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Carnets de campagne. (2)

J’ai hésité pour le titre. Mais les élections auront bien lieu comme prévu les 6 et 13 décembre prochain. Et au-delà des souffrances, du deuil et de la compassion, c’est bien de politique dont il faut parler. Et de la plus essentielle quand on considère le cataclysme qui s’est abattu une nouvelle fois sur la France.

Cet après-midi, c’est Denis à qui je serre la main en arrivant sur le parvis des chais Magélis qui me dit la voix blanche, « mon petit neveu et son amie étaient au Bataclan vendredi dernier, il a survécu, elle est morte. Ses obsèques auront lieu mardi à Chartres». Hier soir, après une réunion d’échanges à Courcôme dans le cadre des élections régionales, c’est une femme qui me fait part de son inquiétude. Sa fille vit à Paris. Elle dinait ce soir fatidique dans un restaurant à quelques mètres de distance d’un des bars visés par les tueurs.

Depuis samedi dernier, à La Grande Motte, Paris, Bruxelles ou en plusieurs lieux de Charente, chaque jour j’ai croisé une personne dont un membre de la famille, un ami ou une connaissance s’est fait assassiné,  a été blessé ou avec plus de chance est sorti, physiquement au moins, indemne des folles attaques meurtrières commanditées par l’Etat islamique.

Le retentissement dans toute la France et au-delà est immense. Sans doute aussi par ce lien réel que chacun de nous a pu tisser avec les victimes de ces attentats. C’est ainsi que la sécurité pour eux-mêmes, leurs proches et le pays tout entier est devenue cette fois-ci la priorité absolue pour les français, en même temps qu’ils demandent la neutralisation rapide des auteurs directs et indirects des attentats. Bien plus encore qu’après ceux de janvier contre Charlie Hebdo et l’hyper Casher de Montreuil. Parce que ce sont tous les français sans distinction qui ont été ciblés cette fois-ci.

Depuis le vendredi 13 novembre nous sommes entrés dans une autre réalité. Celle de l’Etat d’urgence, d’un deuil national de trois jours et donc aussi, nous a dit le Président de la République, d’une guerre longue et incertaine. Une guerre contre l’islamisme en France, l’Etat islamique en Syrie et en Irak et tous les monstres sanguinaires qu’ils génèrent en nombre grandissant partout dans le monde comme jusque dans nos villes et nos campagnes.

Evidemment la question se pose de savoir si les interventions hors de nos frontières au nom du soutien au camp de la liberté ne font pas surtout prospérer, à défaut de l’anéantir, cet islamisme hurlant et vengeur contre tout ce que nous représentons. Mais voilà, le processus est enclenché. Alors il faut aller au bout. Et dans l’immédiat en endiguer les effets et mettre hors de nuire sur notre sol tous les bras armés de ce terrorisme envouté et aveugle. Ne plus laisser entrer de nouveaux djihadistes sur notre territoire est corrélativement tout aussi prioritaire si cela est encore possible.

Heureusement, cette fois encore, les raisons d’espérer dans notre capacité collective à surmonter l’épreuve sont bien réelles. Comme chacun, j’ai lu dans la presse tout ce que j’ai pu des innombrables récits des comportements héroïques de tous ceux qui ont porté assistance aux otages et aux blessés malgré la grenaille. Videurs du Bataclan, survivants, passants, voisins, forces de l’ordre, pompiers, médecins, ils sont nombreux à avoir fait bien plus que ce que l’on imagine pouvoir faire soi même dans une telle situation. La France a peur, mais nombre de français sont courageux et prêts à défendre leur liberté et leur mode de vie. J’ai pu vérifier que les terrasses se sont à nouveau remplies du côté du canal Saint Martin et ailleurs dans la capitale pour témoigner symboliquement de cet engagement.

Et puis, avec l’état d’urgence proclamé, l’absolue nécessité fait un peu plus la loi et on s’aperçoit stupéfait des marges d’efficacité dont nos services de renseignements, notre police et notre armée disposent pour résoudre un problème aussi grave et complexe que celui auquel nous sommes aujourd’hui confrontés.

Il s’agit maintenant de fixer très précisément la ligne de partage entre un Islam de France encore mal défini et l’islamisme intolérable sur notre territoire. Si les français de confession musulmane doivent pouvoir vivre leur foi dans le respect des lois, les islamistes en revanche doivent être considérés comme des agresseurs intolérables contre nos valeurs et la République. Ils seront en conséquence traités comme tels. De nombreuses tribunes très pertinentes sur le sujet ont été utilement publiées dans la presse quotidienne ou hebdomadaire depuis les évènements de ce sinistre  vendredi 13. Toutes confirment que cette difficulté est loin d’être surmontée. Le travail politique complexe doit être absolument conduit dans le souci permanent de préserver l’unité nationale. C’est à mon sens le chantier le plus complexe à entreprendre et les écueils à éviter sont de taille.

Mais comme je l’annonçais au début, il y a bien aussi un lien entre l’effort de guerre qui commence et les élections régionales des 6 et 13 décembre. La priorité vient d’être donnée à la nécessité de combattre à grands moyens l’islamisme. Et cela malgré la dégradation supplémentaire des comptes publics que cela va entrainer. Chacun comprend que cela est incontournable.

En revanche, une nouvelle dégradation des comptes publics ne sera pas tenable longtemps. Il est plus que jamais nécessaire d’infléchir vigoureusement toutes les politiques publiques actuelles qui affaiblissent économiquement la France. Parce que l’effort de guerre que nous engageons nécessite des moyens pour la police, l’armée et la justice. Parce que l’on ne lutte pas contre l’islamisme sans diminuer drastiquement le chômage et la dépendance aux aides sociales de trop de nos concitoyens. Seule une croissance soutenue permet de relever le défi dans la durée. 

Pour cela il faut s’inspirer concrètement de ce que nous vivons depuis une semaine. Que constatons-nous ? Que dès lors que l’on assouplit des réglementations trop rigides, la dynamique et l’efficacité réapparaissent. Et comme en matière de performance policière, l’économie et l’emploi réagissent très vite au desserrement des contraintes. Chômage, comptes publics et croissance sont donc cet autre état d’urgence qu’il faut décréter pour libérer les énergies et les talents. Les exemples de succès autour de nous en Europe ou ailleurs ne manquent pas pour nous montrer la voie.

Pour réagir à la crise déclenchée par les attentats, François Hollande est venu puiser très vite dans les propositions pragmatiques déjà anciennes de la droite. En matière d’économie et d’emploi, il y a cette même nécessité de mettre en œuvre concrètement une refonte de l’organisation du pays pour diminuer ses coûts de fonctionnement et les prélèvements obligatoires qui vont avec et qui épuisent les français. Et là, autant faire confiance à ceux à droite dont c’est la culture et le souci permanent plutôt que d’y aller à reculons avec des élus de gauche contraints par les évènements à une conversion forcée.

Il va en falloir du courage, de l’énergie, du pragmatisme et de la pédagogie pour vaincre nombre de tabous et de dogmes qui paralysent le pays. L’envie de chaque français de vivre libre, heureux en sécurité et en paix doit nous donner l’impulsion et le courage politique nécessaire qui nous manquait encore.   

Au côtés de Virginie Calmels, Xavier Bonnefont et tous les colistiers de Charente et des 11 autres départements, c’est ce combat qui me motive et pour lequel nous sollicitons tous la confiance des électeurs. 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Aubarecy 23/11/2015 10:01

RMC-Didier Giraud/éleveur "Jacob est un NUL,ce con là aurait pu être d'accord une fois dans sa vie..ça m'afflige sur la politique,et me donne envie d'aller à la pêche aux prochaines élections,lui qui faisait aussi croire quand il était président du cdja qu'il était éleveur,alors qu'il avait 15 vaches et 150 ha de céréales....ILS disent on va faire Le Grand Changement pour revenir,et comme disait Churchill "la politique c'est l'art d'expliquer ce qui va se passer demain,aprés demain,et la semaine d'aprés et d'expliquer ensuite pourquoi rien de tout cela ne s'est produit.

alain boivin 24/11/2015 00:35

"... l'art d'expliquer ce qui va se passer demain,aprés demain,et la semaine d'aprés et d'expliquer ensuite pourquoi rien de tout cela ne s'est produit."
Rectification: ça, c'est la définition des économistes, pas des politiques.
Certes, les politiques se trompent souvent, mais les économistes, toujours.

Aubarecy 23/11/2015 09:36

Expert sur la question du terrorisme,Roland Jacquard estime qu'il faudra 3 à 4 ans de guerre contre Daech afin d'assécher ses finances.Ph.De Villiers exagère dans ses propos,Michel Onfray est sur la même voix que Dominique De Villepin: "L'Etat islamique est l'enfant monstrueux de l'arrogance de la politique occidentale".Si comparé au Monstre tentaculaire de Daech les "Bisounours" d'Al-Qaida inventé par les Américains,lors de la guerre en Afghanistan,dans les années 80 contre les Russes peut remercier G.W. Bush,dix ans après la guerre illégale contre l'Irak,juste pour le pétrole, le pays sombre dans un sanglant chaos et devient une place forte des djihadistes. Les sunnites, qui s'estiment, à juste titre, persécutés et marginalisés, sont majoritairement en révolte larvée ou ouverte contre Maliki le chiite,mis en place par les Américains,aprés Sadam Hussein (un remède pire que le mal !).Si le coût humain est dramatique, le coût financier est vertigineux : le magazine Foreign Policy a calculé que l'ardoise s'élevait à 1 700 milliards de dollars, chiffre qu'il faut majorer de mille milliards de dollars pour tenir compte des intérêts des prêts destinés à financer la guerre.De plus l'Arabie Saoudite démantèle le Yemen en créant des groupuscules avec la contribution de l'Occident.Le résultat est qu'il y a aujourd'hui une course effrénée de Boko Haram- Al-Qaïda - Front al-Nosra - Daech qui en fera le PLUS…

Daniel D. 22/11/2015 10:07

"Et là, autant faire confiance à ceux dont c’est la culture et le souci permanent "

Me dis pas que tu envisages le retour de sarkozy ? L'ami des puissances d'argent, de cet argent qui pue, le licenceur de policiers et autres défenseurs de la nation !
Et de tout le reste !

DA SYLVA 24/11/2015 15:35

En vivant la France de Hollande on pourrait pasticher la citation de Aullard et dire: Ah! que la France était belle sous Sarkozy...quoique pas dans la tête de tous !!