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Les maires porteurs du Grand Angoulême

Le 17 avril, les 59 conseillers communautaires du Grand Angoulême éliront le président, les vice-présidents et les autres membres du bureau de la communauté d’agglomération.

La presse se fait l’écho depuis quelques jours de la déflagration provoquée par la candidature inattendue de Philippe Lavaud à la présidence de cet établissement public de coopération intercommunal.

Bien qu’il ait été sévèrement battu lors des dernières élections à Angoulême, il demeure  à la fois conseiller municipal de la ville, mais aussi conseiller communautaire du Grand Angoulême. Dans les deux cas son mandat est issu du scrutin proportionnel de liste. C’est une nouveauté. Antérieurement le mandat communautaire était donné par le conseil municipal.

Les conseillers communautaires du Grand Angoulême sont majoritairement de gauche et ils sont confrontés à un sacré dilemme. Doivent-ils optimiser politiquement la possibilité offerte par ce nouveau mode de scrutin qui enlève tout pouvoir de contrôle des conseils municipaux sur les conseillers communautaires ?  Ou doivent-ils, malgré cette nouvelle donne,  privilégier la coopération intercommunale en associant les exécutifs issus des urnes dans chacune des communes ?

Dans le premier cas, Philippe Lavaud, vaincu à Angoulême peut être élu président. Ce choix politique des conseillers communautaires majoritaires aura pour conséquence immédiate de partager l’assemblée communautaire en deux camps. Sans compromission possible pour la gouvernance. Angoulême et Soyaux seront confrontées aux 14 autres communes de l’agglomération qui auront imposé comme président le chef de l’opposition au maire d’Angoulême.  

Dans le deuxième cas, en portant à la présidence un maire ou un adjoint d’une commune de gauche et en s’abstenant d’associer à l’exécutif communautaire des conseillers issus des oppositions municipales, les conseillers de gauche permettront que se poursuive une coopération entre toutes les communes, quelle que soit la sensibilité des exécutifs communaux issus des urnes.   

Un maire de gauche d’une commune de l’agglomération ou le leader de l’opposition de gauche de la commune d’Angoulême, ce n’est pas la même chose. Dans le premier cas il s’agit du représentant légitime d’une commune. Dans le second, c’est le représentant partisan du camp politique de gauche.

Je ne suis pas sûr que le législateur ait bien mesuré les implications du fléchage des élus communautaires qui peut avoir pour conséquence très fâcheuse de faire basculer la coopération entre les communes vers un fonctionnement strictement politique du conseil communautaire.

A la lecture des déclarations des uns et des autres, il me semble que les deux semaines et demie qui séparent les élections municipales de l’installation du Conseil communautaire suffiront pour permettre aux maires et à leurs conseils de bien évaluer les conséquences de leurs choix.

Bergerac vient de montrer la voie de ce à quoi peut conduire le choix strictement politique. Et à l’opposé, Bordeaux avec Alain Juppé témoigne d’une lecture qui privilégie parfaitement la coopération intercommunale. Bien que les conseillers communautaires soient majoritairement à droite, le maire de Bordeaux qui sera Président de la CUB s’engage sans hésiter pour la cogestion. « Je veux donner l’exemple à Bordeaux du travail en commun, où le parti qui gagne ne confisque pas tous les pouvoirs ».

Je vois invite à lire un article de Rue 89 Bordeaux qui décrit avec beaucoup de précision le choix revendiqué par Alain Juppé. Un exemple pour nous tous.

Inutile de vous dire lequel des deux territoires, Bergerac ou Bordeaux, aborde les six prochaines années sous les meilleurs auspices.

Le parti pris de la coopération entre les communes du Grand Angoulême est entre les mains des  16 maires de l’agglomération. Je leur fait confiance.

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À propos

Je suis arboriculteur, viticulteur et maire de Reignac, Mais aussi Président du comité départemental UMP Charente, Président de l'Association Nationale Pommes Poires et Vice Président de WAPA (World Apple and Pear Association).

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guillet 14/04/2014 00:12

C'est quand même assez curieux de ne pas respecter, les institutions que l'on a soit même mis en place !
C'est la Sarkozie qui a créé ce fait des délégué communautaires.
Auquel cas ensuite la démocratie propres à l'organisation, appartiens à ces délégués et point barre.
P.Lavaud à d'abord perdu par excès de confiance, en préparant pas sa réélection, ni auprès de ses partenaires 1ère faute lourde.
La seconde plus lourde encore en ne faisant pas campagne, ce que l'on paye toujours, c'est la leçon que n'a plus oublié Crepeau, après s'être fait virer de l'assemblée Nationale, par le Maire de la petite commune voisine.