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Ou pourquoi tout antilibéral est une buse.

Je me désespère mes chers lecteurs de vous délaisser ces derniers jours. Je rencontre quelques pépins avec la pomme qui, même s’ils me donnent la pêche, absorbent presque tout mon temps. Et puis même si je suis resté sous les mêmes latitudes cet été, je me suis jetlagué abondamment des deux côtés de l’hémisphère nord pour la cause des pommes. J’ai des photos en attente et des tas de choses à vous raconter, si j’arrive enfin à me poser.

Je n’oublie pas non plus la situation du pays. Alors je profite de pouvoir prendre de la hauteur pendant de longs vols pour limiter la lecture des quotidiens et lire des livres. C’est ainsi que j’ai enfin terminé le livre de Ayn Rand, « La grève » (titre original : « Atlas shrugged »),   dont je vous ai déjà parlé ici. La description parfaite bien que paroxystique de nos soucis nationaux.

Et puis c’est Mario Vargas Llosa qui m’attire maintenant. Le Monde vient de publier une traduction de sa définition du libéralisme que je trouve lumineuse. J’ai pensé qu’avec le retour du beau temps et des mauvaises nouvelles sur le front de l’économie, de l’emploi et de la géopolitique vous apprécieriez vous aussi de savoir qu’un autre monde est possible.     

Confessions d'un libéral

Par Mario Vargas Llosa.

Afin d'expliquer ma position politique, je crains qu'il ne suffise pas de dire que je suis un libéral. Le terme lui-même suscite une première complication. Selon la personne qui l'utilise et l'endroit où elle le prononce, le mot « libéral » revêt des significations différentes.

Ma grand-mère Carmen l'employait pour désigner un homme aux mœurs dissolues. A ses yeux, le prototype même du « libéral » était cet ancêtre légendaire de notre famille, qui a annoncé un jour à sa femme qu'il allait acheter le journal au kiosque voisin, et qui n'est jamais rentré. La famille n'a entendu reparler de lui que trente ans plus tard, pour apprendre qu'il venait de mourir à Paris.

Aux Etats-Unis, et dans le monde anglo-saxon en général, le mot « libéral » est connoté à gauche et se trouve parfois associé avec le reproche d'être un socialiste ou un radical. En revanche, en Amérique latine et en Espagne, on me qualifie de libéral – ou, pire encore, de néolibéral – pour me discréditer. La perversion politique de notre sémantique a transformé la signification originale du mot – « amant de la liberté », une personne qui se dresse contre l'oppression – pour en venir à désigner un conservateur ou un réactionnaire. En Amérique latine, le libéralisme était une doctrine philosophique et politique progressiste qui, au XIX siècle, s'opposait au militarisme et aux dictateurs, et réclamait l'instauration d'une culture démocratique et civile.

Les libéraux furent persécutés, exilés, emprisonnés ou tués par les régimes brutaux qui, à de rares exceptions près, prospéraient alors sur l'ensemble du continent. Au XX siècle, c'est la révolution, non la démocratie, qui fut la principale aspiration des élites politiques d'avant-garde, une aspiration partagée par de nombreux jeunes gens qui ont voulu suivre l'exemple de la guérilla menée par Fidel Castro. Ce n'est que dans les dernières décennies du XX siècle que les choses ont commencé à changer, et que le libéralisme a été reconnu comme quelque chose qui n'avait à voir ni avec la gauche marxiste, ni avec l'extrême droite.

Il est important de rappeler à ce propos que cela n'a été possible, en tout cas dans la sphère culturelle, que grâce à l'action courageuse du grand poète et essayiste mexicain Octavio Paz (1914-1998). Après la chute du mur de Berlin, l'effondrement de l'URSS et la transformation de la Chine en pays capitaliste (quoique autoritaire), les idées politiques ont elles aussi évolué, et la culture de la liberté a fait d'importants progrès.

Du fait que le libéralisme n'est pas une idéologie, mais une doctrine ouverte et évolutive qui s'incline devant la réalité au lieu de s'entêter à faire plier la réalité, il existe diverses tendances et de profondes différences parmi les libéraux. En ce qui concerne la religion et les questions sociétales, les libéraux qui, comme moi, sont agnostiques, favorables à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et pour la décriminalisation de l'avortement, du mariage gay et des drogues s'attirent les critiques d'autres libéraux qui ont des opinions contraires. Ces différences de vue sont saines et utiles, car elles n'enfreignent pas les préceptes fondamentaux du libéralisme.

Il existe par exemple des libéraux qui pensent que l'économie est le domaine au travers duquel tous les problèmes se résolvent, et que le marché libre est la panacée à tous les maux, de la pauvreté au chômage, en passant par la discrimination et l'exclusion sociale. Ces libéraux, de véritables algorithmes vivants, ont parfois fait plus de tort à la cause de la liberté que les marxistes, lesquels furent les premiers à proclamer l'idée absurde que l'économie est la force motrice de l'Histoire. Cela n'est tout simplement pas vrai. Ce sont les idées et la culture, et non l'économie, qui distinguent la civilisation de la barbarie.

L'économie à elle seule peut produire des résultats optimaux sur le papier, mais elle ne peut constituer un objectif à la vie. Certes le marché libre est le meilleur mécanisme existant pour produire des richesses et, correctement couplé à d'autres institutions et usages démocratiques, il peut porter le progrès matériel d'un pays à des niveaux spectaculaires. Mais c'est aussi un instrument implacable qui, sans l'élément spirituel et intellectuel que représente la culture, risque de réduire la vie à une lutte féroce. Le libéral que j'aspire à être considère donc la liberté comme une valeur absolument essentielle. Ses fondements sont la propriété privée et l'Etat de droit. Ce système réduit au maximum les formes possibles d'injustice, génère mieux que tout autre le progrès matériel et culturel, contient le plus efficacement la violence et veille au respect des droits humains. Les libertés politique et économique présentent les deux faces d'une même médaille. C'est parce que la liberté n'a pas été comprise ainsi en Amérique latine que la région a assisté à de nombreuses tentatives ratées d'instaurer la démocratie. Cela était dû, soit au fait que les démocraties qui ont émergé à la suite du renversement des dictatures respectaient la liberté politique mais rejetaient la liberté économique, ce qui a produit plus de pauvreté, d'inefficacité et de corruption, soit parce qu'elles ont mis en place des gouvernements autoritaires persuadés que seuls une poigne de fer et un régime répressif pouvaient garantir le fonctionnement du marché libre.

Démocratie politique, liberté de la presse et marché libre sont les fondements d'une position libérale. Pourtant, ainsi formulées, ces trois expressions ont un aspect abstrait qui les déshumanise. Le libéralisme est beaucoup plus que cela. Il est tolérance et respect des autres, et notamment de ceux qui ne pensent pas la même chose que vous, pratiquent d'autres coutumes, adorent un autre dieu ou ne sont pas croyants. Quand ils ont accepté de vivre avec des gens différents d'eux-mêmes, les hommes ont accompli un pas essentiel. Cette acceptation a précédé la démocratie et l'a rendue possible, contribuant plus que n'importe quelle découverte scientifique ou système philosophique à refréner la violence.

C'est aussi elle qui a éveillé cette méfiance naturelle à l'égard du pouvoir qui, chez nous autres libéraux, est une sorte de seconde nature. Car si l'on ne peut pas se passer du pouvoir, sauf bien entendu dans les utopies anarchistes, il faut pouvoir le contrôler et le contrebalancer.

Défendre l'individu est la conséquence naturelle de la foi en la liberté en tant que valeur individuelle et sociale par excellence, car au sein d'une société, la liberté se mesure au degré d'autonomie dont jouissent les citoyens pour organiser leur vie et poursuivre leurs buts sans interférence injuste. Le collectivisme était inévitable à l'aube de l'Histoire. Mais il a survécu dans ces doctrines et idéologies qui situent la valeur suprême d'un individu dans son appartenance à un groupe. Toutes ces doctrines – nazisme, fascisme, fanatisme religieux, communisme et nationalisme – sont les ennemis naturels de la liberté.

Un grand penseur libéral, l'économiste autrichien Ludwig von Mises (1881-1973), a toujours été opposé à l'existence de partis libéraux, car il estimait que ces formations, en tentant de monopoliser le libéralisme, finissent toujours par le dénaturer. Il pensait que la philosophie libérale doit être une culture partagée par tous les courants et mouvements politiques. Il y a beaucoup de vrai dans cette théorie.

Ainsi, au cours du passé récent, nous avons vu des gouvernements conservateurs comme ceux du président américain Ronald Reagan, des premiers ministres britannique et espagnol, Margaret Thatcher et José Maria Aznar, procéder à des réformes profondément libérales. Mais nous avons vu aussi des dirigeants officiellement socialistes, comme Tony Blair au Royaume-Uni, Ricardo Lagos au Chili ou, aujourd'hui, José Mujica en Uruguay mettre en œuvre des politiques sociales et économiques, que l'on ne peut qualifier autrement que de libérales.

Plus que la révolution, c'est aujourd'hui le populisme qui constitue le plus grand obstacle au progrès en Amérique latine. Il y a bien des façons de définir le « populisme », mais la plus précise est probablement celle qui le tient pour un ensemble de politiques sociales et économiques démagogiques qui sacrifient l'avenir du pays au profit d'un présent éphémère. Avec une rhétorique enflammée, la présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a poursuivi dans la voie des nationalisations, de l'interventionnisme, des contrôles, de la persécution de la presse indépendante, toutes politiques qui ont conduit au bord de la désintégration un pays qui, potentiellement, pourrait être l'un des plus prospères du monde.

Mais contrairement à une époque encore toute récente, ces pays sont l'exception et non la règle, et l'Amérique latine se débarrasse peu à peu, non seulement des dictatures, mais aussi des politiques économiques qui ont longtemps maintenu ses pays dans la pauvreté.

Même la gauche se montre aujourd'hui réticente à revenir sur la privatisation des retraites – instaurée dans onze pays latino-américains à ce jour – alors que la gauche nord-américaine, plus rétrograde, s'oppose à la privatisation du système d'allocations aux personnes âgées. Différents signes montrent que la gauche admet, sans le reconnaître, peu à peu que la voie du progrès économique et de la justice sociale passe par la démocratie et le marché, ce que nous autres libéraux avons longtemps prêché dans le vide

Traduit de l'anglais par Gilles Berton

Mario Vargas Llosa

Ecrivain et essayiste, Mario Vargas Llosa est né en 1936 au Pérou. Prix Nobel de littérature 2010, il est l'auteur d'une œuvre traversée par le destin politique de l'Amérique latine. Séduit un temps par le castrisme, il rompt avec l'extrême gauche en 1971 et s'oriente vers le libéralisme. En 1990, il se porte candidat à l'élection présidentielle péruvienne. Il a récemment publié « Le Rêve du Celte » (Gallimard, texte ci-dessous est extrait d'une conférence prononcée le 21août lors de la Réunion des lauréats du prix Nobel à Lindau (Allemagne).

 

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac. Mais aussi Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine, Président de l'Association Nationale Pommes Poires, membre de WAPA (World Apple and Pear Association) et secrétaire général d'Interfel.
Voir le profil de Daniel Sauvaitre sur le portail Overblog

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michel Marre 06/11/2014 15:14

le libéralisme est en train de détruire la planète ; les marchés ne régulent pas grand chose et s'attaquent aux états faibles . Je suis toujours étonné de ces confusions . Les pesticides se sont pas uniquement présents sur les pommes , ils sont ancrés dans nos têtes et dans l'idée même de la production agricole

Vincent 22/09/2014 00:14

"L'imposture économique" par Steve Keen
http://livre.fnac.com/a7316006/Steve-Keen-L-imposture-economique

"L'Âge des low tech - Vers une civilisation techniquement soutenable" par Philippe Bihouix
http://www.seuil.com/livre-9782021160727.htm

"La Malfaçon - Monnaie européenne et souveraineté démocratique" par Frédéric Lordon
http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=85

abacus 2008 14/09/2014 00:38

Vinopassion « Je ne sais rien, mais je dirai tout
blogs.lesinrocks.com
Ah ! le vin… La chose terrestre la plus précieuse dans notre monde de brutes ? Précieuse au sens de “chère à notre cœur, nos papilles, notre gosier, notre culture et notre âme“, oui,...
lundi en histoires - vino business

Olivier 14/09/2014 11:42

Comme à son habitude Isabelle Salopa parle d'un sujet dont elle ne comprend rien. Elle devrait méditer Jean Jaurès :
« Il n'y a pas de vin naturel ; il n'y a pas de froment naturel. Le pain et le vin sont un produit du génie de l'homme. La nature elle-même est un merveilleux artifice humain. »

Elle évoque les vins d'assemblage comme le sacrilège suprême en opposition avec les vins « naturels » issu d'une unique parcelle, mais ces considérations de bobo reposent d'abord sur des aprioris. Qu'est ce qu'il y a de choquant à mélanger plusieurs vins (cépages, parcelles...) pour obtenir un produit destiné à satisfaire une clientèle. Le passage en fût (pratique ancestrale) est une aromatisation par les tanins de la barrique qui se diffuse dans le vin et modifie son goût : personne ne s'en émeut !
Faire croire que les seuls bons vins doivent obligatoirement être produits à petite échelle, en culture bio, est une vision tyrannique du monde pour y imposer sa religion. Il y a des vins chers et peut être parfois d'un mauvais rapport qualité-prix. Personne ne force les gens snob à écouter Parker et à acheter ses vins fétiches ! Comme personne ne force les intégristes bio à consommer des vins parfois piqués...
Isabelle Salopa, cuisine-t-elle ? Lui arrive-t-elle d'associé de la vinaigrette sur ces tomates bio ? Dans ce cas, elle modifie considérablement le goût original de ses tomates, ça s'appelle de la cuisine.

Elle fait découvrir au public que le vin c'est aujourd'hui du marketing. Non, mais allo quoi Isabelle tu débarques ? Le bio n'use-t-il pas de son côté d'arguments pour vendre sa camelote ? Cette femme est bête, stupide et à donc toutes ses chances de rester longtemps à la télévision...

http://www.alambic-city.com/article-chassez-le-naturel-il-revient-au-galop-113578900.html

ABACUS 2008 14/09/2014 00:41

La Nouvelle Edition du 12/09 - Isabelle Saporta, "Vino Business" lundi 15 septembre Fr3/20h30

JM 08/09/2014 09:05

Pour résumer et forcer le trait, un constat typique de la politique française :
Rien de tel qu'un régime de gauche pour appliquer une politique de droite, et un régime de droite pour appliquer une politique de gauche, soit par constat des réalités du possible, soit par souci d'amadouer son opposition.
La nouveauté serait peut-être de commencer par définir l'irréalisable à court ou moyen terme, et expliquer pourquoi ce n'est pas réalisable.
Pour info, hier j'ai mangé 5 pommes, mais ce matin je ne me sens pas bien ...

JM 14/09/2014 09:50

J'aurai peut-être dû écrire un petit "smiley" :-) en début de ma première remarque, pour signaler que mes écrits sur mon ingestion de 5 pommes était juste un clin d'oeil amical à Daniel SAUVAITRE, un petit trait d'humour dont je ne doute pas qu'il l'a interprété comme tel.
Je pense d'ailleurs que plusieurs des remarques qui ont suivi sont du même tonneau, mais pas toutes, comme quoi l'humour est une des choses les plus mal partagées.
Finalement, une petite phrase de rien du tout, qui part dans tous les sens.
Ca me fait penser à la propension dont font preuve les caciques de gauche à vouloir en permanence débattre, créer des commissions ... Des moulins à parole, dont il ne sort jamais rien, sinon le temps qui passe, et le coût desdites commissions pour la collectivité.

Pommeland 09/09/2014 22:42

On vous a reconnu DD !

Radoslav 09/09/2014 19:58

Y'en a qu'ont bien rien à foutre...

Pommeland 09/09/2014 18:40

Dire qu'après avoir mangé 5 pommes, vous vous retrouvez malade le lendemain est un procédé détestable, surtout lorsque vous savez éperdument que vous adressez ce commentaire à un producteur de pommes. Cette dernière remarque de votre part n'est pas innocente, elle vise à dénigrer les vertus de ce fruit sur la santé couramment admis et reconnu : manger des fruits en quantité équilibrée est bénéfique pour l'alimentation. Cette juxtaposition de faits consiste à mettre en cause la qualité de ce fruit sur la santé humaine. Cause = Manger 5 pommes >>> conséquence = tomber malade. Ce raisonnement foireux est un sophisme !

Je ne remets pas en cause la véracité de votre petite forme suite à votre consommation de pommes, mais ils nous manquent beaucoup trop d'information pour vraiment établir un diagnostic formel et sans appel. Avez vous mangez autre chose que des pommes ?
Vous avez mal de tête ou vous êtes barbouillé ? Ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?
Combien de temps s’est-il écoulé entre la dernière pomme ingurgitée et l'apparition de votre coup de fatigue ?
Ces pommes, étaient-elles bonnes au moins pour en avoir mangé autant ?
Vous les avez savourées tout au long de la journée ?
Vous les avez dévorées en les enchaînant l'une après l'autre dans les conditions psychologiques de décrocher un record pour le Guinness book  ?

Attention monsieur, on ne plaisante pas avec la pomme ! Il faut bien mâcher et prendre son temps lorsque l'on goute au fruit défendu ! C'est la dose qui fait le poison. La pomme est remplie de fibres, bien utile au transit intestinal, mais chez certaines personne fragile de l'estomac, la consommation excessive de fruit peut provoquer des coliques.
http://www.lapomme.org/sante/tonus.htm


Vous auriez relaté qu'après avoir fait la bringue toute la nuit durant, en buvant de l'alcool, vous vous seriez retrouvé avec une gueule de bois, aurait été plus plausible. Il est médicalement reconnu qu'après une consommation excessive d'alcool, celle-ci peut avoir des effets néfastes sur l'ensemble de notre organisme (de la tête au pied). Dans ce cas, la relation de cause à effet est plus plausible...


« D'ailleurs, ces pommes venaient-elles bien de chez nous ? »
Vous insinuez que les pommes étrangères, cause de votre mal-être seraient toxiques ?
De mieux en mieux votre défense !

Radoslav 09/09/2014 13:36

Je cherche des pommes polonaises (les meilleures) ou à la rigueur des biélorusses... Vous en avez ?