutes premières réunions de travail allait aussi être sollicitée. J’avais en effet pris sur moi de demander à la directrice accompagnée d’un vice président de participer à ces réunions. Il me semblait que les communes des 3B seraient attentives à une sollicitation concernant l’hôpital. Cependant début 2006 les communes étaient très clairement tenues à l’écart des décisions essentielles concernant l’avenir des hôpitaux du Sud Charente. J’ai donc pris la plume pour demander avant toute nouvelle participation de la communauté aux réunions concernant ce rond point que soient présentés aux élus de la communauté la stratégie et les projets pour qu’ils puissent décider de l’implication éventuelle de la communauté. Il m’a été répondu par le président et le directeur que tout était parfaitement connu de tous et en particulier des élus de la communauté qui siègent au CA et qu’il n’y avait donc pas lieu de donner suite à ma demande. Si le président dépose une demande auprès de la communauté pour qu’elle participe au financement de ce rond point il lui faudra sans doute de très bons arguments pour obtenir leur accord. Pour ce qui me concerne j’y serai très opposé. Les communes des 3B ont été scrupuleusement tenues à l’écart de toute réflexion stratégique concernant les hôpitaux du Sud Charente et dans cette situation il n’y a évidemment pas lieu de mon point de vue de verser un fonds de concours pour ce rond point à la commune de Barbezieux qui est maître d’ouvrage de l’opération. Une chaufferie bois et une maison de retraite c’est important mais c’est pas forcément communautaire. Un territoire uni pour renforcer son hôpital, faire bouger les lignes et forcer le cadre national pour maintenir un service de chirurgie performant économiquement justifié c’est encore plus important et très certainement communautaire. Les délégués auront-ils un autre point de vue ?      
 
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Le Grand Kric qui Croque 22/05/2007 14:29

Les explications mystiques passent pour profondes:
la vérité est qu’elles ne sont pas mêmes superficielles!
Le Gai Savoir, n°: 126.

sarkophobi 21/05/2007 20:45

http://hastacognacsiempre.free.fr/~diapositives/retraite.pps#5

Pour voir surligné et copié

enfin on peut voir dans le futur 21/05/2007 20:27

Le président de l'UMP, Alain Juppé, a été condamné vendredi à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, une sanction qui remet en cause son avenir politique.

Son avocat, Me Francis Szpiner, a annoncé son intention de faire appel, ce qui suspendra l'exécution du jugement. Après le jugement, Alain Juppé a déclaré à des journalistes qu'il s'exprimerait lundi ou mardi, après un week-end de réflexion.

Le député-maire de Bordeaux, âgé de 58 ans, avait annoncé le 13 janvier qu'il quitterait la vie politique s'il était déclaré inéligible. "Je ferai autre chose. Quand on fait de la politique, il faut être élu ou, sinon, ça n'a pas de sens", avait-il dit.

S'il confirme son appel, il pourra, s'il le désire, conserver ses mandats mais devra attendre entre six mois et un an pour être rejugé, cette fois à Versailles.

Il était jusqu'ici pressenti pour entrer au gouvernement et même pour briguer la succession de Jacques Chirac à l'Elysée en 2007, une ambition caressée aussi par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans une déclaration à des journalistes, s'est dit "surpris" par la décision du tribunal. Il a toutefois souligné que cette décision était "provisoire", ajoutant que la France avait "besoin" d'Alain Juppé.

Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée et fidèle du chef de l'Etat, Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée, ont pressé Alain Juppé de rester à la barre du parti chiraquien. Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a souhaité qu'il "poursuive sa mission" au service du pays.

A la lecture du jugement, l'ancien Premier ministre est devenu livide et a légèrement titubé.

Les juges sont allés au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé contre lui le 10 octobre huit mois de prison avec sursis tout en souhaitant lui épargner l'inéligibilité, grâce à la non-inscription de la sanction au casier judiciaire.

Le tribunal a repoussé cette formule et ses attendus sont sévères. "La nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi. Agissant ainsi, Alain Juppé, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, a trompé la confiance du peuple souverain", dit-il dans son jugement.

JUPPÉ "A TROMPÉ LA CONFIANCE DU PEUPLE SOUVERAIN"

Les juges ont appliqué une loi votée en 1995 - notamment par le député Juppé - qui stipule que tout élu déclaré coupable de certains délits doit être rayé automatiquement des listes électorales pour cinq ans et déclaré inéligible pour dix ans.

Il s'agit de la première condamnation d'un dirigeant majeur de l'ancien RPR dans les enquêtes sur ce parti.

Alain Juppé, qui cumulait à l'époque des faits les fonctions d'adjoint aux Finances du maire de Paris et de secrétaire général du RPR, est reconnu coupable de la prise en charge frauduleuse par la Ville de Paris des salaires de sept cadres de son parti entre 1988 et 1995.

Le tribunal a infligé 14 mois de prison avec sursis aux trésoriers du RPR Robert Galley et Jacques Boyon, ainsi qu'à la "banquière occulte" du parti, Louise-Yvonne Casetta, 12 mois avec sursis à l'actuel patron de l'UMP parisienne, Patrick Stefanini, 11 mois avec sursis à l'ex-secrétaire national du RPR Antoine Joly, et sept mois avec sursis à l'ex-directeur administratif du parti, Jacques Rigault.

Sur vingt chefs d'entreprises qui ont contribué au financement du parti chiraquien, six ont été relaxés, 13 condamnés à six mois avec sursis, le dernier a écopé de sept mois avec sursis.

Fait notable, le tribunal a aussi mentionné dans son jugement la position de Jacques Chirac dans le dossier.

"Alain Juppé, dans la quête de moyens humains lui apparaissant nécessaires pour l'action du RPR, a délibérément fait le choix d'une certaine efficacité en recourant à des arrangements illégaux (...) Certes, il était directement subordonné au président du mouvement", dit le jugement.

Jacques Chirac, qui a présidé le RPR de 1976 à 1994 et a été maire de Paris entre 1977 et 1995, ne peut être ni entendu ni mis en examen tant qu'il est en fonction, en vertu d'une décision de la Cour de cassation en 2001.

Il est cependant visé depuis 2002 par une information judiciaire distincte sur les emplois fictifs, en sommeil, mais susceptible de reprendre lorsqu'il quittera l'Elysée.

"Toute cette agitation factice autour du sort d'Alain Juppé ne peut faire oublier que le vrai responsable des emplois fictifs était Jacques Chirac", écrit le Front national dans un communiqué.

Pour Noël Mamère, député Vert, "ce n'est pas M. Juppé qui devrait être inéligible mais Jacques Chirac".

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a déclaré que le tribunal avait "constaté l'existence de pratiques organisées ayant spolié les contribuables parisiens, au bénéfice d'un parti politique", et confirme qu'il demande réparation.

La Ville de Paris, partie civile, demande au total 1,18 million d'euros de dommages et intérêts dont 416.370 euros pour le seul Alain Juppé. En raison d'un problème juridique, l'examen de ce point fera l'objet d'une autre audience à Nanterre.