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Tempête médiatique, soufflantes ministérielles, souffle prophétique, air du temps et autres vents de boulets contre les pesticides.

Je me suis souvent demandé ce qui poussait Jacques Vergès à défendre l’indéfendable. Tout le monde, même la pire crapule, a droit à un avocat bien sûr. Et commis d’office si nécessaire. Mais plaider volontairement pour Klaus Barbie, Carlos et bien d’autres sinistres criminels n’a laissé de m’étonner de la part de cet énigmatique ténor du barreau.  

Toutes proportions gardées, je me dis qu’il faut être un peu marteau frapadingue aussi pour tenter d’argumenter aujourd’hui en faveur des pesticides. Que cela doit paraître tout aussi incompréhensible et louche au grand public.

Parce qu’enfin le crime est avéré. Après « Le livre noir de l’agriculture » d’Isabelle Saporta, « Le monde selon Mosanto » de Marie Monique Robin, « Nos enfants nous accuseront » de Jean Paul Jaud, les images horribles des expériences du professeur Séralini, les mises en garde des professeurs Sultan et Belpomme, les rapports apocalyptiques de Greenpeace, les révélations de Générations Futures par la voix du scientifique autodidacte François Veillerette, le diagnostic sans appel du docteur Perinaud,  le cri d’alarme du docteur Véronique Vasseur dans son livre « Désintoxiquez-vous », Envoyé Spécial, j’en passe et des meilleures, Cash Investigation a brisé une nouvelle fois l’omerta sur la télé d’Etat France 2. Louée soit Elise Lucet pour son courage.

Si « ce que je dis trois fois est sans conteste vrai » comme nous l'écrit Lewis Caroll dans « La chasse au snark », cette vérité première n’est naturellement plus à démontrer tant les médias l’ont reprise en boucle depuis des semaines et des mois. Ma marchande de journaux du Relay de la gare d’Angoulême me l’a confirmé encore la semaine dernière. Elle a bien compris qu’il ne faut plus acheter de pommes.

Chacun sait maintenant comme elle que la chimie envahit nos champs, nos vignes et nos vergers, empoisonne nos sols, nos aliments, notre air, nos rivières et nos enfants. Le lobby agroindustriel poursuit son œuvre maléfique avec la complicité des géants de la chimie mondiale. La ferme France idolâtrée pendant longtemps est à cause d’eux devenue le pavillon des cancéreux.

Même le ministre Le Foll l’avoue devant la caméra, les pesticides sont une bombe à retardement. Et Ségolène Royal, bécassine mais sainte femme, soucieuse de préserver la santé des consommateurs demande le retrait du Roundup, des perturbateurs endocriniens et lance d’urgence un concours Lépine pour un détecteur de poche qui permettrait à chacun de vérifier la teneur en pesticides des fruits et légumes au rayon avant de les acheter.

La population a entendu le message. Les marches anti pesticides, comme à Bordeaux dimanche dernier, se multiplient. En Charente, c’est le pasteur de Cognac et de Segonzac qui au milieu des vignes des seigneurs se sent porté par le souffle prophétique pour dénoncer l’usage de la chimie diabolique.  

Il suffirait pourtant d’une loi, une toute petite loi qui dirait : les pesticides à usage agricole sont tous interdits. Tous les produits phytosanitaires de synthèse, mais aussi le cuivre qui stérilise les sols, le soufre qui irrite les poumons et la peau, les insecticides naturels comme l’huile de neem tant elle est toxique pour l’homme, ou bien les pyrèthres destructeurs de la faune prédatrice. Tout, il faut tout interdire. Même l’azote qui pollue les nappes doit être interdite. L’assemblée Nationale voterait comme un seul homme pour cette loi rédemptrice. Le Sénat ferait de même après avoir entendu les arguments d’évidence de Nicole Bonnefoy.

Et pas question de se faire embêter par l’Europe ou l’OMC. A l’heure où chacun rétablit ses frontières, une telle mesure de sauvegarde de la santé publique prévaut sur toute autre considération ou traité mercantile. Aucun produit en provenance de pays autorisant l’usage de pesticides ne doit plus entrer en France. Mais bon sang qu’est-ce qu’on attend?

Ce qui est vrai pour les plantes l’est aussi pour les hommes et les animaux. Il faut aller plus loin et vider les pharmacies de tous ces médicaments chimiques issus des mêmes monstres capitalistes. Nous connaissons l’homéopathie, la phytothérapie, la naturopathie, l’acupuncture, enfin toutes les médecines douces nécessaires à notre bonne santé. Comment accepter plus longtemps que des médecins qui se targuent de vouloir nous soigner nous fassent d’autorité ingérer tant de produits chimiques. La presse a pourtant révélé que la première cause de mortalité chez les personnes âgées, après la vieillesse évidemment, c’est quand même la surconsommation de médicaments.

C’est Philippe Rothgerber, un arboriculteur bio de l’est de la France qui l’a utilement rappelé dans sa présentation lors du symposium organisé avec Greenpeace à Bruxelles en novembre dernier, dieu a tout prévu. Aucune chimie n’est nécessaire puisqu’il est dit dans le Deutéronome 7-12 et 13 : « Si vous écoutez ces ordonnances, si vous les observez et les mettez en pratique, l'Eternel, ton Dieu, gardera envers toi l'alliance et la miséricorde qu'il a jurées à tes pères. Il t'aimera, il te bénira et te multipliera; il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol, ton blé, ton moût et ton huile, les portées de ton gros et de ton menu bétail, dans le pays qu'il a juré à tes pères de te donner. »

Finis les maladies et les fruits et légumes bimbos. Retournons sans la retourner à la terre qui ne ment pas. Marre de la science, de la technologie et des productions intensives.  

La grave crise du monde agricole s’en trouvera d’un coup résolue. Les surproductions et les prix bas ne seront plus qu’un lointain souvenir. Le chômage aussi. Parce qu’il en faudra des bras pour enlever les herbes concurrentes ou comme le préconise Greenpeace dans son très beau rapport pour enlever un à un les pucerons sur les pousses.

Et que l’on ne nous dise pas que c’est impossible. Sud Ouest dans son édition de samedi a rappelé que Jean Marie Lespinasse démontre depuis plus de quinze ans avec son jardin naturel qu’il est parfaitement possible de récolter de magnifiques fruits et légumes sans aucun intrant, même ceux homologués pour l’agriculture biologique. J’en ai déjà longuement parlé sur ce blog et son livre est à lire absolument.

Les bonnes résolutions de la COP 21 nous encouragent à cette rupture salvatrice. Ne les trahissons pas en faisant de ce grand moment de communion une sorte de CLOPE 21 qui partirait en fumée.

Je sens monter l’enthousiasme en vous mes chers lecteurs, mais il me reste un ou deux doutes quand même dont je dois vous entretenir dans un prochain article.

A suivre donc…. 

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
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Daniel D. 22/02/2016 09:07

Aujourd'hui, tu me tires un sourire !

C'est quelquechose !!!!