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Même que ça s’peut!

J’y suis allé plutôt à reculons hier, à la réunion des cadres du mouvement. Parce que ces temps-ci mes chers lecteurs, j’ai un peu de vague à l’âme comme président de la fédération UMP Charente. Non pas que j’aie des doutes sur mon engagement, sur l’intérêt de la politique ou sur la voie à suivre pour le pays. Mais je me sens un peu désemparé par le désarroi et la colère des militants, tout comme des citoyens, face au spectacle d’une élite politique de la droite et du centre à la ramasse, désunie et donc collectivement inaudible. Alors que dans le même temps il y a un Himalaya de défis majeurs à relever pour notre pays.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, quand je poussais la porte du parti à Paris, je savais que je n’allais pas regretter le voyage. Que le talent des uns et des autres allait souvent me bluffer et que je serai au retour ragaillardi pour un temps. Hier, en revanche, j’étais plutôt renfrogné à l’arrivée et peu disposé à distribuer des bonnes notes facilement aux responsables d’un parti en charpie. Je crois même qu’inconsciemment une envie sourde de distribuer des claques me taraudait.

Café, discussions picto-charentaises, serrage chaleureux de la main de Bruno Le Maire, réservation d’une chaise pas trop loin de la scène et Nicolas Sarkozy, le Président nouvellement élu, est arrivé.

Voilà un type qui a été Président de la République, dont je pensais comme Bernadette que la place n’était plus à la tête d’un parti, qui redescend dans l’arène tout en bas et qui deux heures durant annonce méticuleusement sa stratégie et son plan de revitalisation pour le parti aux Présidents et secrétaires de comités départementaux, aux conseillers nationaux de ces mêmes départements.   

Le branle bas de combat est impressionnant. C’est debout les morts qu’on entonne. Les esprits chagrins s’évanouissent. On retient son souffle, on rit, on applaudit. Une tornade balaie les doutes des plus dubitatifs. Le texte est précis, incisif, incontestable, juste pour tout dire. Même les fautes de grammaire semblent indispensables. Les images de l’état des lieux du parti, du gouvernement, de la France et du monde sont fortes. La mise en perspective des enjeux interdit l’indifférence. Le corps tout entier est sous tension et parle pour qu’on aie pas de doute sur la gravité et le sérieux des propositions.

Bon sang quelle énergie, quel leadership, quel charisme. Vu le prix des coachs en management sur le marché, il est impayable, hors catégorie. On est 200000 adhérents en début de réunion et pour sûr déjà 500000 en 2016 quand on quitte la salle. Qui dit mieux ? En tout cas moi j’y crois. Je suis fin prêt à remonter sur mon cheval pour faire ma part du travail et lever des troupes. Surprenant non ? J’exagère à peine mes chers lecteurs. Le parti se redresse et il a de l’ambition parce qu’il a un chef hors pair.

Mais au-delà de l’émetteur, si ça marche, c’est que le texte a du sens et emporte l’adhésion.

La première urgence, se remettre au travail sur les idées. Sur le terrain, dans les départements comme à l’échelon national. Un conseil National de deux jours fin janvier pour définir ce qui nous rassemble et quel degré de précision doit contenir un programme. La ligne politique du parti : occuper tout l’espace entre le Parti Socialiste et le Front National. Accueillir les déçus de François Hollande tout comme les protestataires passés au FN. Pas de courant, mais la libre expression de tous. A la condition que cela soit pour débattre avec le gouvernement, le PS et le FN, pour parler de la France et du monde, mais pas pour se chamailler entre nous. On pense à la France et aux français d’abord et aux valeurs communes qui nous réunissent. C’est comme ça qu’on rassemble. Rassembler, rassembler et encore rassembler. Un nom qui ait du sens pour le parti ? Ca sera peut-être Le Rassemblement.

Mais une précision définitive, pas d’accord à quelque niveau que ce soit avec le FN.

Les électeurs des primaires ouvertes de la droite et du centre choisiront celui ou celle qui sera candidat à la Présidence de la République en 2017. Le parti d’un candidat aux primaires devra s’engager à soutenir celui ou celle que les électeurs auront choisi.

Reconstruire un parti de militants. Le parti, c’est le métro à 18 heures, toutes les catégories socio professionnelles y ont leur place. Tout nouvel adhérent sera invité et accueilli le mois suivant à Paris par le président du parti. Initiative à reprendre d’ailleurs en Charente.

Chaque jour un secrétaire national accueillera au siège les militants de passage à Paris. Les fédérations qui seront les plus dynamiques en termes d’adhésions et de manifestations auront un avantage budgétaire par rapport aux autres. Mais on serre les boulons au siège pour redresser les finances du parti.      

Pas question donc de rester les bras ballants en Charente face à ce projet de reconquête. On motive pour l’engagement, on anime le débat, on fait de la politique. J’en ai envie moi aussi. Comme Nicolas Sarkozy.  

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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serrurerie paris 7eme 21/12/2014 14:07

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

Da Sylva 18/12/2014 16:14

Excellent témoignage Daniel, je relaye sur planète UMP...

http://www.planete-ump.fr/t36424-Nicolas-Sarkozy-lu-pr-sident-de-l-UMP.htm?start=280

Mr Faizand 15/12/2014 09:10

Et hop !

JMH 15/12/2014 07:39

Retour sur mon précédent message.
Ma 1ère réaction a été critique à l'égard les propos de D. SAUVAITRE dans son billet, sachant qu'il avait précédemment clairement exprimé son soutien à B.L.M., qu'il confirme par sa poignée de main appuyée lors de la réunion.
La nuit porte conseil, et je réalise mieux que D.S. est président de l'UMP Charente, que N.S. est maintenant président national, et qu'à ce titre il est normal que le premier puisse se féliciter et même s'enthousiasmer de la dynamique exprimée par N.S., et tout aussi normal qu'il souhaite répercuter cette dynamique au niveau départemental, après les tourments connus par son parti, dont je ne suis pas adhérent.
Je suppose que D.S. ne veut pas confondre le fonctionnement du parti avec la candidature de N.S. à la présidence de la république au travers de primaires, occasion pour D.S. d'exprimer et éventuellement confirmer les choix qu'il avait précisé dans un précédent billet.
Le souci reste que l'on ne peut pas ignorer le fait que N.S. ne mette la machine de l'UMP au service de son unique candidature, et que le risque de confusion entre UMP et "Sarkozy Président" ne s'affirme mois après mois, et d'ainsi éliminer ses deux concurrents en interne.
Ma 1ère réaction a été aveuglée par cette dimension de machine au service de N.S., mais de fait D.S. et ceux qui pensent comme lui se doivent d'exprimer leur minorité au sein de leur parti, donc dans le respect de son président et de ses initiatives, qui peuvent "aussi" être profitables à ce parti.
Reste à avoir si les simples électeurs, comme moi, penseront la même chose.

Daniel S 15/12/2014 07:48

La nuit a été de bon conseil. Bien amicalement.

Daniel S 15/12/2014 07:27

Alain, si tu m’accordes à moi aussi deux neurones d’intelligence pour appréhender notre engagement commun, voilà comment je vois les choses. Notre parti vient de se choisir un président tonique. Une équipe est en place qui réunit toute la famille. Des primaires ouvertes à droite et au centre auront lieu en 2016. Occuper tout l’espace entre le PS et le FN est donc une nécessité et une évidence. On ne gagne pas une élection en n’étant d’accord qu’avec soi même. Il faut réunir plus de 50 % des électeurs tu le sais. Quelque soit le candidat ou la candidate qui sera élu lors des primaires, il ou elle aura besoin de s’appuyer sur un parti fort. L’équation est facile à comprendre non ? On chouine et on tourne en rond ou on bosse et on avance ? J’ai choisi. Bien amicalement.

alain boivin 15/12/2014 13:37

"On ne gagne pas une élection en n’étant d’accord qu’avec soi même. Il faut réunir plus de 50 % des électeurs tu le sais."
C'est justement pourquoi je crois qu'il est inopportun de déclarer la guerre à nos alliés.
L'espace entre le PS et le FN, nous devons l'occuper AVEC nos alliés.
Il se trouve que NS a détruit la confiance que j'avais en lui. Des primaires annoncées? Oui mais organisées comment? Je veux dire qu'il faut toujours être attentif et ne jamais s'endormir, parce que NS, lui, ne lâchera jamais sa course à l'immunité.
Pour le reste, je crois qu'on peut "chouiner" ET bosser. Je n'oublie pas que nous avons un département à gagner en mars. Comme les autres fois, je soutiendrai le plus activement possible (dans la mesure de mes petits moyens), l'ensemble de nos candidats, sans distinction de juppéisme, de sarkozysme, ou de lemairisme.
Quant à tes neurones connectés, je me garderai bien d'essayer de les compter. Leur nombre doit donner le vertige. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible (je rigole)!
Très amicalement.