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Ma réponse à Maurice Bontinck qui m’interpelle sur Facebook après son éditorial dans la Charente Libre.

A la suite de la publication de son édito dans la Charente Libre du vendredi 20 avril, Maurice Bontinck s’adresse sur Facebook à Xavier Bonnefont, Jean-Huhert Lelièvre, Pierre Berton, Elise Vouvet et moi pour nous demander de confirmer que nous sommes bien en plein accord avec la ligne politique de Laurent Wauquiez, puisque nous sommes toujours adhérents du parti Les Républicains.

Dans la colonne du journal, sous le titre « Immigration : convergence et lutte des places à droite », il dénonce une appropriation des idées du Rassemblement National de Marine Le Pen par Laurent Wauquiez à des fins électoralistes. Il vilipende ses douze propositions sur le sujet qu’il considère démagogiques, voire inapplicables. Et il conclut en considérant que « la digue a sauté ». Et donc qu’il « reste à savoir quel courant emportera l’autre ».

J’ai lu très tôt vendredi cet édito en prenant le premier TGV d’après grève pour rentrer de Paris en Charente. J’avais encore en tête l’audition de la veille au Sénat sur le projet de loi consécutif aux Etats Généraux de l’Alimentation et plus encore les échanges de haute volée entre trois jeunes intellectuels juifs et Bernard Henri Lévy qui vient de publier « L’empire et les cinq rois ». Cela se passait à la Maison de l’Amérique latine, dans une salle comble où j’ai réussi à me glisser après une inscription tardive. De notre attitude vis-à-vis des kurdes à la façon dont nous voulons gérer l’immigration en France, on peut au moins faire un parallèle sur la complexité des questions qui se posent.   

Ce n’est que vendredi soir en revanche quand Jean-Hub m’a demandé si j’avais répondu à Maurice Bontinck que j’ai pris connaissance de la demande. J’ai dû zapper trop vite. Et comme je n’ai pas envie de répondre par oui ou par non d’un Twitt ou d’un commentaire sur FB à cette question, j’ai pris mon temps. Au risque de faire rater le fast checking attendu et d’impatienter à CL.

En voyant Valérie Trierweiler faire ses valises de l’Elysée parce qu’elle venait d’apprendre que François Hollande la trompait, Bernadette Chirac aurait dit impassible : « s’il avait fallu partir à chaque fois… ».

La comparaison est un peu osée évidemment, mais si j’avais du rendre ma carte à chaque désaccord, même sévère, avec le parti, je n’y serai plus depuis longtemps. Pour autant, je comprends bien que la question qui se pose, c’est de savoir si une ligne vient d’être franchie qui nécessiterait cette fois-ci que je parte. Et si en ne partant pas, cela signifie nécessairement que je suis en plein accord avec Laurent Wauquiez sur les propositions qu’il fait pour maîtriser l’immigration en France.

J’ai adhéré à Démocratie Libérale en 1995, juste après l’élection présidentielle. Alain Madelin disait alors qu’il était plus libéral que de droite. C’était et c’est toujours mon cas aujourd’hui. Quand l’UMP s’est créée en réunissant le RPR, l’UDF et Démocratie Libérale, j’ai suivi sans états d’âme. Puisque les institutions de la cinquième République sont faites pour dégager une majorité claire de rassemblement pour gouverner.

Ces institutions ont permis l’alternance de la droite vers la gauche en 1981, la cohabitation en 1986 entre un Président de la République de gauche avec un gouvernement de droite, puis l’inverse en 1988. Et en 2017, ces mêmes institutions ont permis l’élection d’un Président et d’une majorité à l’Assemblée Nationale ni de droite, ni de gauche ou et de droite et de gauche, c’est selon.   

Compte tenu du champ idéologique couvert par le Président et sa majorité, l’alternance redoutée qui pourrait avoir lieu si les français devaient être déçus amènerait alors au pouvoir la prochaine fois les Insoumis ou le Rassemblement National. Les sondages qu’évoque Maurice B valident pour l’instant cette hypothèse inquiétante.

Luc Ferry a publié une tribune dans le Figaro il y a quelque temps qui s’intitulait « Pourquoi je ne suis pas centriste » qui me convient parfaitement. Je soutiens les institutions de la cinquième République et donc en même temps une sorte de bipartisme, un de gauche, un de droite, qui interdit de fait l’arrivée au pouvoir de partis extrémistes.

Les lecteurs de ce blog savent que la ligne politique définie Emmanuel Macron et mise en œuvre par Edouard Philippe est souvent très proche de mes convictions libérales. Ce qui m’interdit d’être un opposant brutal au pouvoir en place. Et cela, même si les lecteurs de ce blog savent que je peux être très critique sur la déclinaison concrète dans les actes de cette ligne politique. La future loi agricole est un bel exemple du décalage abyssal que j’observe entre le cap présidentiel et ce qui est proposé pour le mettre en œuvre.

Je considère au regard du risque de l’extrémisme qu’il est de mon devoir de soutenir un parti à droite qui tente de recréer un espace entre En Marche et le Rassemblement National. A la condition évidente que l’engagement de Les Républicains à ne faire aucune alliance avec le Rassemblement National soit parfaitement tenu.

Je suis également heureux de l’initiative de Virginie Calmels, vice-présidente de LR, qui a fondé son mouvement humaniste libéral, DroiteLib (DL) auquel j’appartiens.

Vient donc maintenant la question des douze propositions de Laurent Wauquiez au nom du parti pour maîtriser l’immigration en France. Sont-elles de nature, par la similitude des idées dont elles seraient issues, à équivaloir finalement à une alliance de fait avec le Rassemblement National de Marine Le Pen? Et donc, qu’elles justifieraient que je quitte le parti. Eh bien non.

Est-ce qu’il est intolérable de proposer la restriction du droit du sol en le conditionnant à la régularité du séjour des parents? Au regard de ce qui se passe à Mayotte, il n’est pas nécessaire d’être xénophobe pour se poser la question.

Le droit du sol en absence de tout contrôle aux frontières de l’hexagone est aussi une situation nouvelle dans l’histoire qui justifie à mon sens que l’on se réinterroge sur notre volonté et notre capacité à le maintenir en l’état alors que grandit le nombre d’immigrants illégaux. Puisque Shengen aux frontières de l’Europe n’a pas démontré à ce jour une bonne efficacité.

Qui est le plus dangereux ? Celui qui propose de restreindre le droit du sol ou celui qui s’y oppose sans agir concrètement pour éviter qu’un jour l’exaspération ne soit trop forte dans le pays et que la violence l’emporte?

Je ne sais pas s’il est possible de ramener systématiquement dans leur lieu de départ les bateaux interceptés dans la Méditerranée. Ce que je sais, c’est qu’il est indispensable de dissuader les passeurs d’entreprendre le périple pour larguer leurs victimes sur les côtes de l’Europe.

Je ne sais pas s’il est possible de reconduire 300000 clandestins en 5 ans. Ce que je sais c’est que la loi actuelle dit que c’est ce qui doit être fait.

Chacune des autres mesures proposées mérite d’être débattue sans considérer à priori qu’elle est populiste ou infâme.

On m’opposera au-delà de ce débat sur les mesures proposées l’humanisme minimum qui devrait nous conduire à accueillir plus largement des immigrants qui, s’ils ne sont pas tous des demandeurs d’asile, ont pour nombre d’entre eux presque toujours de douloureuses raisons de vouloir venir en France. Mais au nom de cet humanisme sommes-nous prêts à desserrer nos normes de pays riche pour être plus accueillants? L’Allemagne s’est un temps largement ouverte aux ressortissants de l’est sans salaire minimum et donc sans faire peser sur la population tout entière leur présence sur son territoire. Enfin au prix quand même d’une baisse de la valeur du travail non qualifié, mais sans augmenter le chômage. Dans notre pays on préfère que les immigrants viennent gonfler les effectifs des sans-emploi plutôt que de laisser fluctuer la valeur du travail pour les intégrer vite. Voilà ce qui nous condamne aussi à devoir contrôler plus efficacement l’immigration illégale.   

Je n’ai pas d’avis définitif sur tout ce qui touche à l’immigration. Je ne valide pas par principe les propositions de Laurent Wauquiez parce que j’appartiens à LR. Et même si je dois m’opposer à telle ou telle, cela ne justifie pas que je quitte le parti. Bien au contraire, je dois m’y exprimer, parce que  ce parti m’appartient tout autant qu’à chacun de ses membres.

L’Assemblée Nationale a adopté hier soir la loi sur l’immigration proposée par le gouvernement. Certains députés En Marche ont grincé des dents. Jean Michel Clément, député de la Vienne que je connais bien pour l’avoir eu comme conseiller juridique, a voté contre et quatorze autres se sont abstenus. La loi d’airain du parti maintient une discipline de fer à En Marche. Comme une sorte de 49.3 permanent fondé sur l’obéissance due à celui qui les a fait députés. Si le contenu de la loi est encore loin des mesures proposées par LR, les orientations données par le Président de la République prennent en compte la pression migratoire nouvelle à laquelle nous devons faire face.

En même temps que j’étais sollicité par Maurice Bontinck pour donner ma position sur les propositions Wauquiez, je me suis retrouvé samedi matin cité à la rubrique « Le mot qui tue » de CL.

Et cela par la grâce de mon Twitt que j’avais rédigé ainsi :«#NDLL @EmmanuelMacron @StTRAVERT nous refusons la violence envers les Zadistes. Donc il faut faire de ces terres propriété de l’État une enclave expérimentale dans la République. Laissons-les réinventer l’agriculture et la vie en société.»

J’ai évidemment surpris et fait réagir abondamment autour de moi. Je ne suis naturellement pas devenu un pro zadiste. Mon raisonnement est on ne peut plus cartésien. Les gouvernements successifs ont laissé s’installer depuis 10 ans maintenant des occupants sur ces terres acquises par l’Etat pour y construire un aéroport. Certains en ont fait leur lieu de vie. Compte tenu du renoncement à l’aéroport il est décidé d’en finir avec cette occupation illégale qui n’est plus justifiée. L’arrivée des forces de l’ordre en grand nombre motive alors tous ceux qui veulent en découdre violemment à accourir de partout en France et d’ailleurs. Et dans ce contexte il est demandé aux forces de l’ordre de prendre les coups mais surtout de ne pas les rendre. De quoi faire perdurer à l’infini cette situation.

Dans le même temps, un mouvement de soutien s’est renforcé autour des zadistes sur cette idée reprise par Edwy Plenel devant Emmanuel Macron qu’une nouvelle façon de vivre, de faire de l’agriculture et de l’artisanat était née là-bas ou bien était en projet.

Il m’a semblé qu’il était bien plus pertinent d’autoriser pacifiquement cette enclave expérimentale sur les terres de l’Etat que de susciter de nouveaux martyrs. C’est finalement la tournure que prennent les choses. Remettre progressivement les occupants dans le cadre de la loi et leur permettre de s’adonner à l’agriculture pour vivre sera riche d’enseignements pour tous ceux que l’expérience fait rêver. La mesure de la biodiversité préservée ainsi que l’évaluation des innovations en urbanisme et en gestion de déchets donneront des références utiles.

Mais voilà je ne colle pas bien à l’image du non-violent puisque je ne suis selon CL qu’un « agriculteur très conventionnel n’hésitant jamais à défendre l’utilisation des pesticides ».

CL s’éloigne facilement de l’investigation honnête et préfère en rajouter sur les idées reçues et les fausses évidences. La paresse intellectuelle transparaît souvent. Et puis le bon mot suffit à faire de l’audience. Alors, comme il faut aller vite... Les fake news ne sont semble-t-il plus hors de portée de ses colonnes.  Heureusement, le Président de la République a dit qu’il envisage de les interdire.  

NB: des pièces jointes vont suivre....

Ma réponse à Maurice Bontinck qui m’interpelle sur Facebook après son éditorial dans la Charente Libre.
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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel D. 24/04/2018 12:42

Je suis banni de CL…

A la fin je reconnais que j’en avais plus contre les intervenants qui font le beurre (moisi) de leur version internet, que d’idées à défendre…

Ne pas oublier que le journal s’est caméléonisé à leur contact: ils puent autant l’un que les autres.