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Une carte de France à la force du poignet. Ou quand Hollande pense très fort à Royal et à quelques autres.

Nous vivons des temps bien étranges. La France est dans les choux, essoufflée. Elle s’enfonce dans le chômage, les dettes et les impôts. Alors, les réformes trop longtemps repoussées s’imposent maintenant dans l’urgence.

La simplification de l’organisation territoriale associée à une nouvelle répartition des rôles entre l’Etat et les collectivités locales est de celles là.

J’ai lu attentivement hier matin la tribune du Président Hollande publiée dans les quotidiens régionaux sur les motivations et les objectifs de l’évolution nécessaire. C’est une synthèse des tendances lourdes qui se dessinent depuis près de 30 ans maintenant. Difficile de ne pas y adhérer. Des questions essentielles restent quand même en suspens. C’est le cas pour l’avenir des communes. Le souhait d’une légitimité démocratique directe pour les élus des communautés est lourde de conséquences. De coopération intercommunale aujourd’hui encore, cela conduit vers la supracommunalité de type Paris Lyon ou Marseille. Pourquoi pas. C’est le cas aussi pour ce qu’il peut rester à gérer à l’échelon départemental, confié sans doute à une assemblée composée de présidents de communautés.

Beaucoup de choix sont encore à faire sur la nouvelle organisation optimisée du pays. Ce débat dépasse les clivages entre la gauche et la droite. En tout cas, c’est à mon sens l’un des chantiers les plus essentiels pour l’avenir du pays. 

Mais le drame mes chers lecteurs, c’est que ce débat de fond qui devrait être abordé dignement en ayant pour seul repère l’intérêt supérieur du pays risque d’être tué dans l’œuf par la méthode la plus folle qui se puisse imaginer.

On sait la réticence des élus à travailler sur les questions organisationnelles. Ce sont des chantiers lourds qui se heurtent à toutes les résistances corporatistes et statutaires imaginables. Où il n’y a que des coups à prendre et aucune lumière médiatique à capter. Le travail ingrat par excellence que déteste tout élu qui ne veut pas se colleter avec l’intendance et rester dans l’obscurité.

Pour se donner une chance d’avancer et de réussir, il ne fallait évidemment pas toucher aux frontières régionales. Surtout ne pas réveiller les particularismes locaux, le porte drapeau et le va t’en guerre qui sommeille presque en chacun de nous.

Trop tard. Le coup est parti. Et de quelle manière. Une nouvelle carte des régions de France dont on a du mal à comprendre les critères objectifs et équitables qui la justifient.

Et pour ce qui nous concerne en Poitou Charentes, c’est le pompon. Fusion avec deux autres régions quand le Pas de Calais reste seul. D’Aubeterre à Dreux. Reignac et Reignac sur Indre dans la même région. La plus grande région de France métropole, juste un peu plus petite que la Guyane. Le fait du prince pour Royal. L’abdication du prince pour Aubry. Et tout est à l’avenant. Une carte finalisée à l’arrache lundi soir comme le racontent tous le quotidiens régionaux qui ont vécu en direct les derniers atermoiements du château.

En matière de réforme territoriale, la rupture avec Nicolas Sarkozy, ce devait être l’écoute et la participation de tous les élus. L’assemblée s’est pour cela précipitée pour annuler immédiatement le conseiller territorial et restituer la compétence générale pour toutes les collectivités. Ensuite une grande enquête a été lancée par le bon Bel pour demander à chaque élu ce qui lui ferait plaisir. Enquête sur une liste à la Prévert de menus détails que j’ai jetée au panier tant elle était ridicule et conservatrice.  L’année suivante, c’est un redécoupage socialiste des cantons qui a été opéré. Pour y élire au scrutin bi-nominal paritaire majoritaire à deux tours un couple hétérosexuel de conseillers départementaux. Eh oui.

Et puis brutalement, François Hollande opère un tête à queue brutal sur ces questions, à l’opposé de ce que le candidat puis le Président avaient laissé entendre. Et pour bien rater la réforme et mettre la pagaille dans le pays, il fusionne les régions à tort et à travers.

Ce qui ne devait absolument pas arriver arrive. Une bonne vieille guerre de tranchées pour refuser le découpage proposé. Pour nous charentais, il s’agit maintenant de se battre pour rejoindre l’Aquitaine. Toute autre question devient forcément secondaire. Beaucoup d’énergie et de débats homériques de haute volée sont en perspective.

Comme chacun peut s’en apercevoir chaque jour, l’énervement est au moins aussi fort à gauche qu’à droite. Alors la question se pose. S’agit-il pour François Hollande de mettre suffisamment la pagaille dans son camp et dans le pays pour justifier une dissolution et piéger la droite ? Pour se donner des chances d’être réélu ensuite ? En tout cas le scénario est parfaitement écrit pour atteindre au moins cet objectif.

 

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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Anonyme 06/06/2014 07:12

Cette plaisanterie cache peut-être un funeste dessein: Désorganiser le territoire pour judicieusement faire avaler un report pour des années de la signature des contrats de plans État-Régions.
Belle opportunité que cette désorganisation, l’État est fauché, tout comme l’Agence de financement des Infrastructures.

Un long hiver nous arrive 06/06/2014 07:11

Cette nouvelle carte n’est pas une oeuvre républicaine, c’est l’État français qui est de retour et s’est substitué à la Vème République, avec la promo Voltaire aux commandes. Même Louis XIV avait plus de respect pour les gueux peuplant son royaume.
Maintenant que notre grand timonier élyséen a acquis les fondamentaux du coloriage, espérons qu’il est en mesure de passer au calcul.

Daniel Albert 06/06/2014 07:10

Quid du travail de la DATAR, de l’INSEE, des Agences territoriales d’urbanisme, des universitaires et des économistes oeuvrant sur l’organisation des territoires, des métropoles et de leurs aires d’influence.
Depuis un mois, dans la France entière, les habitants et les élus réalistes ont, par leur prises de position, spontanément dessiné une carte des régions avec des contours qui faisait consensus.
Formidable coïncidence, elle venait confirmer le travail des géographes, des sociologues, des historiens et des urbanistes. Le Bretagne était unie, comme les locuteurs ch’tis (créant ainsi le Ch’tiland), le Gers retrouvait l’Aquitaine, l’Alsace était cohérente avec ses spécificités donnée par la plaine du Rhin. Les lecteurs de La Montagne étaient unis dans leur vieux bassin de vie industrieux. Le val de Loire pouvait devenir un ensemble déjà reconnu par l’UNESCO.
La éditions de la Presse régionale confirment chaque jour ces liens qui nous unissent!


Mais cela ne peut être accepté par un État centralisateur qui préfère désorganiser le pays que perdre la moindre prérogative, qu’un nouveau redécoupage pourrait lui faire perdre. Depuis des siècles cet État nous pousse vers l’abîme, il embauche encore en ce beau mois de Juin et ce sont ses serviteurs de haut rang, bien sûr énarques, qui cartographient la touche finale.


L’aire d’influence de Bordeaux est maintenant scindée en deux ou trois zones administratives dont les capitales sont à des centaines de kilomètres. Pour trouver des synergies il faudra être vraiment très créatifs.
Le socle de notre avenir c’est le développement de grandes métropoles et là, on leur ôte les moyens d’agir sur des territoires cohérents. À l’avenir les régions paieront leurs infrastructures de transports... mais. C’EST ORLÉANS QUI VA PAYER REIGNAC-CHEVANCEAUX et la N141???

Olivier 05/06/2014 21:04

Le prix de l’impunité

Le 28 mai dernier, un acte de vandalisme a été commis en plein cœur du Limousin. Non pas contre de prétendues variétés de colza, maïs ou vignes transgéniques, mais contre de simples pommiers. Pendant la nuit, 1 600 petits arbres résistants à la tavelure, plantés il y a tout juste un mois et n’ayant jamais été traités, ont en effet été totalement détruits. De même,180 pommiers adultes de variété golden ont été saccagés. Les fanatiques n’ont laissé aucune revendication, si ce n’est un panneau tagué «  pseudo-agriculteur, halte aux pesticides  ». Le même jour, une cinquantaine de militants de la Conf’ ont pénétré dans une propriété privée – la ferme des mille vaches, près d’Abbeville – pour procéder à une «  opération de démontage  » de la salle de traite. Qu’importe que le tribunal administratif d’Amiens ait rejeté leur demande de suspension du permis de construire délivré l’an dernier  ! Ces militants prétendent «  incarner  » le droit. Huit jours auparavant, une horde de voyous, liée au même réseau d’amis de José Bové, avait saccagé, de nuit également, plus d’un hectare d’essais agricoles mis en place par le Centre technique des oléagineux (Cetiom) dans le cadre de programmes d’expérimentation de nouveaux itinéraires agronomiques. Là aussi, ces talibans modernes prétendaient agir au nom de leur «  droit  ». À l’instar de leur maître, José Bové, qui a détruit durant ce même mois de mai une parcelle de maïs OGM, plantée alors que la loi le permettait encore.

Des pommiers détruits, des essais piétinés, du matériel agricole démonté, du maïs arraché... Mais aucun procès et aucune sanction. Bien au contraire  ! Lorsque ces actions ne sont pas ouvertement saluées par certains responsables politiques, elles s’inscrivent dans un contexte de mise en cause constante des pesticides par la nouvelle ministre de l’Environnement, Ségolène Royal. Et pendant que cette «  voyoucratie  » se développe, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ne trouve rien de mieux que de convoquer la presse pour exhiber les cinq ruches installées dans les jardins de la rue de Varenne. Ou de visiter, tout sourire face aux caméras, une exploitation agricole pour présenter son «  plan de lutte contre les cambriolages  et les réseaux criminels  ». La belle histoire  !

En réalité, le ministre fait bien peu pour stopper ces réseaux criminels, et encore moins pour arrêter les agissements délictueux de ses alliés politiques, membres de la Conf’ et des Verts. Pire, il laisse faire, alors que ce climat délétère n’est pas sans rapport avec la hausse du vote FN dans le milieu rural. À croire que l’analyste politique Éric Zemmour n’a pas tort lorsqu’il affirme que l’Élysée rêve d’un Front national fort. Totalement impuissant face à la crise économique, François Hollande ne peut en effet prétendre à sa réélection que s’il provoque un 21 avril 2002 à son avantage. C’est-à-dire s’il se présente au second tour de l’élection de 2017 face à Marine Le Pen. Pour réussir son pari machiavélique, deux conditions sont requises  : obtenir des Verts qu’ils ne présentent pas de candidat en 2017 et poursuivre le lamentable spectacle que livre l’opposition républicaine.

Est-ce donc étonnant si la France poursuit sa désintégration économique  ? Rien qu’en avril, le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé a progressé de 14 800. Il a atteint 3 626 500, alors que le nombre total de demandeurs d’emploi a dépassé les 5,2 millions. De même, est-ce étonnant de voir des secteurs entiers de l’agriculture française, agroécologique ou non, s’enfoncer chaque jour davantage dans la crise  ?

Gil Eric Wekstein

http://www.agriculture-environnement.fr/edito,2/le-prix-de-l-impunite,938.html#.U5AjEEi9GI8.twitter